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France. Dictionnaire encyclopédique

Caisses b'bpabgne. Cette institutioOfdueà la philanthropie plus éclairée des temps modernes non moins qu'au développement du principe moral et des idées d'ordre dans toutes les classes , ne date cependant en France que d'une vingtaine d'années. A partir de cette époque, ane grande réforme 8*e8t opé> ree dans les habitudes de notre population ouvrière. Jusqu'alors, l'artisan ou ne faisait pas d'économies et dissipait en Ibiki dépenses ia portion de ion salaire, dont remploi n*était pas réclamé par ses besoins immédiats, ou cachait et rendait par là aussi inutile aux autres qu'à lui-même ce qu*il poufait prélever sur le gain de chaaue iour. C'est à l'un des membres les plus iionorables du commerce français, à M. Benjamin Delessert, que nous sommes redeTaUeg de riatrodoction en France de cette utile création , dont , déjà depuis quelques années, nos voisins d'outre-mer recueillaient les heuleox fruita. En 1818, tnr sa proposition , une société se forme et appelle à ta téte le Tertneui la Eocbefoucaiild»

Liancourt. Le 22 mai, l'acte constitutif est signé. Les statuts sont approuvés

fiar ordonnance royale du 29 juillet, et e 15 novembre la Caisse d^épargneet de prévoyance de Paris ouvre ses bureaux dans le local de la compagnie royale d'assurances maritimes, dont les vingt administrateurs STaient été les premiers souscripteurs de la nouvelle société. Pour faire face aux frais de la gestion, sans rien prélever sur le dépôt oui leur était confié, ils avaieot chacun doté rétablissement oaissantd'une rente de 50 francs. Ce revenu se grossit rapidement. La Banque de France, quj ensuite fournit un local mieux proportionné à Timportanoe toojoan croissante de l'institution, contribua

f)our une somme de neuf mille francs à a formation deson capital. De leur côté, les banquiers souseriptenn du prelîiier emprunt du gouvernement firent abandon à la Caisse d'épargne d'une rente de huit raille francs lorsqu'ils liquidèrent leur opération en i819.

L établissement possède aujourd'hui plus de soûumte mille francs dere-

T* nr. V UnraSmm, (Oicr. wctcIm9 iic.)

Digitizeu Lj, v^jQOgle

CAS L'UIOVfiRS. . GlI

▼€DU fproyeiAiiit de donsi et de bénéA*

ces réalisés en dhrerses circonstances.

Cette somme ne couvre cependant qu'une partie des frais. Le surplus est Bupporté par le budget de la ville. Dans r^lint, dès que le chiffre du conipti des déi^osants le permettait» le montant en était converti en rentes sur l'État. Une loi du 17 août 1823 avait Oxé à dix francs le minimum des inserip- .

tions achetées ainsi par la Caisse, JN'oublions pas de dire que les agents de change prêtaient gratuitement leur ministère pour ces achats, et que le gouvernenoent exempta du droit de timbre les pièces de comptabilité de la Caisse. La fluctuation du cours des fonds publics, rinflu«nce qu'eurent sur leur valeur les'év^ements politiques, tels que la guerre d'Espagne et la création du 3 pour cent, firent sentir au conseil des directeurs le besoin de trouver pour les fonds qui leur étaient confiés un placement qui fût plus à l'abri des chances de bourse. Ils s'adressèrent donc, en mars 1829 , au ministre des finances, alors M. Roy, fi Vmta d*obtenir que les caisses d*ébargne pussent verser directement leurs fonds au trésor en compte cou* rant. Cette autorisation fot aeeordéft par une ordonnance royaje du 3 juin, et sanctionnée par la loi du budget de 1880. L'intérêt de ce compte fut sti-

Suié au taux de 4 pour 100. Une oronnancé du 15 juillet 188S fixa déB»

nitivement à 300 fr. la somme la plus forte que la caisse pût recevoir de ses clients en un seul versement. Ce chiffre afait d*d)ord été porté à 600 fr., puis réduit à 60. Le maximimi aue

})ut atteindre chaque livret fut nxé ui-même à 3,000 fr. pour les particuliers, et à 6,000 pour les so> èiétés de secours qui choisiraient ce mode de placement. Une loi du 81 mars 1837 confia à la caisse des dépôts et consignations le soiu d'administrer les fonds provenant des caisses d'é»

pargne. Celles-ci conservèrent néanmoins la faculté d'adopter de préférence d'autres modes de placement ^ flfil s'en présentait ailleurs da plus avantageas. Profitant de cette latitudii

qiielques*«nei , opllee de Mets et d'Avignon, par exemple, ont lié leurs opérations à celles des monts-depiété, qu'elles se sont annexés.

Près de deux cent cinquante caisses d'épargne se sont, depuis la création de celle de Paris, établies dans les départements. Elles doivent leur existence, les unes a des associations partîeulièreé, les autres aux votes des conseils généraux ou municipaux.

Celle de Bordeaux , qui en 1830 avait déjà reçu dix millions, a été fondée en 1819. Rouen et Metz eurent des établissements analogues en 1820; Marseille, Nantes, Troyes et Brest en 1821; le Havre et Lyon en 1822. Toutefois, le nombre des caisses d'épargne de France, en 1830, ne s'élevait encore qu'à treize. Leur développement devint plus rapide à partir de cette époque. Dès 1832, lacaisse de Paria commenj^ à. ouvrir ses suoeunales d*ar* rondissement, par lesquelles elle va,

f)0ur ainsi dire , recueillir à domicile es épargnes de ses clients. Au mois de janvier 1835, le nombre descaissea d'épargne en activité s'élevait pour toute Ta France à soixante-dix; deut ans plus tard , on en comptait deux eent vingt-quatre. Eti iMfi, le mM^ tant des versements opérés à là caisse de Paris fut de 8,700,000 fr,, et au 81 décembre de cette même année, il y existait trente-trois mille livrets, re^ présentant une valeur de l3,MO,O0il fr. Six mots plus tard, les sommes dont elle se trouvait déliitrice envers sa nombreuse clientèle montaient à 18 raillions. Enfin , jusau'à ce jour, ii n'a pas été versé, dans les caisses d'é^ pargne de France, moins de 156 mil* lions, lesquels ont donné lieu à l'pu* verture de deux cent soixante mill^ Comptes. Le succès de l'institnliOA grandit tous les jours dans une rapide progression, car elle a complètement gagné la confiance de la popv^ iation. L'ordre admirable qui règne dans sa gigantesque comptabilité n'a pas peu contribué à la popularité dont elle jouit. L'apprenti y vient insensiblement groenr le modeste eapiul, finit de eee épargnée de ebaqiia

CAJ FRANCS. CAli i

mafne, et sur lequel il fonde Tespoir d'un prochain établissement; l'ouvrier marie s'y ménage un moyen de lair^ &ce aux charges probables que lui ap^ portera l'augmentation d« ta £uBiUi| tous enfin s'y créent une ressour»

pour les temps difficiles , et s'y assu« irent le paio leurs vieux jours.

