JUILLET
FRANCE -
CANADA
REVUE MENSUELLE DU COMITE FRANCE-AMERIQUE
SOMMAIRE
X Le Canada et u
France.
M. GUENARD.
Les chemin* de fer \r Canada : ICtat actuel
DES RÉSl'AI \
Lettres du Canada.
x le premier diner
France-Amérique de Montréal : le Comité France- Amérique fera connaître le Canada.
ED. MONTPETÏT Le Canada et la dé-
rrofetieuràtCni-rriit? LÉGATION ClUMPLAIN
Laral- {suite).
Les faits du mois.
Mu 1913.
Le Canada et la France.
La Section du Canada du Comité France-Amérique et l'Association La Canadienne ont organisé deux conférences qui ont eu lieu if 13 et le 20 juin dans le grand amphithéâtre de /'Ecole libre des Sciences Politiques.
Ces conférences étaient faites par M. Edouard Montpelit, professeur à l'Université Laval, secrétaire général du Comité France-Amérique de Montréal. M. Louis Madelin, qui a jadis professé lui-même à l'Université Laval de Québec, avait bien voulu présider la première de ces conférences, qui avait pour titre : Les Survivances Françaises an Canada.
M. Etienne Lamy, l'éminent secrétaire perpétuel de l'Académie Française, présidait la seconde, dont le sujet était : Z'Avenirdes relations entre la France et le Canada.
Le numéro de France-Canada était déjà en grande partie composé quand ont eu lieu ces deux importantes réunions, mais nous publierons intégralement dans les numéros prochains les discours de MM. L. Madelin et Etienne Lamy et les deux conférences de M. Ed. Mont petit.
Nous dirons seulement aujourd'hui que les orateurs ont eu un très grand
succès Les applaudissements répétés de l'assemblée tout entière dirent asse 'combien" Us avaient ému leur auditoire en évoquant le souvenir de Zoiaues efforts accomplis par les Canadiens-Français pour maintenu
leur race et leur langue. iianrnmitè
Le bel amphithéâtre que, par une flatteuse exception a laquelle le Comité a été extrêmement sensible, V Ecole des Sciences Politiques ™f^nV0^ mettre à notre disposition, était complètement rempli. Toute la Colonie canadienne de Paris et beaucoup de notabilités parisiennes ">*»»* reP°n*»a notre invitation. Nous avons pu notamment remarquer dans £"»*£ ' M d'Eichthal, M. Adolphe Carnet, Comte et Comtesse de Roclambeau M. le Commissaire général du Canada et Mme Philippe Roy, M. Je gênerai Bruyère, M. C. E. Bonin, Consul général de France à Montréal, MM. de Loynes et Kleczko.ski, ministres de France, M de Tmseau Comte Boislandry Dubern, Mme Madelin, M. L. Herbette, Conseiller dEtatM.J Mme Charles-Georges-Picot, Baron de Galembert M Jacques Barteu* président de la Canadienne et Mme J. Bardoux, M. L.Leau M. Charles Dupuis, M Georges Blondel, M. de Sieyès, M. Démanche Marqua de [a Touanne, M. Lefort, M. J. Corréard et Mme Correard ™**f* Mme Montpetit, Honorable Juge Dugas et Mme Dugas, Hon. B e ai d et Mme Bérard, M. le D< Dubeau et Mme Dubeau, Mlle Montizambert Mlle Greterin, professeur à VUnùersité MacGill, M. M. du Rouze, M. Branchaud, M. Robert, M. J. Lesc^e, M. Le Moyne de Martigny, M. Lamontagne, M. Hébert, etc..
Les chemins de fer au Canada.
Etat actuel des réseaux.
Division de l'Atlantique Les voies ferrées de l'Est du Canada, celles qu'on peut appeler division de l'Atlantique, répondent au triple besoin d'alimenter, au point de vue ^^"X (Ôl avec SaVLaurent et ses affluents, le Richelieu et l'Ottawa ; Rassurer le rela ons avec les Etats-Unis ; de courir au plus court, qaaud la glace -ad les fleuves unpra Uca blés, de Montréal ou de Québec .jusqu'à l'Atlantique, au, ports de Halifax, • S*»» J£» ou Portland. C'est l'achèvement du plan primitif que nous avons ment onn quand nous faisions l'historique des cbemins de fer, et l'on peut dire que ***gf£j*% pagnies ont toutes cherché à réaliser dans leur réseau ce tnple but; de la 1 eneneve
trement de leurs voies. Cette conception était imposée par la configuration même du pays, par la marche de la civilisation et du peuplement On n'osait pas entamer l'immensité compacte des territoires du Nord, barrés d'ailleurs par une chaîne de collines. Comme le faisaient craintivement les premiers colons, on ne voulait pas perdre le contact avec les rives des grands lacs et du fleuve. Enfin la vie et pour ainsi dire le sang pénétraient dans le pays par deux voies : la mer qui apportait l'afflux de l'Europe, les routes des Etats-Unis qui apportaient l'argent et les hommes des contrées du Sud. Toiles furent les lois qui, dans la division de l'Atlantique, présidèrent au développement des lignes du Grand Tronc, du Canadien Pacifique, du Canadian Northern et de l'Intef colonial.
