MO GHA
L'UNIVERS
date d*aiiieiier. Enfin, on distribua^
comme encouragement, près d'un million aux troupes qui devaient occuper la capitale. CliarJes X avait donné de M liste civile la moitié de cette somme: le reste avait été fourni par le trésor.
On sait que toutes ces mesures furent inutiles j le peuple triompha de tons les obstacles qui loi forent opposés. Cependant Charles X était à Saint- Cloud; le bruit du canon tiré à mitraille dans les places et dans les rues de Paris ne rempêcha pas de faire sa partie de cartes comme à Tordinaire.
Mais, le 29, le duc de Raguse fut forcé de se replier avec ses troupes vers le château roval. La victoire du peuple étaitCOmplete;la ^arde parisîenneétait organisée, et déjà le duc d'Orléans avait pris le titre de lieuteoaut général du Tovatime.CiMnrlesX, suivi detootesafemule, s'éloigna alors de Saint-CIoud,et, dès son arrivéeà Rambouillet, il expédia trois ordonnances, dont la première révoquait celles du 25 juillet, la deuxième nommait un nouveau ministère, et la troisième convoquait les chambres pour le 2 août. Ces ordonnances ne furent point mises au Moniteur , parce que Charles X était détrôné lorsqu'il les rendit. Le 2 août, ce prince et son fils abdiquèrent en faveur du duc de Bordeaux. (Voy. Abdicâiion.)
Charles X se dirigea ensuite sur Cherbourg , escorté par ses gardes du corps et accompagné de quatre commissaires, qui ne devaient le quitter que lorsqu'il serait sorti du territoire du royaume. Il passa le 1 1 à Vire , pour se rendre au port où Tattendaient deux bâtiments américains et une frégate française cbaiv
{;ée de les observer. Parti de Vaogne le 16, à neuf heures du matin, il arriva en quatre heures à Cherbourg, et se dirigea vers la rade-f sans s'arri- - ter dans la ville. Le 17, il écrivit de la rade de Spithead , en vue de Portsmouth, au roi d'Angleterre, qui ne put lui offrir que l'accueil qu'on donne à un simple éf^nger. Quand Charles X voulut ensuite prendre terre à Portsmouth, on l'avertit des dispositions de iapiu|»artdes habitauts, qui prenaient,
pour le receToir, tes couleurs nationales de France. Il avait formé, diton, le projet de s'arrêter à l'île de Wight ; mais chaque jour augmentant son incertitude sur ce que les cabinets étrangers croiraient pouvoir entreprendre, même en faveur du duc de Bordeaux, il choisit pour résidence le château d'Holy-Rood , à Édimbourg, dont il s'éloigna dans la suite pour échapper aux désasréments d'un procès que lui intentèrent ses anciens créanciers. Il quitta alors l'Angleterre pour la Bohême, et alla habiter, avee sa famille , l'ancien palais de Ihirrj, au Uradchin de Prague, que Tenipereur d'Autriche mit à sa disposition. 11 est mort à Goritz, le 6 novembre 1836, à l'âge de soixante et dix-neuf ans et vingt-huit jours. Son règne avait duré six ans, et il en avait passé trente-deux dans l'exil.
Charles I*' d'Anjou, fds de Louis VIII , roi de France , et de Blanche de Castille, naquit en 1220. Il épousa Béatrix , la dernière des quatre filles de Raymond Bérenger, comte de Provence , et , par cette alliance, fit entrer ce comté dans la maison de France , qui déjà dominait dans teut le Midi du royaume. Les trois sœurs de Béatrix avaient épousé des rois; elle voulait un trône aussi , et irritait , perses désirs, l'ambition de Charles d'Anjou. La France avait alors une grande inlluence au dehors : l'Angleterre, l'Espagne s'abaissaient devant elle; Charles, mettre de la Provence, lui asservit bientôt l'Italie. II y fut appelé par le parti guelfe et national , qui se débattait depuis si longtemps contre la maison de Hohensteimn. Il jporU les derniers coups à cette dynastie au» trefois si puissante, et recueillit une
g artie de son héritage. Le pape Urain IV, puis Clément IV, son sueceaseur, prêchèrent une croisade contre Manfred , roi de Kaples , et en donnèrent le commandement à Charles d'Aniou. Celui-ci vint à Rome en 1265, et y fut couronné roi le 24 mai , pen- . dantque Béatrix traversait la Lomoardie avec une armée. Dans l'hiver de V2m , il pénétra dans le royaume dQ
Maples par la route de Ferentino , et ninpmta sur Manfired une victoire
complète près de Bénévent. Manfred , voyant la déroute des siens , se jeta au milieu des Français, et se fit tuer.
Charles défendit de l'ensevelir ; mais ses soldats, indignés de cet ordre, dresseront un tombeau à re ni.ilheureux priuce.Leconquéraut usa de sa victoire avec une avidité ftrouche. Il se hâta de Jouir, comme s*il eût craint de ne pouvoir ronfîerver ses conquêtes. L'Italie épuisée se repentit bientôt de s*étre li- TFéedle>méme; et quand le jeune Contadin parut avec trois mille hommes pour reprendre le royaume qui avait appartenu à sa famille , les Italiens, accourant en foule , lui furent bientôt une armée. Il livra bataille à Charles, fut vaincu à Tagliacozzo le 23 août 1268 , et le vainaueur, toujours impitoyable , fit tomber sur l'échafiiud la léle du dernier des Hohenstaufen. En mourant , Conradin avaitieté son gant dans la foule; ce gant fut ramassé, dit-on , par Jean de Procida , qui prépara la vengeance avec une obstination infatigable et une froide fureur. Cependant Charles paraissait s'affermir en Italie , et il travaillait h asservir le nord de cette contrée, dont il possédait déjà tout le midi. Les Guelfes de la Lombardie, de Piémont, de Toscane, le reconnaissaient pour leur chef; mais les papes « effrayés de ses progros , contrarièrent ses desseins.
Grégoire X, et surtout ^iicolas III, rompirent avec lui. Nicolas le força a résigner le vicariat de Fempire en Toscane, et il encouragea les projets de Jean de Procida. Mais, après la mort de ce pontife, Charles parvint à lui fiiira nommer pour successeur, Martin IV, sa créature; il sembla alors de nouveau inattaquable , et dqà il rêvait la conquête de rerapired*Orlent, lorsque le massacre des f 'épres siciliennei lui enleva la Sicile :;i282). Tous ses efforts \H)ur la reprendre furent inutiles : sa flotte fut brûlée par Roger de Loria, habile marin qui combattait pour Pierre d'Aragon , défenseur des Siciliens. Dès lors aucune de ses entreprises ne réussit, et il n'éprouva
;|;iiacs iic icuasii., et ii ii cpiuu>a luui. m.
