AYANT-PROPOS
Au moment où noire élude sur la formation cl l'évolution parallèle de la conscience anglo- française paraissait dans la Revue des Revues (en 1902) des nuages épais obscurcissaient l'horizon. La thèse soutenue par l'auteur sur la nécessité, les bienfaits et le rapprochement inévitable des deux peuples a été taxée de paradoxale et d'irréalisable. On nous oppôsaitdu côté français, entre autres, la haine séculaire des liretons et des Normands pour les Anglais, l'égoïsme et ta duplicité de leur diplomatie rêfraclaire à toute alliance, les conflits sans nombre pendants ou en gestation...
Du côté anglais, on parlait de la voix du snng, rappelant l'Angleterre du côté des Etals-Unis ; de t'animisilê systématique des Français ; de leur « nationalisme » étroit, tout entier à l'alliance russe et à ses mirages
Or, les sentiments de haine séculaire et les intérêts hostiles font penser à ces esprits que raille le moraliste : tout le monde en parle, mais où sont ceux qui les ont vus?
ti avant-phoi'os
// rt suffi de ne plus s'en souvenir, &■ ne leur aucun crédit, pour qu'ils perdent leur consistance disparaissent dans les brumes.
Ce fut aussi l'opinion de quelques yrands jouriu des deux côtés du détroit. Les articles gui y ont en faveur de notre campagne {rappelons surtout les ticles remarquables du Times,', ont entraîné des tatnei d'autres périodiques à envisager les faits sou* l même jour. Et dans le chorus sympathique se dîsii guaient précisément les journaux normands et breti qui devaient, disait-on, incarner la haine séculaire deux peuples.
Qu'il me soit permis d'en tirer une conclusion
La haine hypnotisant encore certains esprits n'e qu'un fantôme, et il n'y a de réelle que la sympatt tacite et mystérieuse se trouvant au fond de l'âme anyi française.
On a eu tort de négliger cette union idéale, planant toujours au-dessus des querelles passagères. Sa voix puissante se fait entendre chaque fois qu'on su donne ta p"ine de l'écouter. Loin de vouloir ainsi s'appuyer sur une base ethnique, principe menteur, comme tout ce qui touche aux origines et à révolution des races, l'auteur a cr-u utile d'insister sur les chaînes économiques qui lient d'une façon harmonieuse les deux peuples, sur leur vie en commun, nourris et grandis par les mêmes enthousiasmes, mêmes luttes, mêmes souffrant;:*, uté,,,,;;