‹ France (volume 3)Chapitre 98 sur 105 · TRES · texte numérisé non relu

TRES

Cachet. — M. de Waillv, dans ses Eléments de paléographie y donne foixt origine aUx cachets l'usage où i*oA était i au quinsième siècle^ d'employer le contre-scel à la place du sceau, lorsqu'on voulait authentiquer des actes peu importants. Nous ne pouvons adopter cette opinion; nous croyons, au contraire, que les contre-sceaux et les cachets étaient choses tout à fàit distinctes. Les cachets étaient sans doute des sceaux privés; nous serions même tenté de regarder comme de Stables' caelietS les pierres gravées romaines qui nous Sont parvenues enchâssées dans des anneaux; et les fameux actes de Pépin et de Charlema-

fne, rendus valables par l'empreinte 'une téte de Jupiter-Sérapis ou de . Bacchusv ne taott» sembllBlit attestéé que par des ieeawtprW^ OU cachets, lie cachet aurait donc eu pour origine le petit sceau. Il faut convenir pourtant que ce petit sceau était quelquefois employé dommè oontrè-scel. Aftt&i, ail revers du grand sceau de Jean j due de Bretagne (1275), nous trouvons un sceau secret portant la légende suivante : SI . DVGIS . BRITAN • AD . LITTE-

AAfl.ctAVk.. {Sigiltum ducis Britan^ nia ad Citeras daugaà).

' fti téilttiiéi waiiS lilnictMu -l WtUsi*>

miner rigoureusement la différence qui existe entre le cachet et les autres espèces de sceaux , nous croyons que le cachet était un sceau non authenti(]ue et n'ayant que peu do valeur on jus^ tice. Le lecteur trouvera sur ce sujet plus de détails aux articles Sceaux

et CONTBB-SCEAUX.

Cachin (Josebh-Marie^^rançois), Inspecteur géaéiaî des ponts et chaussées, né, en 1757, h Castres ; mort à Paris en 1825, a dirigé pendant vingt an» les tra\aux de la digue de Cherbourg. Il a publié quelques ouvrages , 'Oarml lesiquels nons citerons son Méinotrè êur ta digue de Cherbourg^ comparée au breakwater ou jetée de Plymouth, 1820, in 4*, destiné à réfuter certains auteurs anglais qui avaient vanté outre mesuré la digue de Piymottthf en défiant celte de Ghsf- . bourg.

Cad ASTBE.— Selon le Dictionnaire de r Académie, le cadastre est un registre public dans lequel la quantité et * la qaauté des biens-fonds sont marquées en détail. £n administration, on appelle ainsi la levée du plan d'un territoire, par nature, quantité et Qualité de biens fonds, pour servir de base à la répartition de la eoutribulion fon- > oière.

A l'article Cens on verra que, dans le temps de la domination romaine , le comte des largesses avait , pour la r^ partition de la capitathm «t des impdti assis sur les propriétés, un taneatt général des biens-tonds de chaque pro^ vince de l'empire. Après l'invasion, celui de la Gaule servit aux rois visigoths, bourguignons, francs, etc.

(qui S*étaiettt subîrtitués aux droits des empereur$>) pour connaître les terres domaniales et bénéficiales que leur attribuait la conquête comme propriétés publiques^pour connaître les terres privées , en raif« le partage entre eux el te anciens possesseurs , et enfin pour percevoir Sur ceux-ci , dons la proportion des biensqui leurétaient laissés, les tributs qu'ils étaient accoutumés de payer au trésor impérial. Cet 'ordre do Chosies ste Inaintint sous les rois de la pftmléta Moa^ f^A j^iftMM lo mhi ste

M GA0 • L*UNfVERS. CAD

faire établir ou réviser le cadastre des Ijroviiices dont le partage de la succession de leurs pères avait fait des royaumes. En 590 , Cbildeberf, roi d*Austrasie, donna commission à Florentius , maire de son palais , et à RoiTHillus, un de ses comtes, de réformer celui de ces états, qui , dressé sous le règne de son père Sigobert , était devenu défectueux. A peu près dans le même temps, Chilperic*, qui rpjLj;nait à Soissons , fit faire, pour la rectification du cadastre de son royau* me,- un recensement si onéreux au 'peuple,que plusieurs possesseurs abandonnèrent leurs biens et leurs cit^ pour se soustraire à des impôts qu'ils prévoyaient devoir être écrasants. Sur ces entrefaites, la mort ayant frappé les enfants de Chilpéric, ce prince, gui regarda ce malheur comme une punition fin ciel , brilla, à la prière de sa femme Fredégonde, les nouveaux recensements, et lais^ le cadastre dans Tétat où il se trouvait précédemment. Plus tard, la négligence que Ton apporta à constater, sur les cadastres, les accroissements, mutations et changements de nature des propriétés, y jeta de la confusion. Ensuite, les dons excessif, faits an clergé, déterres toujours affranchies dMmpôts , joints à Taffaiblissement graduel du pouvoir royal, affaiblissement à la faveur duquel tout le monde trouva ie moyen , ou de se soustraire aux impositions publiques , ou de les 'confisquer à son profit, rendirent les cadastres inutiles, et il n'en fut plus question. Alors, les seigneurs, pour la levée des redevances auxquelles ils avaient assujetti les terres cédées par eux à des vassaux , tenanciers ou colons , firent faire des descriptions particulières de leurs domaines, et ces descriptions furent appelées terriers.

Quand /a taille fut devenue une imposition permanente, on éprouva le besoin de la répartir avec égalité , et plusieurs provinces firent dresser le cadastre de leurs propriétés foncières.

La Guyenne, la Bourgogne, l'Alsace, la Flandre, le Quercy, rArtois et bi Bretagne eurent les leurs; celui de Daupluaé, appelé Péréquaire, dat^ de

1359; celui du Languedoc portait le nom de Compoix; celui de l'Agénois fut exécuté d'après un règlement du 17 novembre 1604; Tarpentage général des terres du Condomois eut lieu en vertu d'une déclaration du roi, de février IGGO. La généralité de Montauban avait aussi un cadastre qui furre* visé par suite d'un arrêt du conseil , du 13 février 1664. CSe n'est pas que, pendant ce long espace de temps, l'idée d'un recensement général et d'une appréciation de tous les biens-fonds du royaume ne ÎGX venue à personne. • Cliarles VII l'avait eue, et en avait ordonné l'application le 26 juin 1461 ; mais cette idée était restée à peu près en projet et n'avait reçu d'exécution qu'en Provence. Un arpentage détaillé ou parcellaire de toutes les propriétés foncières formait la base du grand projet qu'avait conçu Colbert de rendre la taille réelle par toute la France , et que la mort j'empNÊcha d'exécuter. Enfm , par déelaratvondu2I novembre 1763, rendue sous le ministère de liertin , Ltuis XV ordonna que, pour exclure tout arbitraire et toute inépiité dans la répartition des impositions, il fût procédé à la confection d'un cadastre général embrassant tous les biens-fonds, même ceux du domaine, du dérivé, des princes. Ce projet, comme benucoiip de ceux que Ton faisaitalors, n eut pas de suite.