T. IV. 36* Livraison. (Dict. eiscycl., etc.)
plus que des revers. Il mourut le 7 janvier 1S86, au moment où il pré»
parait une nouvelle descente en Sicile;
Charles d'Anjou avait de grands talents,mai8 point de vertus. Il était terrible pour tout la monde. Ceux qui ne le haïssaient pas le craignaient. Jean Villani , son historien et son adniirntenr, ne semble parler de lui qu'en treuiblant.Il y a une énratf on de crainte dans le portrait suivant qu'il nous ena laissé; « Ce Charles, dit-il, fut sage et prudent dans les conseils ; preux dans les armes , sévère et fort redouté de tout les rois du monde ; magnanime et de hautes pensées qui l'égalaient aux plus grandes entreprises ; inébranlable aans Padversité , ferma et fidèle dans toutes ses promesses ; parlant peu et agissant beaucoup; ne riant presque jamais; décent comme un religieux, zélé catholique , âpre à rendre justice , féroce dans ses regards. Sa taifle était grande et nerveuse , sa couleur olivâtre , son nez fort grand. Il paraissait plus fait qu*ancun autre seigneur pour la majesté royale. Il ne dormait presque point. Il fut prodigue d'armes envers ses chevaliers, mais avide d'acquérir, de quelque part que ce ftSt, des terres , des seigneuries et de Targent pour fournir à ses entreprises. Jamais il ne prit de plaisir aux troubadours, aux mimes et aux gens de cour {*). »
Chables d'Anjou. Voyes Madii (comtes du).
Chables de Blois ou de Cha- TiLLON , frère puîné de Louis , comte de Blois, et fils de Marguerite, sœur de Philippe de Valois , épousa , en 1337, Jeanne de Penthièvre, fille de Gui de Bretagne. Les conditions du mariage furent que Charles prendrait le nom, le cri et les armes de Bretagne, et qu'il succéderait au duc Jean 111 , qui n'avait pas d'enfants. En conséouence, la plupart des seigneurs et des barons lui prêtèrent foi et hommage, comme à Théritier présomptif du prince régnant.
Mais Jean de Montfort, frère du
(*) viUaiû,Uv. vtr;8iMnondi,Rép. iuL,
toni. III.
duc de Bretagne, prétendait aussi fut enfermé dans ia tour de Ionhériter de ses États : niais toutefois dres. Jeanne de Penthièvre suivit alors il dissimula jusqu'à la mort de son Vexemple que lui avait donné la coin* frère (1340). Alors il s'empara des tesse de Monlfort, et continua la trésors du duc , et se Gt proclamer guerre avec une semblable activité ; son successeur. De son côté , Charles quantàson époux, il ne putobtenir sa lide Blois BtTaloir ses droits , et il s*éleva nerté qu'au bout de trois ans, moyeniNitre les deux prétendants une guerre nant une rançon de trois cent cinlon^e et sanglante. Jean de IMontlort quantemille cens. Pendantsacaptivité, avait pour lui le peuple des villes et lejeunecomtedeMontfort avait épousé des campagnes , et il était soutenu par Jeanne, fille d*Édouard. Ëdoiiaro, roi .d'Angleterre. Charles On proposa alors aux deux prétenavait pour partisans la plupart des ba- dants de partaj^er la Bretagne. Charles rons et des prélats, et il implora Tap* répondit d'aburd qu'il voulait tout ou |Kii de Philippe de Valois. Les deux rien; cependant, en 1364, il céda aux princes furent cités devant la cour des instances des barons , et consentit au pairs ; ils s'y présentèrent tous deux, partage. Un traité fut préparé à cH iklais Jean de Moutfort s'aperce vaut, effet, et les signatures étaient déjà h la manière dont il fut reçu de Phi« données. Mais Jeanne de Penthiè« lippe de Valois, que sa cause était vre^ informée du résultat des néjugée d'avance, s'enfuit aussitôt en cociations, écrivit à son mari qu'elle Bretagne. Cependaut le jtrocès s'ins- Pavait prié de défendre son patritruîstt; et les pairs réunis à Conflans moine, et qu'il ne devait pas le redécidèrciit, en 1341, en faveur de Mettre en arbitrage quand il avait les Charles de Blois. Aussitôt le duc de àrmes à la main. Charles envoya aussijJormandie, lils aîné du roi, entra en tôt sa rétractation, et la guerre re- Bretagne à la tôte d'une nombreuse commença avec une nouvefie fureur, armée; le comte de Montfort, con- Mais, dès ce moment, il sembla que traint de se réfugier dans la ville de la fortune l'eiit abandonné; il n'é- Nantes fut fait prisonnier, et conduit prouva plus que des revers , et la dans la tour du Louvre. Cet événe- Datallle d'Aurai, livrée le 29 septemment semblait devoir mettre (in à la bre 13G4, décida enfin du sort de la guerre; mais elle fut continuée par la Bretagne. Les deux armées s'y étaient comtesse , dont le grand caractère et préparées par la prière ; la mêlée fut le courage en cette circonstance ont horrible; Charles y fit en vain des fait radmiration.de tous les historiens prodiges de valeur; le bataillon au micontemporains. Cependant Charles de lieu duquel il combattit, et où se Blois s empara de Rennes, et vint trouvaient avec lui du Guesclin et mettre le siège devant Hennebon , où Beaumanoir, fut enfoncé, et déjà il était cette princesse s'était enfermée. La prisonnier, lorsqu'un Anglais lui plonville était réduite à l'extrémité, et al- gea son épée dans la gorge. Oli lait être forcée de capituler, lorsqu'une trouve, dans les chroniques du temps, armée anglaise, arrivant tout à coup une autre version sur la mort de Chardans le port, vint forcer les assiégeants les de Blois. Suivant les auteurs de ces à se rclirer. Le comte de Montfort chroniques, ce prince, après avoir été était sorti de prison en 1343, à la fa- fait prisonnier, aurait été conduit h veur d'une trêve. Il mourut en 134o, Jeun de jMontfort, qui lui aurait fait laissant son fils unique , Jean de trancher la téte en sa présence. Nou9 Montfort, sous la tutelle de sa mère, avons raconté d'abord 1 opinion la plus La guerre n'en continua pas moins généralement admise, avec des succès divers jusqu'en 1346, Charles de Blois était brave et çéoùChsHrlesdeBloisfut, a sontour, &it néreux, niais d'une piété plus vive prisonnier à la bataille de Laroche- De-, qu'éclairée. Aussi les seigneurs de son rien.Oa leconduisit en Angleterre, et il parti disaient-ils qu'ils avaient un chef
€HA
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né pour être moine, et non pour gouverner un État.Après sa mort,on le trouva revêtu d*an eilfee de crin. Le brait se répandit que des liiiracles avaient lieu sur %on tombenu, et une enquête fut ordotiaée par le pape lirbain V , pour sa canonisation. Biafa elle Ait fnterïompue par ordre de Gri^goire XI , et h In prière de Jean de Montfort , qui craignit de passer pour un impie et un persécuteur, si l'ennemi qu'il avait vaincu était présenté comme un saint niiY Imni mages des peuples. (Yoy.BAB-
TA(iNE.)
