AOUT 1*IS
FRANCE -
CANADA
REVUE MENSUELLE DU COMITÉ FRANCE- A MÉRIQUE
SOMMAIRE
La vie politique et internationale.
Les Survivances françaises au Canada :
Discours de M. Louis Madelin,
Conférence de M. Edouard .Montpetit,
professeur a l'Université' Laval.
La vie économique.
A. F. HÉVOL La vente des produits
Ancien préiident de la CANADIENS EN FRANCE.
Chambrent Commerce franraiae de Montréal.
M. GUENARD Manifestations francocanadiennes a Paris et a Montréal.
Les faits du mois.
M. C Juin 1913.
Les survivances françaises au Canada
Discours de M. Louis Madelin.
Mesdames, Messieurs,
Rien ne pouvait m'être plus agréable que de vous présenter M. Edouard Montpetit. M. Edouard Montpetit est professeur de cette Université Laval de Montréal, qui est là-bas une forteresse de l'esprit français, de la langue française de l'histoire française. De tout temps et d'avance, j'ai aimé cette belle école où notre langue se parle et s'enseigne. Mais, depuis cette soirée de février 1908 où, j'ai parlé à l'Université Laval, étudiants, maîtres et amis nhinis. la plus vive reconnaissance s'ajoute chez moi à la sympathie d'autrefois. C'est dans cette grande salle de l'Université Laval, toute vibrante d'affection cordiale, que j'ai senti que, même dans notre amitié pour le Canada, nous nous trompions encore : j'étais avant de visiter Montréal et Québec, persuadé que nous avions là-bas d'excellents cousins; en ces journées de février 1908, j'ai constaté que, séparés de nous par cent soixante ans d'histoire et l'énorme Océan, ils sont mieux que des cousins, des frères, et des frères pleins de délicate et franche affection.
C'est donc pour moi un grand plaisir que d'accueillir ici un des représentants les plus distingués - je le dis en connaissance de cause - de l'Université française de Montréal, un des fils de cette nation sœur à laquelle, en la personne de M Montpetit, vont ce soir nos pensées et tout notre cœur.
Même dans ce foyer d'amitiés françaises, M. Edouard Montpetit a trouvé moyen d'être plus français encore. Dès que, grâce à M. Gabriel Hanotaux, s'est fondé en France ce Comité France-Amérique qui, en trois ans, a plus fait pour nouer sur les deux rives de l'Atlantique relations utiles et relations charmantes que cent ans de rapports trop intermittents, M. Edouard Montpetit s'est offert et a été choisi pour être là-bas le secrétaire général du comité correspondant de Montréal. C'est donc, Monsieur, à un double titre que je vous salue ce soir ici : Français de nom, de sang, de traditions, vous avez voulu être un Français d'action. Nous vous en remercions et estimons que la meilleure façon de le faire est de vous dire que vous êtes ici chez vous.
Je me rappelle avoir fait à Québec la connaissance d'un homme tout à la fois bien distingué et bien excellent; M. le juge Charles Langelier,qui me servit de cicérone sur ces champs de bataille où.entre Montcalm et Wolff, se joua le sort du Canada. D'avance, M. Langelier m'était un ami. J'avais relevé, quelques années avant dans un discours prononcé par lui, une parole qui m'avait ému par la simplicité même avec laquelle elle avait été prononcée. On inaugurait à Québec la statue de votre noble et infortuné compatriote, le poète Crémazie qu'une vie de misère avait acculé à s'expatrier et qui était mort chez nous. Rendant à Crémazie l'hommage qu'aucun Canadien ne lui peut refuser, M. Langelier s'écriait : « Ah! comme il l'a profondément aimée, sa patrie, lui . qui devait mourir pourtant -je ne dis pas sous un ciel étranger puisqu'il « est mort en France... »
Cette parole ne nous était pas destinée ainsi que celles toujours si caressantes qu'on nous adresse lorsque nous allons là-bas. Elle était prononcée entre Canadiens; elle n'exprimait pas simplement la pensée de l'orateur, mais celle de l'auditoire que je voisd'iciapprouver;dela tête. C'est bien ce caractère purement canadien qui donne au mot sa valeur. Il fut dit naturellement. Ce ciel de France, jamais, ne paraît étranger au Canadien. Un des plus éminents de vos hommes politiques, Monsieur, me racontait un jour sa première visite enFrance. 11 étaitle petit-fils de Normands partis trois cents ans avant de Honfleur. Et parlant de ce premier voyage il employait un mot qui, sans qu'il s'en doutât, m'émouvait beaucoup : « La première fois que je suis revenu en France. » Ainsi, dans sa pensée, il abolissait un instant trois cents ans de conquête âpre, de travaux acharnés, de bataille contre la nature et les hommes, de gloire et de misère, de chagrin et de joie; et le petit-fils de ces paysans français, devenu represen-