Depuis dix ans ce plan se modifie. L'audace des défricheurs pousse ceux-ci vers le Nord. En outre une voie unique, celle du Canadien Pacifique, ne suffisant plus pour relier les provinces entre elles et amener ù la mer les produits de la Grande Prairie, on créa plus au Nord une nouvelle voie vers le Pacifique, le Tran$continental National. La large bande de terre qui sépare du Lac Supérieur le fond de la James-H iv M trouve ainsi coupée en deux. En outre l'établissement de la ligne de l'Hudson-Bay qui drainera vers la baie les blés de la Saskatchewan et du Maniloba va déterminer la création du chemin de fer de la James-Bay qui redescendra ces mêmes blés vers Québec et la mer. L;i province d'Ontario, elle aussi, étend le bras dans la même direction par sa ligne de Norlli-Bay et Cochrane. Bref, «-'est la mise en œuvre de tout le Nord qui s'effectue rapidement, aussi bien pour la division de l'Atlantique que pour celle des Prairies.
Compagnie du Grand Tronc. — Toutes les compagnies dans l'Est du Canada entrecroisent leurs réseaux. Le Grand Tronc a sa tète de ligne à Québec. De l'antre coté du fleuve, il rejoint V In ter colonial qui, parla vallée delà Matapédia, va desservir les Provinces Maritimes.
La voie principale va de Québec à Richmond-Junction à 97 milles de Québec, f>7 de Montréal) et va aboutir à Montréal ou àPortland dans le Maine. De Montréal à Portland, on compte 207 milles.
De Montréal, une ligne suit le fleuve et le Nord du lac Ontario par Kingston et Toronto [334 milles de Montréal'. AHamilton, la même ligne fait sa jonction avec les lignes du Niagara Falls, Sarnia, Détroit (871 milles de Montréal).
De Toronto, des embranchements vont aboutir aux ports du lac Huron, Goderich, Kincardine. Un autre embranchement monte vers North-Baj et Nipissing (227 milles et se rattache au Temiscamingue et Ontario Ry, qui aboutit à Cochrane 253 milles de North-Bay).
Canadien Pacifique. — Le Canadien Pacifique a sa tète de ligne à Montréal. Cette ville est reliée à Québec par une voie qui suit le fleuve 1715 milles). La Short Une traverse toute la province de Québec par Farnham à M milles de Monlréal. au Sud du fleuve, et dirige plusieurs embranchements vers le Nord et le Sud desEastern Townships. Elle pénétre ensuite dans le Maine et le Nouveau-Brunswick.
Des embranchements à Me Adam Junction vont à Edmouton, Frédéric^ a et Saint- John (-183 milles de Montréal). Dans cette ville, le C. P. R. va 1er a l'Intercolonlal.
Les lignes de Montréal-Ouest sont proprement les lignes transcontinentales. Deux voies se dirigent vers Ottawa : 1" la North Short Line, 2° !a Short Une empruntée par
les trains transcontinentaux (Impérial limited and Soo Train). Une ligne directe va vers Toronto (339 milles de Montréal). Toronto est la tête des voies ferrées des grands Lacs allant à Fort- William et Port-Arthur.
D'Ottawa, une ligne monte à North-Bay et fait sa jonction avec le Grand Tronc et l'Ontario et Témiscamingue.
La ligne de North-Bay à Sudbury (439 milles de Montréal) court au Nord du lac Supérieur.
Sudbury peut être considérée comme la station initiale du Canada Central.
Intercolonial. — Une seule ligne sur ce réseau va de Montréal aux extrémités des Provinces Maritimes (1.700 milles) par Lévis, Rivière du Loup, Chatham et Moncton.
De Moncton une ligne descend vers Saint-John, une autre va vers Sydney en Nouvelle-Ecosse, une troisième vers Dartmouth.
Canadian Northern. — Dans l'Est du Canada, le C. N. R. ne possède en propre qu'un réseau fragmenté. Deux lignes partant de Halifax et de Yarmouth contournent les côtes de la Nouvelle-Ecosse.
A Québec vient aboutir la ligne de Chicoutimi qui dessert toute la région du lac Saint-Jean.
Ottawa et Montréal sont les points de départ des lignes de l'Ottawa et des lacs Rideau; de Toronto part la ligne de Muskoka et de Fort-Franchis part celle des Rainy Lakes.
C'est surtout dans l'Ouest que le Canadian Northern offre à l'heure présente un important développement dévoies ferrées.
Région de l'Ontario.
Sudbury et Cochrane se trouvent sensiblement sous le même degré de longitude. C'est la partie la plus étroite du Canada. Le lac Huron et le lac Supérieur assurent en partie son trafic. Seuls les deux transcontinentaux, leCanadianPaeific et le Grand Tronc Pacifique, la desservent jusqu'à Winnipeg. Toutefois le grandTronc Pacilique détache un embranchement à Lac Supérieur Junction jusqu'à Fort- William et le Canadian Northern commence à Port-Arthur sa ligne principale et la pousse jusqu'à Edmonton à 1.415 milles de là.
Division des Prairies et du Pacifique.
