‹ Fragonard, biographie critiqueChapitre 25 sur 26 · FRAGON A RD · texte numérisé non relu

FRAGON A RD

des mœurs. Quelques-uns de nos plus vrais maîtres ont ressenti son intluence, et il vit par eux au milieu de nous. On n’a pas devant lui le sentiment de respect un peu froid qu’on éprouve, dans les musées, devant les œuvres des grands maîtres morts, qui malgré tout sont des morts, séparés de notre existence, appartenant à un âge révolu, à la fois sauvegardés et figés par Fliistoire. Frago est, aux cimaises du Louvre, un contemporain souriant, un ami, dont l’âme garde quelque chose d’immortel lement jeune. Et il est bien nôtre ; il a, en plus de la science et du génie, un prestige indéfinissable qui nous le fait apparaître comme un sylphe familier, le sylphe du xvme siècle aristocratique et sceptique et généreux, offrant son art adorable comme une rose suprême, suspendue avant de tomber dans le sang.

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