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MINISTRES ET CHARGÉS D'AFFAIRES DE FRANCE AU DRESIL

1828. Gabriac (le marquis de), min. plénip et env. extraord.

1830. .Varei«7(le baron de), id. •

1831. Pontois, ch. d'aff.

1833. Saint-Priest, ch. d'aff. insqn en Ii3S-

1836. Pontois (Edouard ), ch. d aîT.

1837. Xomm (le baron Achille), ch. daff.Jut-

qu'eu 1841.

1842. Langsdorff, Ch. a ail.

REM CSAT FRANCE. REffAIJ 905

Rrmi (Saint) , né vers l'an 438 dans les environs de Laon , fut, à l'âge de 22 ans, placé malgré lui, dit-on, sur le siège archiépiscopal de Reims. Clo visqui, même avant sa conversion, cherchait tous les moyens de se rendre le clergé favorable, ne cessa de lui témoigner la plus grande déférence, et ce fut ce prélat qui convertit et baptisa répoux de Ciotilde. On croit généralement que saint Remi mourut en janvier 533 , à l'âge de 95 ans. Il avait composé plusieurs écrits, entre autres des sentions, dont Sidoine Apollinaire a eu connaissance ; mais il ne nous reste de lui que quatre lettres insérées dans les divers recueils de conciles et d'actes relatifs à l'histoire de France.

Rrmirbmont, ville de l'ancienne Lorraine, auj. chef-lieu d'arrondissement du dép. des Vosges. Elle appartenait, au XVe siècle, aux comtes de Vaudemont. Lahire la prit sous Charles VII , et le maréchal de Créqui en fit , en 1670 , démolir les fortifications. Elle possédait, avant la révolution, un célèbre chapitre de chanoinesses, dont Pabbesse était princesse de l'Empire. On y compte auj. 3,500 hab.

Remontrances. Voy. Parlement.

Ré mu s At (Jean- Pierre- A bel), né à Parisen 1788, étudia d'abord la médecine, puis , ayant appris à peu près sans aide le chinois , le thibetain et le tartare-mandchou, il publia à 23 ans, en 1811 , un Essai sur la langue et la littérature chinoise qui attira sur lui l'attention des savants. Il seconda ensuite de Sacy dans la publication des Mémoires concernant les Chinois et du Traité de la chronologie chinoise du P. Gaubil . qui parurent en 1814. La même année, il fut nommé à la chaire de chinois et de ta r tare-mandchou, que le gouvernement créait au Collège de France. En 1816, il entrait à l'Académie des inscriptions, et était, en 1822, l'un des fondateurs de la Société asiatique, dont il devint le secrétaire. Vers la même époque , il était encore nommé conservateur des manuscrits orientaux de la Bibliothèque royale. C'est à lui qu'appartient rhonneur d'avoir popularisé chez nous l'étude de l'idiome de Confucius. Ses Éléments de la Grammaire chinoise, qui parurent en 1822, demeureront toujours , quels que soient les progrès ultérieurs ue la

science, une œuvre remarquable de lucidité et d'analyse. On lui doit un grand nombre de notices et de dissertations philologiques insérées dans le Journal des Savants, le Journal asiatique, le Magasin encyclopédique, les Mines de F Orient, et qui, en 1825 et 1828, ont été réunies en 4 volumes, sous les titres de Mélanges et de Nouveaux mélanges a~ statiques. Rémusat a traduit du chinois en français divers ouvrages, savoir : 17»variable milieu, ouvrage moral de Tseusu, 1814; le Livre des Récompenses et des Peines, 1816 ; le roman de Yu-kiaoli, ou les Deux Cousines, 1826. Nous indiquerons encore ses Recherches sur les langues tartares, ou Mémoire sur différents points de la qrammaire et de la littérature des Mandchoux, des Mongols, des Ouigours et des Thibetains ; ses deux Mémoires sur les relations politiques des princes chrétiens, et particulièrement des rois de France avec les empereurs mongols; enfin son Mémoire sur la vie et les opinions de Lao-Tseu. Rémusat a été enlevé par le choléra en 1832. Une histoire du bouddhisme traduite du chinois, qu'il avait laissée en manuscrit, a été publiée depuis sa mort aux frais du gouvernement. Ce savant sinologue était membre ou associé des Sociétés asiatiques de Londres, de Calcutta et deBatavia, de l'Institut des Pays-Bas, des Académies de Berlin , de Turin et de Saint-Pétersbourg.

