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LEFFORT DU CANADA POUR LES BLESSES FR.ANÇAIS

Il s'agit de construire à Gravelle une formation sanitaire modèle, qui restera après la paix à la disposition du Service de santé français. Le coût de l'installation est estimé à un minimum de 725.000 francs.

Nous ne voulons pas terminercette énumérationtrop succincte des services rendus par la Groix-Rouge canadienne aux blessés français, sans rappeler le voyage à Paris du Colonel Marshall, président du Comité exécutif, au mois de juillet dernier.

Celui-ci, après s'être mis d'accord avec M. Hanotaux, a versé une somme d'environ 30.000 francs à chacune des œuvres suivantes : la Société des Secours aux Blessés militaires, l'Association des Dames françaises, 1 Union des Femmes de France [les trois branches de la Croix-Rougel, la Fédération Nationale des Mutilés, l'Œuvre de Protection des réformés n" 2, les œuvres d'aveugles de la guerre, associant ainsi dans un même geste les œuvres qui guérissent et celles qui s'intéressent aux victimes définitives.

Nous espérons avoir fait entrevoir, dans ce trop bref et incomplet exposé, quel élan de charité et de solidarité a soulevé le peuple canadien tout entier. Soldats d'un même idéal, défenseurs d'une même cause de justice et de liberté, les Canadiens français comme les Canadiens anglais ont voulu nous apporter le témoignage de leur afl'ection.

L'efî'ort fait par le Canada pour les blessés français est peut-être le plus considérable de tous ceux que nous ont apportés nos amis et alliés, étant donné surtout la densité de sa population. Ce peuple de huit millions d'habitants, non content de fournir une armée à l'Empire britannique et d'alimenter ses œuvres de guerre, a voulu encore faire un effort immense pour la France, à laquelle le rattachent tant de liens anciens. Plusieurs millions de francs ont été envoyés en France, en matériel et en numéraire, et bien des bonnes volontés se sont ofifertes personnellement pour le soulagement de nos blessés.

Notre pays ne pourra jamais oublier la dette de reconnaissance qu'il prend en charge actuellement. Dans nos villes et dans nos campagnes, dans les lieux les plus écartés de notre terre de France, nos paysans, nos ouvriers, nos soldats, qui ont reçu au front les témoignages de la charité canadienne, qui ont été et seront encore soignés par les Canadiens, dans des hôpitaux canadiens, nos mutilés dont le sort est soulagé par leur concours, répéteront les louangesdont nous donnons un faible écho, et dans tout le peuple français grandira un sentiment de confiance, d'amitié et de reconnaissance : celui qu'on réserve pour de vieux amis.

Pu. Remond.

Le premier appel de I Aide à la France.

Nous publions ci-dessous le premier appel de Z'Aide à la France, section féminine du Comité ¥rance-AméT\que de Montréal, que préside avec tant de zèle Mme R. Thibeaudeau. Cet appel fut répandu à de» 7nilliers d'exemplaires en octobre i914 et reproduit pai toute la presse canadienne-française.

A riiouie actuelle^ il y a fnviroii trois inillinns Je Fiançais sous les armes, soit, pour une population totale de quaianti- millions, un soldat par groupe de treize habitants. Déjà tous les hommes valides de dix-huit à quarante-huit ans ont Hé appelés. D'ici la lin de la guerre, probablement tous les hommes valides, jusqu'à cinquante ans, auront pri.s le fusil pour défendre leur pays contre la sauvagerie allemande ; chaque famille aura donné à la patrie un soldat en moyenne.

Cela veut dire qu'aprt's la guerre une famille sur trois aura eu l'un de ses membres tué ou blessé. Dans lieaucoup de cas, les blessures ne seront pas graves; mais, dans beaucoup d'autres, ce sera un bras ou une jambe perdue, les yeux crevés, une épaule fracassée, le pied ou la main, ou les deux pieds ou les deux mains mutilés.