Winnipeg est, nous l'avons dit, la porte de l'Ouest, et la concentration de toutes les voies ferrées n'a fait que consacrer et accentuer encore cet avantage naturel. De là toutes les voies ferrées partent vers l'Ouest, s'élendant en patte d oie sur un territoire presque uniformément plat et sur lequel il a suffi, pendant longtemps, pour faire une voie ferrée, de poser simplement des traverses sur le sol. Aujourd'hui, au contraire, on établit les voies solidement, sur de lourds rails d'acier, avec des ponts bien construits sur les grands fleuves. Le Canadian Pacific double ses voies pour rendre sou trafic plus intense, plus régulier et plus rapide. Sa voie principale traverse la Saskatchewan et l'Alberta jusqu'à Calgary (à 2.251 milles de Montréal), puis, par une série de tunnels et de travaux d'art, elle traverse les
Rocheuses à Banff.Field et Glacier. A Mission-Junction une voie suit la frontière et va rejoindre le Northern Pacifie Ry jusqu'à Seattle (Washington). La ligne maîtresse reste au contraire en Canada et atteint le Pacifique à Vancouver 2.897 milles de Montréal).
A Dunmore, en Alberta, une autre ligne franchit les Rocheuses par la Crow's N'est Pass, touche Nelson en Colombie Britannique et va rejoindre la ligne principale de Vancouver.
La barrière des Rocheuses a rendu nécessaire la création d'une ligne allant du Sud au Nord. Cet embranchement important part de Lethbridge et monte vers Calgary et Edmonton, déterminant un vaste triangle dont le dernier côté est formé par lavoir de Wetaskiwin à Moose Jaw.
Le Transcontinental ou Grand Tronc Pacifique achève sa ligne maîtresse particulièrement bien construite. Elle sera terminée en 1914. Elle va de Winnipeg à Saskatoon, Edmonton, Edson, franchit les Rocheuses par la Yellow Head Pass. monte vers Fort- George en Colombie Britannique et aboutit k Prince Rupert, port nouveau créé pour servir de terminus à la ligne et pour concurrencer Vancouver dont il est séparé patune distance de 1.550 milles.
Le Canadian Northern a dans la prairie un très important réseau. Sa ligne la plus septentrionale est celle de Prince Albert 439 milles de Winnipeg et 1884 milles de Montréal . Une autre ligne passe par North-Battleford, Edmonton, et franchira les Rocheuses par le même col que le Grand Tronc Pacifique. Toutefois, en Colombie Britannique, elle prendra la direction du Sud et suivra jusqu'à Vancouver une marche sensiblement parallèle à celle du Canadien Pacifique.
A Saskatoon (Saska) deux embranchements sont en direction opposée l'un vers Calgary, l'autre vers Régina.
Enfin, sur la ligne de Prince-Albert, à Hudson Bay Junction. un embranchement monte vers Le Pas et sert d'amorce à la ligne de l'Hudson-Bay que construit le gouvernement.
Nous avons dit que la nécessité de relier les provinces entre elles et celle d'écouler leurs produits par les ports de l'Atlantique et du Pacifique avaient imposé à toutes les lignes de chemins de fer de courir vers l'Ouest. Toutefois, ce programme est à l'heure présente à peu près réalisé. Aujourd'hui les relations de plus en plus actives avec les Etats-Unis, la montée des colons vers le Nord, vers Le Pas, le lac La Ronge, Athabasca Landing. Dunvegan et le district de la Rivière La Paix déterminent la création de voies perpendiculaires aux lignes maîtresses. Les lignes de Régina à Prince-Albert, de Calgary à Vegreville, d'Edmonton à Athabasca Landing construites par le C. N. R., enfin la grande ligne de l'Hudson-Bay, répondent à ces besoins nouveaux. Il est sûrque,dans quelques années, le district des Prairies figurera un damier dans lequel les voies perpendiculaires rabattront sur les lignes de l'Est les produits de la Prairie en attendant qu'un trafic plus intense vers les Etats-Unis les amène a convoyer ces produits directement vers le Sud. Cette dernière hypothèse est entièrement subordonnée à la question des tarifs douaniers. C'est pourquoi les populations de l'Ouest, uniquement préoccupées des intérêts matériels, sont nettement favorables au traité de réciprocité avec les Etats Unis.
Ainsi, soit qu'il s'agisse des provinces de l'Est, soit qu'il s'agisse de la division des Prairies, le programme primitif des chemins de fer est à peu près réalisé et la phy-
FRANCE-CAiNADA
sionomie des divers réseaux est déterminée en ce qui concerne le Sud du Canada.
Tout l'Est est agencé pour mener des grands lacs à la mer en élargissant considérablement le trafic des fleuves. Tout 1 Ouest est organisé pour conduire aux deux océans, et principalement à l'Atlantique, les produits des prairies.
Une nouvelleère commence, qui conduit les compagnies de chemins de fer, comme l'armée des colons, à la conquête du Nord. Elle aura pour résultat de donner à chaque Province, en particulier à celles de l'Ouest, plus d'indépendance vis-à-vis de la Confédération tout entière. Elle risque toutefois de les rendre solidaires des provinces centrales des Etats-Unis, à moins que la barrière douanière et surtout l'écoulement rapide et peu coûteux des produits par le Pacifique et par la Baie d'Hudson n'arrivent à maintenir l'unité économique du pays.
M. Guénard.
Lettre du Canada.
Le premier dîner France=Amérique de Montréal.
Le Comité France-Amérique fera connaître le Canada. — Les deux gouvernements lui promettent de l'aider à réaliser son programme.
