BATAILLE D’ABOUKIR. — DEPART DE BONAPARTE POUR LA FRANCE
SOMMAIRE
Prtparatih de la Porte. — Apparition de* MamHurkt dan* la !U«ae- f'gjpie. — Débarquement de* Tare». — Activité de Bonaparte. — Pria* du fort d' Aboukir par ka Turc».- Marche de Tannée françaiie - Portion* dn deux année».— Bataille d’Aboukir.- Bepnte du fort d'Aboukir. — Kfflet de la rictotre d'Aboukir à Pari». - Inquiétude» de Bonaparte - Communication» arec le» Turc* et le» AngUu. — lh»po»ihoa» prite» par Bonaparte. — Fiche i ne» nouvelle» d'Europe. — Blocu» de Mal'e. — Prtae de Corfou. — Lettre au Grand-Vwir. — Projet» de départ. — Leur effet. — Entrevue de Bouaparte arec Menou. — Lettre au Divan. — Adieux I l'armée. — IniiruciKxu à Kléber. — Jugement wr le retour de Bonaparte en France. — Lettre du Directoire. — Bonaparte quitte l'É^ypte.
«au FRANÇAIS!. Il A KM*. K TtAQIE
Générai en chef. — Bwupaw». || Général en chef. — Setn - Mlstamu - Patau.
Préparatifs de la Porte. — Apparition des Mamelucks dans la Basse- Egypte. — Depuis son alliance avec la Husaieet l’Angleterre, la Porte s’occupait d’une expédition contre l’Égypte; mais le désordre de ses finances, l’esprit d’insubordination des pachas gouverneurs de provinces, la révolte du pacha deWiddin, avaient en partie paralysé ses efforts. Stimulé par l'heureuse issue de la défense de Saint -Jeon-d’Àcre, et surtout par les victoires remportées en Europe par les années coalisées, le divan redoubla d’activité. Le Grand- Visir lui-mème se rendit en Syrie pour y rassembler une armée; des officiers anglais furent envoyés à Rhodes, afin de presser un armemeut qui devait transporter dans la Basse-Égypte un corps nombreux, commandé par Seld-Mustapha, pacha de Romélie, destiné à former l’avant-gardc du Visir et à rallier les Arabes et les Mamelucks.
Ainsi les motifs graves qui avaient décidé le général en chef à quitter le siège de Saint- Jean -d’ Acre, pour revenir en Égypte, ne devaient pas tarder à être justifiés.
Les Mamelucks reparurent dans la Basse-Égypte. Osman-Bey et Elpby-Rey descendirent par le dévêt t sur la rive droite du Nil. Ils se proposaient de soulever le Cbarkieb; mais le général Lagrange, avec une brigade de cavalerie et la mo lié du régiment des dromadaires, les poursuivit et les atteignit dans la nuit du 10 au 11 ju llet. 0»man-Bey fut tué ; les Mamelucks perdirent 1,000 chameaux, leurs familles et leurs bagage». Elphy- Bey ne se sauva qu’avec peine et regagna la Nubie. Ibrahim -Bey, qui attendait à Gaza la nouvelle de l’approche de ses anciens alliés, fut averti de leur désastre et nefil aucun mouvement.— Dans le même temps Muurad-Bey, poursuivi par le général Murat et attaqué prés des lacs Natron, était forcé de renoncer à son projet de descendre jusqu’à la mer pour se réunir A l’armée turque, dont le débarquement prochain lui était annoncé. Il revint sur ses pas, cherchant son salut dans le désert, et le 13 ju llet il s'avança jusqu’à G zeh. On dît même qu’il monta sur la plus haute des pyramides et y resta une partie de la journée à considérer avec sa lunette les maisons du Kaire, les vastes jardins de Gizeh et le beau palais qui avait été sa demeure. De toute la puissance des Mamelucks, il ne lui restait que quelques centaines de compagnons errauu et fugitifs comme lui, n’ayant plus
d'autres propriétés que leurs armes souillées de sang et de poussière, d’autre patrie que la sellede leurs chevaux. Mourad-Bey contempla, d'un œil stoïque, la campagne qui s’étendait à ses pieds, et sans pousser un soupir, se retira en s’écriant ; Allah kerim! Dieu est grand !
Instruit de son approche, le général en chef sortit sur-le-champ du Kaire et se dirigea vers les Pyramides; mais le chef des Mamelucks s’était déjà jeté dans le désert.
Débarquement des Turcs. — * Activité de Bonaparte. — Après lui avoir donné la chasse toute la journée, tans pouvoir réussir à l’atteindre, Bonaparte, campé auprès des Pyramides, se reposait des fatigues du jour, et assis au pied du sphinx de granit, jouissait de la fraîcheur du soir, lorsqu'un Arabe arrivant en hâte d’Alexandrie lui remit une lettre du général Marmont.-— Cette dépé he lui annonçait qu’un corps de 18,000 janissaires turcs était débarqué à Aboukir sous la protection d’une escadre anglaise.— Aussitôt, saus perdre un moment, le général en chef rentra dans sa tente et expédia, jusqu’à trois heure* du matin, ses ordres pour le départ de troupes qui devaient le suivre, et ses instructions pour le gouvernement pendant son absence.
A quatre beures il était à cheval, et trois jours après, le 19 juillet, il arrivait à Rimanieh , lieu qu’il avait fixé pour la réunion des troupes. Sans le* attendre, de Ramanieh, il se porta sur Alexaodrie, afin d’examiner lui-mème la position de l’ennemi.
Prise du fùrt d‘ Aboukir par les Turcs. — « Sidney- Smiih, dit Napoléon, avec deux va sseaux de ligue anglais, plusieurs frégates, plusieurs vaisseaux de guerre turcs et cent vingt ou cent cinquante bâtiments de transport, avait mouillé le 12 juillet au soir dans la rade d’Aboukir. Le fort d’Aboukir était armé, approvisionné et en bon étal; il y avait 400 homme* de garnison et un chef de confi ince. Le général de brigade Marmnnl, qui commandait à Alexandrie et dans toute la province, répondait de la défense du fort, pendant le temps qui serait nécessaire à l’armée pour arriver. Mai* ce général avait commis une grande faute ; au lieu de raser le village d’Aboukir, comme le général en chef le lui avait ordonné, et d'augmenter les fortifies-
tionsdu fort en y construisant un glacis, un chemin couvért et une tiouhedcmi-lüne en niflçonhèrie, le général Marmont avait pns sur lui de conserver ec village, qui avait de bonnes maisons, et qui lui parut nécessaire pour servir de cantonnement aux troupes, et il avait fait établir par le colonel Crétin une redoute de cinquante toises de côté, en avant du village, a peu prèfc A quatre èfchl* toises du fort. Cette redoute lui parut protéger suffivimiin nl le fort et le village. Le peu de largeur de l'isthme, qui n’avait pas plus de quatre cents toises, lui faisa t croire qu’il était impossible de passer et d’entrer dans le village sans s’emparer de la redoute. Ces dispositions étaient vicieuses, puisque c’élâit faire dépendre la sôrelédu fort important d'Aboukir, qui avait une escarpe et une contrescarpe de fort beat ion permanente, d’un ouvrage de campagne qui u était pas flanqué et nVlail p is même palissadé.'- Scld-Muslapha envoya ses embarcations dans le lac M.idieü, s’empara de la Irai Ile; qui servait fl la communication d’Alexandrie A Rosette, et opéra son débarquement sur le bord de ce lac. Le 14, les chaloupes canonnières anglaises et turques entrèrent dans le lac et canounèreut la redoute. Plusieurs pièces de campagne, que débarquèrent les Turcs, furent disposées pour contrc-baltre les quatre pièces qui défendaient cet ouvrage, et lorsqu il fut jugé, suffisamment battu, les Turcs le cernèrent , le kandjar au poing, montèrent à f assaut, s’en ein parèrent. et firent prismineirsou tuèrent les 300 Français que Je commandant du Fort d’Aboukir y avait plaçât; lui-même y fut tué. Ils prirent alors possession du village ; il ne restait plus dans le fort que 100 hommes et un mauvais officier, qui . intimidé par les immenses forces qui l'environnaient et par la prise de la redoute, eut U Iflcheté de rendre le j fort, événement malheureux qui déconcerta tous les calculs1.»
Marche de l'armée française. — Le premier rendez-vous de l'armée avait, comme nous l'avons dit , été indiqué fl Raïuaiuch, sur la rive gau; he du Nil.
Lavaut-garde du général Murat, formée de la cavalerie, des grenadiers et de l’infanterie qui avaient, marché sur Gizeh, une partie de la divis-ou de Lamies, et de celle de Rauipon , qui avaient eu ordre de p ssrr le Nil; la colonne mobile que le géuéral Menou avait portée sur les lacsNalron, le parc d’artillerie et le quartier général , se trouvèrent réunis à Ramanieh , du 20 au 2i juillet.
La H.iute-Égypie était toujours ôccupêe par le général Desaix, qui devait faire suivre Mourad-Bcv, approvisionner les fui ts de kéuch et de Rossi ïr, et envoyer
* tü étltone if Aboukir énvtr<*n* lè fctt ; il mi I mtnMniN de la presqu lit A ♦*) lolfts du fort s'élève Ou pHil riUmrkm qui le domine. La |>rMq» (lu o‘* . en cri endroit , au plus que 400 loues de large. L'est la que Marimiit avait rail cooilruiré une redoute. Le Tillage est àAeè , le* ma (ton* «kit èn pierre. I* Ibrt d’À-
boufttr «ail ftrnv par un rempart aw fbaatt taillé dans le roc; dan* l'iiUérifur, Il avait de grue* s tours et d» magasin» voûtés , reste de très ancienne* <du*l met tout. Il est environné de inu» i,ôfé* dé rorheré qui tr proto-igcbt dan* la met, H le refidk-ilt directement inabordable par la haute mer. A quelque* centaine* de loi*-» se trame une pente île, oû l'on pourrait établir un fort qui proiégrrait quelque* vaisseaux dé guerre. [ffolc de SapofeOh.)
: dans la Basse-Égypte la moitié de sa cavalerie : il avait | ordre en outre de se concerter avec le général Pügfla ,
; commandant du Kaire, et avec le général Reynier, qui commandait sur la frontière de Syrie l.
Les garnisons d’KI -Arycb.de Kalieb , et de quelques autres points moins importants, devaient en cas de forte supérieure . se renfermer dans les forts, et les gé-; uéraux, avec le reste de leurs troupes, devaient se côncentrer au Kaire.