Renau d'Éliçagaray (Bernard), né dans le Béârn en 1652. entra fort jeune dans les bureaux de l'intendance de Rochefort, et il était attaché au comte de Vermandois , grand amiral de France, lorsqu'en 1680, à l'époque de la querelle de la France avec Alger, il proposa de bombarder cette ville. Ses idées ayant été adoptées par le conseil , il reçut ordre de faire construire cinq galiotes à bombes, tant à Dunkerque qu'au Havre , et s'embarqua sur un de ces bâtiments pour rejoindre le reste de la flottille. Arrivé devant Alger, il triompha de tous les obstacles, et amena la soumission du dev. Il fut ensuite employé dans l'expédition contre Gènes; puis alla en Flandre rejoindre Vauban, qu'il 'suivit devant Philipsbourg, en 1688. Il fut alors chargé de la conduite du siège de cette place, et prit

906 resaui>ot L'UNIVERS. renée de France

dans la même campagne Manheim et Frankendal. Le roi l'en récompensa en le nommant inspecteur général delà marine. 11 resta néanmoins attaché à l'armée de terre, accompagna Louis XIV au siège de Mons, puis se rendit à Brest pour expliquer de nouvelles manœuvres aux officiers do marine. 11 alla ensuite rejoindre le roi au siège de Namur, mais ne tarda pas à être envoyé de nouveau sur les côtes de Bretagne. Les Anglais, qui venaient d'être victorieux à la Hogue, menaçaient Saint-Milo; il sauva cette ville ainsi que 30 vaisseaux échappés du combat de la Hogue, ét s>mpara d'un vaisseau ennemi de 76 canons. Sur la demande du roi Philippe V, il se rendit en Espagne pour visiter les principales places de ce royaume et en reparer les fortifications , sauva les galions d'Amérique, réfugiés dans le port de Vigo, où les Anglais étaient venus les attaquer, assiégea Gibraltar en 1704, et n'abandonna le siège qu'à l'arrivée d'une flotte anglaise.

A son retour en France, le régent le nomma conseiller d'État pour la marine, et le décora du grand cordon de l'ordre de Saint-Louis; mais il ne |<>utt pas longtemps de ces distinctions, et mourut en 1719. Il était membre de l'Académie des sciences depuis 1699. On a do lui : Théorie de la manœnrre îles vaisseaux , Paris, 1689, in 8". et quelques lettres insérées dans le Journal des tarants.

Renaud , canonnier de marine , venait d'avoir la cuisse emportée dans un combat que la frégate la Résistance et une corvette soutenaient contre cinq vaisseaux anglais; il s'attacha d'une main au soliveau de l'entre-pont, et, de l'autre, mit encore trois fois le feu à son canon.

Renaudot < l'abbé Kusèbe), théologien et orientaliste, né à Paris en 1646, cultiva surtout les langues orientales qui, comme le syriaque, le copte et l'arabe, pouvaient lui promettre quelques lumières sur les origines de l'histoire ecclésiastique. A 25 ans, il traduisit en latin, sur des documents en grec moderne, arabe, copte, syriaque et éthiopien , les Témoignages des Églises (C Orient touchant leur croyance sur V Eucharistie , et Arnauld iuséraces témoignages dans sou livre de la

Perpétuité de ht Foi, dont tous les écrits tliéo logiques de Renaudot ne sont, à vrai dire, que des suites, des commentaires ou des défenses. Remarquons en passant que le désir de retrouver la doctrine catholique dans tantde sectes diverses, a trop souvent décidé le traducteur dans l'interprétation des passages obscurs. 11 entra à l'Académie française en «689, et à celle des inscriptions deux ans après. Il publia, en 1713, «faprés les écrivains orientaux et sons le titre de : Hlstoria Patriarcharun AherandrUxonm jacobitarum à D.

Marco usgue ad fine ni secvU Xi II, le recueil le plus complet que l'on possède sur l'histoire ecclésiastique de la nation copte; en 1710, lÀturgtarum orienta- Hum coltectio, où il donne principalement les liturgies à l'usage des jaoobites et des uestoriens, avec des dissertations sur leur authenticité et leur origine; enfin, en 1718, Anciennes relations des Indes et de ta Chine, de deux voyageurs mahométans qui y aHèrent dans ie /Xe siècle , relations curieuses, malgré les erreurs et les faites dont elles fourmillent. D'après l'académicien Saint-Martin, qui l a vérifié, l'original arabe n'est autre chose qu'un fragment de l'ouvrage de Masoudy, intitulé : Moroudj-eddheheb. Renaudot joignit à sa traduction des éclaircissements touchant la prédication de la retfg ion chrétienne a la Chine, tour h nui l'entrée des WaJiomé fans dams la Chine, touchant les Juifs oui ont été trouvés en Chine , enfin touchant les sciences des Chinois. À sa mort, qui arriva en septembre 1720, il légua à l'abbaye de Saint- Germain-des-Prés la précieuse collection de manuscrits orientaux qu'il était parvenu à ressembler.

Renault (Aimée-Cécile), fille d'un marchand papetier de Paris, condamnée à mort* en 1794, par le tribunal révolutionnaire, pour avoir voulu attenter à la vie de Robespierre. Elle fut conduite à l'échafaud avec l'Admirai, qui avait voulu tuer Collot-d'Herboi* le même jour qu'elle avait paru eue* Robespierre.