On sait que lorsque les trois ordres furent appelés à nommer des députés aux états généraux de 1789, ils furent autorisés à dresser des cahiers, contenant l'exposé des griefs dont ils desiraient le redressement, et des améliorations qu'ils croyaient possibles et nécessaires. Si)ixante-treize assemblées électorales de la noblesse et cinquantehuit du tiers état, en tout cent trente et une, demandèrent la confection d'un cadastre général. L'Assemblée nationale crut devoir faire droit à une manifestation aussi imposante; et, le l*"' décembre 1700, elle décréta le principe. Par la loi du 2i août 1791, les administrations de département, sur l'avis des conseils municipaux des coranuines et des adtanûiisUratioDS de dts-

CAD FRANCE. CAD su

trict, furent autorisées à ordonner la gea , le 26 décembre 1800 , un conseillevée du plan du territoire et Tévaiua- ler d'État de radiniûistration du cation du revenu d'une commune, lors- dastre, et dlx4iiitt mois plus tard, .qae cette demande serait faite par le quand il examina à fond oe^ immense conseil municipal, même avant qu*il entreprise, il en fut presque effrayé, fût formé aucune demande en réduc- lui qui , plus tard, ne devait s'étonner tion d'impôt; et, par une autre loi du de rien. « Lu cadastre général, disait- 16 septembre de la même année, i'As- « il, est uneopération monstrueuse qui semblée nationale r^la le mode par « coûtera plus de trente millions et eit« lequel on lèverait le plan topdgraphique « géra au moins vin^t ans. La mensud'une commune^ « ration et l'évaluation ne sont pas les «Lorsqu'il sera procédé, est-il dit «plus difUciles, c'est la connaissance dans cette loi, à la levée du territoire « des rapports desdivers départements d*nne oommnne , ringénienr chargé de « entreeux.» Gequi est rigoureusement l'opération* fera d'abord un plan des vrai.

masses, qui présentera In circonscrip- Le 30 juin 1802, il ordonna la fortion de la couuiiune et sa division en mation d'une commission de sept sections , et formera ensuite les plans membres pris dans les diverses parde détail qui composeront le parce!- ties du territoire français , pour s'oclaire de la commune. » L'Assemblée cnper de répartir la contribution fon* constituante se sépara après avoir ré- cière avec la plus grande égalité. Cette glé, le 20 aoiU 1791, les dépenses du commission ne vit nas de meilleur bureau du cadastre et voté des fonds ifjoyen d'arriver à ce fcut que la eoiitipour y pourvoir. nuation du cadastre. Muis, effrayée de L*Assemblée législative respecta ce la nécessité où l'on était, en suivant qu'avait £iit sa devancière, niais n*y le plan décrété par TAssemblée constiajouta rien pendant un an qu'elle exis- tuante, de mesurer et d'évaluer la totata. La Convention vota, le 21 mars litédesparcelles de terrain dontsecom- J793, la confection d'un cadastre gé- pose le sol de la France, elle proposa néral , prescrivit des mesures pour at- d'abord de fixer invariablement et conteindre oe but , et organisa le service, tradictoirementles limites des oommu- Le 3 novembre de la même année, elle nés sur lesquelles il y avait contestaplaça le bureau du cadastre sous la tion; ensuite, d'arpenter par section et surveillance du comité des subsistances nature de culture au moins deux et au et approvisionnements ; le 27 janvier plus huit communes par chaque sous* 1794, elle ordonna l'impression dlin préfecture; de former, sur une édidle rapport sur la confection d'un grand- uniforme, une carte figurative et géolivre des propriétés territoriales; et le métrique des communes arpentées, et 22 octobre 1795, le directeur du ca- enfin , d'en évaluer les produits impodastre et les diverses administrations sables. Quant aux communes qui ne qui avaient besoin d'un géographe, fu- se seraient point soumises à l'arpenrent autorisés, à le demander, chaque tage , il devrait en être dressé, diaprés année, au ministère de l'intérieur. Sous les matrices ou états de sections, un ces trois assemblées , par des raisons dépouillement présentant les contequc tout le monde connaît , la cadas- nances ainsi que les revenus alors imtratkm de la France n'avait pas mar- posés , et l'évaluation nouvelle devait ché avec une grande célérité : cepen- être ftite par comparaison avec Itt dant, elle rtait déjà assez avancée le communes arpentées et évaluées. Tout 22 novembre 1 708 , pour que le Direc- cela fut adopté par arrêté du 2 novem* loire exécutif autorisât les contrôleurs bre 1802.

et répartiteurs de l'impôt à se servir Cette manière de procéder , qui li-

des résultats déjà obtenus pour distin* vrait tout aux hypothèses et aux sup-

guer chaque article de propriété. positions, fut tort mal accueillie par

Farvena an consulat, Napoléon cbar* les préfets et les oonseito géoéraui*

L'arpentage des communes fut mal fait, et n'eut même pas lieu dans quel* quee départtuMRta. Alors , le souver* iiement, cédant à la clamear générale, . ordonna, par arrêté du 19 octobre 1804 , que toutes les communes de France seraient évaluées et mesurées par sections et nature de culture. Par ca nouveau mode, on arrivait jusqu'à une répartitk»! éi|altable de rimpdt entre les cx)mmunes; mais la répartition entre les contribuables restait à la merci des répartiteurs, toujours dis* posés, malgré leur équité, à aorchar* êer les autres , pour s'épargner eui et leurs amis. Sur de nouvelles réclamations, le gouvernement se décida à sacrifier qumze mille plans de masses, ein^ ans de travaux et plusieurs milf Uona de dépense, pour en revenir, en 1808 , au système de PAssemblée constituante, a Tarpentage par parcelles.

En conséquence de cette determina*tion, on oréaiiis-i une section degéo* mètrea et f arpenteurs dans chaque département; on classa les travaui, oa établit l'ordre dans lequel ils se surcéderaient les uns aux autres; on institua, pour les surveiller, des inspecteurs généraux , à chacun desquels en confit dix à dottie départements; on prit eih fin toutes les précautions imaginables pour que tous les détails de cette immense opératiou tussent aussi exacts que possible, et Ton marcha dans la nouvelle voie que Ton venait d'ouvrir.

Napoléon prit alors une haute idée du cadastre. A Sainte-Hélène, il disait qu'il eût pu être considéré, à lui seul, comme la véritable constitution de Kempire, cM-à-dire, comme hi garantie des propriétés de chacun y car, une fois établi , et la législature ayant lixé l'impôt, chacun faisait aussitôt son propre compte, et n avait plus à craindre Tarbitrairt de Tautonté on eeKui des répartiteurs, ce qui est un point essentiel et le moyen le plus sûr pour forcer à la soumission.

