CHAPITRE IV
d'Épicure ou de Platon , peut-être quelques pages de Tacite. Prenez garde : éloignons-nous , de peur que notre soutïle n'anéantisse un monument, ne disperse une vérité immortelle.
Quelques statues en plâtre, dont la récente fabrication et tout l'éclat blanchissant contrastaient avec la vétusté imposante dont tous les autres objets étaient empreints, arrêtèrent plus loin nos voyageurs.
— Vous vous étonnez, dit Éléonore, de la pauvreté de celle matière au milieu de tant de bronzes et des mille trésors de Paros ? C'est un présent que nous a laissé la cour. On n'a pas seulement fait charger les navires anglais du mobilier des palais, des bijoux de la couronne, du trésor de Saint-Janvier et des lingots déposés dans nos monnaies publiques : on a soustrait aussi les pierres gravées de nos musées, les tableaux qui pouvaient se mouvoir et jusqu'aux bronzes les plus rares, que nos sueurs avaient arrachés aux cendres du Vésuve. Hélas I ces spoliations ne profiteront pas même aux ravisseurs. On avait tellement entassé ces richesses que leur poids menaça d'engloutir le vaisseau royal. Regardez celle noble figure d'Aristide : vous ne verrez jamais l'original. Ce chef-d'œuvre a été jeté à la mer durant cette nuit de tempête qui épouvanta les fugitifs à la vue du port de Catane.
D'Hauleville s'avança vers l'Aristide, il admira l'élévation de ce style qui avait caractérisé un héros avec tant de simplicité. La lête portait encore le casque, mais les plis un peu droits du vêtement n'accusaient pas de cuirasse ^ le banni tenait un bâton dans la main ] et un pied en avant, posé sur un amas