Montréal, juin 1913.
Si on en juge par le grand nombre de personnages éminents qui assistaient au déjeuner du Comité France-Amérique, au Mount-Royal Club, et qui s'intéressent tout particulièrement à l'œuvre de ce Comité, qui est de rendre plus intimes les relations entre la France et le Canada, les résultats seront certainement des plus heureux, et la vieille mère patrie aura sous peu l'avantage de se renseigner tout particulièrement sur les beautés de notre pays, et sur les avantages qu'il offre au point de vue commercial et industriel.
Le sénateur Dandurand présidait cette première réunion publique du Comité France-Amérique de Montréal depuis la visite de M. Gabriel Hanotaux et de ses distingués compagnons.
Au dessert, M. Dandurand porta un toast rare pour les banquets de Montréal, un toast d'entente cordiale, au Roi et au Président de la République. Les convives, respectueusement, vidèrent leur verre à la santé de Georges V. notre gracieux souverain, et de M. Raymond Poincaré.
« Le but que s'est proposé le Comité, dit M. Dandurand, est de faire connaître le Canada et le rôle qu'il a joué et doit jouer en France. Ce but, nous l'atteindrons tout d'abord en accordant tous nos efforts à la diffusion de notre histoire, et cette partie de notre programme est réalisée par la publication, sous nos auspices, de l'Histoire de Garneau que M. Hanotaux, notre cher président, en France, a bien voulu enrichir d'une préface.
« Déjà, le Canada est mieux connu à Paris, grâce au Comité. L'hiver dernier, le
Comité parisien a donné une dizaine de dîners dont la plupart étaient en notre honneur. On a reçu le Très Hon. M. Borden et ses collègues, puis on a reçu Sir Lomer Gouin.
« Nous avons pensé à vous réunir aujourd'hui, d'abord, pour souhaiter un bon voyage à notre secrétaire, M. Edouard Moutpetit, qui s'en va donner à Paris, sous les auspices de France-Amérique, deux conférences sur le Canada. Puis, nous allons ébaucher le programme dont nous voulons assurer la réalisation, d
M. Oandurand annonce alors l'intention du Comité d'organiser ici une équipe de correspondants pour la Revue France- Amériqtée de Paris. Il réclame enfin deux musées pour faire admirer aux Canadiens les merveilles du génie et de l'art français. « dont ils profiteront ».
« C'est pour aider à la réalisation de ces vœux, conclut le président, que nous avons invité un représentant du gouvernement fédéral et le chef de notre gouvernement provincial. » (Applaudissement!.)
L'Honorable M. Doherty, ministre de la Justice, répond le premier en ces termes :
« Le Comité France-Aviériqus.se recommande à tous les Canadiens parce qu'il nous vient de France. On dit que « tout homme a deux patries, la sienne et puis la France ». Si cela est vrai dans les autres pays, cela est doublement vrai au Canada. Le Canada a eu l'immense avantage d'avoir été développé par les deux grandes nations de la terre, et la France a laissé ici une semence forte qui lui donne droit à la grande reconnaissance de tous les Canadiens.
« Tout Canadien doit voir dans le Comité France Amérique une œuvre qui travaillera à maintenir cette Entente cordiale si nécessaire à la paix du monde et à nous préserver le Canada-Français, qui est une force pour notre pays.
«Au nom du gouvernement que j'ai l'honneur de représenter, je ne saurais dire tout le bien que l'on doit souhaiter à votre œuvre. Je ne saurais dire assez l'impression créée sur nous par l'hospitalité toute française dont nous avons été l'objet, le Très Hon. M. Borden, mes collègues et moi. pendant notre voyage à Paris.
« Les Canadiens qui n'ont pas le bonheur d'être d'origine française sont de tout cœur avec vous et vous souhaitent tout le succès que vous méritez. En terminant, laissez-moi proposer la santé de votre Comité, et prier Sir Lomer Gouin, de seconder ma proposition. » [Applaudissements .)
Sir Lomer Gouin, premier ministre de la province de Québec, répond aveu empressement à cette invitation :
« J'arrive de France, dit Sir Lomer Gouin, où j'ai été l'hôte de France-Amérique. C'est avec bonheur que j'ai revu tous ceux qui nous avaient honorés de leur visite il y a un an. J'ai été reçu royalement, cordialement, à la table du Comité Francel .■■/-/ne. le reviens porteur d'un message de sympathie de nos Irères de France. ( *l ppln udissemen ts. )
« Je connais depuis deux ans l'œuvre de votre Comité. I- intérêt que l'on portait alors à l'Amérique en France — je le luisais remarquer à votre président — était surtout pour le Sud, pour los républiques. Les choses ont changé, heureusement. On regarde maintenant vers le Nord vers l'Ouest. C'est de là qu'on attend la lumière.
« A qui doit-on ce bonheur ?
« Tout d'abord au voyage du premier ministre du Canada, le Très Honorable
M. Bordenet au vôtre, M. Doherty, lorsque vous êtes allé à Paris avec vos collègues, et que vous y avez laissé une si bonne impression.
« A vous, M. l'ex-bàtonnier (Me F. J. Bisaillon, C. R. qui avez laissé de si bons souvenirs chez vos confrères.
u A votre sympathique président, dont les paroles éloquentes ont tourné les regards et les cœurs vers l'Ancienne Nouvelle-France. A M. Gonzalves Desaulniers dont les fins discours nous ont fait tant apprécier.