Le général Kléber eût ordre de marcher sur Rosette, i avec une parte de sa division, et comme on supposait que l'armée de débarquement se porterait sur cette place ou sur Alexandrie, tb géhêhal Menou avait reçu quelques renforts.
Position* de * deux armée*. — Les TurèS flèc topèrent fa presqu'île , travaillèrent fl des rètrànèhe-1 ments, et après la redditidii dit fort d’Aboukir débàè~ quèrent leur artillerie*, quand Bonaparte 1rs reconnut, ils avaient coupé les pontons établis pour la communication avec Rosette, entre le laè Madich et ta rade d'Aboukir; leur nombre, qui croissait de jour en jour, était évalué â environ 18,000 hommes ; quelques Arabes s'étaient dèjfl réunis fl eux, mais ils paraissaient attendre de plus grands renforts, et la réunion eonceitée avec Mourad-Bey, pour Former rinvrsüssemcüt d’Alexandrie. Le général en chef, afin d'ètre fl portée dè suivre les mouvements de SeTd-Mustapha et d'iiitcrcéplrr les secours des Arabes et des Mntriclucks , prit position.
' Oesitv n'exérula point le* ordre* de Bonaparte ; il resta dan* la Hante Égypte. ned.srciidit pat au Kaire et h’ y rhtoÿfl (b* loiile* Ici troupe* que le Réitérai en chef lui avait demandée*. Il Allégua . poill* justifier *a conduite, «que Motirad-Bry avait reçu de MiMtaiiha-Parha l'ordre de venir le joindre; ma>« ce chef de» Maim-lurk*. ixrsiudé depuis long irinps que, « la Porte rba**ai( le* français d'Égyprt?, elle profiterait de l'étal de fa. blesse oO «aient réduit* M MatncliHks pour Ira en expulser eux même* . ne fui pa* (enté d obéir A l'ordre du r-onimandanl de l’année turque, el néanmom* il chercha à ra**cuibler un grand nombre de Mamelnrks et d'Arabe* , aflil d’être ch the- «ure de profiler du départ de Détail , s'il quittait la lljiitofgvpte. Dr aon côté , le général français ne ci ut doue pa* devoir le perdre de vue. et t'acharna il ut poursuite. » Celle déi«.tiri**a(ur de IV saix n'avad eu aucun résultat radieux , puisqu'on axait xaineu S Aboukir. Cependant . malgré leur commune amitié , le général en ri» ef le rappela fl sou devoir : «J’ai été peu satisfait , lui écrivit-il , de toute* voq opération* pendant le mouvement qui tient d’avoir l-eu. Vous ave* reçu l’ordre de- 'ou* porter au Kaire, et voo* n’en ave* rien fait Tnhé le* événements qui peuvent anr venir ne doivent jamau ctnpérbrr lié miliLure d'obéir, et le talent A la guerre consiste J lever le* difficultés qui peuvent rendre une opération difficile, et non pas fl la faire manquer. Je vous dis eeei pour l’avenir.» A cri juste* rt-phM-ht-s . Bonaparte en ajouta d'autres non moins graves, a mw retour de Syrie, il avait demandé fl aon lieutenant, qu’il croyait dau* rabniuianer, du». voyiT au Kaire 1^), 000 francs pour les besoins de l’armée |>r*a<x les promit , et uon-MUlrmcnt lit le* envoya pas . ma>* ►iifhrè il aligna lit solde lie sa division . tandis qne relie dd reste de l’armé» était artiértfe de sept mou. «C’est, lui écrivit Bonaparte, n'avoir ili xék* pour (a chose publique , ni considération pour moi, que de ne voir, surtout dai s une opération Je cette cspèct* , que fc pdinl oft l'oti *r trdntè.î — Bonaparte voulut néanmoinl loi prouver qu’il savait aussi appiê* lier 1rs hrulaul* lervnvs qu'il avait rrodut à l'année. H . pour iffaivT l'impression pénible qu’avaicut dû faire ics reproibw, il lui éirivii deux Jours après : «Jè tou» envole Un sabre d on trfs bi Jdl travail . sur lequel J'ai fait gra»«- : Conqu* tr de la ttante- Efijpte t elle e»l due t vu* bonnes disposiliou* et fl votre constance dans lys fatigues. Vqjrex y, je vikii pne, uik- preuve de mou estimé et de la bonne amitié que je vous ai vouée.» Déjfl l’année précédente. IÉ néral en «bef avait témoigné sa uiuraciion fl Sod brave heu tenant; en lui offrant un poignard enrichi de diamants, sur lequel éu*at grau1* ce* mots : P rite de Malle. — Baltullc de Chébrcii. — Bu unité* de * Vjrramidet. - >
le 13 juillet eu village de Birket , A la hauteur du lac Aladich ; le lendemain, voyant que lea Turc» resserrés dans la presqu'île ne songeaient qu'a s'y fortifier, il se décida t le» attaquer. — L'armée quitta Birkrt et »e rassembla sua Puits, entra Alexandrie et Aboulnr; et Je quartier général français fut établi A Alexandrie, que Marmont avait mis dans un état de défense respectable.
Métier, parti de Damiette , et suivant le mouvement de l'armée , se trouvait déjà à Fuuah, avec une partie de ta division ; Menou s'avançait sur la barre , entre Rosette et Aboukir, au passage du lac Nadieb, afin de canonner les petite» embarcations que les Turcs avaient fait passer dans le lac, et de leur donner de l’inquiétude sur leur gauche.
Seld-Musiapha avait fermé la presqu'île par deux lignes de troupe» et de retranchement» encore imparfaits; la première lignp avait été portée à une demilieue en avant du fort, la droite touchant A 1a mer, et s'appuyant à un mamelon de sable, retranché et gocupé par cuvirop I 000 homme»; un village, espèce de faubourg d'Aboukir k trois cents toises en arrière de cc mamelon, était défendu par un corps de 1,200 hommes et par huit pièces de canon; la gauche de la première ligue était détachée et isolé.' A six cents toise» en avant du cep tri; quelque* chaloupes canonnières mouillées dans le |ac Madirb et rapprochées du rivage, flanquaient par leur leu l'intervalle entre la première et la seconde ligne; celle-ci, beaucoup plus avantageusement postée que la première, se trnuvail A trois cents toises en srrière du faubourg; le centre occupait la redoute, enlevée aux Français au moment dudébarqucmeiii , et qui depuis avait Clé liée A la mer, •Ur un espace d'environ cent cinquante toise*. par un . retranchement, derrière lequel était l’alie droite; l'aile . ggpche occupait dri mamrlopa retranchés et la plage intérieure flanquée par Ifs chaloupe» canonnière» mouil léçadans la rade d’Aboukir, 11,000 hommes et douze pièces de canon défendaient celte seconde ligne, qui . n'était qu'a cent toise» en avant du village et du fort d’Aboukir, occupés par 1.60(1 hommes. — L’escadre anglo-turque était mouillée A une lieue et demie au large dans la rade-
, Le* K rançai» avaient aussi reçu de» renfort* ; Murat, avait rallié A son avant-garde la colonne du général üeslamg. Les 100 cavaliers détachés de la dmsiou de Desaix, dans la Haute-Égypte, avaient rejoint l'armée A la position dm Puits
B<H<ùUe d'Aboukir. — Au point du jour, If 16 juillet, l'armée française, qui n'était qu'a deux heures de marché de* premier» postes turc», v mil eu mouvement sqr deux eolonues, précédées par une forte avant-garde aux ordre» de Murat.- La division Lannr* formait fade droite, la division Lanussc l'aile gauche; la diyi(ion K|éber n'était point encore arrivée, e|lé . éta|t dr*tinéc A former I» réserve; pq escadron couvrait le parc d'artillerie ; le général pavoust avec deux escadrons et J 00 dromadaires , observait le* Arabe* sur les derrièçes, et assurait la communication ayee Alexandrie.
Dès qu’on fut eu présence, Bonaparte lança ses colonnes d'attaque ; tandis que le général Destaing enlevait A la baïonnette le mamelon retranché oh s'appuyait la droite des Turcs, la division Lannes se portail sur la gauche de leur première ligue, el Murat faisant couper, par des escadron» délacbés, la retraite drs deux ailes attaquées, marchait droit »q centre avec le reste de sa cavalerie.
Cette manoeuvre brillante eut un succès complet, la première ligne dé postée el enveloppée fut promptement culbutée. 2,1X10 Turcs env iron y furent tué* ou npyé». Lue partie seulement de la droite se replia sur le faqbuurg d'Aboukir qui fut attaqué cl emporté. Le» Turcs furent poursuivis jusqu'à leur seconde position, moins étendue et plus forte que la première.
La redoute centrale qui flanquait A la foi» les retranchements de la droite et le boyau commencé ver* la gauche, formait la tète de cette position; le Paciya s’était préparé A la défendre avecobslinatiqu. Il lui reliait encore 10 A 12.1 00 hommes de troupe» fraîches.
Lr général eu chef, vuyaul que le» principales forces de l'ennemi composées d'infanterie étaient au rentre, ft sachant combien les fantassins turcs redoutent la cavalerie, conçut »o<> projet d'attaque eu conséquence , ft 6t s<'S dispositions d’après la nature du terrain ; sa (avalrrie passa à ta droite afin d'assaillir et d'enfoncer )a gauche des Turcs le long de la plage; l'infanterie dirigea srs efforts sur les retraucbemeiiisde la droite enufmie, entre la redoute et la qier. Bonaparte avait, fn outre, préparé une réserve pour attaquer la yedoutè de front , au moment où les attaques par les aile» auraient réussi.
Après avoir f»il vivement canonner celte redoute et les retranchement* qui la liaient A la mer, il flt commeucrr l'attaque. Le général Fugièrc» , A la tète de la Ig' demi-brigade marcha en colonne le Iqqgflu rivage. Les Turcs voyant le» Français s'approcher de Ifur» retranchement* eu sortirent eux-mème» et attaquèrent la colonne ; au se mêla , on comb.illil corps A corp», ils furent repousséa, le* Fiançais les suivirent, et se précipitèrent sur les retranche meus; mai» arrêté» par le feu plougeanl de la redoute, qui le» prenait eq flanc, leur* rf|orts réitérés furent inutiles. — Le général Fuit'ères , toujours placé A la télé des troupe», rut un bras emporté, et la colonne se vit forcée de rfyfuir sur le faubourg.