Pious croyons convenable de donner une idée soùmiaire de la manière dont il a été prooédé depuis à la oonfoctioir du cadastre. Les opérations qui avaient peur ftMtt d'y arriver ont été cireeuh

crites dans chaque département, et devaient marcher par cantons, puis sucoeasivement par arrondissements.

Chaque année, le préfet arrêtait Tétat des communes qui devaient être cadastrées , et le soumettait au conseil genériil avec celui des dépenses. Le budget des travaux à exécuter était soumis au ministre des Unances oui lu rendait exécutoire. Lu travail d'eiécution était divisé en quatre séries ; 1" celle de la délimitation des communes, de la division du territoire en sections, de la mensuration des pnrœlies, de la levée des plans, etc.; 2* l'expertise, qui comprenait la répartition des terrains en cinq classes pour les terres labourables; en quatre classes pqur les prairies , et en trois pour les y'h gnobles , en raison de leur dei^ré du fertilité; 3" la répartition individuelle» qui avait pour objet de faire, à choque parcelle , Tapplication des évaluations; 4** enûn , les mutations , dont le travail Bvajt pour bot de constater les changements de propriétés, les subdivisions par suite de partai^e, les dônaturations par cause de cliangement de culture. Celle-ci est la plus importante, car uUu doit survivre à toutes les autres ut ^re tdujours subsistante; sans elle, tout ce que l'on a fait, à force de temps et d'argent , ne serait plus dans dix ans qu'un véritable chaos.

En 1808 , quand le gouvernenieot impérial ordonna la reprise du ea* dastre sur de nouvelles bases, il asafr* gna un fonds de 3,000»000 fr. pour faire face aux dépenses. De 1809 à 1814 inclusivement, on couvrit ces dépenses par une addition d*un trentième a la contribution foncière. En 1816, les centimes spéciaux ayant été confondus, les trois centimes un tiers affecter au cadastre furent compris dans cette réunion, et le trésor dut fournir pour les dépenses une somme dont nous ne connaissons pas le cliifTre.

En 1816, il fournit 1,500,000 fr. ; en 1817, 3,000,000. ISous ignorons les allocations des quatre années suivantes. A partir ûn V janvier 1839, oà les opérations cadastrales fuf^nt cir- Gunscrites dans flhii^pia rt^ysrtitiawwy.

an

FRABiCE.

les conseils geni^raux, autorisés par la loi du 31 juillet 1821 , durent voter annuellement, pour les frais du cadastre , des impositions dont le monlanl ne pouvait eieéder irois ceniiines par nranc du principal de la contribution foncière, et purent même s'imposer extraordinairement pour bâter la fin des travaux. Conmie tous les départements ne possèdent pas les mêmes ressources, il fut fait, sur les fonds généraux, un fonds commun pour venir au secours des départements nécessiteux en proportion des fonds votés par leurs conseils géné* faux. Ce fonas commun fut d'un million. Le 18 mai 1828, plusieurs lois autorisèrent les départements des Ardeimes, de la Charente, de la Drome, du Puy-de-Dùme, des Ppux-$èvres , à

tianisn^e recommandent de rendre a?eo décence 6t vénération à la terre la dé-

5 ouille mortelle de ceux qui ont cessé ^exister ici- bas ^ quoiqu*un Qoncila tenu sous le règne de Charles la Cbauve ait dit : « Si les proches et les « héritiers veulent d'eux-mènies otïrir a quelque chose à TÉglise pour tenir <^ lieu d'aumône de la part du défunt, « nous ne défendons pas de raoeepteri « mais nous défendons absolument « de l'exiger et de ledemander, de peur a qu'on n'accuse 1 Église de vénalité , « ou qu'elle ne paraisse se féliciter « de la mort des bonmes , si cette « mort lui est utile , » pendant long* temps l'avidité sacerdotale refusa l'inhumation aux cadavres de ceux qui étaient decedés sans faire, par testament, de donations à r£glise. Pour se

user die la d^fnière maHé que leur débarrasser des restes d'un père ou accordait la loi de juillet 182| , et à d'un mari qu'il n'était pas permis de

ajoyter deux centimes à ceux qu'ils votaient annuellement. Pour donner encore plus d'activité aux travaux du cadastre, qne loi du 3 aodt 1839 permit aux conseils généraux de s'imposer extraordinairement, à partir du f janvier 1830, de cinq centimes, en addition aux trois qu'ils votaient tous

déposer soi-même dans un lieu non consacré, il fallait qu'un iils, une épouse encore tout ea larmes, ressuscitant f^ivemenl le défunt, et agissant ea leur nom , fissent une libéralité bien plus proportionnée à la cupidité des prêtres qu'a la valeur de l'héritage qu'il laissait. Ce n'était qu à pe prix qu'un

les ans. Plasieurs départements ayant mort obtenait la permission de dormir

profité de cette autorisation, on put auprès des siens. Cette contunie inéé»

enfin parvenir au terme de cette 00^ cente, frappée inutilement de répro-

lossale entreprise. bation par plusieurs conciles, n'a cédé

En résumé, le cadastre a coûté plus qu'incomplètement au progrès des lu-

de trente ans et près de ]ôO,aoo,000. mières et à la clameur gjénérale; car

Il y a loin de là aux vingt ans et aux les prières à dire sur le eercueil d*im

80,000,000 auxquels l'avait éviloélA décède sont encore de nos jours le su-

premier consul Bonaparte.

Cadavbe. a l'article Sépulture, nous ferons connaître jusqu'à quel point on a porfê, à toutes les époques, en France le respect qa» Ton doit au dernier asile de ceux qui ne sont plus, et de quelle protection on a environné les cendres des morts. Nous nous

jet du marchandage le puis seanda«

leux.

Au moyen âge, et jusqu'à la ûa du dix-huitième siècle, le trénas ii*af* franchissait point un hoosme des poursuites de la justice , et ne mettait pas fin au procès intenté contre lui pour obtenir la réparation d'un crin)e ou

bornerons ici à dire que celui qui avait d'un délit qu'il avait commis, soit eu dépouillé ou outrseé un cadam était vers les autres , en oommettaot un

exclu, parla loi saTi(^ue, du commerce vol ou un meurtre, soit envers lui-

des hommes , jusqu à ce que les pa rentsdu défunt, apaisés par une réparation suflisante. eusseot demandé eux-mêmes qu'il fut réintégré dans ses droits. Qj»oi4noiM préceptes du cfaris-

même, en se donnant volontairement la mort. l)ài\s ce cas et autres semblables, ou procédait contre le cadavre d*ttn aocttse, si ce cadavre existsît en* oore, sinoDi contun sa iQoiQoii)S| liots