Ttoui?vnli0'ldZ Grda' SUPPrimant,es -des, représentait laïeul, sujet France! '" Part' "* le *aleau ^^ El jI « ™"*' < ■«
étudteifh!ité " S°'?nir f St " PhéDOmène P^Peux. C'est un de ceux qu'on n en d n S ™ auta»1 d ^aneroent que de joie. Les Canadiens sont ellement de notre race que, lom de s'être défrancisés, ils évoquent à nos yeux notre vieux passe français intégral. Je me vois d'ici dans le traîneau qui p r , fr d mten-e, maiS joyeux au moment où le soleil se levait du côté'l, A„an i e
vi iit"; edet: r rpentes de tet Acropoie aux rues tori— <<-' «
vieille ville de Québec. J avais quatre mois d'Amérique anglo-saxonne dans les yeux;j y avais reçu certesla plus cordiale hospitalité etgoûîé de grand pli Maisplusdune fo.s cependant, pris de nostalgie, j'avais rêvé, de me préc ,ii er dès mon retour en France.dans une de ces villes de chez nous où il .,*, e vie.lles choses noir,es et frustes, de vieux logis, de vieilles enseigne* oe rues mal alignées - et des souvenirs que les pierres rendraient pS t voie, que, sans quitter le s,. d'Amérique, mon rêve se réalisait. .. aperc vais ntre des échoppes qu, peut-être dataient de l'époque où les domestiques de' 1 de Frontenac onde M. de Vaudreuil venaient s'y approvisionner dé, ices ou
de roguene.des églises bâties dans le style de Notre' -d,,- Victoire! e
çâ et là une auberge sur la porte de laquelle il était dit que Lafleuf |ope a pied et à cheval. Il faut avoir passé son enfance dans nos vieilles Villes de prov n pour comprendre tout ce que dit ce vieil appel au voyageur. M faut aussi avoi quatre mois fréquenté le, Palace totél de New^York, de Chicago de San- Francisco pour se rendre tout a fait compte de la joie singulière °qu'e ressent un Français eu apprenant que Lafleuf loge à pied et à cheval
Ce sont Mesdames et Messieurs, de très petits traits, mais qui ont une valeur b.en grande et qui, s, minces qu'ils paraissent, ne doivent pas non, ins.urer seulement une joie amusée ou attendrie, mais une sorte d'orgueil
E"- 176VnngOUVernement d° Loai3XV. ^incu, a abandonne sur le sol américain 60.000 paysans descendants d, Normands, de Bretons, d'AnKevins e de Charentais. Le vainqueur anglais s'installait en maître et l'on pouvait ore voir qu à très brève échéance, le Ilot anglo-saxon, s'il ne la balaya t pas noierait cette poignée d'hommes. '
Aujourd'hui une race française forte, bien portante physiquement et moralement, s est développe là-bas. Près de quatre millions de Canadien. Français occupent la province de Québec, débordent des frontières, eesaiment aux Etal Ums ou seule parmi dix races d'imitants, elle ne se laisse pas absorber. J'ai vu a Holyooke ville du Connectât, une population de Canadiens qni depuis vingt ans, se bat, paroisse par paroisse, contre les Irlandais pour que le caté'
•. f».t en français à leurs enfants. Qu'est-ce sur le sol même que nous cbxsme soit fait en frança, ^^ ^ ^ sueurs, Ces
aV0ÛS jadis *™«£^™*tZi respecter par le vainqueur la langue, Tn/t iSon les ~ de France et ce vieil amour de l'ancienne rSre au 1s ont su admirablement faire agréer au Loyalisme angla.s. Ils re ■ Z TlZZ's devenu quasi indépendant de la couronne britannique, rCmm s d EuH l tr bune'des orateurs, a l'Université des professeurs, a a ^"1 des p êtes et des bistonens qui portent de beaux noms français "tti^iement etparlent une langue française qui,un peuarebaïque narfois n'en a que plus de charme.
Etienne L.my ., recèlent d'une fa<o„ admirable, dit par quel m.r.de
en dira assurément la raison.
Moi Français on me permettra d'en tirer de l'orgueil pour notre paya
nous. C.r nos morts, messieurs, sou de ^bo» c use, ^ ^
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nous portent aux cimes. ^ ^
Si l'arbre français conserve toute sa v eille sève
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l'arbre, de leur côte, portent, maigre les gre ^ réceniment séparées
^^"f^^J^^^ franÇais reJfranfont voir, qu en dépit de toutes les e y rc
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FRAflCB-CANADA 17
Il en conçoit de la reconnaissance, certes, à ces frères séparés qui ont su garder leur sang et leur langue et les faire pulluler. Mais il en conçoit aussi de l'orgueil et en conçoit de la confiance.