Dans le même temps la cavalerie de Muret, arrivée A la hauteur de la redoute, avait effectué plusieurs charges impétueuses . et fait plier les troupes qui »e trouvaient devant elle; mais il lui fuf également impossible de pousser plus avant , et de s» soutenir entre le feu meurtriei de |a redoute et celui de» chaloupe* canonnières embossées près du rivage. La lutte (typa long-temps sans désavantage pour les Turcs; lis généraux , 1rs officirrs et Us soldats faisaiçut iuulilrmept des prodiges de valeur. Lr chef de brigade Duvivier fut tué; l'adjudant general Koizeet Bcssicrcs, chef de brigade dis guides, renouvelèrent les charges; l'adjudant général Lrturc ayant proposé au général en chef de les soutenir avec un renfort d’infanterie, rejoignit la cavalerie . eut son cheval tpé sous lui , se mit A ta têt» de
l'infanterie, et donnant l'exemple aux grenadiers, s’élança le premier dans les retranchements où il trouva une mort glorieuse.
Enfin , pour décider l'affaire, le général en chef fit marcher droit à la redoute le général Lannes, avec deux bataillons des 22e et 69e demi-brigades. — Lannes saisit le moment où excités par la chaleur du combat les Turcs se hasardaient hors de leurs retranchements; il attaqua la redoute par la face gauche et par la gorge; les braves soldats des deux bataillons sautèrent dans le fossé, gravirent le parapet, et emportèrent la redoute. Le Pacha tenta de vains efforts pour rallier ses troupes ; elles furent forcées sur tous les points.
De son côté, Murat profita de ce moment critique pour effectuer une nouvelle charge; il traversa les positions des Turcs, prit leur camp â reversât poussant jusque sur les fossés du fort, acheva de mettre le désordre dans les rangs ennemis. La fuile devint alors générale. — Les Turcs se précipitèrent pèle-méle dans la mer; mais la plupart des fuyards ne purent pas atteindre les embarcations, et les vaincus de ce corps d’armée ( si l’on en excepte la garnison du fort d’Aboukir, et 200 hommes qui furent enveloppés et pris avec Setd-Mustapha-Pacba , périrent en entier dans les flots.
La victoire coûta cher aux Français : outre les officiers que nous avons cités, ils eurent un grand nombre de morts et de blessés ; parmi ces derniers se trouvaient le chef de brigade du génie, Crétin , l’aide de camp du général Bonaparte, Guibert, qui moururent de leurs blessures , et le général Murat. — En pénétrant dans le camp turc, ce général était parvenu jusqu’à la tente de Seld-Mustapba-Pacha. Le séraskier de Romélie combattait encore vaillamment à la télé de 200 janissaires , tristes et derniers débris de sa formidable armée. Voyant Murat accourir vers lui, il s’avança lui-même rapidement â sa rencontre, et à l’instant où ce général le sommait de se rendre prisonnnier, lui tira un coup de pistolet dont la balle l’atteignit au-dessous de la mâchoire inférieure, mais ne le blessa que légèrement. Murat, d’un coup de sabre, lui abattit deux doigts de la main droite, et le faisant saisir par deux soldats, Tenvoya au quartier général. Les janissaires mirent bas les armes.
La division Kléber ne put arriver sur le terrain que trois heures après la défaite de l'armée turque. En rejoignant Bonaparte sur le champ de bataille, Kléber, transporté d’enthousiasme, se jeta dans ses bras en 1 s'écriant : «Permettez, général, que je vous embrasse ! | Vous êtes grand comme le monde.»
Cette victoire, où 12,000Turcs périrent dans les flots j ou dans leurs retranchements, causa d’autant plus de I joie à l'armée française, qu’elle lavait l’humiliation que le désastre de la flotte avait attaché au nom d’Aboukir.
Reprise du fort d’Aboukir. — Après la bataille, le j général en chef revint â Alexandrie, et laissa au général Lannes le soin de réduire le fort d’Aboukir.— Celui-ci fil, dans la nuit, établir des batteries de bom-
bardement , et, le lendemain, somma la garnison de te rendre. Mais les Turcs avaient reçu quelques secours de l’escadre, et refusèrent. Leur amiral avait embossé des deux côté* du fort une flottille de canonnières et une frégate, dont le feu était meurtrier pour les assiégeants. L’artillerie française contraignit ces bâtiments à gagner le large. Les Turcs tentèrent une sortie qui fut vigoureusement repoussée, mais Lannes y lui blessé et forcé de remettre la conduite du siège au général Menou. — Les travaux se poussaient avec activité; bientôt la garnison manqua d’eau et de vivres , elle résolut de faire une nouvelle tentative pour s’en procurer; des batiments légers s’approchèrent de la côte, le 30 juillet, pour débarquer de l’artillerie et des munitions. En même temps, la garnison effectua une sortie générale, et parvint â se loger dans les maisons voisines du fort; mais Davoust, qui commandait la tranchée, les attaqua avec cinq bataillons, en culbuta une partie dans la mer, rejeta le reste dans la place et s’empara de l'artillerie que les chaloupes avaient mise â terre. Cet effort fut le dernier ; les batteries françaises jouèrent avec tant de succès, que le fort s’écroula de toutes paru. L'assaut allait être donné. Les Turcs réduits à 2.000 hommes, en proie à toutes les horreurs de la faim et de la soif, n’auraient pas eu la force d’y résister. Le 2 août, le fils du pacha qui les commandait se rendit à discrétion. L’escadre turque, témoin de ce dernier revers, leva l’ancre trois jours après, et fit voile pour la Syrie, afin de rejoindre le Grand-Visir.
Effet de la victoire d’Aboukir à Paris. — La nouvelle de la victoire d’Aboukir, qui arriva â Paris au moment où la République était plongée dans la consternation par les désastres de Ses armées en Italie, causa une joie universelle. A la lecture de la dépêche, transmise par le Directoire au corps -législatif, les représentanu se levèrent par un mouvement spontané en criant :« Vive la République!» et décrétèrent, au milieu des acclamations, que l’armée d’Égypte avait bien mérité de la patrie. — Huit jours après , un nouveau message du Directoire adressa aux conseils une lettre nouvelle de Bonaparte, annonçant la reddition du fort d'Aboukir. Ces triomphes de l’armée d’Égypte semblaient anuoncer que la victoire allait revenir aux drapeaux français. L’enthousiasme fut porté au comble. Le président du conseil des Cinq -Cents, Cbazal , quitta le fauteuil et dit : «Ce grand nom de Bonaparte, qui remplit l’Orient, s’impose de nouveau dans la balance de nos destinées. Il y pèsera pour la paix du monde; il y pèsera de tout son poids et de tout celui de l’Égypte conservée ! » « O loi , dit Garat au conseil des Anciens, toi qui parles toujours de ta fortune, tandis que le monde entier parle de ton génie 1 6 toi qui es aujourd’hui pour nous le héros de l’Asie et de l’Afrique, comme tu le fus d’abord de l’Italie, ce sera aussi toujours dans tes profondes conceptions, dans ton âme et dans les soldais que la République verra les puissantes causes de ces faveurs du destin qui t’accompagnent et te suivent devant Jaffa et devant Acre, au camp des Pyramides, devant Alexandrie, et â Aboukir, comme daus Rivoli et Arcole 1»
Inquiétudes de Bonaparte.— Communications avec ht furcs et avec les Anglais. — « L’armée ennemie avau succombé, le Visir était encore au-delà du Taurus ; l'Égypte , dit Berlhior, c'avait de long-temps h craindre une invasion. La solde était arriérée , la caisse manquait de fonda; mais le mry n’avait pas été perçu ; les bléa, les ris, toutes les conlri bu lions en nature étaient intactes; iss dépenses de premier établissement étaient faites ; la sitnatiou financière de la colonie ne pouvait que s’améliorer : les mesures qui avaient suivi le retour de Syrie garantissaient ce résultat. Le nombre des provinces avait été réduit; ce luxe d'employés que (ra)ncnt après elles las armées françaises u’existait plus, les services avaient été organisés sur de nouvelles bases, les impôts mieux assis ; le mécanisme du gouvernement en Êgyple était désormais en plein jeu, il ue s’agissait que de le laisser aller. — Mais en quel état se trouvait la France? Avaitelle baua, humilié les rois? Ou vaincue à sou tour, avaitroJis essuyé toutes les calamités de la défaite? Les journaux de Francfort l'annonçaient . mais ces feuilles, transmises par Kléber, avant la bataille d'Aboukir, avaient été répandues I Damiette par Sidney. La source o'eii était pas assez pure pour adopter de confiance ce qu’elles contenaient. D'un autre côté, la nouvelle était trop grave pour la négliger ; car à quoi bon triompher sur le Nil , ai le Rbin était forcé? A quoi bon fermer le désert, si les Alpes étaient ouvertes? C'était la France et non l’Égypte, Paris et non le Kaire, qui formaient le noeud de la question. p
Bonaparte ne négligea rien pour s’assurer du véritable état des choses : les intérêts de la politique se trouvaient en cela d’accord avec ceux de l’humanité. L’armée française avait fait quelques centaines de prisonniers : ils étaient hors d’état de nuire; au milieu des décombres ofi Hs gisaient encore, on ne pouvait leur donner les soins qu’ils réclamaient. Le général en chef résolut de les renvoyer sur leur flotte. Il fit prévenir l’amiral turc de son dessein; Petrona-Bey accepta ; les communications s’éfablirenf, et Bonaparte sut bientôt tout ce qu’il avait intérêt de savoir.
fitdney -Smith, de son côté, ne voulut pas rester rri arrière des Ottomans. — La Vendée avait rpprj» les armes, nulle était perdue , la République cisalpine n’existait plus; tout ce qu’avait fait, tout ce qu’avait créé Bonaparte était détruit. — L’amiral anglais pensa que l'amour-propre pourrait égarer le courage du général français , et le décider à abandonner l'Egypte pour aller son armée victorieuse demander compte aux Russes des succès qu’ils avaient obtenus. Il résolut de tout tenter pour amener ce résultat, qui aurait laissé les Anglais sans adversaires en Orient. — 1! mit à terre quelque# soldats français qu’il avait arrachés su sabre 4to Turcs , et les fit suivre d'une correspondance adressée au général en chef, que se# avisos avaient interceptée.