Cajag8(I^, 4iorM de dflQX centf gentilshommes , crée en 1668 pour le

rrvice de la marine , et ainsi nommé un M. de Csyac , seigneur de Ham , qui eo ftit le fi>ndateur. Od leur donoa aussi le nom de f^ermandois , le due de Vermandois étant alors amiral. Ce corps fut du reste licencié peu de tiempç après sa fonnatîoo.

QurAmQ, petite Tille de rancie^

Sluercy,à vingt-deux kil. de Figeac, épartement du Lot. C était autrefois upe viUelbrte; et, dans les guerres contre ke.Anglats, elle opposa aux ennemis une vigoureuse résistance. Louis XIII en fit démolir les fortifications en 1632. La population de celte ville est a^)QiUBd*iiiii de dfi-Beof oenti habitants.

Cajetan (Henri), de la maison de Sermoneto, fut fait cardinal en 1585 , et envoyé en France par Sixte-l^uint, avec le titre de légat à latere, à la fin de Tannée 1589. Il arriva à Paris , le 5 janvier 1690. Alors l'exaltation des ligueurs était à son comble , et Oiyetan , au lieu de rester neutre, suivant les instructions qu'il avait reçues du pnpe , se réunit à Mendoze, ambassadeur de Philippe II, et aux Seize, partiiaaBf dévoués des Espagnols. Le par^ lement de Tours, qui tenait pour Henri de Navarre, rendit un arrêt portant d^fease de conunumquer avec le légat, sotts pekie éB se tendre coupable du crime de lèse-majesté. Le parlement de Paris, dévoué à Cajetan , cassa cet arrêt, et enjoignit de montrer au prélat réfoect et révérence. Ce fut Caje« ta ^ , revétsi de ses habits pontiA*caux, reçut dans ses mains le serment que prêtèrent le parlement, les cours souveraines , les ambassadeurs d'Ës- . pagne et d*ÉeDSse , le prévdt des marchands , les échevins , etc. , de mourir pfMtf la «ligioaBaiiiiiiiua^ et de m»

ter soumis à Charles X et«a« due dt

Mayenne, lieutenant du royaume, serment qui fut répété ensuite par tous les bourgeois de Paris. Mais les victoires de Kenri dérangèrent les plans des ligueurs : Paris fut assiégé, et le malheureux peuple réduit à la plus horrible famine. Cajetan , cependant, redoublait d'aideur, mettait en jeu tous les moyens. Il fit distribuer cinquante mille écus de son argent aux pauvres ; mais oeux*ci refusèrent on asœnrs foolilè, et dem&odèrent da pah). Ce fut, dit-on, Cajetan qui conçut l'absurde et sacrilège idée de faire du pain avec les ossements des cimetières, n fiit probeblemeRt aussi un des inventeurs de cette fameuse pro«, cession des moines de la ligue , commandée par Rose ^ évêque de Senlis.

On sait que Henri leva le siège à la nouvellede rapproche du ducde Permet qui arrivait des Pays-Bas avec une armée , et qui s'était réuni au duc de Mayenne. C'est vers cette époque que Gijetan fol rappelé par Sixte-Quint , lequel était loin d'approuver la politique de son lé^at. Il trouva le pape mort à son arrivée à Rome, et bien à point pmtr M , dit TÉtolle avec raison ; car il n'est pas douteux queftixie- Quint ne lui eilt demandé un compte sévère de la manière dont il avait rempli sa mission. Cajetan néanmoins resta en ûoear auprès du suœesseor de Sixte , et mourut paisiblement ea 1599, à l'âge de quarante-neuf ans.

CAiOx (dom Jean -Joseph), bénédictin de la oongrégation de Yannea, naquit à Verdun en 1726 , et mourut en 1779. On a de lui : les Antiquités de Metz , ou Recherches sur l'origine éa MédMmettrUkm» , Mets, neo, 10-8*; Histoire erUique des coquetucAon*, Cologne (Metz) , 1762, in-l2; Plagiats de J. J. Rousseau sur l'éducatkm , Paris , 1776, in-12 , ouvrage où l'auteur s'efforce de prouver qve^ les idées qui ont fait la fortune de ï Emile sont empruntées à Plutarque et à Montaigne.

• Calabib (eotMvemeiit de la). —

L'arrestation du géoéni Chan^pionnet avBîlailéKé la eeaiiaBeedes Napolitains

céju vxnaiYEMS. CAL

dans le gouvernement des vainc^eurs; de plus les exactions de quelques agents français avaient irrité la population, qu*excitaient encore les Anglais, placés à douze milles dè Naples , dans la petite île de Procida. Bientôt les criminels sortis des prisons et des galères se réunissent; le cardinal Ruffo vient dans la Calabre prêcher contre les Français une nouvelle croisade.

Au nom sacré de la religion , toutes les campagnes se soulèvent; et en mai 1799 1e cardinal Ruffo, à la téte d'une bande de brigands indisciplinables , pille Crotone , qui lui avait ouvert ses portes, et s'empare de Gontazarro, capitale de la Calabre. En un instant, TApulie et les Abruzzes embrassent son parti , et la république parthénopéenne se trouve circonscrite dans les murs de Naples.

