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PAR M. PH. LE BAS

MKMBRE DE I.'llCSTITUT.

MoîmmuiL, Mon* Mirabilis, petite ville du Perche - Gouet , érigée en marquisat en 1710, aujourd'hui chef- Heu de l'un des cantons du département de la Sarthe. Cétait autrefois une place forte; Louis le Jeune et Henri II , rci d'Angleterre, y eurent une conférence et y conclurent la paix, en 1169; Philippe -Auguste s'en empara et la fit «str, en 1194; Charles VII, lorsqu'il n'était encore que dauphin, l'assiégea et la prit par capitulation, en 1421. On y compte maintenant 900 habitants.

Paix de Montmirail. Conan IV, duc de Bretagne, ayant, en 1166, à l'instiçatioo du roi d'Angleterre , Henri II , «dé ses États à sa fille qui avait épousé Geofîroi , fils du monarque anglais , une résurrection formidable éclata dans le taché. Les seigneurs du Poitou et les eomtes de la Marche et d'Angouléme se révoltèrent en même temps et implorent le secours de Louis VII; mais ractifité de Henri II déjoua cette ligue icrmiiiable. La Bretagne fut dévastée; H Aquitains se soumirent, et le roi

d'Angleterre fit couronner son fils comme duc de Bretagne. Enfin , Louis VII et Henri II eurent une entrevue à Montmirail , le jour de l'Epiphanie de l'année 1169. Lorsque les conditions de la paix furent arrêtées, Henri dit h Louis, suivant un chroniqueur anglais:

« Dans ce jour, 6 mon seigneur et mon « roi, où trois rois offrirent leurs pré- « sents au roi des rois, je me recom- « mande à votre garde avec mes fils et « ma terre. » Louis lui répondit : « Puis- « que le roi qui reçut les présents des « trois rois vous a inspiré ainsi, que vos « fils se présentent à moi, pour tenir « désormais de ma mansuétude les ter- « res qu'ils possèdent. » Alors, Henri au Court Mantel, l'aîné des fils de Henri II, déjà investi par son père du duché de Normandie , dont il avait fait hommage à Louis, prêta de nouveau serment pour l'Anjou, le Maine et la Bretagne; après quoi, il octroya la Bretagne en arrière fief à son frère Geoffroi. Richard, second fils de Henri II, se

reconnut ensuite l'homme lige du roi T. xi. V Livraison. (Dicr. bncycl., etc.) i

MOXTMTRAir,

I/UNÏVERS. MOTrwOREWCY

de France, comme duc d'Aquitaine. — En compensation de l'hommage des princes angevins, Louis livra au roi d'Angleterre les Bretons révoltés qui s'étaient réfugiés auprès de lui ; et Henri , qui leur avait donné le baiser de paix et s'était engagé à les rerevoir en grâce plénière , en envoya plusieurs au supplice et jeta les autres en prison. On essaya en vain dans ces conférences d'opérer une réconciliation entre le roi d'Angleterre et Thomas Becket.

MONTMIRAIL OU MONTMTREL, petite

ville de la Brie, aujourd'hui chef-lieu de canton du département de la Marne.

Mont mirai l (bataille de). — Dans les premiers jours de février 1814, Napoléon, après avoir organisé la défense de la Seine , se porta en avant pour arrêter , s'il était possible , la marche des alliés, et résolut d'attaquer d'abord l'armée de Silésie éparse dans la Champa-

f;ne. Blûcher, qui la commandait, vouut, quand il apprit, le 9, que Napoléon s'avançait sur la Marne , concentrer ses différents corps; mais c'était s'y prendre un peu tard. Le 10, l'empereur battait celui d'Alsusief à Champ-Aubert ; . et dès le soir, informé que ceux de Sac- î ken et d'York devaient se réunir le lendemain à Montmirail, il y dirigeait lui* même son armée. Le 1 1 , son avant-garde était déjà en position en avant de la ville, lorsque les Russes, revenant de la Fertésous-Jouarre, commencèrent à déboucher de Vieux-Maisons. Tandis qu'ils se déployaient à droite et à gauche de l'£pine-au-Bois , la ligne française se forma de Marchais au Morin. A cette vue, Sacken, ordonnant l'attaque, tenta de déborder la gauche de l'empereur