Les communications se rouvrirent , et le secrétaire de $idney pe tarda pas à débarquer avec un paquet de journaux. Fin , délié , alerte A semer un propos , il se Battait de répandre de fausses espérances dans les rangs français, et d’y puiser les notions qui manquaient à son chef. Mais les instructions de Bonaparte avaient
T. II
prévu cette mission. L’agent anglais fut pénétré, accablé de questions, obsédé de déférences , et ne put commuuiquer avec personne. Toutefois il ne se déconcerta pas, et essaya de surprendre au général en chef luimême les renseignements qu’il ne pouvait obtenir par aucune autre voie. Discourant avec lui de l’Égypte, il parla des préjugés, de» institutions du peuple égyptien, et conc ut que les Français devaient prodigieusement s'ennuyer au milieu d’bommes aussi sauvages Bonaparte l'écouta sans l’interrompre, et le laissa longuement développer sa pensée, puis, â son tour : «Vous a dm*, lui dit-il, vous ennuyer singulièrement en mer? «Il est vrai que vous avez la ressource de la pèche : « péchez-vous beaucoup?» Ainsi déçu dans» s tentatives, le secrétaire n’insista pas. Il se réduisit au seul rôle qui lui restait â jouer, et aborda les ouvertures qu’il était chargé de faire au général. Il lui peignit les dangers que courait la France, le peu d'importance qu’avait dans la balance générale une colonie lointaine, et lui proposa de l’évacuer pour aller redemander l'Italie aux Russes. Bonaparte feignit d’être ébranlé, et ajourna la négociation au retour d'un voyage qu’il était obligé, disait-il, de faire dans la Hauie-Égypte. Il fit même aussitôt répandre le bruit de cette excursion , et donna des ordres pour qu’une commission de l’ioslitul le précédât au-dessus de Renisouef. L’envoyé de Smith fut dupe de ces démonstrations. Il ne douta pas que quelque affaire importante n’rppelât le général dans les provinces conquises par Desaix, et rejoignit les vaisseaux anglais avec la conviction que l’armée française ne tarderait pas S évacuer l'Égypte.
Dispositions prises par Bonaparte. — Fâcheuses nouvelles d'Europe.— Des pensées bien différentes agitaient Bonaparte; il avait fait interroger les soldats récemment débarqués; il savait que la croisière manquait d'eau et ne pouvait tarder â aller en chercher en Syrie ou à Chypre. Une autre circonstance favorisait son espoir de la voir s’éloigner. Depuis le siège de Saint- Jean-d'Àcre te Thésée avait â son bord quelques bombes: elles firent explosion et bletsèreul une grande partie de l’équipage. Le vaisseau avait besoin d'un port pour réparer ses avaries. — La mer allait devenir libre; il ne s’agissait que de saisir un instant favorable.
La résolution du géuéral en chef était arrêtée. Sept mois auparavant, il avait annoncé le dessein de repasser en France si la guerre éclatait contre une coalition nouvelle : elle avait éclaté; elle était malheureuse; il ne pouvait hésiter.— il ei .voya de nouveau Kléber I Damiette, fit rétrograder Reynier sur Bclbét», et ordonnai aux officiers du génie de presser les travaux qui devaient fermer le désert, partie la plu» faible de la frontière. Il chargea le général Samson de tenir la main A l'exécution des ouvrages qu’il avait arrêtés, mit â sa disposition les prisonuiers faits à Aboukir, et lui recommanda de hâler les travaux qui devaient protéger El- Arych et Salchich. U prit aussi des mesures pour garantir la côte, fit reconstruire le fort d’Aboukir, que les obus avait-ol détruit, ajouta quelques redoutes aux fortifications d’Alexandrie, et augmenta le nombre d«s batteries qui défendaieut l’embouchure du Nil. Pour
croire à la défaite des Turcs, les Égyptiens avaient besoin de voir les troupes victorieuses. Bonaparte jugea que sa présence était nécessaire au Kaire; il s’y rendit, calma les Cheiks, ht partir les savants ‘ , imprima une vie et une activité nouvelle d toutes les branches de l’administration *, arrêta tout ce qui intéressait la Ilaule- Ésypte: prescrivit les mouvements militaires qu’il convenait d'y faire, les points qu’il fallait occuper si le Visir cherchait à déboucher par le désert, ou si quelque expédition se présentait sur la côte: recommanda â Desaix de disposer tellement les choses que, dans ce cas, peu probable d’ailleurs, il lu* fut possible, laissant une centaine d'hommes â KossiTr, ses magasins, ses malades et ses bagages à Kémh, de se porter rapidement sur le Kaire avec toutes les troupes placées sous son commandement.
En donnant ainsi de nouvelles instructions â ses généraux, il ne crut pas devoir leur cacher la triste situation des affaires de la République en Europe. - La guerre avait été déclarée le 13 mars. Diverses actions malheureuses avaient eu lieu, Jourdan avait été battu à Fddkirck Schérer, â Rivoli : l’un avait été obligé de repasser le Rhin , l’autre avait été rejeté derrière l’Oglio. Mautoue était bloquée, et cependant les Russes n’étaient pas en ligne: c’étaient les Aulrich ens seuls qui avaient obtenu ces résultats. L'armée navale n’avait pas été plu., heureuse; elle n'avait pas essuyé de défaite , il est vrai, mais elle était sortie de Brest forte de viugt-deux vaisseaux que soutenaient dix- huit frégates, elle était arrivée au détroit, et était paisiblement rentrée â Toulon sans oser attaquer les Anglais, qui n'avaient pourtant
1 rendant U pr.miére année de l'occupation de l'Égypte on n’avait pu explorer que le Délia. La campagne de IXsaix ouvrit la liault- Égyplc. — En pariant pour lexpéditioii de Syrie, le géuéral en chef y avait envoyé . pour prendre des renseignements sur le commerce, l'histoire naturelle, les arts et les antiquités, une commission composée de Girard, ingénieur en chef des pouls et chaussées, Jollou, JievilliiTs , Dubois Aymé et Dochaooy, ingénieurs ordinaires, de Ivisièrcs el Dupuis, ingénieurs des mines, et de Lastcx, sculpteur !.*• ingénieurs des pools et etuustéea étaient surtout chargés d'rxa ■muer le court du Nil depuis la première cataracte , et d'étudier le système d'irrigation. — Cette commission partit du Kaire le !8 mars 1799. Sa marche fut subordunnéc aux opérations de l’anuée. Protégés par des détachements envoyés A la poursuite des Mamclucks , les commissaires parvinrent jusqu’i file de Phite , et parcoururent les deux rives du fleuve. Ils se séparèrent ensuite pour remplir des missions particulières, ou revinrent au Kaire mettre en ordre les ré suluts de leurs travaux et de leurs rrrherchts. — Vers le milieu de l'année on avait dooc déjà beaucoup travaillé A la découverte et à la description des monuments. Le temple niaguiflquc de l’ancicom- Tcnlyi is , les pompeuses ruines de Thébet , les demeures royales des Pharaons, avaient été reconnus. On avait pénétré au-delA d'Éléphannue; la rotlrciiou de dessins rapportés par De non avait vivement piqué la curiosité de* artistes et excité leur émulation. On avait fait des observations importantes sur le court du Nil . sur la nature phys-'jue du sol , sur l'agriculture et le commerce local , sur la géographie dès anciens. Mais au mois d'août Bonaparte résolut de dwuner u'i plus grand déveioppcuiem A ers travaux. Il étau facile , dans la Haute Égypte conquise el paisible, de compléter ce qu’on n'avail fait qn'ébjucher , de rectifier les erreurs, de réparer les omissions. Il chargea deux commissions , composée* d'artistes et de savants, de la parcourir, aiin d en otiserver les merveilles ci de les décrire avec: exactitude II traça lui-niétne l'itinéraire de ce voyage et en régla tous Ir* détails avec une attentive prévoyance. — la* travaux des savants et les dessius des artistes ont été réunis par la suite dans le iiiagoihquc ouvrage sur l'Égypte , qui fut commencé sous le Coo- H'ilal , continué sous I Empire, el achevé seulement sous la Restauration. t’Yst nn impérissable monument élevé A la science de nos savants et A la gloire de no* soldats.
t * Parmi les mesures administratives du général en chef en 1799, U
I que dix-huit bâtiments â lui opposer. L’escadre espagnole était également passée de Cadix à Carthagène, oh elle avait rallié vingt>»&cpt vaisseaux de guerre, dont quatre à trois ponts; mais 1rs flottes anglaises n’avaient pas tardé â les suivre et à mettre le blocus devant les port* qui les renfermaient. Malte était bloquée, Corfou avait été prise par famine, la garnison reconduite en France, oft la loi sur les otages, l'emprunt forcé et les violences des conseils, avaient de nouveau soulevé toutes les passions.
Blocus de Ma 'le. — Prise de Corfou. — Le blocus de Malle et la prise de Corfou méritent une mention particulière. — On sait que le général en chef avait toujours considéré ces deux lies comme deux points d’appui pour assurer ses com munirai ions avec la France.— Nelson , de retour i Naples après la bataille navale d’Aboukir, avait détaché une division de sa flotte pour faire le siège de Malte, que le général Vaubois défendait avec 4 000 hommes. L’amiral anglais se rendit bientôt lui-même devant 111e, avec le reste de ion escadre, et l’entoura d’un cordon de vaisseaux pour j empêcher l’arrivée d’aucun secours. Le Directoire, tout entier aux dangers qui menaçaient alors la République* abandonna à ses faibles moyens Vaubois, qui 6t, toutefois, une vigoureuse résistance, disputa le terrain pied à pied , el finit par sc renfermer dans la Cilé-V*lellr. La flotte anglo-napolitaine, désespérant d’emporter de vive force une place réputée imprenable, convertit le siège en un blocus rigoureux , attendant ainsi que la famiuc lui livrât la garnison. — Arrêtés dans la Méditerranée par le rocher de Malte, les alliés furent
en pat d'antérieur** A l'expédition àe Syrie, quf méritent d'être tegoalées, parer qu'on y trouve le germe du «y Même de récompense* militaires qu il adopta plus lard, lorsqu'il fut devenu Empereur. Noos allons ciler te que rapporte Tbibcandeau A ce sujet.