Charles de Fbakcis , fils de Louis IV d'outre-mer, naquit en 958. I-ouis IV étant mort en 954 , Lothnire, son (Ils aîné, lui succéda à TexcluiiioQ de Charles, et contrairement h Tan* cienne coutume , d*après laquelle Tautorité royale se partageait entre les Ois du dernier roi. La couronne commençait à subir la toi des fiefs ; elle ne devait plus désormais appartenir qu*à l'aîné. Charles se dédomningen en faisant valoir les droits de sa mère Gerberge sur lu Lorraine; Othon II, roi de Germanie, pour éviter qu'il ne troublât le pays , lui cpfla toute In basse Lorraine, à condition qu'il le reconnaîtrait pour son suzerain ; et Charles, en se faisant le vassal d*un prince étranger, justifia, aux yeux des seif^npiirs français, la mesure qui l'avait exclu du trône ; aussi ses titres furent-ils de nouveau méconnus i lorsque le trône, (Icvcnti vacant par la mort de Louis V, son neveu 987), fut donné à H(if;ues Capet, duc de France et chel du parti national.Cette fbis pourtant, Il voulut faire valoir ses droits; mais il ne se pressa pas d'ai;ir, et ce fut seulement au bout de dix mois que , profitant de TabseneedeBugues Capet qui combattait dans le Miai, il surprit la ville de Laon , la véritable forteresse carlovingienne. Maître de cette position , il reropara ensuite de Soissons, et marcha sur tleims pour s'y faire couronner. L'évoque Aaalbéron, qui venait de mourir, avait été remplace par Arnolphe, dis naturel de Lothaire et név^U de Charles; le nouveau prélat ouvttt i wà oncle les portes de sa
ville épiscopale. Mais Chnries ne put s'y maintenir. A l'approche de Hugues, tainqueur des Aquitains, Il quitta la plaine et se retrancha de nouveau dans la ville de Laon. II s*y croyait inattaquable; mais l'évéque Ascelia« qui avait toute sa confiance, le trahit et livra la ville h Ilu^^ues Capet, qui y entra le jeudi saint 991. Charles, suroris au moment où il était eu prière, lut enfermé I Orléans avec toute m famille. Il y mourut deux ans après, laissant deux fils qui moururent sans postérité, et deux tilles , dont l'une fut mariée au comte de Hamur , et l'autre au comte de Hainaut.
rnABCBSDxLoBBAiiii.yoyezLot-
BAIKE.
Chables D'OflLiAirs. Voyez Oslé ans.
ChABLES le BOTT. Voy. Fl AIVBRB.
Chables lb Mauvais. Voyez rtA-
YABBB.
Cbablbs ib TiMiftAiBi. Toyei
BouEGo^^E.
Charles ( J.-A.-C) , expérimentateur, né à Beaugency le 12 novembre 1746. Lors des riécouvertes de Franklin sur l'électricité, Charles, qui venait d'être destitué d'un modique emploi dans les liuances, s'occupa de répéter en publie les expériences qtie d'autres avaient faites avant lui, et son habileté, ses procédés ingénieux lui acquirent bientôt une grande réputation. La découverte des aérostats par les frères Montgolfier fut pour lui l'oeeasion de nouveaux succès. A lair atmosphérique dilaté par la chaleur, Il substitua le gaz hydrogène, perfectionna l'enveloppe de l'aérostat ; et son premier ballon , lancé le 27 août 178S, se perdit bientôt dans les nuages. Le 1*' décembre suivant et)t lieu sa première ascensioh aérostatique aux Tuileries; il était accompagné de Robert. Arrivés rapidement à une hauteur de sept mille pieds, les deux aéronautes parcoururent en peu d'instants un espace de neuf lieues, et descendirent dans laplaiuedeMesle.
Charles seul remonta une seeonde fois dans la nacelle, et s'éleva encore plus haut qu'auparavant Louis XVI , qui
GBA L*UIIIVE]|S«
d'abord s'était vivement opposé à ces expériences qu'il regardait eomme imprudentes , accorda alors une pension de deux mille francs au courageux aéronaute, dont il fît accoler ie nom à celui de Montgolfier, sur une mé* daille frappée pour perpétuer le souvenir de l'invention des aérostats.
Charles fut nommé , en 1786, membre de rAcadétnie des sciences , et obtint un appartement au Louvre, oii il s'établit avec son cabinet de physique, qui devint bientôt l'un des plus Diagninques de l'Europe. Il fut corn-
S ris, en 1795, dans la première classe e l'Institut; et, jusqu'à sa mort, arrivée en 1823, il proiessa la physique au Conservatoire d» arts et métiers , qui est maiotenant en posseiBion de son cabinet.
CuAHLET (Nicolas-Toussaint) , peintre et dessinateur, est né à Pans en 1792 : fils d'un soldat de la république , il étudia de bonne heure les mœurs militaires, que ses craj^ons ont depuis reproduites avec une si admirable vérité. Employé dans une mairie en 1814, il combattit, au siège de Paris, à côté de son ami Horace Vernet , qui lui a donné une (Aaee parmi les personnages .de son tableau de la barrière de Clichy. Destitué en 1816, Clinrlet se livra dès lors tout entieràrétudedudessin,étude 'à laquelle il ne consacrait auparavant que ses moments de loisir. Il fit, en 1817, ses premières lithographies; et, vers 1820, il publia celles qui sont intitulées: f^ovt ne savez donc pas mourir, — La çarde meurt et ne se rend pas. — Résignation. — La bien- /aisance du soldât* A ces productions succédèroit ces scènes militaires , popilaires, enfiuiti nés ; ces satires contre le gouvernement de la restauration; oeuvre immense, de plus de huit cents lithographies, et de près de deux mille aquarelles et dessins à la seppia , oîi l'on ne sait ce que l'on doit admirer le plus, de ToriginaUté, de l'esprit, de la verve et delà vérité des détails. Ces productions ont encore tin autre mérite , plus grand à nos yeux , c'est d'avoir entretenu dans le peuple, pendant les tristes années de la restaura-
tion, l'amour de ia patrie et l'orgueil de la gloire nationale. Le magasin de Martinet, où elles étaient exposées aux regards des passants , était devenu une sorte de musée populaire, une véritable école de patriotisme, sans cesser assiégée par la foule qui ne pouvait s'arracher aux nobles émotions qu'y faisait naître sans cesse ie spectacle de la vertu , du courage et de Tamour de la patrie, mis en action par le crayon de l'habile dessinateur. Depuis quelques années, M. Charlet s'est adonné à la peinture ; et, dans ce nouveau genre, il a obtenu de nouveaux succès. Son épisode de la retraite de Russie, exposé en 1836, et le passage du Rhin en 1796, exposé en 1838, sont deux tableaux dignes de la réputation de leur auteur. Si. Charlet est aujourd'hui professeur de dessin à l'école polytechnique; M. Raffet est un de ses élèves.