Oui, Monsieur, vous nous apportez un singulier réconfort. En restant français, vous nous faites plus fiers de l'être. Notre race pouvait-elle déchoir, après avoir semé à travers le monde de tels éléments de vie tenace et féconde? Noos acclamons, Mesdames et Messieurs, dans le Canada un témoin île la vitalité de notre sang et nous puisons une fois de plus dans le spectacle de notre race, partout où nous la rencontrons, le droit d'avoir confiance en son avenir. [Vifs applaudissements.)
Conférence de M. Edouard Montpetit,
Professeur à l'Université Laval, Secrétaire général du Comité France-Amérique, de Montréal.
La dernière campagne du Canada avait été glorieuse; car la défaite ne diminue pas le geste héroïque, presque désespéré, de cette poignée d'hommes qui avaient reçu ordre, qui s'étaient imposé à eux-mêmes, de défendre malgré tout les droits de la couronne de France. Ils furent écrasés sous le nombre, non sans en avoir plusieurs fois triomphé. Cette épopée française, comme toutes les autres, n'a pas été stérile. Le peuple se souvient surtout de ces dernières batailles : il j puise, fut-ce inconsciemment, la force de ses résistances. Toute l'histoire du Canada français sans la France est une longue et patiente revanche.
Le 25 juin 1759, Wolfe parait devant Québec où commande Montcaliu. Le général anglais bombarde la ville et dévaste la campagne. Les troupes françaises et canadiennes attendent le combat. Repoussé une première fois près de Montmorency, Wolfe allait abandonner ses projets de conquête et retourner en Angleterre, après un siège de plus de deux mois, lorsqu'il osa un dernier coup d'audace qui lui fut favorable. Il contourne, la nuit, le rocher de Québec qui oppose aux tentatives ennemies sa masse abrupte et lourde. Un chemin creux forme par une cassure du roc conduit du fleuve jusqu'au plateau. Wolfe s'y engage, suivi bientôt de ses troupes et, le 13 septembre, l'armée anglaise est dans la plaine, aux portes de Québec.
Montcalm avait l'habitude de la victoire. Il accepta une lutte inégale. Il fut vaincu. Les deux généraux rencontrèrent la mort dans ce combat. Wolfe connut son triomphe avant d'expirer; Montcalm blessé fut témoin de sa défaite. La postérité vénère également ces héros. Par un revirement heureux leur courageuse rivalité s'est apaisée dans la mort; seul subsiste aujourd'hui le souvenir de leurs vertus, rapprochant dans une admiration commune deux races longtemps ennemies.
Le 18 septembre, Québec tombait aux mains 'les vainqueurs. Le chevalier de Lévis vint prendre le commandement des forces françaises; mais il fallut susp» mire pour un temps les hostilités. L'hiver fut employé à réparer les pertes que 1 on avait subies. La désolation régnait partout. Les moissons étaient pauvres, car la population entière avait été appelée sous les armes. Les vivres el les munitions manquaient. Cependant, un mot de Lévis suffisait à maintenir les énergies. Les nom; des bataille!
gagnées devenaient autant de mots d'ordre qui réveillaient chez ces hommes, exténués de faligues et de privations, lespoir d'une revanche prochaine.
\u printemps, Lévis se mit en marche. Le 26 avril il est devant Québec : il a choisi pour champ de bataille la plaine où Montcalm est tombé. Le choc fut violent et bref. Les nôtres avaient juré de vaincre; et ce fut une victoire française, la dernière. Le lendemain commençait le siège de la ville ; mais les Français n'avaient plus d'espérance que dans les secours qui leur viendraient de France. Eux qui luttaient depuis si longtemps pour leur pays, pouvaient-ils croire que la France les eût oubliés? Ils attendirent vainement. Le premier navire qui parut dans le port de Québec arborait les couleurs anglaises : l'ennemi triomphait. Le vainqueur dut quitter la place. Lévis dispersa une partie de ses troupes et les replia sur Montréal où il réunit un peu plus de 3 000 hommes. La ville était sans ressources et à peine fortifiée. Trois armées anglaises refermaient sur elle leur cercle de fer : elles étaient fortes de 1? .0U0 hommes. Toute résistance devenait impossible et folle. « Si j'avais plus de poudre, disait M de Yauquelin blessé à un officier anglais, je causerais encore avec vous. » Voila pourquoi il fallut cesser de se battre : il n'y avait plus de poudre. Le 8 septembre llbO Montréal capitulait; et la France eût perdu le Canada sans retour si elle neut laissé là-bas quelques milliers d'hommes qui ont mis toute leur orgueilleuse énergie a lui rester fidèles. .