« Enfin à mon bon ami — à qui je porte beaucoup d'estime — M. Montpetit.
s Monsieur le président, vous avez bien voulu dire que vous comptiez sur les gouvernements pour réaliser vos vœux. Permettez-moi de vous dire que nous vous avons même devancés.
« Avec M. Kleczkowski, un ami du Canada, j'ai pensé, pendant mon dernier voyage, que le temps était venu d'établir en cette province un Bureau de statistiques, et j'ai cru qu'il nous fallait pour cela des hommes d'expériences. La France a un Bureau de statistiques depuis un siècle. J'ai cru que c'était là que nous devions puiser nos renseignements, et j'ai demandé au chef de ce bureau de nous donner un de ses premiers lieutenants. J'ai lieu d'espérer que nous aurons avant longtemps un des premiers officiers du premier Bureau de statistiques du monde entier au Bureau de notre province. »
Sir Lomer Gouin dit que son gouvernement veut doter les Ecoles de Hautes Etudes et Technique d'un musée commercial et d'un musée industriel, et il dit que, dans ces deux écoles, il y aura bientôt de nouvelles chaires, afin de combler quelques-unes des nombreuses lacunes de notre enseignement.
« Nous avons un très beau pays, dit Sir Lomer, mais nous ne sommes pas assez avancés au point de vue artistique, et le temps est venu d'aller de l'avant. Grâce au travail du Comité France- Amérique, les premiers rayons du génie français luiront sous peu au Canada, et nous pourrons en faire notre profit tout à notre aise. »
Les convives boivent à France- Amérique.
a Pendant que nous sommes debout, dit le sénateur Dandurand, buvons à la santé de M. Montpetit, qui part pour la France. Souhaitons-lui bon voyage. » M. Montpetit remercie brièvement.
" Je vous remercie sincèrement, dit M. Montpetit, je vous remercie de votre sympathie dont j'ai besoin, en ce moment. Je m'en vais après d'autres parler du Canada. Il sera diricile de recommencer après eux. Je dirai à nos frères de France comment nous sommes restés fidèles à nos origines, et je leur dirai que le Canada restera toujours l'expression la plus sûre, la plus parfaite de l'Entente cordiale. »
« Je profite de cette occasion pour remercier publiquement Sir Lomer Gouin d'avoir bien voulu aider notre Comité à réaliser son programme. » On acclame M. Montpetit, puis M. Reynaud, le vice-consul de France, ajoute quelques mots.
Le président annonce qu'à l'automne le Comité donnera d'autres lunchs, « lorsque M. Montpetit sera revenu de France et que l'Histoire de Garneau sera publiée ».
On remarquait parmi les convives : MM. C. P. Beaubien. Jos. C. Beauchamp, Oscar Beauchamp, Ernest Bélanger, Lucien Bernier, M. A. Bernier, F.-J. Bisaillon, Rod. Brunet, Dr E.-P. Chagnon, Dr J.-H. Chalifoux, Thomas Côté, E. Daoust, G. Desaulniers, C. Dessaulles, Albert P. Frigon, G. Gonthier, Dr L.-P. de Grandpré, P. Julien- Chatel, Kerhulu, Raoul Lacroix, E, Lassalle, Victor Morin, L.-N. Patenaude, O.-S.
Perrault, F. Perry, Isaïe Préfontaine, A. V. Roy, Elzéar Roy. T. Sénéchal, Ed. Fabre Surveyer, Nap. Tétrault, Arthur Vallée, G. F. Vanier, H. E. Vautelet, J. Yenne, P. B. De Crevecœur, F. Revol, Hon. Juges Robidoux,' Bruneau, Ouimet, Lanctot, M. R. Génin etc.
Jaettne du Canada.
lie Canada et la délégation Champlain,
Au moment oit M. Edmond Montpetit fait en conférences sur le Canada qui lui ont
valu un succès considérable, nous avons plaisir à publier la fin de sa lettre du Canada consacrée « la délégation Champlain. Dans sa première lettre il t'était arrêté d l'arrivée de la mission à l'Hôtel de ville de Montréal. Vo onde lettre :
A l'Hôtel de ville, la réception fut cordiale. M. le Maire prononça une courte allocution à laquelle M. Gabriel Hanotaux répondit brièvement. Au Board of Trade, où s'étaient réunies les trois Chambres de commerce, on agita l'importante- question des relations économiques. Les paroles de M. Gabriel Hanotaux furent fréquemment applaudies. Elle étaient très nettes; donnez-nous le maximum de garanties, nous vous rendrons le maximum d'effort! Puis, les délégués furent conduits au Mount- Royal Club où M. le sénateur Dandurand, président du Comité France-Amérique, les avait priés à déjeuner. Le repas fut plein d'entrain. Chose remarquable, il n'y eut pas de discours. Deux toasts furent portés, l'un au roi d'Angleterre, l'autre au président de la République française. Dans l'après-midi, il y cul réunion du Comité France- Amérique sous laprésidence de M. Gabriel Hanoaux : on y jeta les bases d'une organisation durable. A 5 heures, M. le Consul général de France reçut la mission, et, à 8 heures, après cette formidable journée, les délégués se réunirent dans la grande salle du Windsor où près de cinq cents convives les attendaient. La fête fut brillante. Les académiciens avaient revêtu l'habit à palmes vertes et le général Lebon était en grande tenue. Leur entrée fut saluée d'enthousiasme. H n'y a pas de banquet sans ch tnsons. M. Paul G. Ouimrt et M i-'douard Dufresne avaient accepté de se faire entendre. Ils furent chaleureusement applaudis. M. Etienne Lamy demanda avec insistance cette chanson où il y a : « Vive la France ! ». On s'empressa de répondre à son aimable désir et les convives chantèrent avec foi : « Jadis la France sur nos bords ». Le silence se fit, très brusque, lorsque le président du banquet frappa son verre de petits coups répétés comme il est d'usage en pareilles circonstances. Les toast commencèrent. Jamais auditeurs ne furent plus avides d entendre.