Rutfo ne tarda pas à en commencer le siège ; il l'attaqua de trois côtés. Les assiégés, craignant la famine, se décidèrent, après plusieurs engagements acharnés, à faire une sortie géiMhrale , qu'ils exécutèrent le 25 juin après midi. Écrasés par le nombre , ils furent contraints de se retirer dans les forts. Dès le lendemain, le cardi- Dal Ruffo entra dans Naples , et les rues de cette ville furent teintes de sang. Cependant le château Saint- Elme , le château ICeuf , le château de rOEuf , la forteresse de Castellamare, tenaient encore les royalistes en échec. Ruffo fit proposer un armistice , et consentit à une capitulation honorable. Ces conditions turent d^abordexé-.

cutées de bonne foi ; mais Nelson, arrivant dans la baie , ordonna à tous ceux qui avaient occupé des places dans le gouvernement républicain, de se rendre au château Neuf pour donner leurs noms et leurs demeures, promettant qu'ils seraient désormais à l'abri de toute poursuite : il voulait dresser une liste de mort. Presque tous ceux qui firent cette déclaration furent emprisonnés ; beaucoup périrent sur Téchafaud; cinq cents furent bannis, et virent leurs biens confisqués. On parvint enfin à cet excès de délire, de &ire i» procès à saint Janviert protco-

taor du royaume, pour avoir |»ni âp-

{)rouver la révolution napolitaine , en aissant couler son sang au moment • de l'entrée des Français. Les Mens

2ui lui étaient consacrés furent consqués au profit du roi , et saint Antoine de Padoue lui fut donné pour successeur, attendu qu'on célébrait sa fête au jour de la rentrée des troupes royales dans Naples.

Calages (mademoiselle Marie de Pech de ) vivait à Toulouse dans les premières années da dix-septième lidde. Elle est Pauteur d'un poème de Judith, ou la Délivrance de Béthulie, en huit livres , qu'elle comnosa pendant sa Jeunesse , et qui ne fut puUié qu'après sa mort, en 1660. Ce poème, terminé avant que le Cid eût paru , renferme des vers heureux. Racine s'en est approprié quelques-uns. Ainsi, mademoiselle de Calages avait dit» en parlant de Judith,

avant que Racine eût fût dire à Phèdre, acte II, scène 6,

« Qa'oa Min Incd iliffiircnt me tronbU et ma dUvon^

Ce vers, mis par notre grand tragique

dans la bouche d'Hippoiyte :

« Maintenant je me cherche et ne me trouve pla«, »

est également imité de celui où mademoiselle de Calages dit, pour exprimer la passion naissante d*Ëolophenie :

« n M db«rA« lai-ntoM «t M M tnj«T« plat. »

Mademoiselle de Calages avait remporté plusieurs fois le prix à l'aoadé-

mie des jeux floraux.

Calais, Calesium, ancienne capitale du pays reconquis. Les premiers titres on il en soit-nit mentfon ne remontent pas plus haut que le neuvième siècle. Ce n'était alors qu'une petite bourgade peuplée de pécheurs, et des marins qui fréquentaient le port. Gto port, creusé par la nature, et amélioré en 997, par ordre de Baudouin IV, comte de Flandre , était défendu par deux grosses tours, dont Tune, attribuée à Caligula, était située au milieu * des sables , au nord de la ville ; l'autre prot^eait rembouchure de la rivière

4$ CrviciiM. Philippe de FMMe, comte

de Boulogne, fit coQStruire en 1224, autour de cette bourgade , un mur flanqué de petites tours de distance en diManoe, avee des fossés extérieurs.

Le mime prince y fit éisver, trois ans après , un vaste donjon , qui dès lors fut appelé le château , et qui , démoli en 1560, fut remplacé par la citadelle actuelle.

Devenus maîtres de Calais après la bataille de Crécy (voyez l'article suivant), le-s Anglais embellirent cette ville, et en augmentèrent les fortifications. Ils la conservèrent jusqu'en 1558 , où le duc de Guise la leur re-

Brit après un siège de sept jours. Les goears s*en emparèrent en 1695; mais an traité de Vervins, elle rentra sous la domination du roi. Les Espagnols l'assiégèrent sans succès en 1 657. Deux fois, sous le règne delxnUsXIY, elle fut bombardée par les Aftglais, qui, en 1804, essayèrent encore, mais inutilement, de forcer l'entrée de son port , pour venir y attaquer une flottille qui s*y était réfugiée.

Calais est une place de guerre de première classe ; elle possède d'ailleurs peu de monuments remarquables. La cathédrale, où Ton Toit un taUeau de Van-Dyck représentant l'Assomption ; l'hôtel de ville, construit en 1231 , et rebâti en 1740 ; la cour de Guise, anoîen bâtiment, environné plusieurs gros piliers en forme de tours, qui, sous la domination anglaise, servait de Bourse ou de lieu de réunion aux marchands , et que Henri II donna en 1558 au duc de Guise, vainqueur des Anglais : tels sont les seuls édifices de cette ville qui méritent d'être cités.

Calais était, avant la révolution, le

chef-lieu d'un gouvernement et le siège ■ d'un bailliage ; c'est aujourd'hui le chef-iieu de l'un des cantons du deparlement du Pas-de-Calais. Sa population est de dix mille quatre cent cinquante-sept habitants. Elle possède un tribunal de commerce , une école d*hydrographie , une école de dessitty et une bibliothèque pobliqae. Elle a produit plusieurs bommes remarqua»

• OAL ê.

Mes. Sans parier d'Bustaefae de Saint- Pierre, dont le dévouement a été mis en

doute dans ces derniers temps, on cite parmi les plus célèbres : Delaplacet Pigault-LebruB, Réal, le peintre Franda, et le voyageur MoUien.