Eour rabattre l'armée entière sur les aïonnettes de York; mais Napoléon sentit aussitôt la portée de cette manœuvre, et manœuvra lui-même pour empêcher la jonction des deux généraux ennemis. Il plaça à cheval sur la route de Château-Thierry, une division de vieille garde que Mortier lui amenait; puis retoulant sa gauche , il renforça sa droite, et en attendant que l'instant vint de la déployer offensivement, il lit volliger sa cavalerie sur le liane gauche de Sacken pour l'inquiéter au sujet de ses communications avec York. Qu'arriva-t-il? C'est que bientôt le général

russe, attiré, d'une part , dans le vallon du Morin par les progrès apparents de sa droite ; obligé , de l'autre, d'étendre sn gauche sur le plateau pour qu'elle ne fût pas débordée , se laissa aller à dégarnir son centre au proût de ses ailes. Napoléon , qui épiait ce moment, lança alors sur le centre affaibli de son adversaire l'élite de sa garde. Ces vieux soldats , accoutumés à vaincre, font une énorme trouée au milieu des Russes, et les mènent battant jusqu'à l'Êpine-au- Bois. La gauche de Sacken perd contenance et se jette à travers champs sur la route de Château-Thierry. Sa droite, pendant ce temps, a plusieurs fois pris et repris Marchais; elle en est enfin maîtresse , et se croit sûre de la victoire. Mais Napoléon fait soutenir par deux bataillons de vieille garde les troupes qui ont cédé sur ce point , et les renvoie au combat. Marchais est alors enlevé de nouveau , et les Russes sont repoussés pied à pied jusqu'à Pomesonne. Ils cherchent à s'y rallier; mais une division de cavalerie part de l'Épine-au- Bois , se rabat sur eux , les prend à revers, les culbute et les chasse vers Vieux-Maison. Au moment où la gauche des Russes prenait la fuite, York atteignait Fontenelle. Voyant que leur droite va plier aussi , il veut la soutenir, et dans ce dessein, il porte neuf bataillons sur Montmirail,- mais Mortier est là qui les rompt. Ils se reforment et retournent à la charge; mais ils sont de nouveau rompus , ils fuient en désordre vers Fontenelle , et les Français restent vainqueurs sur tous les points. L'ennemi laissa trois mille morts sur le terrain ; il perdit, en outre , six drapeaux , vingt-six bouches à feu , et plus de sept cents prisonniers. Mais la victoire nous coûta environ deux mille hommes.

Montmiral, ancienne baronnie du Dauphiné érigée en marquisat en 1710 ; elle est comprise aujourd nui dans le département de la Drôme.

Montmorency, monx Morencius , petite ville de l'Ile de France, aujourd'hui chef-lieu de canton du département de Seine-et-Oisc, à 15 kilomètres nord de Paris. Ce lieu, qui a donné son nom à une illustre famille, porta d'abord le titre de baronnie , et fut plus

montmorfxcy FRANCK.

MOXTMOBENCY

lard érigé en duché-pairie (1550), en fareur do connétable Anne de Montmorency. Après la mort de Henri II de Montmorency, que Richelieu Gt exécuter en 1632, "et en qui finit la branche directe des ducs de Montmorency, le duché fut rétabli en faveur de Henri de Bourbon, prince de Condé.sous le nom d'Enghien, village dépendant de la seigneurie de Montmorency. Sous la Contention, cette ville reçut le nom d'£nik; mais le mot ne "fit pas fortune, et l'ancien nom est resté.