restes avaient disparu. Alors le juge

nommait à l'un ou à Tautre un cura* leur à qui on faisait prêter serment , et toute la procédure se diriue.iit contre lui jusqu'au jugement détiuitif. Ce curateur pouvait , quand il y avait eu oondamnation, Inteijeter appel de la sentence oui la prononçnit ; il pouvait même y être contraint'par un des parents du défunt; mais il fallait que, dans ce cas , ce parent fît les avances de la procéduf^e. Le cadavre condamné par jugement était traîné sur la claie à travers les rues de la ville, puis jeté à la voirie. Cest à ce supplice infamant, auquef était jointe la confiscation des biens , que Louis XIV, par une ordonnance enregistrée au parlement le 24 mai 1686, condamne cpux des protestants qui, s'étant convertis à la communion romaine, refuseraient, à leur dernière heure, les sacrements de l'Église, et seraient morts en déclarant qu'ils rentraient dans leur première croyance. Ces procédures et ces condamnations, qui n'avaient pour résultat qu^une horrible profanation, ont été sagement abolies par la législation nouvelle. Aujourd'hui , toutes poursuites correctionnelles ou criminelles, même commencées, sont éteintes par le décès du prévenu ou de l'accusé, et un défunt n*est responsable que devant l'opinion publique et devant Dieu de ce qu'il a fait ou dit pendant le cours d^ sa vie. Les seules procédures auxquelles donne lieu , soit une mort subite, soit rinventîon d*un cadavre, sont une enfluéte et des informations tendant à aécouvrir si la mort a été volontaire ou a été la suite d'un attentat, et ce n'est que dans ce dernier cas que la , ustice procède , non pour flétrir un lomme qui n'est plus, et dépouiller ses léHtiers légitimes, mais pour découvrir et punir son meurtrier. L'Église seule, persévérant dans ses anciennes maximes , refuse les honneurs funèbres, ainsi que les prières publiques, aux restes d un suicidé , et les fait inhumer dans un lieu distinct, à côté de ceux des hérétiques. Cependant il faut reconnaître que cette espèce de ilétris- •ure imprimée à un cadam n'a liea

CAD

ni à Paris ni dans les grandes villes ,

et tend à cesser partout.

Cadéac (Pierre), compositeur français du seizième siècle. On a de lui un recueil de motets intitulé MoUta qwUuor, quinque et sexvocum, lib. i, Paris, 1665 , in-4''. Dans la collection des messes de Cardane, on trouve aussi une messe à quatre voix de cet auteur.

CiDBifAS.Lecadenasqui, selon l'auteur de r/te des Hermaphrodites , n*a perdu que sous le règne de Henri III le nomden^/ qu'il avait porté jusquela , était dans l'origine un meuble de forme bizarre représentant un navire, et destiné, selon du Gange, à contenir les vases fui servaient à noire. Cependant, d'après les citations que fait ce savant, on est disposé à croire que la 7if/etait un de ces vases mêmes, ou tout au moins un vase propre à contenir du vin. En effet, il reproduit un passage du Hxman de Garm^ où il est dit :

Tressant b talilp, sVst h Garin taillis Que la nef d'or lui vost dex poias XoMr, * U Tins espaad sor le pdiçon girit.

n reproduit un autre passage du même ouvrage, s'expriment ainsi :

Devant Garin tint Mauroisin U nrf Toulc Tu pleine de vin et Je ckirc.

Enfin, il cite un vers d'une rlironique manuscrite de Bertrand du Guesclin, où la nrf est mise sur la même ligne que les vases qui servaient à boire *

Ban^pi • cooppci tHitnâaûn or létaÎMaL

Tout cela semblerait justifier notre

opinion.

Quoi qu'il en soit, ce meuble est d'origine fort ancienne. On en remarquait un parmi les présents (jue le roi Robert fit à l'empereur Henri , lors de l'entrevue' qu'il eut avec lui sur les bords de la Meuse. Dans la suite des temps, la nef reçut une autre destination : elle servit , comme au seizième siècle le cadenas, à serrer les ustensiles de table. Comme sa ibrm^ ne permettait guère de la placer d'une manière convenable, on la faisait supporter par des sirènes, des lions, ou on lui donnait tout simplement des pieds. Ordinairemeiit on y joignait quelque orne*'

CAD rUJ^IYËRS.

CAD

CAD

ment particulier. Dans un inventaire

qu' fut dressé en 1379, des joyaux , bijoux, pièces d'argeRterie, etc.', que le roi Charles Y possédait dans ses hotels'et châteaux, on trouve : 1* vingt nefs en argent doré dont le poids n'est pas déterminé, et qui étaient probatleinent des vases à boire ou à mettre le vin, à moins qu'elles ne fussent réservées pour les convives des banquets royaux; 2^ en argent doré encore, la

frande nef du roi Jean , ayant à ses eux bouts un château et tout autour des tournelles, pesant soixante -dix marcs; 3° en or, une grande nef portée sur six lions, émaillée de France, et portant à chacun de ses bouts un ange, pesant cinquante -trois marcs quatre onces; 4" en or aussi, une autre nef portée par quatre lions, du poids de vingt-neuf marcs une once; 5** en

rie de Cadenet fut érigée en vicomté en 1225, en faveur de l'un des ancêtres (le Pierre de Cadenet y grand sénéchal de Provence en 1341. La population de cette ville est aujourd*ntti de deux mille cinq cent quatre-vingtquinze habitants.

Cadenet (Antoinette de), dame de Lambesc, fit parler d'elle au treizième siècle , par ses chansons et ses relations avec les troubadours tes plus célèbres.

Cadenet, troubadour du treizième siècle , naquit dans le château de Cadenet , sur la Durance. Un amour malheureux le décida à entrer daiis Fordre des Templiers , et il fut tué , vers 1280, dans la Palestine, en covnbattant les Sarrasins. Il nous reste de lui un traité contre les galiadours , c'est-à-dire les médisants , et vingt-

or pareillement , une grande nef don- quatre chansons bachiques et éroti-

née par la ville de Paris, pesant cent ques. Les manuscrits de la bibliothè-

vingt-cinq inarcs; enfin, toujours en que royale contiennentplusieurspièces

or, une petite nef, ayant à chacun de de ce troubadour,

ses bouts un $erpent,* et pesant trente Cadëbousss , petite ville de Tan-

et un marcs : tout ôela donne , sans cien comtat Yeriaissin , à quatre kilo-

compter les vingt premières nefs dont inètres d'Orange,

le poids n'est pas indiqué, soixante- La terre et seigneurie de Cnderousse

dix marcs d'argent dore et deux cent était divisée en trois parties , l'une

trente-huit marcs cina onces d'or, employés dans cette espèce de meuble.