Calais (sièges de). — Après la bataille de Crécy, Édouard III, roi d'Angleterre, entreprit d'assiéger Calais, rone des deft du royaume, et bâtit autour de cette ville une seconde cité, environnée de redoutes, de fossés et de tours. Il voulait l'affamer; et, en effot, hi famine 8*y fit bientôt sentir. Cinq cents habitants, que le gouverneur avait mis hors de la ville, moururent de froid et de misère entre la ville et le camp. Le blocus dorait dâà depuis dix mois, lorsque Philippe de Valois vint avec une armée redoutable au secours de la ville. Il négocia , deûa rennemi, mais sans succès. Édouard ne bougea pas, et le roi (ut forcé de se retirer. Le gouverneur, Jean de Vienne, demanda alors à capituler. Mais Édouard , après tant de temps et d'argent perdu, voulait se donner la satisfaction de passer les habitants de Calais au fil de i'épée. Cependant il se laissa fléchir, pourvu que quelquesuns des principaux bourgeois vinssent tête nue, la corde au cou, lui présenter les clefs de la ville. Eustache de Saint-Pierre (voyez ce mot) se dévoua avec quelques généreux citoyens , et se rendit au camp d*Édouard. Ce prince inflexible voulait les sacrifier à sa vengeance; mais les prières de la leine et des chevaliers parrinrent enfin à le fléchir. Le lendemain, il entra dans la ville, en chassa les habitants, et y établit une colonie anglaise.

^ Peu de temps après, Gcoffroi de Charni Gt pour reprendre Calais une tentative inutile; quelques-uns de ses chevaliers furent faits prisonniers.

Edouard, après l'action, les fit souper avec lui, et le lendemain leur rendit la liberté.

—Leduc de Bourgogne fit aussi , en 1436, le siège de Calais; mais ses miliess flamandes s'éUnt débandées, Il fut forcé d'abandonner cette entreprise.

— Le duc de ôuite fot |iliit henraitt

en 1558. » Le grand point pour réussir dans Tattaque de Calais, c'était de ne donner aucune alarme aux Anf^is* et de ne point les faire penser a eil augmenter la garnison ; le grand nombre de troupes que , depuis la bataille de Saint- Quentin (*), les Français araîent mtemUées nir leurs fron« tières du nord ne paraissait destiné qu*à arrêter la marche d'une armée victorieuse. Elles étaient cantonnées de maiiièra^ le doe de Savoie croyait devoir ^ller ea même temps sur le Luxembourgeleur les places au'il avait conquises en Picardie. Tout à coup le duc de NeTers, qui les commandait, fit marcher stînoltatiémeiit ten le Boulonais tous ces corps divers. Le duc de Guise partit de la cour pour se mettre à leur téte, et, le V janvier M8, Il te prieenta inopinément de- Tant le pont de INieuilay, à mille pas de Calais. Un petit fort le défendait; trois miHe arquebusiers français s'en empariMt d'emblée. D'Andelot, qui, 8pi«s avoir été fidt prisonnier à Samt- Quentin , était parvenu à s'échapper, vint attaquer le fort de Risbank, à caache de la petite riTière qui forme lè port , et s'en rendit maître dès le 2 janvier. Ainsi l'entrée du port , ou l'abord à Calais par mer, et le pont de riieullay, seule entrée de Calais çar terre, ae trouvaient entre les maini été Français dès les premières vingtquatre heures. Tout le reste de la ville est entouré par des marais impratioables ; des batteries fiireot eepsadant montées aussitôt, soit du côté de Ris^ bank, soit de celui de la vieille citadelle. Le 4, une large brèche fut ouverte près de la porte de la rivière.

Le 6, la vieille citadelle fut enlevée d'assaut. Lord Wentworth , qui commandait à Calais, n'avait que huit ou neuf cents hommes de garnison ; il perdit courage et proposa de capituler. Guise, qui craignait sans cesse de voir arriver une flotte anglaise, n'hesita point à lui accorder les conditions les plas avantageoses. Tous les Anglais

- O Voyez SàJMt'QmaniM (bataille de).

fSUb

habitant Calais Murent la fteulté de so

retirer en emportant leurs propriétés mobilières; Wentworth consigna aux Français toute son artillerte et ses muoitioiis , co S'ODuageasit à M commettre aucun dommage dans les propriétés publiques, tandis qu'il les occupait encore. La capitulation fut signée ie 8 janvier 1659; la ville fut livras aux Français le lendemain. Il y avait on peu plus de deux cent dix ans qu'Édouard III l'avait enlevée à Phi]ip|ie de Yaloia. Loid Grey^ qui eomnandaii dans Ouines, se rmiMeaO janvier; La garnison anglaise , qui occupait le

{>etit fort de Uam , s'enfuit de nuit, et es Anglais ne conservèrent plus un seul pied de terrain fur le contiiMat de la France (*). »

— La ville de Calais fut encore une fois prise, en 1596, par les Espagnols, sous la eondoite du baron de Roeao; mais la paix de Yervius la rondtt à lu France en 1598.

Calais (monnaie de). — La ville dt Calais ne frappa jamaia nounaie tant

âu'elle fut soumise à l'autorité du roi e France; aucune charte du moins ne prouve qu'elle ait alors joui de ce privilège , et nous ne connaissons aucune pièce française que Ton puisse lui attribuer. Il en fut autrement lorsqu'elle fut soumise aux Anglais; Edouard III, Henri IV, Henri V et Henri VI , y ûrent ftbrifuer des groats, des haif groaiÊ et des sterling, qui ne différaient de ceux qui avaient cours dans la Grande- Bretagne que parce que le mot villa OALisn y était auMtitué à isni du LoNBOff cinsAS, CâNnns cmàM i etc.

Le nom de Calais se lit sur la pre« mière médaille peut-être qui ait été frappée en France. Cette médaille, dont le cabinet des antiques de la bibliothèque du roi possède un exemplaire, est une large pièce d'or fin, et pesant trois carats, aîdsi que le prouva sa légflode du irevers i

(') Sistnondi , Histoire des Français , tXTIII, p. 57, d'après delboa , Bdearioi^ Jac. Henrio, tMT.y AibisTi TavaMUi et

Dlgltlzed by Gopgle

ÇÂh . FRANCE. GAI.

O^or fin vù» «rtNtI é» émt»

Et Ta fait p«Miit troii carat Su r«D i|ua Tcvraa moi tournai

Si Von tourne en effet la médaille, on trouve sur le droit le quatrain suivant, dont les lettres msyuscules, adt 4itiMnées lulvavi kNir nUm ismé* rl^i tenant 1« miUéiiiiia dA 1461»

qVant la fVa fait .ans dlfertaM

aV prVtlent roi aMl de dleV ou obflîsolt partoVl eu franCe fors à CaLaU qVI est fort LIeV.