Côté France, MM. Hanotaux. Barthou, Lamy, Baziu. d Estournelles de Constant.
(1) V. le numéro de décembre 1912 da France-Canada, p. 66-6S.
Vidal de la Blache. Deschamps, Blériot et Leboa prirent successivement la parole Ce fut uu délice. Jamais nous n'avions été à pareille fête d'éloquence. M. Barthou fut particulièrement goûté. Avec un sens exact des nuances, une élégance extrême, et une étonnante flexibilité d'expression, il définit notre problème national; il se félicite d'avoir constaté chez nous la survivance du sentiment français et il indique d un trait à peine marqué la voie dans laquelle nous devons diriger l'effort de notre constance M. Bazin était très attendu. Sa renommée compte parmi nous de nombreux fidèles. Il nous tardait d'entendre l'auteur des Oberlé. Il lut, de sa voix tranquille et sur un ton académique, une page du roman qu'il avait écrite le matin même et don nous conservons précieusement le manuscrit. Il dit sa première vis.on du Canada et combien elle lui a remué le cœur. Habitué à regarder vivre les choses, il tire très heureusement des paysages canadiens et de nos mœurs une leçon discrète d énergie. Il a voulu comprendre et traduire nos moissons et saluer la terre qui s ouvre aux semences fécondes. Que sa voix soit entendue ! M. Gaston Deschamps parla au nom de la presse française. C'est un ami du Canada et qui nous a déjà rendu visite Lpns de nos chansons canadiennes, il nous dit le charme qu'il a éprouvé a les entendre. Elles sont comme un écho très lointain, qui persiste; elles sont un peu de notre patriotisme; elles ont bercé notre grande illusion. Militairement, le général Lebon but à l'année canadienne et M. Louis Blériot, un peu timide, prononça d une voix claire et rieuse ces quelques mots que l'auditoire, conquis, cribla d'applaudissements : ce Canadiens, lorsque la France aura des ailes, elle s'empressera de voler vers vous. Travaillez donc à lui donner des ailes! » Côté Canada, mentionnons le discours de M. G. Desaulniers qui fut tout particulièrement remarqué.
Le lendemain, les délégués se rendaient au Hunt Club, où Sir Montagu Allan viceprésident de France-A.né.;4de,les avait invités. Le déjeuner fut charmant. Les convives avaient été répartis par groupes. La table où M. Louis Blériot devait prendre place était ornée de petites cartes-aéroplanes. Comment ne pas céder a 1 innocente manie de demander un autographe ? M. Blériot s'exécuta de bonne grâce et signa les nombreuses cartes d'un paraphe élégant, un peu incliné, comme quelque chose qui s'envole. Puis il dit les espoirs de la France et comment elle travaille a organiser la défense aérienne ; et nous ne savions pas ce qu'il fallait admirer davantage, de son extrême amabilité ou de sa modestie. Vers 3 heures, les délégués prenaient congé pour aller rencontrer à l'Union nationale les sociétés françaises. Le soir, ils étaient les hôtes de quelques familles canadiennes et, à 8 heures, tous se réunissaient au monument national. . ..
En des termes éloquents, M. le sénateur Dandurand présenta la délégation a 1 auditoire nombreux et enthousiaste; puis, MM. Hanotaux et Blériot prononcèrent tour a tour des allocutions qui furent vivement applaudies ; enfin, M. Louis Barthou fit une conférence sur l'aviation et la littérature.
M Barthou est un fervent de l'aviation. Il fit quelques envolées - soit dit sans intention - alors qu'il était ministre et il nous a délicieusement raconté comment M. Blériot hésita longtemps à prendre charge de sa vie. Quelques jouis avant de quitter la France, il avait été acclamé à 1 Aéro-Club. « M Louis Barthou, lisons-nous dans le Matin du 17 mars 1912, avait rappelé les grandes dates ue 1 aéronautique et indiqué après chaque nom de héros : « C'était un Français >. » Quand il parla des aéroplanes, quand il eut rappelé le magnifique, l'admirable circuit de l'Est, ce fut une
émotion patriotique qui se dégagea. Quand fut rappelée la randonnée de Védrines vers Madrid, celle de Beaumontà Rome, les assistants devinrent fiévreux, les applaudissements crépitaient. »
De plus, M. Barthou est un homme de lettres. C'est sa coquetterie : elle le conduira doucement, lui, ancien ministre de la République, vers cette jeune dame d'un autre régime, l'Académie française. En attendant, il collectionne pieusement les manuscrits rares. Il ne prise que les perles et possède des richesses ! Il a ses idoles : Lamartine, Hugo, Sainte-Beuve, Anatole France, Barrés, Loti, Edmond Rostand. I) garde avec un soin jaloux un exemplaire de Chantecler dont l'Hymne au soleil et les sonnets liminaires ont été écrits de la main de lauteur. Entre deux discours politiques, il fait pour la Revue hebdomadaire ou la Revue bleue, des articles sur les manuscrits inédits de Lamartine ou de Victor Hugo. Ce sont là, pour nous servir de l'expression de l'impeccable interviewer du Temps, M. Joseph Bois, les « délassements de M. Louis Barthou ».