Apprenant que l'on refusait les honneurs de la guerre aux armes françaises, Lévis se réfugia sur l'île Sainte-Hélène avec 2.000 soldats. Intrépide, il était résolu à mourir l'épée au poing puisqu'il ne pouvait plus faire mieux pour son pays. Il n'abandonna son dessein que sur les instances du marquis de Vaudreuil, mais non sans avoir par un dernier geste satisfait à son irréductible fierté.
a La reddition des armes devait s'opérer le lendemain, écrit M. Achintre, le chevalier convoqua ses troupes pour une heure assez avancée de la soirée.. . Au mouvement décrit par l'épée du commandant en chef, les tambours de toutes les compagnies éclatent à la fois, comme un coup de tonnerre.
« A ce moment, trois hommes sortent de la profondeur des rangs et se dirigent vers le brasier: ce sont les porte-étendards de chacun des régiments, tous trois tenant d'une main ferme mais le front incliné, la hampe du drapeau dont les plis déchiquetés par la mitraille retombent en lambeaux.
« Au second signal de l'épée du chevalier de Lévis, les officiers abaissent vers le feu qui fait son œuvre, l'image delà France militaire.
« Pendant que s'accomplit cet holocauste de l'honneur, les tambours battent aux champs les troupes présentent les armes, les officiers saluent de l'épée; on dirait l'éclat d'une parade à Saint-Germain, sous les regards du roi. Puis, lorsque la dernière fleur de lis eut crépité... un cri, un seul, formidable rumeur, jaillit à la fois de toutes les poitrines : Vive la France! et les échos du rivage voisin répétèrent : Vive la France! ,
« Le chevalier de Lévis venait de brûler ses drapeaux plutôt que de les rendre a l'ennemi. Tout était perdu pour la France au Canada, tout, fors l'honneur, comme l'avait écrit jadis de Pavie le plus chevaleresque des Valois ».
Voilà, Mesdames et Messieurs, un des traits de notre histoire que nous aimons rappeler. Nous relisons ces pages avec une émotion recueillie. Vous les avez écrites, dois-je vraiment vous les vanter? Mais vous sentez palpiter en elles la vie qui nous
anime; elles vous livrent le secret de notre survivance. Nous y trouvons la pleine satisfaction du sentiment d'honneur que vous nous avez légué. Elles nous consolent et nous gardent : ce sont de vraies pages françaises.
L œuvre accomplie par la France en Amérique avait elle été sans résultats? Ces longues années d'une lutte acharnée avaient plongé le peuple dans la misère et le deuil. Et pourtant, malgré la guerre iroquoise qui lui particulièrement funeste aux colons de Montréal elles éloigna pendant dix année, du domaine seigneurial; malgré la lutte contre l'Anglais qui nécessite, avec l'appel aux armes, l'envoi sur le champ de bataille des hommes les plus aptes à la culture; malgré la traite qui prend aussi sa part des plus vigoureux et les entraîne au fond des bois à la rencontre des indigènes; malgré l'émigration des Français vers le Sud, vers la Louisiane; malgré les Famines et les épidémies qui sévissent par intervalles ; malgré la pauvreté, le manque de numéraire et de moyens de communications; malgré la rareté de la main-d'œuvre et le faible mouvement d'immigration, que corrige heureusement une étonnante vitalité; malgré l'extrême difficulté d'exploitation, difficulté sur laquelle on n'a pas insisté suffisamment et que Charlevoix caractérise d'un mot quand il écrit : « Les hommes sont ici les chevaux et les bœufs »; malgré l'Europe qui retient toutes les forces françaises elle peu d'intérêt que provoque cette terre lointaine; malgré ce formidable ensemble d'obstacles, le succès de la colonie était assuré lorsque le sort des armes la sépara de la Mère Patrie.
La France avait institué au Canada le régime féodal qui constitua longtemps un des principaux moyens de colonisation. Successivement le fief est devenu paroisse, bourg, village, ville; et c'est là, comme dans autant de retranchements, que va s'organiser silencieusement la longue et victorieuse résistance des Canadiens. Si l'on jette aujourd'hui un regard sur la carte, le Saint-Laurent apparaît enguirlandé de noms français. De ces noms, les uns sont d'hier seulement mais beaucoup sont d'autrefois et c'est grâce à l'humble manoir ancien que la France a pu tout autour du grand fleuve laisser, comme en relief sur le sol, son empreinte ineffaçable.
(A suivre.'
Vie économique.
La vente des produits canadiens en France.
Dans un article, publié ici-mème 1 , nous avons invite les importateurs français àaugmenter leurs achats au Canada en leur montrant les avantages (m'en retirerait notre commerce extérieur.
En nous basant sur des chiffres incontestables, nous faisions remarquer que nos exportations au Canada ont suivi, d'année en année, une progression très réjouis-
(I) Voir notre numéro d'aoûl 1912.
santé, tandis que les exportations du Canada en France sont demeurées pour ainsi dire stationnaires.
Nous avons essayé de montrer que si nous ne réussissons pas à développer nos achats au Canada, il faut nous attendre à voir se ralentir dans un avenir prochain les progrès de nos exportations au Dominion.
