ACTE V
BENVENU T 0.
Sire, j'aurai quitté Paris avant une heure...
FRANCE
Vqus partez !
FRANÇOIS I er .
Où vas-tu, maître?
BENVENÜTO.
Je n'en sais rien.
FRANÇOIS 1 er .
N'aurais-je donc pas su te traiter assez bien?...
Reste, je te noierai dans l'or !...
BENVENÜTO.
Vous n'auriez guère
De besogne pour moi : vous songez à la guerre Plus qu’aux sculptures.
FRANÇOIS I er .
Quoi ! rien ne peut t’arrêter?
Non.
FRANCE
Pas même moi ?
BENVENÜTO, aprc» un silence.
Non... Gardez-vous d'insister.
Pour m’éloigner de vous, croyez bien qu'il m'en coûte. Je n’aurai jamais fait une plus triste route;
Mais je suis exigeant, France, je suis jaloux.
Vous m’oublieriez auprès d’un père et d’un époux...
Ce bonheur pour lequel je suis forcé de craindre,
J’aime mieux le tuer que ■de le voir s’éteindre !...
Je suis un étranger qu’on aime mieux de loin...
De Cellini, d’ailleurs, vous n'avez plus besoin.
(a pari.)
Partir, quand de la main à mon bonheur je touche,
Quand ce doux mot : Restez ! s’échappe de sa bouche! Partir le cœur navré... toîl^ mon châtiment Pour les avoir tous deux trompés imprudemment!... Je reprends donc ma vie errante et vagabonde.
C’est là le sort que Dieu me réserve en ce monde !...
(jetant an long regard sur France.)
Elle aurait pu m’aimer!... Qu’ai-je dit!...
. (Haut, avec resolution.)
Adieu, tous I
FRANCE, lui présentant son front.
Adieu, mon second père!
RAIMBAUT. ' ■
O noble ami !...
BENVENUTO, à François I".
C’est vous
Qui me remplacerez près d’eux, sire.#..
FRANÇOIS I er .
Adieu, maître !
Tête de fer! cœur d’or!
fRANCE, à Benvcnuto.
Vous reviendrez?...
BENVENOTh.
Peut-être 1.^ s ' -