Cela veut dire aussi que, durant toute la guerre, il n'y aura à la maison que les vieillaids. les femmes et les enfants. Personne pour gagner la vie de la famille ; à plus forte raison, personne pour rebâtir le pays dévasté. Toute la vie économique est paralysée. On estime à cinq millions au moins le nombre des non-combaltanls réduits à la misère dans la seule région du Nord. Leur détresse est d'autant plus grande qu'eux-mêmes hébergent déjà une partie des réfugiés belges En eflet, de l'Océan à la frontière suisse, il n'y a presque pas de famille française qui n'ai! ouvert ses portes à quelques malheureux chassés du Nord par la dévastation allemande.

La souffrance des mères s'accroît encore à la pensée que, pendant qu'avec l'aide des vieillards, des jeunes filles et des enfants, elles s'efforcent à rassembler les débris épars du foyer, leurs maris, leurs fils ont déjà commencé à souffrir du froid dans les tranchées. L'appel suivant du préfet de Maine-et-Loire, reproduit par les journaux français, est à ce sujet bien éloquent : " Nos soldats, dit le préfet, ont besoin de vêtements chauds pour affronter une campagne d'hiver. Le Ministère de la guerre s'occupe de les leur assurer; mais une grave difficulté se présente : les couvertures sont devenues introuvables dans le commerce, et leur confection nécessiterait de trop longs retards. Comment permettre à nos soldats de les recevoir sans longtemps attendre ? Nous les demandons à la population. Nous ne lui demandons pas de dons en argent : ils seraient sans emploi, car il ne s'agit pas d'acheter des couvertures, il s'agit d'en trouver et d'en trouver tout de suite. Dans les circonstances présentes, seule la générosité publique peut les fournir. »

La soulTrance physique que l'hiver apportera aux soldats (il y en a près de deux millions en campagne, soit toute la population de la province de Québec) et la désolation qui en moins de trois mois s'est abattue sur un territoire large de oO à 150 milles et long de 300, — la misère des hommes partis en guerre, la détresse des vieillards, des femmes et des enfants, — pense-t-on bien à tout cela dans les pays qui ne sont pas directement touchés par la guerre? Y pense-t-on sérieusement dans ce Canada français, pour qui la défaite ou même l'affaiblissement de la France devant le monde serait un coup si redoutable ?

La France, dans sa détresse, aura besoin d'argent. 11 faut, en effet, observer que, si ce pays était riche avant la guerre, il le devait surtout à son esprit d'économie, et que ses épargnes

doivent déjà être fortement entamées ; le service des rentes, des loyers, est interrompu. Mais les dons en nature lui seront également utiles, en ce que, dans bien des cas, ils tiendront lieu de ce qu'elle serait obligée d'acheter à l'étranger avec son argent. En cela comme en tout le reste, la section canadienne de France-Amérique ne fait rien que n'ait suggéré le Secours national français, dont font partie S. E. le cardinal Amelte, M. Gabriel Hanotaux, et tant d'autres sommités françaises.

Ce que le Comité France-Amérique attend des mères canadiennes-françaises, ou même des jeunes filles et des simples fillettes, c'est que chacune envoie à ses cousines de France un article ou effet quelconque pouvant servir dans la maison, ou une couverture de laine pouvant préserver du froid, dans une certaine mesure, son mari, son fils, son frère ou son fiancé qui tout l'hiver couchera sur le sol gelé, exposé au froid, à la pluie, à la neige. Si louable qu'il serait en soi, l'aide au soldat n'est pas en soi un des objets du présent appel ; le comité ne s'en occupe qu'en tant qu'il peut contribuer à adoucir les angoisses de la mère ou de la jeune fille.

Le Comité ne refusera évidemment pas les dons en argent; mais, en sollicitant particulièrement des dons en nature, il obéit à un double motif. D'abord, il désire faciliter leur ofi'rande à un grand nombre de femmes et de jeunes filles qui sont riches surtout de leur intelligente industrie, et permettre ainsi à toutes les familles du Canada français, sans exception, de faire quelque chose pour la France. Ensuite et principalement, il voudrait faire servir cette manifestation d'humanité au resserrement dos liens moraux qui unissent le Canada à son ancienne mère patrie.