• I e* généraux lagrange et LeH«rc . plusieurs officiers de la division Reynier, d ce général lui-méme, désirant augmenter leur bie*étre par de* moyens que pût avouer leur débraie***, avaient exptlmé au général en chef le désir d'acquérir de* terres conHsqoéii sur les Mauu-luck*. — Ce fut sans douic sur cette demande que Bonaparte, généralisant plus tard celle idée, chargea le Conseil der finances ds proposer un plan pour donner aux soldais de l’armée une réi-omprnsc qu’ils avaient si justement méritée, le travail de ce conseil n'etl point connu ; mais en janvier et février 1799 , Bonaparte , comme les ancien* conquérants, distribua a se* lieutenants tes terres des ennemis vaincus. — Il donna en toute propriété, au général Lanoet , la maAkon qu'il occupait dans file de Rodab , avec 20 feddams de terre ; aux géuéraux Mural et Dommartm , le* maisons qu'ils habitaient dans la même Ile avec le* jardins. Il ordonna que la partie qui restait de ce (ta Ile ! excepté les lieux où étaient ie Mikiah et une batterie) et nie vis-àvis Buulaq , oû était le lazaret , seraient partagée* chacune eo dix portions , qu’il se réserva de donner A des officiers de l’armée. Le chef de l'élat-major général fut chargé d'annoncer A ces tics généraux que ccs biens leur étaient donnés en gratibcatiou extraordinaire pour les services qu'ils avaient rendus dans la campagne el les dépenses qu’elle leur avait oeeasiooécs. — Il donna au même litre, rt par la même cooudéralion , douze actions de la Compagnie d'Égypte . appartenant A te République , aux chef* de brigade Boyer, de la 18', Darmagnac, de te 32',Conronx, de la 61', l.c jeune, de la 22*. Iielorgnc, de la 13', Maugras , de la 75* , Venons , de la 25*. au chef de brigade de la 9*. aux colonels Duvivier, du 14' de dragons , Broo , du 3*. Pi non, do 16*, et à l’adjudanl-général Greueux. *
La Compagute d’Êgy pic, dont kl vient d'étre question, avait été créée l’année précédente. Elle achetait A l'administration, en bloc et A un prix convenu , tous les meubles et tops 1rs effets ayant appartenu aux Mameluckt, et qui n'élaient pas nécessaires au service de l'armée , et les revendait ensuite au détail avec de grands bénéfices Comme elle payait comptant, l’année y trouvait une réalisation prompte de ses captures
plus heureux dan» leur entreprise contre Corfou.— Cette lie et ses dépendances étaient occupées par une division qui avait fait partie de l'armée d'Orient , et que Bonaparte y avait envoyée après la prise de Malte. Cette division , *aux ordres du général Chabot, n'était composée que de 3,500 hommes environ, force insuffisante pour soutenir une attaque sérieuse. Chabot sollicita vainement des renforts. L'armée d'Italie, qui seule aurait pu lui en envoyer, était eile-méme dans une position critique. Ce géuéral, trompé d’ailleurs par les protestations amicales du pacha de Janina, se persuadait que Corfou n'avait rien à redouter du côté de l’Albanie. Ali visait déjà A se rendre indépendant, et aurait été un allié très utile, si le Directoire eût été en mesure d'appuyer ses projets de rébellion. Telles avaient été !»<• s premières espérances, lorsqu'il avait vu le pavillon français Botter A Malte et dans les lies Ioniennes. Admirateur zélé de Bonaparte , et entraîné par de magnifiques promesses que lui firent en sou nom le général Gentili et l'aide de camp Lavalclte, il consentit d'abord à établir une sorte d’alliame avec la divisiou du Levaut. Mais l’uniou de la Porte avec l'Angleterre et la Russie, et la victoire de Nelson A Aboukir, changèrent promptement ses dépositions : il ne songea plus des lors qu’à profiter de l'isolement oh la destruil.oa de la flotte républicaine réduisait les possessions françaises, pour augmenter l’étendue de sou pachalik et d.ssiper les soupçons que sa conduite antérieure avait inspirés au divan. — Il se prépara secrètement à combat lie ceux qui se croyaient ses alliés. — Le général Chabot n’avait conservé à Corfou qu’un tiers de sa division; le reste était disséminé dans les lies environnantes, et sur les rivages de l'Albanie. Ce disséminement, à peine tolérable pendant la pa x, aurait dû cesser aussitôt après la déclaration de guerre de la Porte, et l'arrivée des Russes dans la Méditerranée. Il fallait concentrer tous les moyens militaires dans Corfou, seul point important à couserver. Ma s Chabot craignit d’encourir le blâme du gouvernement, en abandonnant, sans combattre un territoire annexé à la République , et maintint ses troupes dans les postes épars qu’il leur avait assignés. 500 hommes gardaient Sainte-Maure, 700 occupaient le camp retranché de Nicopolis, 300 celui de Bulrinto; Zante, Céphalonic et les autres lies avaient de faibles garnisons.
Vers le milieu d’octobre 1798, Ali-Pacha , jetant le masque, attaqua simultanément avec 10,000 hommes les postes de la basse Albanie. Après quelques jours d’une lutte inégale, les Français évacuèrent Parga et Bulrinto; mais à Nicopolis le général Lasalcette, ayant été abandonné dans le combat par 300 Prévésieus, fut pris avec environ 400 hommes. L’escadre combinée parut en ce moment dans la mer Ionienne et soumit Cérigo, Zante, Céphalonic et Sainte-Maure, où elle fit 1,200 prisonniers. Le 20 uovembre, l’escadre entière était réunie devant Corfou. — Le siège commença aussitôt; mais quoique la garnison ne fût forte que de 1,900 hommes, le siège dura trois mois et demi. L’escadre enoemie était composée de dix-buit vaisseaux de ligûe, dix frégates et vingt corvettes, bricks ou caravelles , avec des troupes de débarquement. La garni-
son française ne pouvait suffire pour défendre avec vigueur, contre des forces aussi considérables, la place, les forts qui en dépendent, et l’Ile de Vido, dont l’occupation est indispensable pour être maître de la rade, — Cette Ile, alors à peine fortifiée, n'avait que des batte ries ouvertes. Située à six ou sept ceots toises de la place, parallèlement aux fronts baignés par la mer, elle offre une position dominante, d’une vaste étendue, et d’où il est possible d'inquiéter fortement les défenseurs de la ville et de la citadelle. — Le mool Oliveto , qui commande d'assez près les ouvrages extérieurs du côté de terre, n’était point retranché. L’ennemi s’en empara sans coup férir. Les troupes débarquées se composaient de 3, (ICO Russes, soutenus de quelques milliers de janissaires ou d’Albauais, mais dépourvus d'arliller.e de siège. Ils n'al laquèrent pas Corfou d’une manière régulière. Aussi , nonobstant la révolte d'une partie des habitants, la faiblesse de la garnison , la pénurie des approvisionnements de toute espèce, et le manque d'embarcations propres à défendre la rade et les parties de l'enceinte voisines de la mer, Chabot résista rent quinze jours, pendant lesquels il exécuta même huit sorties. Il aurait même, sans doute, bravé plus long-temps les efforts des coalisés , si , à la suite d’une action où il rut 600 hommes hors de combat, ceux-ci ne s’étaient emparés de l'tle de Vido. L’occupation de ce poste donnait A l’ennemi les moyens d’établir des batteriis contre la citadelle, où les malades et les blessés éia ent sans abri. Privé de nouvelles de Bon < parle, et de Scbérer qui rommandait alors l’armée d’Italie, Chabot désespéra de recevoir des secours, et capitula le 3 mars. Sa garnison, réduite à moins de 1.500 hommes, y compris les malades et les blessés, obtint dètre transportée A Toulon, à condition de rester un an et d< mi sans servir contre les alliés.
L’armée d’Orient n’avait désormais rien à attendre de la métropole. Les fers, les médicaments, les petites armes quelle en espérait ne pouvaient plus arriver. Cependant il était imposs ble de les tirer d’ailleurs: l’Afrique n’en confectionne pas; l’Italie était fermée. Il fallait qu’un chef actif, et intéressé A celle armée, se trouvât sur le continent pour vaincre les lenteurs, aplanir les obstacles et expédier les convois.
Bonaparte avait pourvu A tout ce qui pouvait assurer la tranquillité de l’Égypte. Il avait arrêté la démarcation des provinces, fixé les attributions des commandants, déterminé les communications, les rapports qu’ils devaient avoir entre eux, des marchés étaient passés pour renouveler l’habillement des troupes'. Le contrôleur général Poussielgue avait ordre de presser la rentrée du miry, d’innover peu, d'entretenir les bonnes dispositions des Cbeiks ; le général Dugua , au Kaire, tout en commandant avec douceur, devait être sans pitié pour la révolte.
« Bonaparte régla tout et qui concernait l'habillement pour l'an vin. La quantité d'habit* dont il ordonna la dulnbulion pmi faire connaître le nombre approximatif d'homme* dont était composée l’armée. Lea différent* rorpa d'infanterie reçurent 32,200 battu ; le* homme* qui avaient été habillé* en l'an vu ne devaient pa* l’étre en l’an vin. Il demanda » l'ordonnateur en chef an rapport particulier tur l’habillement de ta eavairne. — Le drap bien était rare; cette couleur fut réservée pour l’artillerie et le* tapeur*. — Le drap vert
Lettre au Grand- Tisir. — Restait la dangereuse Influence des Arma ns de la Porte ottomane. Le V.air était encore au-delà duTaurus, réunissant quelques milliers de malheureux sans aucune habitude de la guerre; mais son nom pouvait suffire encore pour soulever les tribus, agiter les Feilâhs. Bonaparte résolut de hasarder une nouvelle ouverture auprès du généralissime ennemi , persuadé que , st elle ne le désarmait pas, elle pourrait du moins rendre les hostilités moins actives. Il fit venir un Effendi fait prisonnier A Aboukir, l’éblouit par l'appareil de forces qu’il étala à ses yeux, et loi rendit la liberté en le chargeant d’une lettre ainsi conçue:
«Au Grand-Visif,
«Grand parmi les grands éclairés et sages, seol dépositaire de la confiance du plus grand des Sultans.
a J’ai l’honneur d’écrire à Votre Excellence, par l’Effendi qui a été pris à Aboukir, et que je lui renvoie, pour lui faire connaître la véritable situation de l'Egypte, et entamer entre la Sublime-Porte et la République française des négociations propres à mettre fin A la guerre qui se trouve exister pour le malheur de l’un et de l'autre État.