Cette médaille présente d'ailleurs d'un côté réou de France entouré de t^rancbas de losier et orné d*ttne coui

ronne royale, et de l'autre une croix fleuronnée et cantonnée de fleurs de lis et de couronnes ; une riche rosace entoure le champ du droit et celui du revers.

CalaïsiS, ou pays reconquis , Tractus ccUesius^ nom que Ton donnait, avant la révoHition, à la partie de la basse Picardie dont Calais était la capitale. A Tépoque où la domination romaine s'établit dans les Gaules, ce pays était habité par lea jiromand, qui faisaient partie de la confédération des Morini. Il suivit, en général, les destinées du territoire de cette confédération, jusqu'à rétablissement de l'empire carlovingien. Il reçut alors la dénomination de comté de Gaines (voyez ce mot), sous laquelle il fut désigné jusqu'en 15â8, époque où Calais ayant été reconquis sur les Anglais, le comté de Guines , agrandi du territoire de cette ville, prit le nomiie Calaisis, ou de pays reconquis.

Cal41|aT, nom que l*on donnait au moyen âge a la^féte de la Chandeleur.

Calanson (Giraut de), jongleur gascon, mort à la fin du treizième siècle, a composé des chants 4*amomf et des sirventes. Il nom resté de Imune quinzaine de pièces.

Calas (Jean). — Si ce n'était la mort i^j^ste et cruelle qu'il a subie, Jean Calas serait un de ces hommes de bien que l'on estime de leur vivant, que 1 on regrette quand ils ne sont plus, et dont rhis^oirc ne parle point. Mais s^ mprt est un exemnlc trop ef^ayant des

|e fanatisme , pour ^e nous en qmetnops le récit aans eet ouvrage.

Depuis plus de quarante ans, ièaia.

Calas exerçait à Toulouse la profession de négociant, et jouissait de la plu^ hondrable considération. Uni ( unè femme anglaise, tenant par son aïeule à la première noblesse du Languedoc, il était père de six enfants, quatre, garooni et deux IlUes.

Macc-Antoine« Tatué de ses fils , ped propre au commerce, aifnait les lettres et avait fait des études dans l'intention des(iivrelacarrièredubarreau.D*ayaat pu se faire recevoir licencié en droit,

f)arce qu'ainsi que toute sa famille, a 'exception d'un ses frères dont nous

{larlerons plus bas, il professait la re* i^ion protestante, il était devenu tat citurne, mélancolique, emporté, et lisait de prédilection les livres qui traf? taient du suicide. Kéduit au désœuvré* ment, il cherchait dans les jeux de paume ou de billard et les salles d*ar« mes des distractions coûteuses, peu di||nes de lui , ^ue sou père n'approut vait pas, et qm lui attiraient souvent i de la part du vieillard y des réprimandai et des menaces.

Un autre des fila de Jean Calas, nommé Louis, celui dont nous avon$ promis de parler, avait abjuré le culte protestant pour la religion catholique.

Telle avait été, en cette circonstance, la tolérance de son père, que se bort nant à souhaiter que la eonversîon fOt sincère, il l'avait toujours traité avec la même affection, lui avait assuré une pension de quatre cents livres, e( avdi^

Srdé h son service, une servante eaolique dont les exhortations avaienV amené l'abjuration de Louis Calas.

Tel était l'homme que Ton accusa d'à** voir, à l'âge de soixaqte-huit aps , péod<| aon fils atné dans toute la fofoe jst |i vigueur de la jeunesse, qui mourut sur la roue, et dont les restes furent livrés aux flanmies, en expiation d'un crimefpienon'Seulement il n'avait pfli| commis, mais qu'il lui était même possible de commettre.

Le 13 octobre Util, un fils dl M, l^avaisse, ayomt de TQvlmiaei mn nw^ d^ fieniMiiii it m tmmi

• CAL L'UIN

point chez lui son père qui était à la campagne, fut invité à souper par la fiiinilie Calas, dont il était ami. il ao» cepta. Le repas, qui eut lieu dans une salle à manger au premier étage, fut décent et frugal. Au dessert, Marc- Antoine Calas quitta la table et sortit aana qu'on y prit grande attention, accoutumé que Ton «ait à des singularités de sa part.

Quand vint , pour le ieane Lavaisse, Theure de se retirer, il prit congé de la famille. Un autre fils de Jean Calas, appelé Pierre, se munit d'un flambeau et raccompagna pour Téclairer. Quelle ne fut pas rqMMivante des deux jeunes

Î;ens , en trouvant au rez-de-chaussée a porte du magasin cntr'ouverte, les deux battants rapprochés, un bâton, qui serrait à serrer les ballots, placé, pourvu d*une corde à nœud coulant, sur l'un et Tautre battant, et à cette corde, Marc- Antoine Calas suspendu, Bans autre vêtement que sa diemisel A leurs cris, on retint la dame Calas qui voulait descendre; Jean Calas accourut . se Jeta sur son fils , le souleva, et un dei nouts du bâton i*étant dérangé, put laisser tomber le corps à terre, ou il cliereha avec anxiété et en sanglotant quelque reste de vie. Pendant ce temps, le jeune Laraisse et le frère de Marc-Antoine coururent chez les chirurgiens et chez les magistrats.

Les premiers reconnurent que Marc- Antoine Calas était mort, et les seconds dressèrent procès-verbal, tant de ce qu'ils voyaient que de ee qui leur fut raconté.

Ce déplorable événement, bientôt connu de toute la ville, donna lieu sur-le-champ à une effroyable accusation, qui devait être suivie d'un arrêt et d'une exécution plus effroyable en* core. Le peuple fanatisé, et confirmé dans son opinion par un capitoul appelé David , (jui joua dans toute cette affaire un rôle plus affreux que celui du bourreau, le peuple, disons-nous, s'éeria gue Marc-Antoine, converti à la relîgjon catholique, devait faire le lendemain abjuration , et que son père , pour prévenir cet aele, l'avait pendu, aidé 4b JeuM Lavaisie, voni de fioi^

VERS. CAL

deaux le jour même tout exprès pour commettre ce meurtre. On prétendit avoir entendu la lutte et les cris de la victime; et sur la clameur publique la plus calomnieuse et la plus insensée répétée de bouche en bouche, Jean Calas , sa femme, Pierre Galas, son fils , Lavaisse,laservante etun ami de la maison appeléCaveinç,furentconduits chez le magistrat, puis jetés dans les prisens.

