ACTE II
(* part.)
Où vous m’avez tout pris...
(Hant.)
Mille remercîments!...
Maintenant, vous craignez que je m’égare en route.
Et vous vous dérangez pour m’escorter, sans doute ; Pardon... mais...
(il s'éloigne avec vivacité; Riucroq et Sacremorc lui emboîtent le pas et le ramènent tout à coup violemment.)
RINCROQ.
Êtes-vous calviniste?
FRI PELIPPE.
Plaît-il?...
Je ne comprends pas bien... j’ai l’esprit peu subtil...
Oui, vous voit-on, pareil à tous ces faux apôtres.
Boire des oraisons, manger des patenôtres ?...
FRIPELIPPE.
Je mange et bois beaucoup...
RINCROQ, à Sacremore.
Il est à moi, mon cher.
Franc calviniste !
FRIPELIPPE.
Eh! non!...
SACREHORE, le saisissant à son tour.
Vous tenez pour Luther, Alors?... que dîtes-vous de lui?
FRIPELIPPE.
Je dis qu’en somme,
Ce nouveau marié peut être un galant homme...
(Geste de Sacremore.)
C’est selon...
Est-il grand, Luther?...
SACREMORE.
Non!
FRIPELIPPE.
RINCROQ.
Non!
Si!
FRIPELIPPE.
Si!
(a part, et ressaisi par Sacremore.)
Vont-ils longtemps encor me tirailler ainsi?
Je deviens fou !
SACREMORE.
Mais c’est à perdre patience !
Par la mordieu! voyons, quelle est votre croyance?
En deux mots... '
FRIPELIPPE.
Chers messieurs, dans ce temps de partis Où tous sont l’un par l’autre écartelés, rôtis.
Découpés, tenaillés, carbonnadés, je prise Qu’il vaut mieux rester neutre, aussi je poltronise.
SACREMORE, à Hiocroq.
Çà, puisqu’il n’est pas plus à Calvin qu’à Luther, Noyons-le tous deux.
FRIPELIPPE.
Hein? vous riez?
SACREMORE.
Par l’enfer!
On n’en a point envie I
FRIPELIPPE.
Au secours !