Avant de chercher comment et sur quels points nos achats peuvent être développé?, on nous permettra d'insister, une fois encore, sur la situation actuelle.
En deux ans, nous avons vu les exportations françaises au Canada augmenter près de 17 % tandis que, durant la même période, nos importations de produits c nadienssont allées en diminuant.
Nous avons sous les yeux le Livre Bleu canadien de février 1913, et nous en ex trayons les chiffres suivants pour les onze premiers mois de l'exercice 1912/1913 :
Exportations françaises au Canada S 13.944 619
Importations de produits canadiens en France S 2.245 080
La France, ne se préoccupe point assez de l'avenir magnifique réservé au Canac' . Elle se préoccupe bien de lui vendre ses produits, mais elle ne se préoccupe guC. de lui en acheter et si elle ne lui en achète pas davantage, elle ne tardera pas à avoi. de la peine à lui en vendre. Nos concurrents y comptent bien.
L'Allemagne, nous l'avons déjà montré, est, pour le Canada, un meilleur client que la France et elle entend bien s'en prévaloir pour améliorer les conditions de ses exportations au Dominion.
Dans un rapport officiel publié récemment, le gouvernement allemand, après avoir fait remarquer à quel point !os achats allemands de produiti canadiens tels que blé, fourrage, machines agricoles, machines à coudre, etc.), ont augmenté, termine ses constatations parles réflexion suivantes :
« Avec les statistiques dont nous disposons, nous pouvons prouver aux Canadiens toute l'importance du marché allemand pour leurs produits et les grands avantages qu'ils retirent du tarif préférentiel allemand. Ces avantages sont beaucoup plus importants que ceux accordés par la France, surtout sur le blé, et de plus, l'Allemagne ne voit pas d'objections à accorder plus de faveur encore àl'importation des céréales, des viandes et des produits de la laiterie. Mais, pour cela, il faut qu'un tarif au moins aussi favorable que celui donné à la France soit accordé à l'Allemagne. »
Ce vœu, si nettement exprimé parle gouvernement allemand lui-même, ne met-il pas en lumière le danger qui menace le développement des relations commerciales frinco-canadiennes? Ne montre-t-il pas que la disproportion qui existe dans nos échanges avec le Canada, fait précisément le jeu de notre concurrent le plus redoutable et amènera, dans un avenir prochain, le ralentissement de nos exportations au Dominion ?
Qui faut-il rendre responsable du peu de progrès que font les exportations de produits canadiens? Sont ce les producteurs et exportateurs canadiens? Sont-ce, au contraire, les importateurs et consommateurs français? Nous croyons que les uns comme les autres y sont pour quelque chose.
Tout en reprochant au marché français son indifférence à l'endroit des produits du Dominion, les producteurs et les exportateurs canadiens reconnaissent, pour la plupart, que les débouchés grandissants qu' ils trouvent sur leur propre marché,
ne leur ont pas laissé le loisir de chercher des débouchés en France. D'autres se contentent des débouchés importants qu'ils ont sur le marché anglais et ceci nous amène à remarquer, en passant, que si l'on pouvait alb-r au fond des choses, c'està-dire s'il était possible de serrer de près les statistiques, pouren extraire ce qu'elles ne laissent pas facilement voir, on trouverait, sans aucun doute, que certains produits canadiens importés par l'Angleterre sont « réexportés » par elle en France (1).
Quant aux exportateurs canadiens qui ont cherché des débouchés sur le continent européen, ils prétendent qu'ils ont trouvé, en Allemagne ou ailleurs, un accueil meilleur qu'en France et cette affirmation n'est malheureusement que trop confirmée par les statistiques.
Quant à l'indifférence que l'on reproche aux importateurs et consommateurs français à l'endroit du produit canadien, elle a son application dans le faitque l'importateur français n'a souvent que l'embarras du choix. Nos colonies, elles aussi, cherchent à vendre lenrs produits sur le marché de la métropole et il est naturel que l'attention de l'importateur français se porte en premier lieu sur les produits de nos propres colonies.
Mais enfin cette explication ne suffit pas. En tous cas, elle n'explique pas tout. Elle n'explique pas, en particulier, pourquoi certains produits canadiens ont besoin de passer par l'Angleterre pour pénétrer chez nous.
[A suivre.) A. -F. Revol,
Ancien président île la Chambre île Commerce ■ V^ntrCal.
Vie politique e* internationale.
Les manifestations franco-canadiennes à Paris et à Montréal.
Il semble que l'on comprenne de mieux en mieux des deux côtés de l'Atlantique la nécessité d'établir des relations plus suivies entre la Frauceet le Canada et l'active propagande faite par le Comité France-Amérique et par la Canadienne* beaucoup aidé à ce mouvement d'opinion. 11 est éminemment utile qu'il s'accentue encore et, pour qu'il n'y ait nulle déconvenue, il faut qu'il se fonde sur des connaissances précises, sur une notion approfondie et raisonnée des conditions intellectuelles, sociales, économiques, qui président à ces relations.