«Par quelle fatalité la Porte et la France, amies de tous les temps, et dés lors par habitude amies par l'éloignement de leurs frontières; la France, ennemie de la Russie et de l’Empereur, la Porte, ennemie de la Russie et de l’Empereur, sont-elles cependant en guerre?
«Comment Votre Excellence ne sentirait - elle pas qu’il n’y a pas un Français de tué qui ne soit un appui de moins pour la Porte?
«Comment Votre Excellence, si éclairée dans la connaissance de la politique et des intérêts des divers Etals, pourrait-elle ignorer que Ta Russie et l’empereur d’Allemagne se sont plusieurs fois entendus pour le partage de la Turquie, et que l'intervention de la France l’a seule empêché?
a Votre Excellence n’ignore pas que le vrai ennemi de (Islamisme est la Russie. LVmpereur Paul 1er s’est fait grand-maître de Malte, c’est- A- dire, a fait vœu de faire la guerre aux Musulmans: n’est-ce pas lui qui est chef de la religion grecque. cVst-à-dire, des plus nombreux ennemis qu’ait l'Islamisme?
«La France, au contraire, a détruit les chevaliers de Malte, rompu les chaînes des Turcs qui y étaient détenus en esclavage, et croit, comme l’ordonne l’Islamisme, qu’il n'y a qu'un seul Dieu.
«Ainsi donc, la Porte a déclaré la guerre A ses véritables amis, et s’est alliée à ses véritables ennemis.
«Ainsi donc la Sublime-Porte, qui a été l'amie de la France taot que cette puissance a été chrétienne, lui a fait la guerre dès l’instant que la France, par sa religion, s’est rapprochée de la croyance musulmane. Ma;s, dit-on , la France a envahi l’Égypte; comme si je n’avais pas toujours déclaré que l’intention de la République française était de détruire les Mamelucks et non
pour la cavalerie, ka drapa rouge, noir, gria, puce, etc., furent donné! aat brigades (fiufantcrw. - Quelle que fût la couleur de Puni forme, il était prescrit d'y montrer réunie# les troia couleur# nationale#. — L'uniforme de t'infantene «ait au babil-vente et un gilet de basin rrot»é : le paatalon «ait eu loile forte Sorue pour l'mfaDlerie de ligoe , et eu toile gros bleu pour l'iaf amené légère , larüllenc et
de faire la guerre à la Sublime-Porte, était de imirt aux Anglais, et non A son grand et fideie ami l’empereur
Sélint.
«La ebndof te que j’ai ternie envers tous les gens de la Porte qui étaient eu Egypte, envers les Moments dit Grand -Seigneur, envers lés bâtiments de commerce portant pavillon ottoman, n’eil-elk pas un stir garant des intentions pacifiques de la République française ?
«La Sublime- Porte a déclaré la guerre dans le mot# de Janvier A la République française, avec tffie pêéetpttalion inouïe, sans attendre l’arrivée de l'ambassadeur qai déjà était parti de Paris pour se rendre S Constantinople , sans me demander aucune explication ni té* pondre à aucune dés avances que j’ai faites.
«J'ai cependant espéré, qnoique sa décfAfatiôn âé guerre me fût parfaitement connue, pouvoir la faire revenir, et J'ai, A cet effet, envoyé le citoyen Beau-* champ, cônsaf de la République. Pour toute réponse, on l’a emprisonné; pour toute réponse. On a créé de# années, on les a réunies A Gaza , et on leur a ordonné d’envahir rfcgypte. Je me sms trouvé alors obftgé de passer le désert, préférant faire la guerre én Syrie A té qu’on la flt en Égypte.
«Mon armée est forte, parfaitement dbêfpftÉéé H approvisionnée de tout ce qui peut fa rendre victorieuse des armées, fussent-etle* aussi nombreuses que lés sables de la mer ; des citadelle* et des places fortes hérissées de canon se sont élevées Sor les eûtes et sot les frontières dn désert. Je ne crakis donc rien , et je suis ici invincible: mais je dois à l’humanité, à la Vrdté politique , an plus ancien comme au plus vrai des alliés , la démarche que je fais.
«Ce que la Sublime-Porte n’obtiendra jamais par f i force dès armes, elle peut l’obtenir par 1rs négociations i je battrai toutes les armées, lorsqu’elles projetteront l'envahissement de l’Égypte; mais je répondrai d’une manière conciliante A (ouïes les ouvertures de négociations qui me Seront faites. La République française, dès l’instant que fa Sublime-Porte ne fera pfuS câifXÛ commune avec nos ennemis, fa Russie et l’Empereur, fera tout ce qui sera en elle pour rétablir la bonne Intelligence, et lever tout ce qui pourra être un sujet de désunion entre les deux États.
«Cesses donc des armements dispendieux et Inutiles : vos ennemis ne sont pas en Égypte; ils sont sur le Bosphore, ils sont A Corfou, ils sont aujourd’hui, par votre extrême imprudence, qu milieu de l'Archipel.
«Radoubez et désarmez vos vaisseaux, réformez vus équipages, tem z-vous prêts A déployer bientôt l'étêrtdard du Prophète, uon conlie la France, mais Contré les Russes et les Allemands, qui rient de la guene què nous nous faisons, et qui, lorsque vous aurez été affaiblis, lèveront la tête, et déclareront bien haut les prétentions qu’ils ont déjA.
«Vous voulez l'Égypte, dit-on ; mais l'intention de IA France n'a jamais été de vous l’ôler.
le génie.— Lr» dragon# araunt le gilet en haeln rayé, le pmtak*
en drap. - l.'babil , le gilet et le pantalon de l'artillerie i rberal et de* i-baacrara et biuaards était en drap — Un cavalier recevait Une pair* de «ailier# et une paire de boites par an , et un rantaaala . w* paire de aoulKTa loua ica trot* mou ; hafautene portait des caequeuo»
i vuière.
N<\MK MILITA I K K
.D-initi -'pd-C» ^ ^ )f lü^lc
KK\MK M11.ITAIUK.
KRANCK MILITAIRE
OHicier (> <- o r r.il \uli'u-lnrn .
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FRANCK Mll.ITAIRE.
FBANCfe MILITAIRE.
aCfcèrgtt Wl tt MMrfutre \ Part» if rot plein* poü- HSIr», ira éttvdytï r)0Hqn'dn charge de vot intentions et de ft>» plein* posrelfs en Égypte. On pourra, en déni heure* d’entretien, tout arranger ; c'en la le Seul rttnten de fassroir l,etirpire musulman, rti lui donnant la fore* contre ws réritatite* ennemis, et de déjouer leur* projeta perfide*, qui malheureusement leur ont ddji al flirt reosji.
<i Diie* an Mot, « Nmi* ftnfwna la mer Noire i la •Russie, et ttoo» tessons d’eirr le Jooet de cette pula- . tance ennemie que noua aton» tant de sujet de haïr», je fer# I tout ce qui pourra vous convenir.
«Ge ti’ent pas Contre le* Musulman* que 1rs arrnfes frtlnçalse* aiment # déployer et leur tactique tt leur courage: c’est, au Contraire, rdtrniM a de* Musulmans, qu’elle* doivent ntl jour, comme cela * etd de tout temps, ch#s*Cr leurs ennemis communs.
«Je crois eu avoir Ssseï dit par celle lettre, il Votre ÉictlieOM; elle peut faire venir auprès d'elle le citoyen Beaueftamp, qne l'on m’assure être ddteno dans la mer fVOife: elle peut prendre tout autre moyen pour me faire cdnMttieSrs Intentions.
«Quant } mol , je tiendrai peur le plus beau jour de itw vie celui B# je pourrai contribuera faire terminer une guerre a la fois impotittque et sans objet.
•JC prie Votre EtcelleWee de croire a i’esitme et a la considération distinguée que j'ai ptior elle.»
« BoitseauTE. » •ee
Projet a de départ; leur effet. — Toute! ses dispositions étant prises « k gémirai eu chef se disposa à partir. U o'élait pas hors du Kaire que k bruit de ton départ circulait déji dans l'flal-major. — U' général Viai demaudail t ie suivre ; Üugua voulait qu'il dément II cette nouvelle, qui pouvait avoir de facheui réuijiiis, mais Kléber lut - meuie siguaiait un danger bien plus grave i quatre-vingt voilas avaient paru devant Damiette: il se croyait menace d'une iuvasion, et demandait des secours. Bonaparte fut un moment »ur le point d'aecoariri nuta récapitulant bientôt ce qu'il pavait aar les foreas ennemie* qui croisaient sar la câte, il te convainquît quo l'alarme n'etail pas fondée, et que l’escadre qu'on avait aperçue ne pouvait être que celte témoin du désastre des Turcs a Aboukir, ou quelque arrière-garde de l'expédition. Au reste, l'armée franftis* élait en mesure, de quelque céié que l'ennemi attaquai. La division Heynicr, soutenue par une artillerie uombreuse, devait, avec I jWO ou i JUKI chevaux, arrêter les troupes qui lemeraient de déboucher par la Syrie. En quelques marches, les colonnes éparses dans le Babireb pouvaient être réunies i Dam ici le. le. 15' de dragons H groupait autour de Kamaoirb, ( ancienne divitieu Bon, était en réserve, les colonnes du général Langea prêtes a se mettre en mouvement. Aussi, loin de partager les «larme* de Kléber, Bonaparte, en lui SMOUçaut qu’d avait des chose» impur I sut es 5 lui cou Ber, lui écrivit de venir le joindre a Uueetle, on , s’d trouvait quelque inconvénient 1 s’éloigner de sa divi- •MB, d'y wvoyei an de ses aidcs-de-camp.