' Quand la nef eut pris le nom de cadenas, on lui donna la forme d'une assiette carrée, retroussée sur les bords, élevée de deux doigts, servant à serrer la cuiller, la fourchette, le couteau, et pourvue d'un couvercle, où l'on mettait du sel , du poivre et du sucre. Dans les derniers temps, le cadenas était une espèce de coffret en or ou en 'vermeil destiné au même usage , et réservé au roi et aux très-grands seigneurs. On l'apportait en cérémonie , et on le plaçait sous leur niairi quand ils avaient pris place à table. Il est à présumer que c'est la crainte des em-

desuuelles fut érigée en duché en 1663, en tavenr de la maison à^jineezvne.

Les deux autres parties appartenaient à la chambre apostolique et à la maison (le t'ortia d'Urban.

On croit que la ville de Caderousse est située sur remplacement de l'ancienne FlndaHa^ ou Fabius Maximtts remporta une grande victoire sur les Arvernes , dont cent cinquante mille furent no^és dans le Rhône. Caderousse fait aujourd'hui partie du département de Vaucluse, et sa population est de trois mille cent soixanteneuf habitants. C'est la patrie du compositeur Berbiguier.

Cadet (Madame) , peintre en émail

poisonnements qui a donné l'idée de fort distinguée , obtint, en 1787, le

serrer ainsi sous def les objets servant brevet de peintre de la reine • et justi-

à boire et à manger, ainsi que les subs- fia ce titre par d'excellents ouvrages,

tances dont on pouvait abuser. Elle mourut en 1801.

Cadenet, petite ville de l'ancienne Cadet -de -Metz (Jean- Marcel ),

Provence, département de Vaucluse , minéralogiste, né à Metz en 1761, était

à seize kilomètres d*Alx. La seigoeu- subdéléj^ généni et Inspecteur des

T. m. 84* Uvraisan, (Digt. bngygl., btg.) 84

MO

5}ioes en Cor^^ , au commenoemept e la révolution- Il a publié sur cette b plpsi'eu^s ouvrages intéressants*

entre autres : 1" Les. jaspes et autres pierres précieuses de la Corse ; T Mémoire sur les bois de Corse, iu 12, 1792 ; a**. Corsf I rçUawraUxm de eeUs Ue , ith4*i 1824. On lui doit encore quelques n^omoires sur différents sujets d'administration.

Cadet-de-Valx (Antoine-Alexis) , fière de Louis -Claude Cadet -Gassioomt, naquit à Paris en 1743. U se livra entièrement à l'étude de l'économie rurale et domestique, et rendit les plus grands services par ses nombreux travaux philanthropiques. C'est à lui qu*est>dMe, entre autres bienfaits « la suppression du cimetière des Innocents , à Paris, le perfectionneinent de \à panilication , la création des comices agricoles, Tapplicatioa de |à gélatine des os à Téconomie alimentaire , etc. , etc. n est mort dans une honorable pauvreté en 1828.

Gadet-G assicouut (Charl.-Louis), fils de Louis- Claude, naquit à Paris en 1769. Il exerçait , lorsque son père mourut , la profession d*avocat, qu'il abandonna alors pour se faire recevoir pharmacien. Il était , au 13 vendémiaire an iv , président de la sectiop dvi Mont-iilauc, qui marcha contre la Convention. Condamné à jnort pou[t ce fait , son Jugement fut annule peu de temps après par le jury du tribunal criminel de la Seine. En 1809, comme pharmacien delà maison impériale, il suivit Napoléon ei^ Aatrîclie et resta près de lui durant toute la campas^ne. Neuf ans plus tard , en 1818, il lit paraître sur cette campagne des mémoires intitulés : f oyage pi, Autriche, en Moravie et en Bo' iftëre, 1 vol. in-8®, 181B. A la création de l'Académie de médecine de Paris, il fut noimné secrétaire de la section de pharmacie. 11 a beaucoup contribué à la formation du conseil de salubrité , institution si vtile sous le rapport de riv^gîètte publique. Il moqrut a Paris, eri 1821. On a de lui un prand nombre d'ouvrages dont on peut voir la iisu daus une notice publiée par

CAD

M. Ëmile Salverte sur ce savant estimable.

CADBT-GASStcouBT (Louis-Claudc),

pharmacien , né à Paris en 1731 , fut successivement apothicaire - major à riiôtel des Invalides , apothicaire en chef des armées d'Allemagne , et en* suite de celle de Portugal. Reçu membre du collège de pharmacie de Paris en 1759, il fut admis en 1766 à l'Académie des sciences. Les mémoires de ces acadl^mies , el d'autres iournau]^ scientifiques , contiennent ae lui de nombreux mémoires sur la chimie. Il a rédigé les articles Bile et Borax dans [Encyclopédie. Nommé directeur des travaux chimiques de la manufacture de Sèvres, il n'accepta cette place qu'en refusant le traitement qui y était attaché, et en demandant qu'il lût donné à un savant estimable et pauvre dont il désirait faire son adjoint. Il mourut en 1799. On a de lui: Jnahjse chimique des eaux minérales de Passy, Paris, 175-5, in-8°; 3/é' moire sur ïn ferre foliée de tartre , Paris , 1764, in-8« ; Catalogue des remèdes de Cadet y apothicaire ^ Paris, 1 765 , in-8* , ouvrage qui a servi de base au Formulaire magistral publié par son fils ; Observations en réponse a Ueaumé sur la préparation de réthery sur le mercure, sur le précipité pcr se, e^ m* rédueUon des chaux métalliques , Paris , 1775 , in-4°; Expériences et observations chimiques sur le diamant : ses collaborateurs pour cet intéressant travail furent les célèbres Macquer , Dareet et Lavoisier.

Cadetes , ancien peuple gaulois , mentionné par César, et dont on croît recoMii.Htre le territoire dans le diocèse de Baveux.

CadbtsI— Cette qualiflcation n'était pas autrefoisappliquée partout delà même manière. Suivantquelques coutumes, le cadet était le dernier né des enfauts mâles, natu minor, Junior, et .ceux qui se trouvaient entre lui et k premier étaient les mainés. Dans d'autres , le cadet était le second. Avec |e temps , les choses se régularisèrerit , et d'un uom commun on appela cadets

CAD ' L'UNIVERS

CAD

tous ceux qui étaient venus au monde après l'aîné.

Il paraît démontré que , sous les deux premières races de nos rois, tous les enfants du même père avaient une part égale dans sa succession, féodale ou roturière. (> fut sous les Capétiens que, pour consolider les maisons que l'on venait de fonder, et en maintenir la splendeur , on imagina de concentrer la plus grande partie des biens sur une seule tétc , et cette téte se trouva naturellement celle de l'aîné des fils, qui, j)lns avancé en i\/;e, était plus que ses frères en état de défendre les domaines de sa famille.