Charlkval (Ch. F. de Riz, seigneur de ) , né en Normandie vers 1613, mort en 1693, a composé quelques poésies qui ont été réunies en uo volume in-18, Paris, 1759; et c'est à lui qu'on doit la fameuse Conversation du maréchal d'Hocauincourt et du P. Canaye, imprimée dans les œu* vres de Saint - Évremont. On raconte de Charleval un trait fort honorable:
ayant appris (jue M. et madame Dacier, ne pouvant vivre assez honorablement à Paris, voulaient se retirer à Castres, il alla leur porter une somme de dix mille Uvres en or, et la leur donna sous la seulecondition qu'ils ne partiraientpas.
Chableyille, ville de l'ancienne principauté d'Arches, en Champagne, aujoura'iuii du département des Ardennes , à un kilomètre de Mézières , construite au commencement du dixseptième siècle , par Charles de Gon- ,zague, duc de Neversetde Mantoue, souverain d*Ardies , qui en fit dès lort la capitale de cette prmcipauté. Charleville passa ensuite au prince de Condé, du chef d'Anne deBaviere, sa bisaïeule , fille d*Anne de Gonsague - Nevers.
Louis XIII, pour la tenir en respect, lit construire, en 1639, la forteresse du mont Olympe , qui la dominait vers Je nord. Mais la principauté d'Arches
cêa frange. cha m
VfM été enmiit» cédée à Is Ftanee,
Louis XrV jugea, en 1686, que cette fortpresse était inutile , et il la fît démolir. Cbarleville est lu patrie de Tabbé I/MUguenie , de D. Carpentier, continuateur de du Cange, du jésuite Courtois, ete. Cette ville, qui est le cheflieu judiciaire du département des Arilennes, pouède en outre une chambre consultative des arts et manufactures, un collège communal , une bibliothèque publique de vingt-deux mille volumes, et une célèbre mannftctuve d'armes. Sapojpuintion est de 7,743 hab.
Arches, qui n'est plus aujourd'hui qu'un faubourg de Charleville, était autrefois un lieu considérable , où les princpsde laseoonde race possédaient un palais connu alors sous le nom d'//rc« Remorum. Ce château fut ensuite possédé par les évéques de Liège, dont run le fit détruire en 993. La principauté d'Arches fit plus tard partie des domaines des comtes de Kethel , d*oti elle passa aux ducs de Nevers.
CH4BLRV0IX (p. F. X. de) , jésuite, né à Saint-Quentin en 1682, s embarqua à la Rochelle en juillet 1720, pour tes missions du Canada. Arrivé à Québec vers la fin de septembre, il remonta le fleuve Saint-Laurent , fit une excursion dans le pap des Illinois, et descendit le Mississipi jusqu'à son embouchure, pour aller ae là à Saint-Dominsiie; mais son navire fit naufrage à l'entrée du canal de Bahama. Toutefois, il fut plus heureux dans un seoond voyage , et il arriva à Saint-Domingue en 1722. Il revint en France au noois de décembre de la même année, et mourut à la Flèche en 1761.
^ Il a publié : une HiiMre et description du Japon, Rouen , 1716 , 3 vol.
in-12 , réimprimée plusieurs fois ; une Histoire de File esptxffnole, ou de Saint-Domingue, Paris, 1730, 2 vol.
in-4°; une Histoire de la Nouvelle- France, Paris, 1744, 3 vol. in-4°; et une Histoire du Paraguatf, Paris, 1766, S vol. in-4*. 11 a aussi travaillé pendant vingtHlenz ans an Journal de Trévoux.
Chablieb (C.) , avocat à Laon , fut député à rAnfloaUée législative, puis
à la GOBvention iMitioBalé« dt il flc preuve de patriotisme. Il siégea parmi les membres qui composaient le part!
de la Montagne, vota la mort de Louis XYI, sans appel ni sursis, et prit unt grande part à la révolution du 31 mat. Cependant, au 8 thermidor, il attaqua vivement Robespierre; mais il s opposa ensuite à la réaetion oontre-révo»
îutionnaire dont cet événement fftt le signal. Devenu, après la session conventionnelle , membre du conseil des Anciens, il y montra uneesaltatioB qui, au commencement de 1797, dégénéra en folie. Il se tua, la m^me année, à la suite d'un accès de fièvre chaude*
Ghablieu, CaroHeut, petite villa du Lyonnais , aujourd'hui du départe»
ment de la Loire, à 16 kilom. de Roanne , possédait , avant la révolution , une abbaye de bénédietins , fondée dans le neuvième siècle. L'hôpital deCharlieu, qui date du règne de saint Louis, est un des plus anciens du royaume. On compte aujourdlini dana oette ville 9,414 habitants.
Charmes , ancienne baronnie du Dauphiné, auj. dép. de la Drôme, à 8 kil. de Romans, érigée eu eomté en 166S.
Chabmes-sub-Mosblle , Carpini, petite ville de l'ancien duché de Lorraine, aujourd'hui chef-lieu de canton du département des Vosges, à 12 kilom.
de Mirecourt , était autrefois défendue par un château fort dont il ne reste plus de vestiges. Elle fut plusieurs fois détruite pendant les guerres du quinzième et du seizième siècle ; entre autres, en 1475, époque ou elle fut prise et brûlée par Charles le Téméraire. Ce fut à Charmes que fut conclu en 16S8, entre Charles IV, duc de Lorraine , et Richelieu , le traité en vertu duquel les troupes de Louis XIII occupèrent Nancy. Cette ville, qui était autrefois le siège d'un bailliajce,oompte mainte* nant 3,000 hab.