Alors commença au parlement de Toulouse la procédure la plus monstrueuse dont puissent faire mention les annales des iniquités humaines , si Ton pense jamais à les écrire. Pendant que la populace , s'obstinant à voir dans Marc-Antoine Calas un martyr, ne doutant point de sa conversion , l'inhumait solennellement dans l'église de Saint-Etienne, à cet effet entièrement tendue de blanc, et lui arrachait les dents pour conserver de ses religues , on violait au palais toutes les lormes instituées par les lois du temps

f>our protéger les accusés- On recueilait tous les témoignages qui les chargeaient, de quelque part quHfs vinssent et mieique absurdes qu^ils fussent, tandis que Ton repoussait tous ceux qui pouvaient avoir pour résultat de prouver leur innocence. Ni les r<'clamations des infortunés si cruellement poursuivis , ni l'atrocité du crime, qui aurait dû inspirer aux juges des doutes légitimes , rien ne Gt impression sur des bommes dont le parti était pris, et autour desquels circulait en liurlant une population menaçante et furieuse. On voulait commettre un assassinat judiciaire , et on le commit* Le 9 mars 1762, à la majorité de sept voix ctfntre six , Jean Calas fut condamné à expirer sur la roue , à être brdlé, ses cendres jetées au vent, après avoir été préalablement appliqué à la question pour avouer ses complices.

Il subit les douleurs de la question, les horreurs du supplice, en protestant de son innocence et en pardonnant à ses bourreaux. Sa mort fut si édifiante et si sainte, que deux religieux qui l'assistaient à ses derniers instant!

ne purent s'empédier dediie après ton

CAL

Càt»

trépM : « Ainsi mouraient nos mai^ «tyrs.»

Ce premier seto de l'horrible tragédie étant achevé , on reprit la procédure contre les autres accusés. Caveing avait été mis en liberté dès lecommencement de l'instance. La dame Calas, le jeune Lavaisse et la servante furent mis hors de cour. Pierre Calas, que les juges auraient bien voulu traiter com> me son père, fut condamné au bannissement, et les deux demoiselles Calas furent enlevées à leur mère , et conduites dans une maison religieuse.

Trois mois après cette succession d'atrocités, Pierre Galas, gui avait été conduit hors de la ville, puis ramené secrètement et enfermé dans un couvent, trouva le moyen de s'échapper dé cette prison, et sa mère vint à Paris implorer la justice du roi. Le célèbre Élie de Beaumont , appuyé des élo-

Î[uentes réclamations de Voltaire, prit a d^se de cette fiimille infortunée.

Malgré la résistance prolongée pendant un an du parlement de Toulouse, les

fièces du procès furent apportées à ans, et le conseil d*État, assemblé à Versailles le 9 mars 1765, au nom»

bre de près de quatre-vingts juges, cassa Tarrét, réhabilita la mémoire de Jean Calas , permit à la famille de se pourvoir pour prendre à partie 1« magistrats de Toulouse, et ontenir contre eux des dommages-intérêts. Le roi en outre, à la prière de son conseil , accorda à la mère et aux enfants trente-six mille livres, dont trois mille devaient être remises à la pauvre et vertueuse servante, qui avait constamment défendu la vérité en défendant ses maîtres.

Le 11 juillet 1791, la veuve de Jean Calas assista à la féte qui eut lieu lorsqu'on transporta au Panthéon les restes de Voltaire, qui avait si courageusement dénoncé à l'opinion un jugement inique, et qui en avait poursuivi la réformation avec tant de persévérance. .

La mort de Cnlas a fourni à trois auteurs dramatiques de douloureuses et touchantes inspirations. Laya et M. h Cbénier y ont trouvé cbacun le

sujet d'une tragédie , et Victor Ducange celui d'un mélodrame plein d'intérêt, et qui a obtenu un grand nombre de représentations.

Calcinato (bataille de). Le duc de Vendôme, profitant de l'absence d'Eugène, parut inopinément, le 19 avril 1706, devant qumze mille AutrichieiiB retranchés sur la Chiesa, entre Monte- Chiaro et Calcinato, dans le Bressan.

Vendôme donna ordre à ses troupes d*e88uyer, sans tirer, une décharge générale , et de marcher ensuite à la • baïonnette contre l'ennemi en tirant sur lui à brûle-pourpoint. Le comte de Reventlau, général des Autrichiens, leur avait ordonné, de son côté, de laisser avancer les Français à vingt pas , espérant détruire ainsi leur infanterie par le feu de toute sa moosqueterle; mais ils furent rompus avant que la fumée fût dissipée. Trois mille nommes demeurèrent sur le champ de bataille , autant forent feits prisonniers. Six pièces de canon , mille chevaux et presque tout le bagage demeurèrent au pouvoir des vainqueurs, qui ne perdirent pas huit cents soldats.

CaLbiebo (combat de). Les Autrichiens profitèrent, vers la fin de 1796, de la longue résistance de Mantoue pour former successivement des armées destinées à débloquer cette clef de l'Italie, et à dégager le maréchal de Wurmser. Les Impériaux firent de tels efforts , que le général d'AJvinzi posséda bientôt dans le Frioul une armée de cinquante mille hommes, tandis que son lieutenant en avait vingt mille dans le Tyrol. Bonaparte, ne pouvant, avec les divisions diroonibles de son armée, résister à des forces aussi considérables, chercha d'abord à arrêter les mouvements de l'ennemi sur la Brenta par difiKrents corps d'obser»

vation. Àlvinsi panelaPiave; Bonaparte évacue le pays entre la Brenta et l'Adige. Le 12 novembre, les armées firançaise et autrichienne se trouvent en présence. Les Français étaient dans la nécessité de vaincre sans délai leurs ennemis ; ils les attaquèrent avec autant d'intelligence que de bravoure. A la droite était AngÎBreaatàlagaiichelbt-

léna. Augereau enlève Caldiero, et fait 4eax<}eDU prisonniers; Mnsséna tourna PganBWHi prend cin^ pièces de canon ; mnis une pluie froide et abondante , qui seciiange subitement en une petite

frôie, contrariait les mouvements des rancis* L'affaire resta indécise. ]>8 deux arn)ées demeurèrent sur le champ de bataille, et Bonaparte se retira, méditant les moyens de vaincre à Àrfele.