Voilà pourquoi M. Barthou, aviateur et lettré par surcroit, pouvait parler, avec tant d'aisance et d'autorité, de la littérature et de l'aviation. Somme loule. les deux choses vont bien ensemble : tous les poètes sont des aviateurs. M. Barllu.u sait aussi dire les vers et les goûter. C'est un charme de plus et c'est une qualité qui s'en va. Il a récité le sonnet de Rostand sur le Vatican d'une manière exquise. Il a fait, en terminant, un récit émouvant de la chute de l'aviateur; sa voix se fit plus sourde et plus contenue : il prononça très bas: « Il est mort, pour la Patrie! » L'auditoire profondément remue, resta un moment silencieux; puis l'aventure de l'Aéro-Club se renouvela, les applaudissements éclatèrent, formidables !
Le soir même, les délégués quittaient Montréal. Ils lurent escortés jusqu'à la gare Viger par les joyeux refrains de nos étudiants Un instant nous avons craint une catastrophe, toujours à l'occasion des bagages, notre terreur : Nous entendons encore HP1" Cormon réclamer une sacoche égarée. « Elle contient, disait-elle gentiment, après l'avoir retrouvée sous une banquette, toute ma fortune ! » L'alerte passée, le train partit lentement, pendant que les étudiants saluaient d'un vigoureux et dernier « Vive la France ! » nos illustres visiteurs.
Ed. Montpetit,
l'rofesseur à l'Univtrsité Laval.
Les faits du mois au Canada.
2 mai. — Le duc de Connaught, gouverneur général du Canada, actuellement à Londres, où S. A. R. la duchesse de Connaught a subi une grave opération, a été solennellement reçu au Canada-Club. Lord Strathcona, le comte Grey, Sir Th. Shaughenessy, Sir William Maekenzie et plusieurs notabilités canadiennes lui ont souhaité la bienvenue.
Le duc a fait ressortir la prospérité actuelle du Canada et l'importance croissante de Finirai ■ gration. Il a chaudement remercié la population canadienne en la personne de ses représentants éminents pour les témoignages d'affectueux respect qu'on lui a marqués quand la duchesse était gravement malade.
8 mai. — Le port de Fort-William a repris toute son activité depuis le 20 avril, date de l'ouverture de la navigation. Déjà 21 millions de boisseaux de blé ont été embarqués et l'on compte en transporter 75.216.000 pendant la saison.
9 mai — L'Honorable M. White squmet aux Communes les résultats budgétaires pour l'année écoulée 1911-1912). Le revenu a été de 136.168.000 dollars (contre H7.000.000 pour l'année précédente). Pour l'exercice 1912-1913, on pense que les revenus atteindront 168.250.000 dollars. La dette nationale a été réduite de 22.300.000 dollars, et son chiffre total ne s'élève plus qu'à 339.919.460 dollars.
12 mai — Un groupe de députés conservateurs s'est réuni pour offrir à Lad y R.-L. Borden un coupé électrique. Le très Honorable Sir R.-L. Borden, Premier Ministre, très ému de cette manifestation de sympathie, a chaudement remercié ses collègues.
14 mai. — Le bureau d'hygiène de la ville d'Ottawa, capitale du Canada, a ordonné de faire combler tous les puits en raison de la typhoïde qui règne dans la ville. On cherche à réparer et à purifier l'aqueduc.
Une délégation de notables est allée à Québec pour obtenir l'autorisation de capter les sources de la Gatineau pour alimenter Ottawa.
19 mai. — Le très Honorable Sir R.-L. Borden est reçu avec de grandes acclamations par la population de Toronto. Plu ■ de 10.000 personnes assistaient à la première réunion qu'il a donnée. Ses collègues du cabinet, MM. Hazen et Pelletier l'accompagnaient dans ce voyage.
21 mai. — Le gouvernement fédéral, désireux de donner un gage de sympathie à la population canadienne française a voté un crédit de 5.000 dollars comme contribution au monument qu'on doit élever à la mémoire de Dollard des Ormeaux et des héros du Long Sault.
22 mai. — Le Sénat, par une majorité de 23 voix, vote un amendement d'après lequel les fonds destinés à l'amélioration des routes seront répartis entre les diverses provinces au prorata de leur population.
23 mai. — En deux jours les Chambres ont voté le budget. Le gouvernement a déclaré qu'il portait toute son attention sur l'augmentation croissante du coût de la vie.
26 mai. — Le Sénat commence la discussion du Bill de la Marine qui a été discuté et voté par les Communes.