CHA.BHIS, médecin empirique, né à Mnrseille à la fin du premier siècle avant l'ère chrétienne, vint s'établir à Rome sous le règne de Néron , et se lit un nom en attaquant les différents qwtèmea de médaone akm pratiqué»
M CPA LUNIVEl^S. CIIA
à Rome, et en leur substituant celui Charnaeé, et de la correspondance
qu'il avait créé. Ce système, comme qu'entretinrent avec lui, de 1G25 à
nous rapprend Pline l'ancien, cousis» 1637, ^iclielieu, P. Joseph , Je se-
tait dam Tusa^ exclusif des baioi fsrétaire d*Étai Sublel^D^go^eri, m
firoids. Cbarmis se faisait payer, pour le surintendant L. d« 90|UhjJJjtr^
«es ordonnances , un prix exorbitant; comte de Cbavigny.
et il amassa ainsi de grandes ricUjBsses. Chaanags, nom d'une noble famUie
• Cb ABNÀeé (Hefoile Girard , baro» de robe « originaiFe de Saiirt<aaiidê en
de), fils d'un conseiller au parlement Franche-Comté, et dont Fauteur vivait
de Bretagne, fut un des plus habiles au milieu du quinzième siècle. L'un des
néffootateurs de son temps. Créature membres les plus remarquables decette
«t ioatramant défoué da Riehelieii , il fiiBille, Françou-Ignaeê Dumtd »■
dtfittt , en 1 628 , ambassadeur auprès Chabnage , professeur de droit à Puni*
de Gustave , roi tie Suède , qu'il s'agis- versité de Besançon , né à Saint-Claude
sait de lancer contre l'empereur d'AI- en 1679, mort dans cette ville en 1762,
lemagne. Chanaoé fit conislitre , «ntrq 9 publié plusieurs ouvrages de jurisprti*
)a Suède et la Pologne , une trêve de denoe fort estimés des jurisconsultes ,
•ïx ans , et offrit ensuite à l'héroïque avant la réforme des lois civiles , et
aitaine l'alliance de la France et un dqat le$ principaux sont : Traité des sideaiiniMideoiliQiUieildiMuroeiil jVMcr^DMDiif , Dijon, 17S4, in -4**; mille livres , à condition qu'il tiendrait TYaité de la mainmorte et du niraUf sur pied trente mille fantassins et six Dijon , Observations sur la coumille chevaux, pour rétablir les cbosea iume du comté de Bourgogne, DieaAIIemagne sur le pied où elles émient jon , 178$- 1737, t volumes in-4''. avant les troubles. Ge traité fut signé Ce savant magistrat occupait ses nio« à Berenwald en Brandebourg le 13 ments de loisir par de profondes janvier 1681. Après la mort de G us- et consciencieuses recherches sur les tave, GbamaGéiïit eiiTOtré par leeeir^ aimidei dt aa province; et il com* dinal en Hollande, où il^tait urgept mença à publiât, après dix aiméei d'empêcher les états généraux d*écou- de travaux , son Histoire du comté ter les propositions de trêve laites par de JSourgognç, Dijon , 1735-37, 3 voles Espagnols, et réussit encore dena lûmes ^n-4^ C'est l'ouvrage le plus sa mission. Par le traité du 8 janvier complet qu'on ait sur cette province. 1634, Louis XIII s'était engagé à lever François-Joseph Dunod, fils du préau service des états un régiment d'in* cèdent , avocat au parlement de Befanterie et une compagnie de cavale* lançon , maire de cette ville , mort en vie. L'ambassadeur en fut oommé co- 176â , fut l'éditeur des ObserveiioÊtâ lonel. T.e siège de Breda avant été sur la coutume du comté de BourgO' entrepris contre son avis, Cnarnacé, gne, et laissa plusieurs manuscrits, piqué d'ailleurs d'une réplique offen- entre autres , une Histoire des Gaules, •âAte que lui avait faite le prince Édouard Dunod de CHAnnAW^msh d'Orange , s'élança vers la brèche, et tre membre de la même famille, né en fut tué d'un coup de mousguet (1637). 1 783 à Besancon , était , en 1811, au- On conserve à la biblotbeque royale diteur au conseil d'£tat et intendant Hd recueil des Lettres des sieurs de de le haute Carinthie. Lorsque le Charnaeé, Brasset et de la Thuillerie France, accablée par des revers imau sieur de Korté, employé pour le prévus, dut abandonner ses œnquêtes, service du roi en Allemagne , Suède , M. de Charnage, qui n'avait qu'un seul Pologne et Deneaierk, depuis 1635 régiment à ea diepoeitioD , eeriit 4e jusqu'en 1643, manuscrit in-folio. De Viltach sans en disputer l'entrée aux plus , l'ancien évéque de Troyes, Bou- Autrichiens ; mais , la nuit suivante , il thillier, avait , dans sa bibliothèque , revint sur ses pas , et , par une attaque 10 vol. in-folio, contenant des recueils soudeioi^ inlm ani enneniii loue ée^^ttnffMéeMiiae et dépéchu dt liitff poM« (« il laliit ma liyli
œnts prisonniers. Afiat ensuite re»
joint l'armée en Ciiampagne , il fut attaché à rétat- major général comme ftide de oamp civil , tomba entre let ■Mil det Uuiiw » parvint à leur écha|>> per, et fut nommé, pendant les cent jours, préfet de la Lozère. Serviteur dévoué de l'empereur, il courut, après la bttaiUa de Watevieo, da «vanda idangers dans son département ; cependant il réussit à échapper a la populace furieuse qui le menaçait , et vint s'eta* Mir à Paris, où il composa, dans ta retraite, plusieurs écrits politiques, entre autres : une Revue de VEuropCy Paris, i%iht in-8«; un traité De la manarêkiêB m Ftmcê^ 18SS, iii«6P,
etc. II est mort en 1826.
CiiARMKR. — Le charnier le plus remarquable dont il soit fait mention dans notre histoire est aeW ^ dé»
pendait da doDatièra des InaÂeeota, à Paris.