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Suivaient un certain nombre d'indications pratiques, destinées à faciliter le travail de réception et d'expédition des dons. On a vu par l'article de M. E. Montpetit, que nous publions plus haut, avec quelle générosité le public canadien répondit à cet appel. Les bonnes volontés s'offrirent, les dons affluèrent, et le succès dépassa tout ce que les organisateurs avaient pu espérer.

Les œuvres de secours aux familles des mobilisés français du Canada.

On sera heureux de savoir en France que les familles de nos mobilisés, qui quittèrent le Canada, en 1914, pour répondre à leur ordre d'appel, ne furent pas délaissées. Mme E.-C. Bonin, femme du Consul général, et les dames de la colonie française ont assuré, avec beaucoup de dévouement, à ces familles, comme on le verra ci-après, toute l'aide morale et matérielle que nécessitait leur situation.

La section française du Comité des Dames visiteuses est chargée de visiter les familles françaises recevant les allocations du Gouvernement français et du Fonds patriotique. Le nombre de ces familles a naturellement varié, suivant les départs des mobilisés; il s'est élevé au chiffre de cinq cents, et le nombre d'enfants a atteint quatre cent quatre-vingt. C'est donc un total de près de mille personnes qui a été visité chaque mois par le Comité. Les visites ont lieu au moins une fois par mois; elles sont plus fréquentes quand l'état de santé ou les besoins des familles le réclament.

Le nombre des visiteuses est monté jusqu'à cinquante et soixante. Elles n'ont d'abord été recrutées que parmi les dames de la colonie française ; mais le nombre de celles-ci ayant beaucoup diminué depuis le commencement de la guerre, par suite des rentrées en France,

le Comité a été heureux de recevoir le concours des daines canadiennes-françaises, qui s'étaient d'ailleurs généreusement mises à sa disposition dès le début.

Les familles ont été réparties par quartiers, et les visites à faire ont été établies en tenant compte de la proximité du domicile de la dame visiteuse, afin que celle-ci pût, autant que possible, s'occuper des familles vivant dans son voisinage. Cependant, les quartiers de l'Est fournissant un nombre beaucoup plus grand de visites à faire que ceux de l'Ouest, plusieurs des visiteuses ont, avec beaucoup de dévouement, accepté de s'occuper de quartiers fort éloignés de leur domicile. Ce travail de classement a été fait par Mlle Gréterin, professeur à l'Université Me Gill. Ces dames sont i enviées, pour rendre compte de leurs observations, à des réunions qui ont lieu maintenant une fois par mois, mais qui ont élé beaucoup plus fréquentes durant les premiers mois de guerre.

En plus du Comité des visites, il a été jugé utile d'organiser des services spéciaux, destinés à procurer certaines facilités aux familles soutenues. L'un des plus importants est le service médical gratuit, dirigé et organisé par Mme William C. Ilodgson, avec le concours de médecins canadiens désintéressés. Les malades se présentent directement chez le médecin qui leur est désigué avec un bon signé par Mme Ilodgson : cent quatre-vingt-trois familles ont ainsi reçu des soins médicaux. Le médecin se rend à domicile dans les cas griivos.

Les cas de maternité ont été particulièrement nombreux : environ soixante. Chaque femme sur le point d'être mère a son médecin et sa garde-malade désignés à l'avance; chacune reçoit un paquet contenant la pharmacie nécessaiie.

Trente-neuf personnes ont reçu des soins spéciaux pour les yeux, la gorge, les oreilles et les dents. Quinze opérations graves ont été faites ; aucune n'a été suivie de décès.

Un bureau de placement, sous la direction de Mme Ed. Montpetit, a réussi à trouver du travail à bon nombre de personnes, comme domestiques, blanchisseuses, couturières, gouvernantes et employées.

L'Ouvroir du Drapeau, dirigé par Mlle Brisset des Nos, a, durant la première année de la guerre, distribué une grande quantité d'articles d'haliillement aux familles des réservistes de Montréal (6.500 pièces).