René. Voy. Pbovbncb.

Renée db France, fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne, naquit à Mois en 1510, et épousa, eu 1528, Hercule 11,

NNES 'FRANCE. RENNES 907

duc de Ferrare, auquel elle porta en dot tes duchés de Chartres et de Montargis. Elle était, comme nous rapprend Brantôme , douée de peu de beauté; mais le ciel lui avait donné une Ame forte , un esprit élevé , une bonté éclairée, riches compensations pour les dons extérieurs qu'elle eut pu regretter. Calviu , forcé de quitter la France , trouva un refuge auprès d'elle, et elle ht de Clément .M a rot, également exilé, son secrétaire. Après la mort de son époux, arrivée en 1559 , elle revint en France, et on lui assigna pour retraite Montargis, où elle donna asile aux protestants persécutés. Elle mourut en 1575.

Brantôme Ta placée parmi ses femmes illustres, et TArioste lui a consacré un octave où il fait d'elle un magnifique

R en n es, ancienne capitale de la Bretagne, aujourd'hui chef-lieu du dép. d'Uleet-Vilaine. Les anciens itinéraires en font mention sous le nom de Coudâtes. C'était, avant l'invasion romaine, la capitale des Redones, peuple de l'Armorique.

Après la chute de l'empire romain, les Bretons s'en emparèrent, et elle devint la capitale du duché de Bretagne. Pendant les guerres qui agitèrent ce duché, Rennes soutint plusieurs sièges : Charles le Chauve tenta , sans succès , de la prendre en 843; le duc Pasquiten, compétiteur de Gurvand, l'assiégea en 874, et Conan IV, le Petit, assisté des troupes anglaises, en 1 155; ce dernier prince, d'abord repoussé, alla chercher de nouveaux secours et réussit enfin dans son entreprise. Au commencement de la guerre qui éclata entre Jean de Montfort et Charles de Blois, Rennes fut successivement prise et reprise par les deux rivaux.

Les Anglais se présentèrent vainement devant ses murs en 1342. Le duc de Lancastre, allié de Montfort, ne fut pas plus heureux en 1356 : à la suite de plusieurs actions sanglantes, du Guesdin, qui commandait dans la place, le força a lever le siège , neuf mois après l'avoir entrepris. La Trémouille, général des armées de Charles VIII, vain-

2ueur à Saint-Aubin-du-Cormier (1487), t sommer les Rennois de se rendre, avec menace de les passer au (il de Cépée ; mais leur réponse énergique l'in-

timida, et il sè retira. Charles VIH vint encore assiéger Rennes en 1491; mais son mariage avec la duchesse Anne rendît bientôt après la paix à la Bretagne.

Après l'assassinat du duc et du cardinal ae Guise, Rennes, contenue par le parlement, ne prit d'abord aucune part a la Ligue; mais elle tomba ensuite au pouvoir du duc de Mercœur, qui remplaça le gouverneur par une de ses créatures. Le«énéchal de la ville, Gui deBré-

3uigny, la reprit pendant l'absence u duc, qui s'était haté d'aller assiéger Fougères, et une médaille fut frappée en l'honneur de ce brave officier, qui fut regardé comme le sauveur de la Bretagne.

En 1598, Henri IV vint à Rennes pour

Ê an lier la province, et il y réussit en abossant une partie des impôts.

Rennes, qui était autrefois le siège du parlement de Bretagne, et qui possède aujourd'hui une cour royale, une faculté des lettres, une faculté de droit, un évéché, est la patrie de la Bletterie, de duGuesclin, d'Amaury et d'Alexandre Duval, d'Elleviou, de Ginguené, de Kératry, de la Chalotais, de Lanjuinais, de dom Lobineau, de Touiller, du Père Tournemine et d'une foule d'autres hommes distingués. Ou y compte 30,000 hab.

Rennes (Monnaies de). On ne connaît aucune monnaie de Rennes antérieure à la première race; mais il a été retrouvé un assez grand nombre de Mens appartenant à cette ville , et qui sont fort curieux; en voici la description : 1° rebonis; tête tournée à droite ; h . — cantbaellvs; figure crucigère, assise et tournée à droite; 2° bedonis; tète tournée à droite; ij). — bridigisil; croix; 8° même légende et même type au

droit; H. — BA.DIBICU8; 4° REDON AS ;

même type; r). — bobbolbno; même type; 5° bedonis; même type; al — cantebbllys; ostensoir. Il existe encore un autre triens que possède M.

Cartier et qui porte pour légende d'un côté bedonis fisci. Cette pièce est précieuse : elle prouve que le roi ne possédait pas seul , à Rennes, le droit ae battre monnaie, et qu'il le partageait avec les églises et peut-être aussi avec quelques seigneurs ; car autrement il ne se serait pas donné la peine d'énoncer son titre (Fisci), comme il le fait ici.

nos

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