« Ce cimetière , dit Dulaure dans aon HMotre 4b Partie fiit loagteaiipa ouvert aux passants, et même aux aaimaux. En 1186, Philippe-Auguste le fit clore de murailles. Dans la suite , OB oonalniiait tiNrt autoor de la dé* tara une galerie vodtée, appelée les Charniers. C'est là qu'on enterrait eeux que leur fortune mettait à même d'étra séperéi dn eoaaaMin dei morta»
Cette galerie aombre, humide, servait da passage aux piétons; elle était pavée de tombeaux , tapissée de monuments fooîèraa et d'épitaphes, et bordéa d'étioites booti^ues de modes , da Jii»gerie , de mercerie et de bureaux d'écrivains publics. Cette galerie fut cône* Mte a diverses époques , aux fraia da différents particuliers. Le maréchal da Boucicaut, vers les premières années (lu quinzième siècle , en lit bâtir une partie; et la flunenx philoaopba liermétîque Nicolas Flamel fit construire toute celle qui bordait la rue de la Lingerie, il y fit placer le tombaaa da ion épouse; tombeau oné da pluaieurs figures d'anges at da saints, d'inacriptioiia aa utinetan francaia.
« lymi oôté , la galerie occupait une Pfrtiada la laiiaurdala npe da |a Fai>*
rannarie , nommée auttafois, ainsi M
ia rue Saint-Honoré, rwe de la Cna^ ronnerie; et, sous cette partie de ta galerie, était peinte la fameuse dame wwaftna ou éani9 deg moriê. LW teur du Journal de Paris, sous les règnes de Charles VI et Charles V II , dit qu'en 1429, un fameux prédicateur, ■ammé Jrére Richard, pridiait ant un échafaud, haut d'environ une toise et demie. «Il avait, dit-il, le dos tourné « vers les charniers des Innocenta, con- «iMta alMraiiiMrte, à Faadvaitdata « danse macabre. »
« Dans unepartieducharnier, proclie l'église , on voyait un tombeau couvert d'aaataUa, eor lafualla était représenté un squelette en marbre blanc, sculpt(* par Germain Pilon. Ce monument est actuellement daoi le muaée daa PalitB*AiigiiftiM.
« Parmi les nombreuses épitaphes deces charniers, on remarquait celle-ci :
« Cy gist Yolande BaiUy , qui tré- « pataafaBlSfé, la qoatra-viiigtM- « tième année de son âge, et la quaa rante - deuxième de son veuvage , « laquelle a vu ou pu voir, avant soa « tn»as , daaz eant quatre-vingt-traiae « enfans issus d'elle. «
Plus tard, on éleva des bâtiments sur ces galeries ; et ne sachant où placer laa oMienta mm fm était forcé da ntirer du ainwtiérc dea Luocents, on ne trouva rien de mieux à faire
3ue de les amonceler dans les greniers a eaa Mmvallea conatraetÎMa. Mar* cier, dana aon Tableau de Pari$t a'as»
prime ainsi , en pRrIant des écrivains publics qui habitaient les charniers dea laneoanla, rinai qoadaa taltna amen* noses go'lls étalant ta plua «onvanl employés à écrire :
« Sans la secrète correspondance des coKirs , qui n'est pas sujette aux vicissitudes, ils iraient augmenter le nombre déjà prodigieux des squelettes qui sont entassés au-dessus de leurs tites , dans des greniers surchargés de leur poids.
Quand ja dis surchaniés, ee n'aat pat une figure de rhétorique. Ces ossements accumulés frappent les regards ; et c'est au milieu des débris vcrmou* Ips datiantc générattani, 401 n'offipiil
L'UKIV£RS.
au
plus que des os en poudre; c*est an milieu de l'odeur fétide et cadavéreuse qui vient offenser l'odorat, qu'on voit celles-ci acheter des modes, des rubans; et oeltm-là dicter des lettres amoureuses. »
En 1786, l'église et les charniers des Innocents furent démolis. On enleva les ossements et plusieors pieds du terrain de ce cimetière , et on les transporta hors de la barrière Saint- Jacques, dans les carrières voisines de la maison dite la Tombe -Isoire, (Voyez Catacombes de Parts.)
Chabnières ( de), officier de marine, né au commencement du dixfanitième sièele, fut le premier qui , sur les instructions de Véron , pratiqua avec succès i;i méthode des longitudes en mer, par ie moyen de la lune. Il a publié des mémoires sur ce sii)et
en 1767, G8 et 72.
Charnois (Jean -Charles Levacher de) , né à Paris au milieu du dix-huitième sidde, commença sa carrière littéraire en rédigeant le Journal des théâtres, fondé, en 1776, par Lefuel de Méricourt. Il fut ensuite chargé de vendre compte des spectacles dans le Mercure. En 1791, MM. Delandineet Fontanes se l'adjoignirent pour la rédaction du Modérateur. Les doctrines qu'il y défendait lui forent fatales.
Après la journée du 10 août, la foule se porta à sa maison, la pilla, et Charnois , traîné à l'Abbaye , fut une des victimes des journées de septembre.
Il raste de lui des nouvelles et un roman plein d'un intérêt traj^ique : flis' toire de Sophie et d' Ursule ^ ou Lettres exêraUe» etun portefeuille ^ misée en ordre eipubliées en 1788. Cnarnois est encore auteur de Recherches sur les costumes et sur Us théâtres de toutes les natUms, tant andeimes que modemes, 1790.
Charolats, pagus Quadrigellensis, canton de l'ancienne Bourgogne, dont Gharolles était la capitale. Il avait 48 kilom. de long, depuis la rivière de Guise jusqu'à la Loire , et 28 de large , depuis la rivière d'Aroux jusqu'aux limites du Hâoonnais. Du temps de Céaw, il était ^ibité par le» Jmbaerei,
alKés et clients ûtSjSduens; sous Ho* norius , il faisait partie de la première Lj^onnaise. Plus tard , il appartint aux rois de Bourgogne , puis aux Francs , et successivement aux comtes d*Autun et de Châlon. En 1237, Hugues IV, duc de Bourgogne, obtint, par échange, lachâtelleniede Charoiles, que Béatrix, sa petite-fille, apporta, avec la seigneurie de Bourbon , à son mari Robert , le plus jeune des fils de saint Louis. Jean , nls de Kobert, eut en partage la baronniè de Cbarolais, érigée ensuite en comté en faveur de sa fille Béatrix. Celle-ci apportace comté en dot à son mari , Jean d'Armagnac , dont les descendants le vendirent , en |1 390, à Piri* lippe le Hardi, duc de Bourgogne.
Louis XI s'en empara, ainsi que du reste de la Bourgogne , après la mort de Charles le Téméraire. Mais, en 1493, Charles VIII fut obligé, par le traité de Senlis , de le rendre à Philippe, archiduc d'Autridie, et petitfils du duc Charles , à la charge d*en rendre hommage à la couronne de France. Le Charolais fut ensuite , entre Charles - Quint et François L'objet de sérieux démêlés qui furent termines, en 1669, par le traité de Cateau-Cambrésis. Il fut alors convenu que la pro-
6riété de ce comté demeurerait a Phi- D et à ses sueeesseurs , pour le tenir sous la souveraineté des rois de France. Le traité de Cateau-Cambrésis fut confirmé par ceux de Vervins et des PjrréBées. Pn vertu de ce dernier (1659), les rois d'Espagne rentrèrent en possession du Charolais, qui leur avait été enlevé pendant la guerre. Mais le grand Gondé , gui avait longtenms servi Philippe IV sans pouvoir se faire payer les sommes considérables que ce roi lui avait promises . fit, dans la suite, saisir le Gnarolais dont la possession lui fut adjugée, et resta à ses descendants.