Bntrévue de Bonaparte avec Menou. — Otte dépêthé venait i peine d’ètre expédiée, iorsqu'afriva un
courrier d’Aietandrie. Le contre-amiral Gantheanfne donnait avis àü général en chef que les vaisseaux Turcs et Anglais avaient dispara, et qu'aucon bâtiment ne Ac montrait au large. — Bonaparte aussitôt rassembla ses guides, qui stationnaient i Mcnouf depuis la bataille d'Aboukir, et gagna rapidement Alexandrie. tVjl b* vaisseaux ennemis paraissaient se rapprocher, une corvette était venue reconnaître deux frégates que Bonaparte avait ordonné de tenir prêtes â faire voile, et qui étaient mouillées dans la rade d'Alexandrie, fl n’y avait pas de temps à perdre. Cependant Kléber né devait arriver que sous deux jours; Menou, que le général en chef avait aussi mandé, et qui venait â la rencontre de Bonaparte, le rejoignit eotre le Pharillon êt l’anse de Canope. Bonaparte mit pied à terre et lui exposa longuement les vues, les motifs qui le déterminaient â braver les croisières anglaises.— «Les conseil*, lui dit-il, ont tout compromis. Coût perdu ; la guerre civile joint ses dévastations aux calamités de la guerre étrangère : les Français sont divisés, vaincus, près de subir te joug, .Parcours, je me confie à îa mer ; mais malheur à la loquacité qui a envahi la tribune, s» j« parviens A gagner nos côtes : lé règne du bavardage est à Jamais passé. Ma présence en Égypte n’est plus l indispensable. La Coalition triomphe; la France est ' battue, hors d’état d’envoyer des secours. Il ne s’agit que de se maintenir, dé conserver l'Égypte: Kléber suffira pour atteindre cc résultat. J’ai confiance en sa sagacité; lés troupes aiment ses formes, son élan ; elles l’accepteront volontiers pour rhef. Je leur adresse d'ail’* leurs une proclamation, oh je leUr recommande de porter sur lui l’affection, le dévouement qu'elle* ft’ont cessé de me témoigner. Quant aux Cheiks, Kléber leur a toujours montré peu dYgnfdsr il lui est moins facile, d’obtenir leur affection. Mais ils sont encore étourdi* de la victoire d’Aboukir, et on peut beaucoup se permettre avec eu*. Je leur écris aussi; je leur présent» mon dé|>art comme une absence momentanée* et jfl leur demande, pour le général qui va me remplacer, toute la confiance, toute l'affection qu’ils ont eues pour celui qai m’a représenté pendant que je eombattais audelà du désert.»
Lettre au Divan.— Bonaparte, en effet, avait écrit au Divan; «Ayant été instruit que mon escadre était prête, et qu'une armée formidable était embarquée dessüs, convaincu, comme je vou* l’ai dit plusieurs fols, que tant que je ne frappera» paè ùn coup qui écrasera à la foi* ton* mes ennemi* . Je ifc pourrai jouir tranquillement et paisiblement de la possession de l'Égypte-, I* plus belle partie du monde, fa» pris le parti d’aller me mettre ittoi-mêffie A la tête dé mon madré, en laissant , pendant mon absence le Commandement au général Kléber, homme d’un mérite distingué, et auquel j’ai recommandé d’avoir pour les Ulémas et les Cheiks la même amitié que fiidl. Faites tout ee qui voas sera possible pour que le peuple dé FÉftypte ait en lui la même confiance qu’eu moi , et qu’à mon retour, qui aura lieu dan* deux ou trois mois, je sols content do peuple de l’Égypte, et que je n’aie que des louaDges et de* récompenses à donner aux Cheiks. »
La supposition était forte, dit Berthier; néanmoins elle ne dépassait pas ce qu’on pouvait attendre d'une imagination musulmane. Elle n’était, d’a il leurs, destinée qu'à amortir des espérances que pouvait éveiller la nouvelle du départ : il suffisait qu’elle contint les Turcs jusqu’à ce que les troupes fussent revenues de leur surprise, et que Kléber eût pris le commandement.
Adieux à l’armée. — Voici en quels termes Bonaparte faisait ses adieux à son armée.
«Soldats , les nouvelles d’Europe, m'ont décidé à partir pour la France; je laisse le commandement de l’armée au général Kléber. L’armée aura bientôt de mes nouvelles; je ne puis pas en dire davantage. Il me coûte d : quitter des soldats auxquels je suis si attaché, mais ce ne sera que momentanément, et le général que je leur laisse a la confiance du gouvernement et la mienne.»
Instruction s à Kléber. — Voulant aussi prévenir les bruits que l'étonnement, la malveillance, pouvaient propager dans l’armée , le général en chef chargea Menou de faire passer chaque jour au Kaire un bulletin de sa navigation, et de ne cesser que lorsqu’il n’aurait plus connaissance des frégates. Il lui donna le commandement d’Alexandrie, de Rosette et du Babkreb, et adressa au général Kléber les instructions suivantes :
«Vous trouverez ci-joint, général, un ordre pour prendre le commandement en chef de l’armée. La crainte que la croisière anglaise ne reparaisse d’un moment à l'autre me fait précipiter mon voyage de deux ou LroisjoursJVmmène avec moi les généraux Berthier, Aodreossy, Mural, Lanucs cl Marmonl, et les citoyens Monge et Beriboliet.
«Vous trouverez ci-jo nls les papiers anglais et de Francfort jusqu’au 10 juin. Vous y verrez que nous avons perdu l’Italie; que Manloue, Turin et Torlonc sont bloquées. J’ai lieu d’espérer que la première tiendra jusqu'à la fin de novembre. J'ai l'espérance, si la fortune me sourit, d’arriver en Europe avant le commencement d’octobre.
« Vous trouverez ci-joint un chiffre pour correspondre avec le gouvernement, et un autre chiffre pour correspondit avec moi.
«Je vous prie de faire partir, dans le courant d’octobre, Junot ainsi que mes domestiques, que j’ai laissés au Kaire. Cependant je ne trouverais pas mauvais que vous engageassiez à votre service ceux de mes domestiques qui vous conviendraient.
«L’intention du gouvernement est que le général Desaix parte pour l’Europe dans le courant de novembre, à moins d’événements fâcheux.
«La Commission des Arts passera en France sur un parlementaire que vous demanderez à cet effet, conformément au cartel d’échange, dans le courant de novembre , immédiatement après qu’elle aura achevé sa mission. Elle est maintenant occupée à voir la Haute- Égypte; cependant ceux des membres que vous jugerez pouvoir vous être utiles, vous les mettrez en réquisition sans difficulté.
« L’Effendi fait prisonnier à Aboukir est parti pour se rendre à Damiette. Je vous ai écrit de l’envoyer en Chypre; il est porteur, pour le grand- visir, d’une lebtre dont vous trouverez ci-jointe la copie.
« L’arrivée de notre escadre de Brest à Toulon, et de l’escadre espagnole à Carthagène, ne laisse plus de doute sur la possibilité de faire passer en Egypte les fusils, les sabres, les pistolets, les fers coulés dont vous pourriez avoir besoin , et dont j’ai l’état le plus exact, avec une quantité de recrues suffisante pour réparer les pertes des deux campagnes.
« Le gouvernement vous fera connaître alors ses intentions lui-même, et moi, comme homme public et comme particulier, je prendrai des mesures pour vous faire avoir fréquemment des nouvelles.
« Si, par des événements incalculables, toutes les tentatives étaient infructueuses, et qu’au mois de mai vous n’eu&sez reçu aucun secours ni nouvelles de France, et s:, malgré toutes les précautions la peste était en Egypte celle année et vous tuait plus de 1,500 soldats, perle considérable, puisqu'elle serait en sus de celles que les événements de la guerre vous occasiooeront journellement , je pense que daus ce cas vous ne devez pas hasarder de soutenir la campagne, et que vous êtes autorisé à conclure la paix avec la Porte ottomane, quand même la condition principale serait l’évacuation de l’Égypte. Il faudrait seulement éloigner l’exécution de celte condition jusqu’à la paix générale.
«Vous savez apprécier, aussi bien que moi, combien la possession de l’Egypte est importante à la France ; cet empire turc, qui menace ruine de tous côtés, s’écroule aujourd'hui, et l’évacuation de l’Egypte serait un malheur d’autant plus grand , que nous verrions de nos jours cette belle province passer en des mains européennes.
« la s nouvelles des succès ou des revers qu’aura la République doivent aussi entrer puissamment dans vos calculs.
«Si la Porte répondait, avant que vous eussiez reçu de mes nouvelles de France, aux ouvertures de paix que je lui ai faites, vous devez déclarer que vous avez tous les pouvoirs que j’avais, et entamer les négociations, persistant toujours dans l’assertion que j’ai avancée, que l’intention de la France n’a jamais été d’enlever l'Égypte A la Porte ; demander que la Porte sorte de la coalition et nous accorde le commerce de Ja mer Noire, qu’elle mette en liberté les prisonniers français, et enfin six mois de suspension d’armes, afin que, pendant ce temps-là, l'échange des ratifications puisse avoir lieu.
«Supposant que les circonstances soient telles, que vous croyiez devoir conclure ce traité avec la Porte, vous ferez sentir que vous ne pouvez pas le mettre à exécution qu'il ne soit ratifié, et suivant l'usage de toutes les nations, l'intervalle entre la signature d'un traité et sa ratification doit toujours être une suspension d'hostilités.
« Vous connaissez, citoyen général, quelle est ma manière de voir sur la politique intérieure de l’Égypte : quelque chose que vous fassiez , les chrétiens seront toujours no8amîs. Il faut les empêcher d’être insolents,
•fin que les Turcs n’aient pas contre nous le même fanatisme que contre les chrétiens; ce qui nous les rendrait irréconciliables. Il faut endormir le fanatisme , afin qu'on puisse le déraciner. En captivant I opîuion des grands Cheiks du Kaire, on a l’opinion de toute l'Égypte et de tous les chefs que ce peuple peut avoir : il n’y en a aucun de moins dangereux que les Cheiks, qui sont peureux, ne savent pas se battre, et qui, comme tous les prêtres, inspirent le fanatisme sans être fanatiques.
«Quant aux fortifications, Alexandrie, El-Arich , voilà les clefs de l'Égypte. J'avais le projet de faire établir cet hiver des redoutes de palmiers, deux depuis Saleh.eh à Katieh , deux de kalieh à El-Aricb; l’une se serait trouvée à l'endroit où le géuéral Menou a trouvé de l’eau potable...
«J’avais le projet, si aucun nouvel événement ne survenait, de lâcher d’établir cet hiver un nouveau mode d'imposition, ce qui nous aurait permis de nous passer à peu prés des Cophles; cependant, avant de l’entreprendre, je vous conseille d’y réfléchir long-temps. Il vaut mieux entreprendre celle opération un peu plus tard qu'un peu trop tôt.
« Des vaisseaux de guerre français paraîtront indubitablement cet hiver à Alexandrie, Bourl os ou Damiette. Faites construire une bonne tour à Bourlos, tachez de réunir 500 ou 6U0 Mamducks, que, lorsque les vaisseaux français seront arrivés, vous ferez 1 un jour arrêter au Kaire et dans les autres provinces, et embarquer pour la France. Au défaut de Mameiucks, dis otages d’Arabes, des Cheiks el-beled, qui, pour une raison quelconque se trouveraient arrêtés, pourront y suppléer. Ces iudividus, arrivés en France , y seront retenus un ou deux ans, verrout la grandeur de la nation , prendront quelques idées de nos mœurs et de notre laugage, et, de retour en Égypte, y forceront autant de partisans.