Montmorency (Maison de). La famille de ce nom le dispute en ancienneté et en illustration aux plus anciennes et aux plus nobles familles de l'Europe. On trouve en effet , dès Tan %o, parmi les grands feudataires du duché de France, un Bouchard P\sire de Montmorency; ce qui suppose déjà plusieurs générations de noolesse et d'importance politique. En outre, jamais aucune maison non royale n'a présenté une telle accumulation de dignités, d'emplois, de mérite; on compte, depuis 1060 jusqu'à nos jours, parmi les seigneurs de Montmorency, six connétables, douze maréchaux de France, quatre amiraux , plusieurs cardinaux , une foule de grands officiers de la couronne, de grands chambellans, de grands maîtres et de chevaliers des ordres du Saint-Esprit, de Saint-Michel, de la Toison d'or, de la Jarretière, etc. Depuis huit siècles ils portent le titre fa premiers barons de France; ils se sont alliés à plusieurs maisons royales, et H?nri IV les a proclamés la première maison de l'Europe après celle de Bourbon.

Cette maison, à la prendre depuis Hugues Capet, compte, jusqu'à nos jonrs , vingt-six ou vingt-sept générations. Sous Mathieu If, le grand connétable, mort en 1230, la maison de Montmorency se partage en deux branches, 1a branche aînée ou des barons de Montmorency, et la branche cadette ou de Montmorency-Laval. Cette dernière, dont Guy de Montmorency, (ils de Mathieu et d'Emme, héritière de Laval, sa ««onde ou troisième femme, est le chef, a conservé les armes de Montmorency et s'est per|>étnée jusqu'à nos jours par de nombreux rameaux. La ligne directe

s'éteignit à la sixième génération par une fille qui en porta Te nom et les biens à un Montfort. Les descendants de celui-ci , entre autres alliances , donnent des femmes à un Bourbon- Vendôme et au roi René. Ils épousent des filles de Bretagne, d'Alençon, enfin l'héritière titulaire de Naplés, et se fondent dans la maison de la Tremouille. Dans \es Laval- Montmorency, continués par des rameaux cadets , ou remarque un maréchal de France sous Charles VII ; un autre du nom de Boisdauphin (Voy. ce nom), sous Henri IV; et enfin deux maréchaux de Laval, dont l'un fut fait duc héréditaire en 17&8.

En 1447 , après la mort de Jean II ,

guinzième descendant de Bouchard , la ranche aînée des Montmorency se partage en trois branches : 1° celle de Nivelle ; 2° celle de Fosseux; 3° celle dite ducs de Montmorency. Les deux premières , issues de l'héritière de Nivelle et Fosseux, première femme de Jean II, sont déshéritées. La branche de Nivelle se fixe dans les Pays-Bas, y est comblée d'honneurs et de biens , y acquiert le comté de fforn , et finit à la quatrième

génération dans la personne du comte e fJorn et du baron de Montigny, son frère, décapités en 15(î8 et 1570, victimes de la cruelle politique de Philippe II et du sanguinaire duc d'Albe.

— Celle de Fosseux se fixe également dans les Pays-Bas, y donne naissance aux branches de Wa&tines et de Boutteville , revient ensuite en France, où elle continue jusqu'à nos jours et compte vingt-six générations. Le rameau de Lauresse, qui n'a fourni que deux on trois générations, appartenait à cette branche. — Dans la branche de Boutteville, on remarque Boutteville (voyez ce nom), décapité en 1627, par ordre de Richelieu , pour s'être battu en duel su mépris des lois. Il formait la troisième génération. La quatrième fut le célèbre maréchal de Luxembourg, le vainqueur de Fleurus et de Steinkerque; il avait épousé l'héritière du duché de Luxembourg. De lui descendent les Montmorency du surnom de Luxembourg et de Tingri. (Voyez Luxembourg).—La branche de Wasti nés, fixée aussi dans les Pays-Bas , y acquiert de grands biens par mariages , donne plu-

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