. — ^Tandis que Napoléon s'avançait à grands pas en Allemagne, le maréchal Itas^ën^ combattait de nouveau à Caldiero contre le prince Cbarlei. L'ar»

mée française avait pris position k deux milles au-dessus de cette ville.

Elle attaqua les Autrichiens Iç ^Ooctolire 1805, à deox beures aprài midi. Le yillage de Caldiero &t emportéde vive force, et les ennemis eevirrât repoussés jusque sur les hauteurs voisines. L'action se soutint jusqu^ la nuit avec des diances diverses; enfin, rarcliiduc rentra dans ses retranchements après avoir perdu cinq à six mille hommes, morts, blessés ou prisonniers. Le^ Français n'avaient perdu que deux à trois mille hommes. En même temps, une colonne autrichienne, forte de cinq mille hommes , se trouva coupée par une suite de mouTcments oçérés par la division Seras. Le maréchal Masséna, après une sommation inutile, lit marcher quatre bataillons pour achever de la cerner entièrement. Le général autrichien sentit alors que toute résistance était impossible, et, le 2 novembre, consentit à mettre bas les armes sur les glacis de Vérone^ Cale, sorte de ctiâtîment dont on punit, sur les vaisseaux, les hommes de l'équipage qui se sont rendus coupables de vol ou d'excitation à la ré^ volte. Suivant l'art. 22, tit !•% Ut. H, de l'ordonnance de 1671 sur la marine, le capitaine ou maître d'un navire devait prendre l'ayis du pilote et dv contre-maître, pour faire donner |a cale aux matelots mutins, ivrogjies, désobéissants; à ceux qui maltraitaient leurs camarades, ou qui commettaient d'autres délltssemblablea dans le cours

On distingue deux sortes de cales ; la cale ordinaire et la cale sèche.

Dans la eaie ordinaire, on condaît

le condamné vers le plat-bord , audessous de la grande vergue, où on le fait asseoir sur un bâton qu'on lui passe entre les jambes : il embrasse un cordage auquel ce bfiton est attaché, et qui clisse sur une poulie suspendue à l'un (les bouts de la vergue. Trois ou quatre matelots hissent ce cordage avec la plus grande vitesse possible, jusqu'à ce qu'ils aient élevé le patient a la hauteur de la vergue; après quoi Ils lâchent le cordage tout à coup, et le précipitent ainsi Bans la mer. Quelquefois on lui attache aux pieds ua boulet de canon, j^ux rendre la chute plus rapide.

Dans la cale' sèche, on ne pidngié pas le patient dans la mer; on le laisse seulement tomber jusqu'à quelque^ pieds au-dessus de la sqrfiuse de reau. C'est alors une espèce d'estrapade* (Voyez ce mot.)

Le supplice de la cale est encore usité aujourd'hui.

Calbghb. Voyez Yoitube.

Calembour. Ce triste jeu de mots date de plus loin qu'on ne le croit communément; on en trouve plusieura exemples dans les auteurs grecs e| dans les auteurs latins les plus graves, dans les écrits du moyen aj^e, dans ceux du seizième siècle, et dans les productions des beaux esprits de l'hôtel de Rambouillet. Nous avons une comédie de Molière qui, tout en dévouant au ridicule qu elle mérite cette manière amphibologique de parler, nous apprend qu'elle était en usage parmi les courtisans de Louis XIV.

Ce n'çst cependant que depuis le marquis de Bièvre, qui se fit une réputatation par le calembour, que ce lyrani si bête, comme l'appelle Voltaire dans une lettre à madame du Deffant , ^ usurpé l'empire du bel esprit , et , de procne en proche, est devenu populaire.

De nos jours , à défaut d'esprit , d'observation et de véritable comique, on en a farci de petites pièces dramatiques, et le théâtre des f^ariétéi a longtempi Técu de cette seule resscoiee* £n oe

«AL BAàinesm . OLti fi

iflMnmitil ebnptlM râetf; oiil*ini[>rffii«

<ous forme de questions énigmatiques ëans les petits journaux, et c'est une industrie que de compulser le Dictionnaire dé rAoMléniia, at d*oii trouve»

ëe bien bisafres pour les besoins de la consommation. Au demeurant , si le calembour e«t le plus stupide des amusements, tt j son bon edt» : il pro^ Toque ftMdqÔflfois le rire, qui se perd chez nous , et qui est cependant une ehose ijui vaut son prix. Quand le ca- Itmboar prodoit cet effet, il est de bMine jiistiee de loi pardonner.

CA.LENDES, nom par lequel on désignait quelquefois,' au moyen âge, la féte de Noël.

Calbrdbibb. — Nous avons mentionné à l'article Awnéb la réforme du calendrier par Grégoire XIll ; nous devons revenir ici aur ce sujet, et expliquer avec quelques détails cette rén forme, dont la connaissance est si importante pour Tétude de la cfalO'* nologie de notre histoire.

De Bttmbreosee enreors é'étaient

glissées, dans le comput des anné^es, epuis l'ère chrétienne; les différents

Scies adoptés siiccessivemeot pour rat enor raonéeciTile el teligleose à Tant née astronomique, ne se trouvaient plus d'accord avec les véritables mouvements des corps célestes; il pn était ihésulté une grande perturbation dana Tordre des fetea, par rapport aoz saisons : la Pâque, surtout, franchissait les limites dans lesquelles il fallait la resserrer, d*a|^rès les prescriptions des premiers conciles. Après plusieurs tentatives pour remédier à ces inconvénients, le concile de Trente porta l'affaire au saint-siége. Grégoire XIII prit les conseils des astronomes , et , d'après l'avis d'Aloysius Liiius , décréto la réforme à laquelle il a donné son nom.