« J'avais déjà demandé plusieurs fois une troupe de comédiens : je prendrai un soin particulier de vous en envoyer. Cet article est très important pour l’armée et pour commencer à changer les mœurs du pays.
« La place importante que vous al.ez occuper en chef va vous mettre à même, enfin, de déployer les talents que la nature vous a donnés. L’intérêt de ce qui se passe ici est vif, et les résultats en seront immênses pour le commerce , pour la civilisation : ce sera l’époque d’où dateront de graodes révolutions.
« Accoutumé à voir la récompense des peines et des travaux de la vie dans l’opinion de la postérité, j’abandonne avec le plus grand regret l’Égypte. L’intérêt de la patrie, sa gloire, l’obéissance, les événements extraordinaires qui viennent de se passer, me décident seuls à passer au milieu des escadres eunemies pour me rendre en Europe. Je serai d’esprit et de cœur avec vous. Vos succès me seront aussi chers que ceux où je me trouverais en personne, et je regarderai comme mal employés tous les jours de nia vie où je ne ferai pas quelque chose pour l’armée dont je vous laisse le commandement, et pour consolider le magnifique établissement dont les fondements viennent d’être jetés.
« L’armée que je voua confie est toute composée de
mes enfants; j’ai eu dans tous les temps, même au milieu des plus grandes peines, des marques de leur attachement. Entre tenez -les dans ces sentiments : vous le devez à l’estime toute particulière que j’ai pour vous et à l’attachement vrai que je leur porte.
« Bonaparte. »
Jugement sur le retour de Bonaparte en France. — Lettre du Directoire. —le départ de Bonaparte pour la Fiance a été l’objet de vives attaques. Nous laisserons parler sur ce sujet un auteur qui n'a jamais été accusé de partialité pour le général en chef de l’armée d’orient : « Plusieurs écrivains, dit Jomini, dont les déclamations trouvèrent quelques partisans, ont qualifié le départ du général français de honteux abandon, ne i’impuianl qu'à la crainte d’être obligé de mettre bas les armes. Il y a plus que de l’injustice dans un pareil reproche; il y a de la mauvaise foi. Dans des temps ordinaires, et sous un gouvernement stable, nul doute qu’un départ arbitraire ne lui eût attiré une disgrâce méritée. Mais dans la situation actuelle, il en était tout autrement : l’intérêt de la chose publique semblait étroitement lié au sien , et la crainte ne dut entrer pour rien dans sa résolution; car si l’avenir offrait quelque danger, c'était encore dans le lointain. Les Anglais, occupés de leur expédition de Hollande, ne songeaient pas encore à menacer l’Égypte : les seuls ennem<s que pùt redouter l’armée étaient les Turc*; mais quelque nombreux que fût le corps que le grandvisir rassemblait eu Syrie, pouvait-tl épouvanter le chef de 20,000 Français aguerris, fiers de cent victoires, et qui, dans les batailles récentes du Moot-Thabor et d’Aboukir, avaient eu la mesure du courage et de la science militaire des Ottomans? La journée postérieure d’Héiiopotis ne répond-elle pas victorieusement à cette accusation? — La publication de la correspondance inédite de Bonaparte a d’ailleurs prouvé que son départ avait été, sinon précisément ordonné, du du moins autorisé. On y lit une lettre du Directoire, qui l’engageait à rentrer en France, eo le prévenant que les opérations des flottes combinées, française et espagnole, n’avaient d’autre but que de gagner l’Égypte pour en ramener l’armée. A la vérité , quelques personnes prétendent que la décision des Directeurs ne lui fut point connue. D’autres affirment, au contraire, que par ses premières instructions mêmes, il avait plein pouvoir de revenir et de désigner son successeur.»
Voici cette lettre du Directoire à Bonaparte. On la trouve aussi dans plusieurs autres recueils. Elle est datée du 7 prairial, an vu (25 mai 1799).
«Les forces extraordinaires que développent l’Autriche et la Russie, la tournure sérieuse et plus qu’inquiétante qu’a prise la guerre, exigent une concentration des forces de la République. En conséquence, le Directoire a ordonné à l’amiral Bruix d’employer tous 1rs moyens en son pouvoir pour être maître de la Méditerranée et faire voile vers l’Egypte, afin d’en ramener l’armée que vous y commandez. Il est en même temps chargé de s’entendre avec vous sur les moyens d’embarquement et de transport. Vous êtes le mieux en
état de juger si vous pouvez, avec sûreté, laisser en Égypte une partie de vos forces , et dans ce cas , le Di* recto ire vous autorise à en donner le coin mandement à celui que vous jugerez convenable. Le Directoire vous verrait avec plaisir revenir à la tète dm armées républicain#* que vous avez commandées jusqu’à présent avec tant de gloire.»
•Signés: Tubiui&m», Hëvemjlêre-Lefaix et Barras.»
«On a contesté, dit Tbibeaudeau , l'authenticité de cette pièce; on a dit qu'elle ne se trouvait ni sur les registres, ni dans les minutes de cormpuudanee déposées dans les archives du gouvernement. Up écrivain a prétendu que la signature de celte lettre, ou de toute autre, avait été surprise aux directeurs.— Quoi qu’il en soit, le directeur Merlin atteste que, lorsqu’on vit les armées de la République battues, l’Italie envahie et les frontière? menacées, les regards du D rectoire, ceux de beaucoup de Français, se portèrent naturellement vers le général qui l'avait conquise, et qu’il délibéra à t unanimité de rappeler Bonaparte.»
Départ dn Bonaparte pour la France. — Au wo-
netii où Bonaparte remettait au général Menou ses dernières instructions , un bâtiment apparut A trois üc yes au large. Ou craignit que te ne fut Sidney Smith. Lé fiHHjrauural lia utiles mue mou ta sur une dune divvée pour reconnaître ce bâtiment, et M convainquit qu'il faisait voila ver» i'Ile de Chypre, venant aans doute de reconnaître ne qui w passait dans le port ’ d'Alssaudrie. U engagea le géuérsl en chef à ne pas perdre un instant pour s'embarquer : "Ne craigne* rien , répondit Bonaparte . U fortune ne nous trahira pas ; nous arriverons en dépit des Anglais. s-Bouaparteavait fait batte A au endroit étogné d'une lieue d'Alef andrie, et que le» dunes empêchent d'apercevoir de ia ville. Une deuil-heure avant le coucher du soluil , il se dirigea , en suivant le rivage, vers le Pberilion , mut' A la pointe orientale du Port-Neuf , t une portée de canon d’Aietandrre. U nuit était dose et fort obscure lorsqu’on arriva au Phartilon ; les chaloupes des frégates, qui devaient s'y trouver pour recevoir Bonaparte et sa suite, 8 'étaient pas encore an rivage. Au risque de donner l’éveil 1 1e ville, on fut obligé, pour Ira avertir de i’arrivée de Bonaparte et leur indiquer l'endroit ou il les attendait , de brader quelques amorces. Elles répondirent
enfin à ce tigntl ; cites arrivèrent. Le générai eu chef embrassa Menou et moula aur sa chaloupe : les aulies personnes de sa suite , sans distinction de rang ni de grade, s’emprraaénmt de s’embarquer, et entraînées par leur impatience, par la crainte de ne pu y trouver place, et d’élre laissées eq arriéré, entrèrent dans l’eau jusqu'au» genou».
Menou se hâte de revenir â Aleiandrie, afin d’eqvoyar aussitôt à bord dos frégate» le» généraus Marmont, La nues et Murat, ainsi que Üenon. Les frégates le Uuiron et le Carrire , destinées â transporter |e général Bonaparte , son étal -major et les officiera généra m qu'il emmenait avec lui, étaient mouillées au dehors de la patate de Port-Neuf , A demi-portée de canon du Phartilon. — On arriva â neuf beurra du son fi bord du Nuiron , bâtiment préparé pour le générai en chai. Il faisait calme pial , et ou se mit aussitôt â table , eu désirant qu’uu vent favorable bâtai le moment d’apparrîiier; car oo regardait comme importent de se trouver au jour hors de vue de terre, lent pour éviter ia croisière anglaise, qui pouvait reparaître d’un instant â l'autre, qu’â cause de le garnis on d’Aleaand/is, dont oo craignait le mécon lentement. — bpr le Canin étaient embarqués le chef de division Doras noir, les généraus La nues, Murat et Mar moût ; aur le Huit ou , Bonaparte, Bourmnne , l’aide-de-cansp La valeur , le contre-amiral (iualheaums , les généraus Berlhter et Andréosoy. les savants Monge et BertboUM.— Pendant la mut, un bateau arriva eus frégates i c’était le littérateur Parcevai, membre de i’inafitut, qui demandait par grâce a être ramené en France. Monge et UerthOiieL obtinrent de Bonaparte de le laisser monter A bord dp Carrire. — Deu» peins bâtiments, la pingpe/a HevamMe, et l’aviso l' Indépendant , accompagna usât les frégates pour- leur servir d'éclaireur». — U 21 sont an matin ir calme régnait encore, oo distinguait sur les avenues du Port-Neuf la foule qui s’y était portée pour être témoin du départ : «lie as laissa enirevpv par aucune manifestai. oo ira aeutiuieota qui l'sgitaipnt. Vers neuf heures, il s'éleva une légère brise de terne, dont no profitai cette brise fraîchit bientôt! A midi, les flAgates avaient perdu de vue les cotes de l’Egypte.
Laissons les voguer vers la France. - Pour noos, N est temps de revenir au» armées do flinu et d’Itaün, dont la bravoure n’avait pas pu balancer ia fortune 4e la Coalition.
RÉSUMÉ CHRONOLOGIQUE
Il jwiixrr Arrivée 4c I* Hotte att^lo-l urque devant Alexandrie.
12 — Débarquement de* Turcs près d Aboukir.
13-14 — Apperitiou de? NUmelurM <taus DBasae-Lgirpte. — — Ils sont rejetât dans le dè*eit.
14 — Prise du fort d’AJunikir par le* Turcs.
! 21 JCH.LRT. Arrivée dr Bonaparte à Alexandrie.