Les Communes ont voté de leur côté 1 million de dollars pour le chemin de fer de la Baie d'Hudson et 13.533.000 pour 1 Intercolonial et le chemin de fer de l'Ile de Prince-Edouard.
24 mai. — Le paquebot La Touraine, que la Compagnie Transatlantique a mis sur la ligne du Havre à Québec, entre pour la première fois dans le port de Québec.
27 mai. — Quatre sénateurs-conservateurs viennent d'être nommés en Ontario. Ce sont les honorables E.-D. Smith, lieutenant-colonel Mason, sénateur Me. Call et sénateur J. Donnelly.
28 mai. — Les limites à bois de Mount Murray à la Malbaie ont été vendues à un syndicat des Etats-Unis.
29 mai. — Son Altesse Royale le prince Albert, second fils de S. M. Georges \ . est arrivé à Halifax sur un croiseur de la marine britannique, le Cumberland. La population de Québec s'apprête à lui faire une réception triomphale.
L' administrateur-gérant : A. de Foucauld. paris, ihp. levé, hue cassette, 17.
Comité de Patronage
MM
Raymond Poincaré. de l'Académie fran ..aise président de la République française .
Le Ministre des Affaires étrangères
Le Ministre du Commerce.
Le Ministre de l'Instruction publique.
Le Ministre des Colonies.
L'Ambassadeur de France aux État, -l <
Les Ministres de France dans les Républiques américaine».
Le Consul général de France au ' anada.
Le Président des Chambres de commerce de Paris, de Lyon, de Marseille, de Bordeaux, du Havre.
MM
Prince d'Arenberg. de l'Institut, président du Comité de /' [frique française.
i-Aucoc. de l'Institut, présidenl du Conseil d'administration de la C" des chemins de fer du Midi.
Appell. de l'Institut, présidenl du Comité de direction du groupement des I niversités de France.
f Aynard. df rinstitiil. député.
Ballif. présidenl du Imnîng Club.
Prince rioland Bonaparte, de l'Institut, Président de la Société de Géographie.
Paul Bourget. de l'Académie Française.
Léon Bourgeois, sénateur, ancien ministre des Affaires étrangères.
Jules Cambon. ambassadeui de France.
Francis Charmes, de l'Académie française, directeur de la Revue des Deux Mandes.
G. Clemenceau, sénateur, ancien Président du Conseil.
Baronde Courcel,de l'Institut, ambassadeur de France, sénateur, Président du Conseil d'administration de la ' '"' d'Orléans.
Baron Denys Cochin. député, de l'Académie française.
Dervillé, présidenl du Conseil d'administration de la C' Paris-Lyon-Méditerranée.
Deschanel. de l'Académie française, présidenl de la Chambre des députés.
Doumer. ancien présidenl de la Chambre des députés.
Jean Dupuy. sénateur, présidenl du Syndicat de la Presse parisienne.
Etienne, ancien président du Comité de l'Asie française, député.
Foncin. président del' llliance française.
Amiral Fournier.
Y DeFoville. secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences morales et politiques.
f Frémiet, de l'Institut.
Amiral Gervais. présidenl d'honneur de la Ligue maritime française.
Ch. Gomel. président du Conseil d'administration de la C" de l'I-Jst.
C'"d Haussonville.de l'Académie française.
MM
Hébrard de Villeneuve, président de section au Conseil d'Etal, présidenl de l'Office national du Tourisme.
Paul Hervieu. de l'Académie française, ancien président de \a Société de» \uipurs dramatiques.
Herbette. présidenl du Comité de propagande de l'Alliance frai
Frantz Jourdain, président de la Société du Salon d' iutomne.
Etienne Lamy. de l'Académie française, ancien directeur du Correspondant.
f Professeur Lannelongue. de l'Institut, sénateur.
Ernest Lavisse. de l'Académie française, directeur de la Rt • ue de Pa
j A. Leroy-Beaulieu. de I Institut, directeur de 17 ■ oie des Sciences politiques.
Paul Leroy -Beaulieu. de l'Institut.
Général de Lacroix.
Georges Lecomte. ancien présidenl de la Société des Gens de Lettres.
v Levasseur. de l'Institut, administrateur du ( 'ollège de France.
Méziéres. de l'Académie française, sénateur, Président de l'Association des Jours parisiens.
Y Massenet. de l'Institut.
Nénot. de l'Institut, ancien présidenl de la Société des .1 rtistes fran
Patenôtre. ambassadeur de France
Louis Renault, de l'Institut.
Ribot. de l'Académie française, sénateur, ancien ministre des Affaires étrangi tes.
Comte de Rochambeau.
Auguste Rodin.
Roll. présidenl de la Société nationale de» Beau • - l ris .
Baron Edmond de Rothschild, de l'Institut.
Baron Edouard de Rothschild. Président du Conseil d'administration de la C* du Nord.
Roujon. del'Académie française, secrétaire perpétuel de Y Académie des Beaux-Arts.
Saint- Saêns, de l'Institut.
Teissier présidenl du Conseil d'administration de la Compagnie des Chemins de Fer In Midi.
Vidal de la Blache, de l'Institut.
Marquis de Vogué, de l'Académie française, présidenl de la Société des Igricul- ' mce.
Y Vicomte de Vogué, de l'Académie française, vice-présidenl du Comité de I ".1 frique fran' aise.
Baron de Zuylen. président de l'Automobile- Club.
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