L'ouvroir français, dirigé par Mme Ponin et Mme A. V. Hoy, aidées par des dames canadiennes et françaises, s'est chaigé d'envoyer des vêtements aux familles de nos soldats les plus nécessiteuses habitant les provinces du Canada.

Depuis le commencement de 10l"> jusqu'en mars l'.ilO, il a été expédié par cet ouvroirdans les provinces de Nouvelle-Ecosse : 150 colis [contenant 1.579 articles";; Québec : 23 colis (426 articles); Ontario : 27 colis (300 articles); Manitoba : 25 colis (423 articles); Alberta : 32 colis (410 articles); Saskatchewan : 44 colis'(408 articles); Colombie britannique : 16 colis (207 articles); soit au total : 3.771 articles d'habillement, dont tous les frais d'envoi ont été couverts par l'ouvroir.

Geneviève Bonln, Présidente de la section française des Samet visiteuses.

Montréal, mars 1916.

Comme on le voit, Vactivité des JJames'visiteusei et de l'ouvroir français ne s'est pas bornée â Montréal, ni même à la province de Québec. Elle s'est étendue à tous les centres français du Canada. Les témoignages reçus montrent, d'ailleurs, quel précieux réconfort moral a été, pour nos soldats venus du Canada, la pensée que leurs familles ne demeuraient pas isolées et que la sollicitude de Françaises charitables continuait à veiller sur elles.

L'Hon. T. Chase-Casgrain et le Comité France-Amérique.

Aumoment de faire paraître oe numéro, nous avons le profond regret d'apprendre te décès de l'Hon. T. Chasf-Casgrain. Ci' deuil sera vivement ressenti par tous ceux qui ont connu le regretté ministre des Postes du Canada et qui ont pu apprécier les éminentes qualités d'esprit et de cœur dont il a donné tant de preuves dans les hautes fonctions qu'il exerçait.

Nous prions Mme Chnse-Casgrain et sa faynilte, ainsi que le Gouvernement canadien, de bien vouloir trouver ici l'expression de nos sincères condoléances. Le Comité France-Amérique gardera un souvenir ému des précieuses marques de S'ijmpathie qu'il avait bien voulu témoigner à notre œuvre. C'est airisi que. lors de son dernier voyage en France, il y a quelques rnois, il tint à prendre part au dîner que If Comité donnait en l'honneur du Canada, et à y prononcer une allocution dont nos lecteurs trouveront le texte ci-aprés. Nous putdions également la réponse de M. Albert Mètin, ministre du Travail.

Allocution de l'Hon. T. Chase-Casgrain, Ministre des Postes du Canada.

Monsieur le Président, Mssdames, Messieurs,

Je remercie tout d'abord M. Hanotaux, qui vient de prononcer des paroles si aimables pour mon pays et pour la mission canadienne qui est actuellement en France. J'ai été particulièrement heureux d entendre faire l'éloge de mon ami M. Roy, qui représente si dignement le Canada dans ce pays. Je suis persuadé, en effet, que, grâce à lui, les liens d'amitié sincère qui unissent la France et le Canada iront chaque jour se resserrant. {Applaudissements. )

Je n'ai pas l'intention de prononcer un discours. Vous me permettrez, cependant, de vous faire part de quelques-uns des sentiments qui se sont emparés de moi dès mon arrivée en France. Je vous avoue très franchement que, lorsque j'ai débarqué au Havre, j'avais envie de m'agenouiiler et de baiser le sol sacré de la France. [Applaudissements .)

Votre noble pays est, en effet, pour moi une lointaine patrie. C'est du Poitou qu'un de mes ancêtres partit, il y a trois siècles, pour venir fonder une nouvelle famille dans cette partie de l'Amérique du nord qu'on appelait alors la Nouvelle-France. Aussi, en revoyant la France meurtrie et en partie envahie parles Allemands — ces Barbares, ces Huns, — mon cœur a battu plus vite et les larmes me sont montées aux yeux. [Applaudissements.)