Nous ne répéterons pas iri ce qui a été dit plus haut au mot Aînesse (droit d') ; nous ajouterons seulement que, par celte nouvelle et déplorable coutume, qui ac<piit rapidement toute la force d'une loi , les cadets frirent dépouillés de la portion de l'héritage de leur père qui consistait en possessions féodales , et livrés , pour leur subsistance, à la merci de leur aîné : une foule de monuments le prouvent. Nous ne citerons ici que l'assise de Geoffroi , comte de lîrelacne , de l'an 1 185 , où il est dit formellement : Majores natu integrmn dommium ohtineant , et jimioribus , pro posse suo y provideant de necessa?^Us vt honeste viverenf. Mais comme l'injustice qu'il y avait à dépouiller ainsi les cadets était trop criante pour qu'elle n'émiU point les entrailles de quelques pères moins orgueilleux et moins dénaturés que les autres, on chercha à y remédier tant bien que mal , et on institua les tenurcs en parage et en frérage (voyez ces nmts).

Malgrécetle modification apportée à la coutume, le sort des cadets de maisons nobles fut beaucoup plus malheureux que celui des cadets des bourgeois de Paris, qui recueillaient dans la succession de leur père une pnrt égale a celle de leur frère aîné. Il fallut donc leur créer des privilèges, leur accorder des préférences, et fonder des institutions pour eux. Les cadets furent, dès leur naissance, destinés à l'Église , ou placés dans les ordres religieux et mili-

CAD 581

taîres ; de là vient que la plupart des

évéques, des abbés, des chevaliers du Temple, de Saint-Jean de Jérusalem, de Malte, furent des cadets de grandes maisons; de là, au dix-huitième siècle, cette nuée d'abbés musqués et damerets , espèce amphibie dînant de l'autel et soupant du théâtre, courant les bénéfices et les ruelles , s'attelant au char d'une femme sans pudeur, devenant pour elle un meuble de boudoir^ un joujou destiné à occuper les deux ou trois jours qui séparaient une intrigue finie d'une intrigue ébauchée, et se prêtant aux plus vils comme aux plus pénibles services.

Louis XIV, pour remédier autant que possible à ce désordre scandaleux, et assurer une existence à une faible partiedeceux que les usagesdu royaumd condamnaient à mourir de faim , s'ils ne voulaient pas se déshonorer, créa en 1682 plusieurs compagnies de cadetsgentilshommes, auxquels il fit donner l'éducation nécessaire à des hommes de guerre (voyez Cadets [corps des]).

L'Assemblée constituante ayant , par la loi du 15 mars 1790, aboH le droit d'aînesse par rapport aux iiefs , et, pour les autres biens, par l'art. 1"" de la loi du 8 avril 1791, les cadets ob- ' tinrent dans la succession de leur père une part égale à celle de leur aîne, et les institutions créées en leur faveur devinrent sans objet. Quant à celle des cadets gentilshommes, elle se trouva naturellement abolie par l'article de la déclaration des droits qui établis»

sait que tous les Français étaient, sans distinction de naissance et de ranç 4 admissibles à tous les emplois civils et militaires.

Cadets (corps des). Louis XIV, voulant former une pépinière d'ofUciers instruits, créa, eu 1682, plusieurs compagnies de cadet s-genUlsnornmes^ qui devaient recevoir, aux frais de lËtat, une éducation militaire complète. Des professeurs de mathémati-

aues, de dessin, de langue allemande, 'escrime et de danse, étaient attachés à chaque compagnie. Mais bientôt Louis XIV se vit forcé à faire cks

L^iyKizuj Ly GoOglc

sas CàB LM^NlVERSi. CAB

économies; on abolit dlors l'admission gratuite dans les compagnies de cadets, et les candidats furent obligés de payer une pension annuelle de cinqunnte ëcus, et d'aller prendre leurs lettres à la cour. Ces conditions toutes fiscales empêchèrent beaucoup de gentilàioinines sans fortune de se piéwntmr, et modifièrent Tinstitution primitive. I! suffit alors qu'un jeune nomme filt assez riche pour remplir les conditions imposées, et qu'il appartint à une bonne famille vhHtnt MoMsmen^ (c'est-à-dire, du produit de ses revenus), pour qu'il fiUa(|mis. En 1692, après une existence de dix années , les compagnies de cadets furent entièrement supprimées.

Par ordonnance du 12 décembre 1726, Louis XV rétablit six compagnies de cadets qui furent placées dans les citadelles de Cambrai , Metz , Strasbourg, Perpignan, Bayonne et €aen. Ces compagnies furent, en 1729, véduites à deux , qu'on réunit plus tard en une seule, inqucHc fut licenciée en 1733. Une ordoniKuice de I.ouis XVI, en date du 25 mars 1776, créa un emploi de cadet -gentilhomme dans chacune des compagnies de tous les corps d'infanterie, à l'exception du régiment du roi. Cetle ordonnance sj)écifiait qu'on ne pouvait recevoir un Of^cier sans qu'il eût passé prcalatile^ ment par le grade de cadet. Les pages du roi, de la reine ou des (lis de France, étaient seuls exempts de cette rè^le , et avaient le droit d'entrer d'emblée comme officiers dans les régiments.

Les cadets devaient être âgés de

auinze à vingtans, nés nobles ou fils 'un officier ayant le grade de colonel, lieutenant-colonel, major, ou d'un capitaine chevalier de Saint -Louis. Us faisaient le service de soldat et en portideot l'uniforme; seulement le chapeau, les boutons, les chemises, les souliers, le fusil , l'épée, le ceinturon et la giberne étaient du jnéme modèle ^e cetu des officiers , et ils avaient en outre, pour marque distinct! ve, une épaulette en or ou en argent, suivant la couleur du bouton. Ils étaient d'ailleurs exempts des corvées , et étaient

réunis en chambrée sous les ordres d*un ofRcîer choisi par le colonel.

Avant d'être nommés sous-tieulenants,

les cadets devaient passer par tous lesgrades inférieurs. Les colonels ré-

Liaient le temps qu'ils devaient passer ans chacun de ces grades , suivant leur aptitude, leur instruction et leur conduite. Le plus ordinairement on leur faisait monter trois gardes de soldat, trois de caporal et trois deser-

f[ent, après ^uoi on les nonimait sousieutenants a la suite. Quand une sous»

lieutenance devenait vacante, le colonel pouvait y nommer celui des cadets qui lui en paraissait le plus digne. Son choix tombait sans doute toujours sur le plus méritant , comme c'est encore la coutume de nos jours , où le ehoîas n*est jamais que la récompense du vrai mérite , et non le prix de l'intrigue et de la faveur. Les cadets recevaient , sur les fonds de 1 école militaire, une solde de douze sous par jour. Ceux qui sortaient dcjcetle école étaient habillés et équipés auv frn/s de l'établissement; ils s'entretenaient ensuite au moyen de la pension de dcu.\ cents francs que le roi accordait aui anciens élèves, jusqu'à ce qu'ils fussent parvenus l\ un grade dont le traitement filt de douze cents livres. Les autres cadets s'habillaient à leurs frais.