Getteconviction a déterminé le Comité Fr in se Amérique de Montréal à déléguer en France son secrétaire général, M. Edouard Hontpetit, l'un des plus distingués professeurs de l'Université Laval et de l'Ecole Technique. Nous avons déjà signale à nos lecteurs les deux conférences qu'il u données dans l'Amphithéâtre de l'Ecole des sciences politiques les 13 el 20 juin. Dans la première il a parlé des Survivances
(1) Le fromage de Clierter, par exemple, qui est si apprécié on Franco doit être, «ouvent. du fromage canadien.
françaises au Canada, dans la seconde de l'Avenir dus relations entre la France et le Canada.
Avec une éloquence, une chaleur de conviction qui lui ont valu les applaudissements de toute l'assistance il a brillamment exposé les deux côtés de la question, d'abord la vitalité de l'élément français et la force des traditions qui ont survécu à la domination anglaise, puis la nécessité pour la France moderne de faire intellectuellement et économiquement un grand effort pour maintenir uncontact permanent ave les Français d'Amérique. Les deux discours de MM. L. Madelin et Etienne Lamy ont corroboré et illustré la thèse de M. Edouard Mont petit et nous ne pouvons que nous féliciter du succès qu'a eu cette manifestation et de l'heureux effet qu'elle a produit sur l'opinion publique.
Le 2i juin, jour de la Saint-Jean-Bap'iste. fête des Canadiens français, une messe a été dite à la Madeleine sur l'initiative de l'Association « la Canadienne ». Mgr Odelin, à l'issue de cette messe, dans une éloquente improvisation a bien voulu féliciter l'Association de renouer ainsi une tradition déjà ancienne à Paris. C'est le vénéré M. Fabre, ancien commissaire général du Canada, dont la mémoire est restée chère à tous les Canadiens qui ont habité Paris, qui avait institué, il y a bien des années, cette fête et cette messe de la Saint-Jean-Baptiste à Paris; il était bon que ce pieux usage fût continué.
Le Ier juillet, l'Association la Canadienne, approuvée dans son initiative par l'honorable Ph. Roy, commissaire général du Canada, convoquait ses membres, ceux du comité France-Amérique et la colonie canadienne de Paris à fêter par un banquet au restaurant Ledoyen l'anniversaire de la Confédération des Provinces Canadiennes, le « Dominion Day » selon le terme usité au Canada. M. L. Barthou, Président du Conseil avait promis d'y assister, mais une réception qui avait lieu le même jour à l'Elysée le força au dernier moment à décliner l'invitation. M. Cli. Dumont, ministre des Finances, voulut bien prendre la parole au nom du gouvernement français et son vibrant discours fut très applaudi. D'autre part, les Hon. C. R. Devlin, ministre de la Colonisation de la province de Québec, E. B. Devlin, député au Parlement fédéral, Ph. Roy, Commissaire général du Canada à Paris, Jacques Bardoux, président de la Canadienne, prononcèrent des allocutions qui toutes démontraient jusqu'à l'évidence que 1 heure était venue où la France devait prendre une part légitime au large et rapide développement de la Puissance du Canada.
Enfin, pour compléter ces manifestations, la fête nationale française du 14 juillet fut célébrée d'une certaine façon brillante dans toutes les villes du Canada et en particulier à Montréal. La récente élection de M. Poincaré, le succès de son voyage en Angleterre, avaient inspiré à l'Union nationale Française de Montréal le désir de donner à cette fête un exceptionnel éclat. Cette société avait ouvert une souscription pour offrir à la ville de Montréal une statue de «la France » due au ciseau du sculpteur français Chevré. Tous les amis de la France, français, canadiens français et anglais avaient accueilli ce projet avec enthousiasme et la souscription fut rapidement couverte.
M. A. F. Révol,Présidentde l'Union Nationale Française, M. le Sénateur Dandurand,
Commandeur de la Légion d'honneur, président du Comité France-Amérique de Montréal, M. C. E. Bonin, consul général de France mirent tout en œuvre pour que cette fête fût digne de la France et du Canada.
Le dimanche 13 juillet à 4 heures sur le terre-plein de l'édifice de l'Union Nationale Française, avenue Viger, eut lieu le dévoilement de « la France » sous les auspices du Comité France-Amérique. Ce fut Mme Uonin, femme du Consul de France, qui procéda au dévoilement. M. le sénateur Daudurand présenta l'enivre du sculpteur Chevré. Après lui prirent la parole MM. C. E. Bonin, J. W. Stephens représentant sir Monlagu Allan, vice-président du Comité France-Amérique, A. V, Hé vol, L. Delamarre, représentant du Comité pour les Etats Unis. Le commandant du croiseur français « le Descartes » entouré de ses oflieiers et de son équipage assistait à la cérémonie. Le soir un grand banquet populaire fut offert au parc Dominion.
