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EN ARGENT DORÉ PROVENANT

i)f iRÉsoR DE Saint- Denis.

(Musée du Louvre.) (Cliché Hachette )

ces mêmes figures qu'ilsavaient l'habitude de dresser toutes droites contre des piliers aux porches des cathédrales ; ils ne changeaient rien au dessin des robes ; la draperie restait tuyautée de plis parallèles, comme si la pesanteur, continuant a s'e.xercer dans le sens du corps, devenait, en même temps que lui. horizontale. A Saint-Denis, Philippe VI e»^ Charles V dorment ainsi, enveloppés

héraldiques, lion ou Fig. 217. — Sainte Fortunade; chien. ÉGLISE de Sainte-Fortunade

Au temps de Saint Louis, les bustes sont encore loin d'être des portraits ; les costumes seuls paraissent exacts, mais les visages ronds,

modèles sans ac- | ■

cent, sont inexpressifs, inertes malgré un essai de sourire.

Longtemps les sculpteurs de gisants " s'étaient contentés d'étendre sur une dalle

FiG. 218. — La Vierge

et l'Enfant.

(Toulouse. Musée des

Au^'^iislins).

(Cliché Hachette.)

FiG. 219. — FiGL'RE

DE LA Madeleine.

(Musée de Cluny.) (Cliclii} Mieiisement.)

dans un faisceau de plis rigides comme les cannelures d'une colonne renversée, et seul le coussin placé sous leur tête fait supposer que le sculpteur songeait à des figures couchées. A la fin du XlV' siècle pourtant, le bon sens rectifia une manière qui ne se justifiait pas ; les plis s'affaissèrent sur la dalle, s'appliquant sur le cadavre rigide pour en révéler les formes.

Parmi les centres artistiques crées par le luxe des rois et des grands féodaux, Dijon a montré le plus d'activité et d'éclat, et l'ancienne capitale des ducs de Bourgogne conserve encore les chefs-d'œuvre de cette seconde sculpture gothique. Cet art bourguignon apparut et disparut avec la puissance des ducs : il résulte d'une brillante fortune politique bien plutôt que d'un caractère

ethnique. 11 s'explique par la situation d'une famille féodale et sa suzeraineté sur les Pays-Bas. Ces riches cites de Flandre, réservoirs d'ouvriers habiles, avaient fourni de peintres et de sculpteurs le Paris de Charles V et de Charles VI avant le Dijon de Philippe le Bon. Durant la première moitié du xv siècle. Pans étant en anarchie et livre aux Anglais, la cour de Bourgogne put seule utiliser la maind'œuvre flamande.

A la Chartreuse de Champmol, près Dijon, ou l'on devait constamment prier pour le repos de leur àme, les ducs de Bourgogne, depuis la fin du FiG. 220. - Figure DE REINE, xiV' siècle, ont fait exécuter par le

AU Palais de justice lj 11 j ■ r^l ci . i - \ m/ \ .

,, Hollandais LIaus bluter (, HOO) cl

DE Poitiers.

(CiichiMicusemeni.) ses Continuateurs les œuvres les plus

CLAUS SLUTER A DIJON

puissantes du Moyen Age à son déclin. Les sculptures ont survécu. Au portail de l'église, aujourd'hui détruite, une Vierge dressée sur le trumeau fait, des l'abord, reconnaître l'œuvre d'un maître ; le ciseau hardi qui l'a taillée lui a donné une vie forte et l'a parée d'une élégance vigoureuse ; des draperies abondantes et compliquées l'enveloppent ; mais, dans ce fouillis, le corps robuste organise quelques mouvements simples (fig. 224). De chaque côté, Philippe le Hardi, sa femme Marguerite de Flandre et leurs patrons, avec des physionomies fortement caractérisées, des attitudes justes, des draperies

(Musée de Toulouse.) (Cliché Hachette.)

l-'ui. 222. — Apôtre

provenant !•; l'abbaye de Riecx.

(Musée de Toulouse.) (Cliché llacliettc ;

FiG. 221. — Apôtre

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