Il y avait aussi des cadets d'artillerie, pris parmi les jeunes gens de famille. On les ptaçiiit dans les écoles affectées à cette arme, où ils recevai(;nt l'instruction nécessaire pour devenir ensuite officiers.

Depuis la révolution, cette institutlon a entièrement dispara en France, où la forme du gouvernement ne peut comporlerde pareillesexceptions ; mais quelques puissances du ^ord, telles que r Autriche, la Bavière, la Prusse et la Russie, l'ont conservée. Les écoles de cadets deBerlin, dePotsdam, de Culm, de Stolpe, fournissent des sujets fort capables à l'école militaire , où ils complètent leur éducation. La Russie entretient à grands frais plusieurs écoles de cadets à Saint-Pétersbourg, à Moseou et à Kief ; en sortant de ces établissements, les cadets, ^ontnoqfimés

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tfAB FRANCE. €AÙ

80U8-1ieutenants dans tes divers régiments de Tarmée. .

Cadbts db' la: cboix. Toyei

MISABDS.

Cadtbona (combat de). Au dernier siège de Gênes, les généraux Masséna et Soult, à la tête d'un petit nombre de soldats nus et manquant de pain , défendirent, avec une valeur et une habileté admirables, tous les postes qui environnaient cette ville, la seule que nous eussions encore en Italie. Vingt mille Impériaux , anx ordres du général Mêlas, s'avancèrent contre trois mille Français, qui occupaient les environs de Savone. Cette petite division, commandée par le général Gardanne, arrêta, par des prodiges de valeur, les Autrichiens depuis le point du jour jusqu'à dix heures du matin. Mais enfin, accablé par le nombre, Gardanne se replia sur Cadibona. Les Autrichiens le forcèrent encore à abandonner cette position. La retraite se faisait même avec quelque désordre, lorsque ie général Soult accourt avec quelques bataillons, et ramène nos troupes au combat. Cependant elles paraissaient près de céder, quand Soolt saisit un drapeau , s*élance au plus fort de la mêlée, et combat lui-même avec la vigueur d'un simple grenadier. Klectrisés par cet acte de dévouement, nos soldats se précipitent sur ses traces , et repoussent Tennemi. Soult se forti* fie à Montemore; mais bientôt sa retraite de Gênes est coupée, et le fort de Savone, qu'il était venu secourir, va manquer de vivres et de troupes. Dans cette position critique, Soult manœuvre pour amuser les ennemis. Cependant on l'attaque avec des forces si considérables qu'il se replie précipitamment sur Savone. Les Autrichiens le suivent de si près qu'ils y entrent avec lui. Ils en sont cependant chassés. Soult ravitaille la place, l'évacué à trois heures du matm , et se porte sur les hauteurs d*Aibissola, dont il chasse les Autrichiens, terminant ainsi trois affaires très-sanglantes, soutenues h coups de baïonnettes, de pierres et de crosses de fusil, (ô^t 6 avril 1800.)

Cadillac , ville de l'ancienne Guyenne , cfaef*Ueii du comté de Benauges , à quarante-quatre kilomètres*

de Bordeaux, possédait autrefois une collégiale et un magnifique château, bâti par le duc d'Épernon* Cette ville, qui lait aujourd'hui partie du département de la Gironde, possède une po-* pulation de mille cinq cents habitants.

Cadix (insurrection de). Le mouvement insurrectionnel qui avait éclaté à Madrid contre le corps d'occupation français (8 mai 1800), se répéta dans' la plupart des grandes villes de la Péninsule. Le peuple de Cadix, excité par les intrigues anglaises et par des prédications fanatiques, se souleva (28 et 29 mai) contre le général Sdano, capitaine général de l'Andalousie et gouverneur de la ville; il l'attaqua dans sa maison , se saisit de sa personne , et r^orgea avec uiie cruauté impitoyable. Le général Tudela, investi par les furieux du commandement général, ordonna à l'artillerie des remparts et des forts de faire feu contre cinq vaisseaux et une frégate qui étaient mouillés sur la rade. Ces bâtiments , qui ne pouvaient s'éloigner à cause d'une escadre anglaise qui croisait devant dîx, se rendirent aux Espagnols, qui les livrèrent à l'amiral anglais.

Cadix (siège de). Au commencement de Tannée 18t0, les Français étaient à peu près maîtres de toute l'Andalousie; Cadix seule, où la junte insurrectionnelle s'était retirée, et avait réuni toutes ses forces, résistait Chargé par le maréchal Soult de réduire cette place , le duc de Bclhine en commença le siège le 6 février.

L'île de Léon, sur laquelle on saitque Cadix est bâtie, a la forme d'un triangle presque régulier, dont deux côtés sont baignés par TOcéan : de ces deux côtés-là, l'île, et, par conséquent, Cadix , étaient protégées par les flottes espagnole et anglaise; le troisième côté de S'île n'est séparé de la terre que par un étroit canal , sur lequel existait un ancien pont long de sept cents pas ; mais ce ^ont , la junte l'avait tout d'abord fait détruire. Située à l'extrémité du triangle, c'est-à-dire ,

au point le plus éloigné du continent, Cadix ne pouvait donc être attaquée que du rivage, et à énorme distance; enfin , dans cette direction même, elle ne présentait aux attaques de Tennenii qu'une ligne de fortificitions puissantes dont les deux extrémités s'appuient à la mer. Indépendamment de quinze mille Espagnols qui occupaient Cadix et les forts de l'île, un corps auxiliaire de sept mille Anglais était venu de Portugal et de Gibraltar pour défendre la place et ses approches.

On voit, par les détails qui précèdent, combien était difficile l'entrepri.se des Français. Tout ce qu'ils purent fut de bloquer Cadix du côté de la terre. En mars, la tranchée s'ouvrit sur plusieurs points le long des côtes; le mois suivant , inalgré le feu des forts et des flottes, les travaux de siège continuèrent. En dépit des sorties vigoureuses faites par les assiégés , d'abord les petits forts qui garnissent la baie, puis la vaste forteresse de Matagorda, tombèrent au pouvoir des troupes françaises. IMatagorda est située visà-vis' de Cadix; de ce point plus rapproché, le duc de lîellune entreprit ue bombarder la ville, malgré la distance qui l'en séparait encore. A cet effet, on fit couler à Séville des mortiers d'invention nouvelle , qui pouvaient lancer des bombes à plus de dix-neuf cents toises , et on les établit en batteries sur le point appelé Trocadero.

Le 15 décembre, les premières bombes furent lancées : elles atteignirent le centre de la ville; mais comme les maisons étaient presque entièrement bâties en pierre, il n'en résulta aucun incendie, et le dommage fut insignifiant. Les Français durent donner une autre direction* à leurs efforts; et, dès janvier 1811 , ils s'occupèrent de la construction et de l'armement d'une flottille destinée à tenter une attaque contre l'île de Léon. D'autre part, l'assemblée des cortès, réunie à Cadix, était loin de se laisser abattre.