Le lundi 14 juillet des services religieux eu l'honneur de la France ont eu lieu en l'Eglise Notre-Dame et au Temple prolestant. A onze heures M. Bonin recevait an Consulat de France. Atrois heures au parc Dominion les sociétés française! défilaient avec leurs drapeaux. Le soir on offrait un vin d'honneur à l'équipage du Deseartes. Le commandant Pugliesi Conti est allé saluer officiellement Mgr Bruchési, archevêque de Montréal et Sa Grandeur lui rendit visite et célébra la messe pour l'équipage à bord du croiseur français. Fendant trois jours toute la ville de Montréal s'associa aux fêles françaises et donna les preuves d'une sympathie toujours vivace pour notre pays.
De toutes ces manifestations, si favorables à l'influence française, se dégage cette impression que l'opinion publique, des deux côtés de l'Océan, est toute prèle à donner des sanctions pratiques au rapprochement des deux nations canadienne et française, et que, dans toutes Us branches de l'activité sociale, ce mutuel élan peut donner les plus beaux, les plus féconds résultats.
Les faits du mois au Canada.
2 juin. — Le bill déterninant le régime des banques à chartes est adopté aux Communes par 83 voix contre 10. Il prendra force de loi au 1er juillet. Il est favorablement accueilli par la population et augmente les garanties dont dispose le public.
A Ottawa ont eu lieu les fêtes du cinquantenaire de l'Union Saint-Jean Baptiste. Cette association de secours mutuel fondée à l'origine pour la classe ouvrière et qui englobe maintenant toutes les classes de la société ne compte pas moins de 28.000 membres et de 300 sections. Mgr Ch. II. Gauthier est président d'honneur de la société et M. O. Durocher, président effectif.
3 juin. — Le Sénat s'est occupé de l'importante question des Hindous qui, au nombre de S. 000, ont émigré au Canada pour se proposer comme main-d'œuvre. Depuis 1908,1e gouverment a interdit à ceux qui étaient déjà dans le pays de faire venir leurs femmes et leurs enfants et cette mesure les a vivement mécontentés. La question de l'immigration orientale demeure une des plus épineuses qu'ait à traiter le gouvernement.
A juin. — La ville de Québec a célébré le jubilé de son archevêque Mgr Bégin. Les fêtes ont été imposantes. Le pape s'était fait représenter par Mgr Stagni, délégué apostolique, et S. A. R. le duc de Connaught a envoyé un télégramme de félicitation.
7 juin. — Vingt et un coups de canon ont annoncé la clôture de la 2' session du 13" parlement du Canada. S. H. le juge en chef de la Cour Suprême Sir Charles Fitzpatrick a présidé la cérémonie. Des lois importantes ont été votées dans cette session, telles que la loi concernant l'enseignement agricole, la loi des Banques, la création des services de colis postaux, la convention commerciale avec les Indes Occidentales, le vote des subsides aux chemins de fer, en particulier de 15.000,000 de dollars au Grand Tronc Pacifiqua et de lri.000.000 de dollars au Canau!:n Nord, la loi sur l'outillage des ports, et une soixantaine d'autres bills moins importants.
10 juin. — Les Banquiers américains ont tenu un grand congrès à Ottawa. Le premier ministre Sir P. L. Borden les a félicités de travailler au rapprochement économique du Canada et des Etats-Unis.
11 juin. — A Edmonton a été tenu le second congrès de la langue française. M. Henri Bourassa, chef du parti nationaliste y assistait ainsi que M. Adjutor Rivard représentant la société du Parler français. Le congrès a adressé un télégramme de félicitation à M. Etienne Lamy de l'Académie française qui se trouvait à Edmonton il y a un an.
16 juin. — Un ouragan d'une violence inouïe s'est déchaîné sur Québec et toute la région environnante, causant partout de grands dégâts. L'église et le village de Lotbinière ont beaucoup souffert de ce cyclone.
20 juin. — L'Université Laval de Québec a fermé ses cours et délivré ses diplômes. C'est Mgr Am. Gosselin qui a présidé à cette cérémonie.
22 juin. — De grandes fêtes appelées le grand Ralliement des Canadiens Français ont eu lieu à Ottawa. L'œuvre du ■■ sou de la pensée française » a donné de beaux résultats qui permettront aux catholiques d'Ontario de s'organiser. Cette fête a réuni plus de 12.000 manifestants.
24 juin. — Les Canadiens Français ont célébré leur fête nationale, la Saint Jean-Baptiste, dans toutes les villes du Canada. A Québec, à Montréal, à Ottawa cette fête a été particulièrement brillante. A Paris la colonie canadienne a assisté à une messe dite en l'église de la Madeleine par Mgr Odelin sur l'initiative de l'Association <• La Canadienne •>.