Quoique le Charolais fit partie du dudié èe Bourgogne , ses députés ne siégeaient pas aux états généraux de la province , mais h des états particuliers
2ui recevaient des états de Bourgogne i eomunssioD de fidré la répartition des impôts que le comté devait sop«
mk FRANCaL ou M
porter. Ce pays MtaakMinllMiijpePtie
QU département de Saone-et-Loire.
Charolats (Charles de Bourbon, comte de). Voyez Condb.
Cbabolles', Quadrigetlmy^neHeom Cffpitale du Charolais , en Bourgogne , aujourd'hui chef - lieu d'arrondissement du département de Saôoe-etlioire, paraît avoir existé avant le dixfènie siècle. H en est fait mention dans une ancienne charte qui nous apprend qu'en 929 , Raoul battit les Normands aux environs de cette ville. Les calvinistes la tinrent quelque temps en leur pouvoir au seizième siècle , et la saccagèrent ; une horrible famine avait Tait périr, en 1631, la plus grande partie des habitants. Le château , aujourd'hui en ruine, était situé sur une hauteur, dans l'enceinte de la ville.
Charolles était le sié^e d*ta bailfiago royal , d'une châtellenie , et dee états particuliers du comté. On y compte maintenant 2,684 hab.
CiiABON (combat du pont de). — Yen le 90 jolllet 1793, le général Tancq , qui commandait une oivision de Tarmée républicaine, cantonnée à Luçon , petite ville du département de la Vendée, s'était mis en maidie, avec quinze cents hommes, pour attaquer aivers postes que les troupes du chef vendéen Royrand occupaient dans les districts de Montaigu , de la Châ« taignerave et de la Roche-sur-Yon.
Royrand était un ancien officier qui joignait à un zèle ardent pour la cause royaliste des moyens militaires bien supérieurs à ceux de la plupart de ses compagnons d'armes. Il avait donné à ses troupes une organisation plus méthodique que celle des antres corps vendéens. Tuncq trouva donc, le 25 juillet, à l'attaque de Saint-Philibert, une résistance plus vigoureuse qu'il ne s'y ébit attendu. Les royalistes firent des prodiges de valeur ; mais les patriotes combattaient avec cet enthousiasme dont rien ne peut arrêter les effets, et ils emportèrent le poste. La
iïrise de celui du pont de Cbaron, vers equel ils marchèrent ensuite, leur coûta moins de peine , grâce à la trahi- SOQ d'un déserteur qui Um le mot
d'ordre de remiemf . Il y col cepen-
dant une action assez vive; et, des deux parts , les pertes furent encore trop considérables : un frère du général vendéen, Sapinaud de la yerie« demeura sur le terrain.
Charost. Voyez Bbthune CHAfiPENTUB (François) , membre de TAcadémie des insenpCiofia et belles-lettres, et direetenr perpétuel de l'Académie française , naquit à Paris en 1680. Destiné d'abord au barreau, il abandonna enaolle cette carrière pour suivre celle des lettres , vers laquelle le portait un penchant prononcé. Il se fit remarquer de Colbert par ses premiers essais, et cétaM It chargea, lorsqu'il conçut le dessein déformer la Compagnie des Indes, d'en exposer le projet au roi , ce qu'il lit dans un ouvrage intitulé : Dueowri d?m Jldèh tujet du roi, touchant rétabttêmmmti d'une Compagnie française pour le commerce des Indes orientales. Les Tues de Colbert ayant été agréées par Louis XIY, Charpentier Ait charge de composer une relation sur l'établissement nouvellement fondé; relation qu'il mit à la suite de son discours.
Lorsque éclata, au sein de l'Académie française , la fameuse querelle des anciens et des modernes, Charpentier se rangea au nombre des partisans de Perrault, et il eut sa bonne part des sarcasmes que Boileau Innca contre eux. Il fut également maltraité par lui, ainsi que par R'dcine, à propos des inscriptions de la grande galerie de Versailles, dont ilétaitl'auteur. Ilavait composé ces inscriptions en français ; le premier, il s'était élevé, avec beaucoup de raison , contre Tusage de rédiger en latin les inscriptions des monuments publics; mais il avait mis, dans celles oui devaient expliquer les tableaux de le Bran, une emphase do ai mauvais goÛt , qu'il fallut les effacer et les remplacer par d'autres plus simples que fournirent Boileau et Racine , non sans donner leur avis sur lef pemièies. On trouve dans les nom- Dreux ouvra«];es de Charpentier de l'érudition, de l^art , des traits ingénieux ; mais on lui reproche à bon droit de ni
il» ou himimB- tmé
lourdeur et de la diffiinpn. Cei 4tm
défauts régnent dans tout le discours qu'il prononça à l'Académie |)our la réception deBossuet. Toutefois, il rest^ à Charpentier Phonneur d^avoir tfttr vaille nvec Colbert à des plans de prospérité publique; une part importante dans les travaux auxquels on doit cette belle suîto de médaiUoi fur les é?én«« ments du grand règne, et le mérite d'avoir revendiqué pour les inscriptions publiques les droits de la ion-
f;ue natioMle. B» principaux titres ittéraires sont un Traité de la peinture parlante; une J'ie de Socrate, accompagnée dits mémo-' rables du philosopbet oof défense t excellence de la langue française i enfin , une traduction de la Cyropédie de Xenophon. €iiari)euti§r mourut à Pariieo 1708.
