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L'EFFORT DU CANADA POUR LES BLESSÉS FRANÇAIS

blessés et le fonctionnement en est entièrement et exclusivement militaire. En outre du médecin-chef : le lieutenant-colonel Mignault. de Montréal, de son second : le major Lebel, de Québec, et du chirurgien-chef : D' Le Moine de Martigny, l'ell'ectif comprend 12 médecins et 35 infirmières militarisées, ainsi que 110 sous-officiers et soldats, tous appartenant à l'armée canadienne (1).

L'installation, qui fait le plus grand honneur au lieutenant-colonel Mignault, comprenait d'abord des baraquements pour 300 blessés et des tentes du type à doubles parois pouvant, de leur côté, contenir 200 blessés. Au mois de novembre 191H, d'accord avec le Service de santé français, l'ensemble des lits a été installé sous baraques pour la durée de l'hiver. L'eau, le gaz et l'électricité se trouvent dans tous les services et salles de blessés. Les salles d'opérations et de stérilisation, ainsi que le service de radiographie, dirigé par le capitaine Parisot, comportent les derniers perfectionnements. En outre, un service complet de chirurgie maxillo-faciale, avec un service de prothèse français et une installation de dentiste, achèvent d'une façon parfaite cette formation sanitaire, qui peut passer pour un des modèles du genre.

Par suite de la diversité de ses services, de la qualité technique de ses chirurgiens et de son personnel, cet hôpital est dans la possibilité de se suffire à lui-même en toutes circonstances et sans avoir recours à l'extérieur. Aussi, l'hôpital canadien de Saint-Cloud at-il été classé, par le Service de santé, dans la catégorie A, c'est-à-dire recevant tout spécialement les grands blessés. Il rend les plus grands services et a été très précieux lors des combats sous Verdun et de l'offensive de la Somme. Au 1" janvier 1917, plus de 1.200 blessés français y ont été hospitalisés.

A la suite de ces résultats remarquables, le Gouvernement canadien a décidé d'augmenter le nombre des lits mis par lui à la disposition des blessés français.et il a envoyé, au mois de juin I91G, une seconde formation, l'hôpital général n°6 ^Université Laval), dont le médecin-chef est le colonel Beauchamps. Son effectif est double de celui de la formation qui avait été envoyée on premier lieu. Il se compose, en effet, de 33 médecins, "S infirmières militarisées et 200 sous-officiers et soldats. Le matériel sanitaire en est compris pour 1.040 lits.

L'installation de l'hôpital n" G se poursuit à l'heure actuelle sur le plateau de Gravelle, à l'extrémité du bois de Vincennes, tout près donc de Paris. Celle-ci sera tout particulièrement soignée. Les frais en sont couverts conjointement par la Croix-Rouge canadienne et par l'Université Laval de Montréal et de Québec. Nous nous réservons d'an parler plus longuement quand cet hôpital sera entré en service.

Pendant toute la durée des travaux, qui exigeront un temps assez considérable, l'hôpital n" 6 n'a pas voulu rester inactif, et le Service de santé français vient de lui confier l'hôpital de 1.400 lits installé au Lycée de jeunes filles de Troyes (Aube). Le service de cette formation est assuré uniquement par le personnel canadien.

H est intéressant de rappeler que ce sont des Canadiens français qui composent les effectifs de ces deux formations. C'est une nouvelle preuve qu'ils nous donnent de leur attachement et de leur fidélité au souvenir du « vieux pays ». Parmi eux, nos

(1) Le major Lebel, dont le dévouement à sa l'ormation est de tout éloge, a été promu lieutenaDt-colonel et nommé au commandement de l'iiopital n" 4, appelé désormais hôpital général n» 8, quand le lieutenantcolonel Mignault a été nommé colonel et affecté au commandement général des formations hospitalières canadiennes mises à la disposition du Gouvernement fram^sis.

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blessés, ceux de Normandie, de Bretagne, ceux de la Vendée, de l'Aunis etdeSaintonge, tous ceux de nos vieilles provinces françaises ne sont en rien dépaysés: ils retrouvent chez ceux qui les soigaent leur vieux parler, et les noms qui sont prononcés autour d'eux sont des noms de chez nous. Ceux de la Nouvelle-France viennent soiguer, coQsoler et guérir ceux qui font la France nouvelle.

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