Plusieurs fois les assiégés , dans des sorties, essayèrent de repousser les assiégeants , "et parvinrent à détruire une partie de leurs travaux. Les gé-

néraux espagnols , d'accord avec les Anglais , conçurent même un projet hardi dont la réussite devait amener non-seulement la levée du siège, mais la délivrance de l'Andalousie. Leur dessein était de mettre à profit l'eloignement du maréchal Soult, qui se dirigeait sur le Portugal pour porter secours à INIassénn, et d'aller prendre toutes les lignes des Français à revers, tandis qu'elles seraient attaquées de front par la garnison , et que les vaisseaux et les chaloupes canonnières menaceraient tous les points de débarquement. Les Espagnols ne négligèrent rien de ce qui pouvait contribuer au succès de leur entreprise; néanmoins, le duc de Beihine, qui n'avait alors sous ses ordres que les seules troupes de siège , parvint à faire échouer ce vaste plan. Les débris du corps expéditionnaire, qui avait quitté l'île de Léon le 20 février, y rentrèrent le 5 mars, après avoir essuyé le matin même à Chiclana une sangbnte défaite. Depuis lors, nul incide nt remarquable ne signala la continuation du blocus, qui se prolongea jusqu'en août 1812. A cette époque, les succès de Wellington obligèrent les Français à abandonner un siège qu'ils avaient poursuivi avec tant de persévérance, et à quitter l'Andalousie.

liC 3 octobre 1823, les Français s'emparèrent de Cadix après un investissement de courte durée, et rendirent à la liberté le roi Ferdinand Y\l , que les cortès y retenaient prisonnier.

Cadobe (duc de). Voyez Champa-

GNY.

Cado«et (Gabriel), sergent au 66" de ligne, né à Selles (Marne). Le deuxième jour complémentaire an vu, à l'affiiire de INIanhein , il rallia à son peloton une troupe de fuyards, et soutint le l'eu de l'ennemi tant qti'il eut des cartouches. Pendant sa retraite, qu'il effectua dans le plus grand ordre, il reçut une blessure dont il mourut.

CADOT(N.),chefd'escadron au IS'Tégiment de dragons, né à la Ferté-!Milon ( Aisne ) , entre au service en 1783, reçut tous ses grades sur le champ de

CAD FKAISCE.

bataille. Pendant la campagne de Prusse , en octobre 1807, il chargea, à la téte de vingt-cinq dragons d'élite , la ea?aterie ennemie, fit prisonniers quatre-vingts cuirassiers prussiens et quatorze officiers. Après les avoir ramenés au général Beoker, il continua sa ctiarge, et prit encore deux olUciers de hussards avec 4U de leurs soldats et cinquante chevaux. .

CADOT(lV.)s'est fait connaître comme le plagiaire le plus hardi peut-êtredont il soit fait mention dans l'histoire littéraire. Le P. Janvier, chanoine régulierdeSaint-Sympboriend*Autun, avait publié un Poème sur la conversation, Autun, 1742. Cet ouvrage , imitation d'un I oëme latin du P. Tarillou, était

Sssé complètement inaperçu, lorsi^ue idot, le myant entièrement oublié t 8*avisa, quinze ans après , d'y changer une vingtaine de vers , et de le reproduire sous son nom avec ce titre : VJrt converser, poème, Paris, 1767, in-8«. Cadot mourut la même année, et ce ne fut que dans un article de la Décade ( n" du 11 avril 1807 ) que son plagiat l'ut dévoilé. On peut consulter a ce sujet les notes du poëme de la Conversation par J. Delille.

Cadoudal ( George) naquit, en 1769, dans le département du Morbihan , où son père était meunier. Il sortait du collège de Vannes lorsque rinsurrection vendéenne éclata. Il était

Erét à se réunir aux insurgés du Morihan; loaîa ce département n'ayant pas agi avec assez de vitîueur au gré des royalistes, il alla rejoindre l'armée vendéenne, qui faisait alors le siège de Granville. Actif et entreprenant, il enrôla des paysans et des matelots fatigués de la paix; maïs, surpris parles républicains, il fut jeté dans les prisons de Brest, d'où il s'échappa déguisé en marin. i\ fut alors nommé par les cbe6 royalistes commandant de son canton. La paix de 1795 ne l'empêcha pas de concerter avec les Anglais le débarquement qui s'effectua à Quiberon. Envieux de toute autorité supérieure à la sienne, il essaya de rejeter sur un autre chef de chouans nommé Pi^saie la responsabilité de cette ei*

péditlon. Il le fit arrêter et ne le laissa vivre que par pitié. Cependant ce féroce nartisan, qui accusait ses collègues ae trahison, céda aux propositions du général Hoche en 1796, et consentit à licencier ses bandes, et même à les désarmer. ^Mais, en 1797, une nouvelle coi)spi ration ayantécjipué, Cadoudal essaya de ranimer rinsuirrectfon, et ilyréus8it^l799.Battu dans toutes les rencontres, il traita enfin avec le général Brune, et jura la paix. Il partit alors pour Londres, où le comte d'Artois le décora du cordon rouge et le nomma lieutenant général du royaumô de France. Cadouda), pour lui témoigner sa reconnaissance, débarqua en Bretagne, où il tenta encore de recommencer la lutte, et fit fusiller un beau-frère de Boormont qui avait traité avec les agents républicains. Mais, repoussés de tous côtés, Cadoudal et ses troupes furent encore forcés d'abandonner leurs projets. L'explosion de la macliine infernale daas b rué Saint-Tlîeaise avertit le gouvernement que George, rer non(;;ant aux combats de haies et de fossés, recourait à l'assassinat : toutes ses démarches furent alors épiées, e^ lorsqu'il partit d'Angleterre , le 19 août, il fut suivi depuis son débarquement jusqu'à Paris. Son plan était, d'après ses aveux mêmes, d'attaquer le premier consul au milieu de sa garde, et (îe le tuer, pendant que d'autres conjurés devaient essayer d*enlever la place de Paris. Cadoudal, après avoir pris toutes ses mesures , allait effectuer son dessein, lorsqu'il fut arrêté, le 9 mars, dans la rue Saint-llyai.intbe ; il conduisait le eabriolet qui le portait à un dernier rendez- vous. Sa résistance ftit désespérée : il tua l'agent qui était monté sur le niarclieied , blessa celui qui tenait les r^nes e son cheval, et se sauva dans une rue voisine, où un citoyen, le saisissant au corps , le retint jusqu'à l'arrivée des autres agents. Condamné à mort, il refusa de se pourvoir en cassation , et fut exécuté le 25 juin. Cadoudal était, ainsi que Ta dit Napoléon , une bétejéroce^ ignorante et clouée de courage, makfomimoimeatik^qualUé.

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