CnABPEKTiER(F.-P.), mécanicien , naquit à Blois, le 3 octobre 1734, de parents pauvres, àiis en apprçuti^sagQ \ Parie, obei m graveur en taille»
douce, il commença par inventer un procédé purement mécanique , au moyen dijquel toute personne ayaoji quelque eonoatsiince au dessin , poi^ vait graver une planche imitant le lavis , avec la même facilité qu'un dessin, sans employer ^upun ustensile de gravure; et il exécuta lui-même un assez grand nombre de gravures , soit en lavis , soit en couleur ; entre autres, une décollation 4e saint Jean, d'après le GuerohiB. Cette iof^ntion lui valut un logement au Louvre et le titre de mécanicien dii roi. En 1771, il inventa une machine à forer, puis un nouveau système. d'éclairage pour les phares. Louis XVI, à la suite de cette dernière découverte, lui flt offrir plusieurs places; mais Ctiarpentier le^ refusa toutes , et ne voulut Mcepter qu'une somme de mille ^us. Stpus |e Directoire, il exécuta un instrument
tropre à percer six canons de fusil à \ fois , et une machine à scier plusieurs planches en même temps. Cette machine fut montée aux frais du gou- Teraemen^, qui paya vingt-quatre millq francs à nnventeur. Charpentier, 6im« deftfléiintéressé, f» yolejr, ^
4m intpigwti* un gnnd Bop^e d*iii-
ventîoni; c'est ainsi qu'un système de fpoyefix propres à faire rouler facilement les voitures pesamment char^ gées lui fut enlevé par un Anglais.
D'autres fois, il en faisait cadeau à ses amis qui se trouvaient dans le besoin; ainsi , ayant composé une machine à graver les desfiae ^e dentelles , qui pouvait être une sourpe de fortune, il la donna, sans hériter, à un de ses amis ; et , comme sa famille lui en faisait quelques reproches ; « Ma foi , « dit-il , en se frottant les mains , j'ai « rendu un pauvre homme bien con- « tent. » Charpentier fpourut pauvre à Blois en 1817. || 9 piiblîé un <»talogue complet de toutes ses inventions, parmi lesquelles nous citerons encore la main aptilicielie qu'il fit pour la Heynie , js^ dont madame de Genlis |iàrie dans ses i\Iémoires. La plupnrt fies modèles des machines de Charpentier doivent se trouver encore aji Conservatoire de$ arts et métiers*
Charpentier (Henri-Françpîs-Ilfa* rie) , lieutenant général , comte d'empire, naquit à i>o|ssons en 1769, fit en qualité de eapitaine de voioi)talres les campagnes oe 1793 et 1793 à l'afmée du Nord, et se distingua sur la Sambre «n 1794, notamment le IQ juin, où il obtint le grade deoolooel sur le champ de bataille. Il passa , eq 1799, à l'année d'Italie, et fut créé général fie brigade spus les murs de yérope. Rentra en France à cause w ses blessures , il fut chargé du commandement de la 15" division militaire.
£n 18Û0, il lit la glopeuse campagne d'Italie sous le premier consul , et fut nommé général de division et chef d'état-major de l'armée. Employé , en |80â, dans Tarraée de j)îaples, il fit ensuite les différent» campagnes d*AIlemagne , et fut crée comte d'empire après la bataille de "VVagram. Il fit aussi avec distinction les c«ti|i^agnes de Eus* sii} et d^ Saxe, et soutint dignement sa réputation pendant la campagne de France, en 1814. Après la seconde restauration, il fut employé comm^ insjMcteur d'infantisrie.
; pS4JWBii7t|Ui(ttVli^r|),)i9iHifii4iM
SoriMmaê , né k Goalommiers en 1 56S,
mort a Paris en 1050, fut le fondateur de plusieurs établissements ecelesiastiques , dont le plus célèbre est la con-
{^régation des prétroi du GalnfiVt M e Mont-Valérien , auprès de Paris.
Chabpeîntieu ( Jacques ) , ne, ea 1624 , a Clermoiit en Beauvoisis , profesMur de pliilosophie , obtipt, en 1566, la chaire de mathématiques ait collège royal , maliiré l'opposition de Kumus; devint médecin de Charles IX , et mourut en 1574. Intolérant en mtgion comme en philosophie, il faisait chasser de l'Université tous ceux dont les opinions étaient contraires aux siennes. Il fat aeeasé d*avoir participé au meurtre de Ramus dans la journée de la Snint-Darthélemy. Il a laissift plusieurs traités sur Aristote.
' Chabpbntibbs. — Cette profeiston embrassait , au moyen âge , lei métiers de menuisier, de tourneur, de charron , en un mot, « toutes ma- • nières d'autres ouvriers qui euvrent « du trencfaant en merrien. » Telles sont les expressions des statuts des charpentiers {*) ^ statuts curieux squs phisieors rapports , mais surtout sous celui de leur origine et de leur réfJso* tion. Car ils sont uniquement basés sur la déposition d'un smiple particuh'er, nommé Mettre Ftmque$ ê» Tem^ ph, qui déclare au Parloir-aux-Bouv-
âeois , sans doute en présence du prévôt e Paris , «t d'un gretûeri commeu^ jl ^uvemait la maîtrise pendant qu*il était maître charpentier du roi Louis IX; et cette déclaration devint dès lors une règle pour la corporation. Cest une pieave nouvel le et frappante de
(•) Livret/es métittit d'Élicnnc Boileau; Coileclion des docum. inéd. sur l'hisloire de Tnnce, p. 104 et notei ibld.
ce lUt : que presque tous les ancieni
règlements des arts et métiers ne sont qu une rédaction des us et coutumes rapportés par les prud'hommes et chefs dif lnétier(^).
Sous le rèpne de Philippe le Bel , en 1313 , un arrêt du parle4aient, contenu dans les O/im, vol. III, fol. 147, , supprima la juridictioo que le mettre charpentier du roi exerçait sur les charpentiers et les charrons ; comme le maître pannetier sur les boulangers; le naître «aréelial sur les naréenaui* ferrants ; etc. D*autres règlements de la communauté des charpentiers , rédigés en 1464 , montrent qu'alors les
iurés étaient électifs; mais, en 1A74, Jenri III érigea leur charge en titre d'office, et leur accorda de grands privilèges. La communauté des char* peotiers reçut df nouveaux statuts ea 1644; supprimée vers le milieu du dix*huitième siècle, elle fut rétablie, parunédit, en 1776. On distinguait alors les jurés du roi et les pialtres simples. La maîtrise coûtait ppAwb cents livres. Nous terminerons cet article par une remaraue qui fera bien èomprendre les progrès de l'industrie, surtout dans les professions relatives à la construction des maisons. Il n'y avait à Paris, en ! 292, que quatre-vingtquinze charpentiers -menuisiers Ç**); aujourd'hui , on y comptequatre-vingl* dix-sept charpentiers entrepreneurs, et près de six cents ateliers de menuiserie.
(*) «Se jusli(;oi«ni , au temps dii lit mettre Fouques et de se* devanciers , toule» manières d*oiivriert de inilehiiil. »
(**) &ôle de h taille de Parif tous Philippe le Bel , Docum. inéd. Mir l'histoire de France, publics par le ministre de rinstr. pubU , p. 495.
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