28 juin. — Les vacances parlementaire permettent au premier ministre Sir L. Borden de prendre quelque repos sur la côte de l'Atlantique. On ne sait encore quel programme il proposera à la rentrée prochaine. L'Hon. W. E. White et l'Hon. R. Martin sont partis pour l'Angleterre. Il est probable que M. Roche se retirera du ministère à cause du mauvais état de sa santé.
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.11.1. a. - Panama, [a création, la destruction, la résurrection, Pion,
, écril par un ingénieur, n'es! pas un livre technique. C"esl l'émouvante, la captihistoire de la lutte pour la gloire du génie français contre les obstacles de la Nature, contre les obstacles plus grands encore de l'Erreur et de la Passion humaines. Aux pages angoissantes de la Création où l'on voit les Français, à Force de sacrifices, arracher, au prix de leur sang, à la Nature son mystère el triompher de l'Impossible, en assurant l'ouverture du Canal pour 1891, succèdenl les pages noires delà Destruction où l'on voit après l'arrêl des Iravaux.à la lin de lsss. l'Incompétence el l'Erreur fournir des ar s aux passions politiques. Elles déchirenl à l'envi la grande entreprise, l'isolenl dans un larde boueel symbolisent leur œuvre néfaste par cette conclusion impie: Panama est une gigantesque escroqv
Puis viennent, avec la Résurection, les pages consolantes de roi el d'énergie, le récil des efforts multiples, d'abord infructueux de M. Philippe Buneau-Varilla. Lorsqu'il >Vsi rendu ompte de l'impossibilité de dominer l'incompréhension publique '-I de sauver l'œuvre en France el par la France, il ne songe plus alors qu'àpréserver l'honneur 'lu génie national en faisant triompher eu Amérique la solution française de Panama sur la solution américaine de Nicaragua. Il y parvienl après des efforts el des aventures qui semblenl appartenir au domaine le la fiction.
Vienl ensuite la création il'1 la République de Panama. Ce n'est pas le moins extraordinaire chapitre de cette extraordinaire nistoire "ù resplendi! l'espril scientifique, l'audacieuse originalité, l'indomptable volonté dans la lutte tragique pour le triomphe de la grande conception nationale dont Ferdinand de Lesseps fui le glorieux initiateur.
Ludovic de Contenson. — Les Réformes <■„ Turquie d'Asie la question arménienne, la question syrienne, Pion, 1913.
On connaissait, de l'auteur ce beau livre, plein d'avertissements prophétiques, Chrétienset Musulmans, que l'Académie française a très justement, couronné. M. Ludovic de Contenson, a, i-ette fois, réuni, en les complétant les études que lui a inspirées le spectacle instructif de l'explosion balkanique dans le bulletin du Comité de l'Asie française. Les conséquences du recul des Turcsvers l'Asie sont incalculables et la position de la question d'Orient en '-si ha âgée du tout au tout à ses yeux. Il estime avec raison ri il démontre, uniquement par des arguments de t'ait, avec une logique singulièrement pressante, que les causes de dissolution de l'empire ottoman sont aussi profondes, aussi inquiétantes, en Arménie, en Syrie, dans
les pays arabes conservés à sad ination, qu'elles l'étaient hier ru Macédoine, en Thrace,
ni Albanie. Un emprunt consenti sans condition par l'Europe sérail uni' faute qui laisserai!
la porte ouverte au conflit deségoïsmes el dont la France serait victime. Il l'aul établir d'ur-
e un plan de réformes propres à prévenir les soulèvements, spontanés comme celui
des Balkans, ou provoqués pai les rivalités des puissances. L'ne révolution seprépare dans
la Turquie d'Asie el ce sera l'honneur de M de ("ontenson d'en avoir dén :é, avec des
détails et des preuves sans réplique, le péril toul proche pour kl paix européenne.
Kri.wh Nordexskiold. — La vie des Indiens dans le Cliaco. — Librairie Delagrave. In 8° de I pages, avec de très i breuses photographies, 1913.
VSSOCIATION NATIONALE DES PORTEURS KHAXÇA1S DI VALEURS ÉTRAXi: HES. Compte lirmlii rfeS
travaux de la Commission d'étude poui la protection des n ras dépossession.
- Paris, 5, rue Gaillon. [n8° i\<- 940 pages, 1913.
William Van Braisant. — La Bolivie. — In 8° de M$0 pages avec de nombreuses photogra phies. Lebègue et Cie Don de M.Ramon Vando, consul général de Bolivie en Frann .
Roberto de Mesqi ma. Consul des Etals-I nis, du Brésil à Marseille. /.• Brésil el les Inté- - Typographie Barlateri Marseille. — Brochure delà pages.