£n conséquence , il fut décidé que , conformément aux canons do concile de Nicée, la fête de Pâques serait célébrée à l'avenir le dimanche qui suivrait la pleine lune, après l'équinoxe de printemps, cet équinoxe tombant toujours au 21 mars. Après le 4 octobre 1582, dix jours entiers furent retranchés , de sorte qu'on sauta du 4

aa iS «etebre, tk que Mtlé ètnnife

compta seulement trois centcioqoajMtf^ cinq jours. Pour remédier à I erreulr du calendrier Julien, provenant des onse minotes qtie Ton comptait de trop dans chaque année, et qui, dans cent ans, produisaient un total de plus de dix-huit heures , on convint que l'on retraneherait jour an bout de cha^ que Siècle, et qu'ainsi chaque centième année , au lieu d'être une année bissextile , ne serait qu'une année ordinaire de trois cent soixante-cinq jburs.

Mais comme on retranchait aloM ein;| heures quatre minutes de trop, ce qui, au bout de quatre siècles, devait donner encore un jour moins deux heures uarante mtnotas, la dernière annéé e chaque quatrième siècle devait être une année bissextile ; enfin , les deux heures quarante minutes, prises de trop tods les quatre cents ane,- ftiisaot un total de vingt -quatre heures en trois mille six cents ans, on convint ue Tannée 5200 serait une année or« inaire.

Nous ovons indiqué , dans Tarticio cité plus haut, l'époque de l'adoption de cette réforme en France.Mous ne reviendrons pas sur l'opposition qa*elle rencontra de la part de quelqiMNoiHi des grands corps de l'État. Mais nous devons consacrer ici quelques lignes à compléter ce que neos avons dit d'one réforme bien plus radicale, dont Vïééé appartient entièrement à notre pays , et ^ui , moins heureuse que celle de Grégoire XIII , ne put triompher des vieux ' préjugé», et succomba, après' quelques années d'existence , sous les efforts des ennemis de tous les progrès.

Lorsque la Convention nationale eut proclamé l'établissement du gouverne^ ment républicain, elle voulut consacrer le souvenir de ce grand événement par un Mionument durable : elle le pfit pour point de départ de l'ère d'après laquelle les Français devaient désorniais compter les' années. Elle venait d'adopter l'admirable système des mesures décimales ; elle voulut aossi appliquer ce système à la mesure de la durée, et décréta l'adoption du catall* drier républicain.

Cài»

LIIBIVEES.

CAL

• Il était conTenable que Tannée commen^t avec l'une des saisons. Le janvier ne répondait à Touverture d'aucune; laGoBTaiition plaça leeommenwinentde Tannée républicaine au premier jour de ra'utomne. Plusieurs raisons la décidèrent à choisir ce jour, de préférence aux premiers jours des autres saisons; c'est que d'abord, par un singulier hasard , la république avait été proclamée le jour même de Téquinoxe d'automne ; ensuite i c'est dans cette saiion que, dans notre climat, afxrès avoir recueilli les moissons de Tannée qui finit, on prépare par la culture et les semences, celles de Tannée qui va mim. D*aillêavt, c'est à cette époque de l'amiée 4|iie se renouvellent coez nous presque tous les baux des camjMif^es. Il était convenable que Tannée civile et fiscale répondit le plus exactement possible à l'année rurale.

Les noms des mois de Tannée julienne, empruntés presque tous à la mythologie romaine , sont pour nous sans signification ; la Convention leur substitua des noms en rapport avec les phénomènes qui, chaque mois, se développent dans la nature, r^ous avons fiiitoonnattre ces noms à l'art. AvtttR BÉPUBLiGAinx (*). Les mois juliens

(*) La CoDveoiioQ n'est point le premier iwnvoir français qui ait conçu l'idée detttbitituer des noms significatifs à la nomeoclatiire, absurde pour nous, du calendrier Julien. " Charieiuagne,dii Éginliard, donna « des nomsau^tiaoittdans son propre idiome; « car Jusqu'à son temps les Francs les avaient « désignés par des mots en partie latins, eu « partie barbares. . . . Les mois eurent les « noms suivants : janvier wintermanoht {moh « d'hiver); février hornunk (mois de boue); m mars lenzinmeuioht (mois du printemps); « avril ostermanokt (mois de Fiqnes) ; mai •« winemanoht (mois d'amour); juin prahm manoht (mois brillant) ; juillet liewimanolu « (mois des foins); ao&t aranmanoht {taiM «des flUMSMMii); MipMnbre «rnumMUMAf

sont inégaux ; ils ont trente et un ,

trente et vingt-huit jours ; ceux du calendrier républicain étaient tous de trente jours, et Ton complétait Pan»

née» en ijoutant au dernier cinq^otira complémentaires; six quand Tannée était bissextile, ou sextile, d'après la nouvelle dénomination adoptée par la Convention.

Enfin , à la semaine on avait substitué la décade, ou période de dix jours, qui avait le double avantage de rentrer dans le système décimal, et d'être une division exacte du mois.

Les noms des jours de la décade étaient purement numériques; le premier jour s'appelait prMkHy les autres, duocU, triai j quarticU, quinUdi^ sextinU^ septUUy ocHdi, mmidi et decadi. Le dernier était consacré au repos, et remplaçait le dimanche. Ces noms avaient le très-grand avantage d'indiquer en même temps le jour de la décade et le quantième du mois , et de rendre inutiles les almanachs. 11 est, en effet, évident qu'il ne fixait ancon calcul pour trouver que le tridi de la première décade était en même temps le 3 du mois, que le même jour de la deuxième décade était le 18 da mois, etc.

Un sénatus-consulte du 21 fructidor an XIII abrogea le décret de la Convention oui avait décidé Tadoption de ce calenarier, et rétablit le calendrier grégorien à compter du l" janvier suivant. Le calendrier républicam avait duré un peu plus de treize ans. Le lecteur trouvera , dans le tableau suimt, la concordance des dedx calendriers, pour cet espace de temps.

« (mois des vents ) ; octobre windimmema- « ifo/</(mois des vendanges); novembre her» u bis tmanoht {mo'\s d'aîjtomne); décembre « hermanolu (mois d'enfer). « Fita Carol. ma^m ah Egiaanlù script. , e. xxtv , ap, êcnpt» nr. Frmme,, t. T , pu loo»

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