Il s'est produit, vous le savez, un curieux phénomène chez les Canadiens d'origine française : profondément loyaux envers l'Angleterre, ils aiment la France d'un amour passionné. L'Angleterre nous a donné nos libres institutions et notre gouvernement démocratique : nous votons les lois qui nous régissent, et nous réglons nous-mêmes nos rapports commerciaux et économiques avec la métropole.

Mais la France, malgré une longue séparation, nous l'aimons d'une tendresse toute filiale, et notre affection s'est encore accrue par le spectacle qu'elle nous donne depuis le commencement de la guerre. Je me rappelle avoir vu, en 1870, alors que j'étais jeune étudiant, nos aînés pleurer en apprenant les tristes nouvelles qui nous arrivaient de France. De même, en 1914, avec quelle anxiété ne lisions-nous pas les dépèches annonçant la marche des armées allemandes vers Paris; mais, aussi, avec

quel cri de joie et de triomphe nous saluâmes la victoire de la Marne! (Applaudissements.)

La France a étonné le monde. Tous les peuples admirent une si belle union et tant de sacrifices héroïquement supportés pour l'amour de la Patrie. Et quant à nous, Canadiens français, habitants de l'ancieane Nouvelle-France, notre admiration se nuance d'un sentiment de fierté, car nous avons comme 1 impression d'être nousmêmes les vainqueurs! (Applaudissements.)

Nous sommes bien vraiment de cette magnifique race française, autour de laquelle rayonnent les nations alliées, et c'est pourquoi le triomphe de la France sera aussi en quelque sorte notre victoire à nous, Canadiens français! (Vifs applaudissements.)

Allocution de M. Albert Métin, Ministre du Traitait.

Monsieur le PnÉsmENT, Mesdames, Messieurs.

Ce n'est pas la première ni, je l'espère, la dernière fois que j'ai l'honneur et le plaisir de me trouver parmi des Canadiens. J'ai déjà eu, en effet, par deux fois l'occasion de me rendre au Canada, et je serai toujours lr.^s heureux d'y retourner.

Canadiens et Français, nous pouvons, d'un commun accord, évoquer l'histoire de nos deux pays, si riche en héros et en novateurs, depuis Cartier et Champlain, les maîtres de la voile, jusqu'aux grands Ministres, initiateurs delà Confédération canadienne et créateurs des grandes lignes transcontinentales. Nous prenons, les uns et les autres, un plaisir égal à éveiller dans nos esprits le souvenir de vos paysages si variés et si grandiose», depuis ceux qu'ombragent les érables de la province de Québec, jusqu'à ceux qui s'étendent sous les sapins gigantesques de la lande de Vancouver.

Nous aimons aussi, permettez-moi de le dire, nous qui sommes les fils de la Révolution française, les citoyens du pays où fut proclamée la Déclaration des droits de l'homme, — nous aimons ce magnifique libéralisme anglo-canadien qui a trouvé chez vous son expression en 1839, qui a servi ensuite d'exemple à toutes les possessions et colonies de l'Angleterre et qui, maintenant encore, est un modèle impérissable pour tous ceux qui, dans le monde, croient qu il faut rechercher les solutions par la justice et non par la violence. (Applaudissements.)

Et voici, justement, que celte grande guerre du droit contre la force ajoute encore de nouveaux liens à ceux qui nous unissaient. Nous constatons chaque jour davantage la vérité du dicton anglais : « Le sang est plus fort que l'eau. » On rappelait tout à l'heure ce que vous avez fait pour nous. Nous n'ignorons pas, en France, vos efforts : nous savons que 400.000 volontaires canadiens se sont enrôlés, et que plus de 120.000 sont à présent sur notre front, luttant avec nous contre l'ennemi commun.

Nous savons aussi que vous avez donné pour nos populations envahies avec une générosité vraiment inépuisable. Je ne puis énumérer ici toutes les initiatives charitables du Canada. Qu'il me soit permis, cependant, de rendre hommage à celle que vient de prendre l'honorable ministre du Commerce, Sir George Foster, en faveur de nos populations des régions dévastées. (Applaudissements.)

M. Casgrain, ministre des Postes, pourrait, du reste, mieux que moi, vous dire le

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