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HAUSSE-COL

au neuvième siècle , était , suivant l'opinion commune, né en Danemark.

Néanmoins, le chroniqueur Kaoul Glaner prétend que Hasting était fils d'un paysan des environs de Troyes , et que, poussé par un penchant irrésistible au mal , il quitta sa patrie et sa religion pour faire cause commune avec les pirates. La première expédition importante où on le voit figurer , eut lieu de 845 à 850, où il débarqua, près de l'embouchure de la Loire , à la tète d'une troupe nombreuse. Nous ne le suivrons pas ici dans le cours de ses ravages en Anjou, en Poitou, en Touraine, en Verman lois, en Bretagne, etc. Disons seulement que ces horribles dévastations n'eurent un terme qu'après la conversion d'Hasting au christianisme. L'abbé de Saint-Denis et plusieurs évêques , à force de supplications , de promesses et de présents , parvinrent à le fléchir. Le chef normand se laissa conduire devant Charles le Gros, consentit à la cérémonie du baptême, moyennant une forte somme et la cession du comté de Chartres.

En 898, Rollon ayant débarqué sur les rives de la Seine, Hasting se joignit au corps d'armée envoyé contre lui par Charles le Simple. Il eut avec les pirates une entrevue qui le fit soupçonner de trahison; et. après une défaite essuyée par les Français, il quitta le comté de Chartres et repassa en Danemark, où il mourut , on ne sait en quelle année.

Hàtry ( Jacques-Maurice ) , général en chef, né à Strasbourg en 1 740. Colonel au commencement de la révolution, général de division en 1794, il se distingua aux armées du Nord , des Ardennes et de la Moselle, à la bataille de Fleuras, au blocus du Luxembourg, où il fit capituler une garnison de 12,000 hommes , à l'armée de Sambre et-Meuse (campagne de 1796), fut nommé général en chef de l'armée de Mayence , le 8 janvier 1797, y dirigea avec habileté les opérations militaires, remplaça, en juin 1798, le général Joubert dans le commandement des troupes stationnées en Hollande, fut compris, en décembre 1799 , parmi les membres du sénat, et mourut à Paris en 1802.

Hàubaj* ou Hautban, terme féodal,

désignant le droit annuel de rachat de la corvée. On appelait encore ainsi le privilège pour la vente des vieilles hardes, que le roi ou ses officiers pouvaient seuls accorder. De là vient ce terme de hautbannier du roi, qui s'appliquait à ceux qui jouissaient de ce droit.

Haubereau (fief de). Les opinions sont fort partagées sur l'étymplogie de ces mots, désignant un fief de peu d'importance. Les uns considèrent haubereau comme diminutif de haubert , et rattachent cette locution à celle, dejfo/ de haubert; d'autres la dérivent du vieux mot picard hoder, bouger, «parce que les gentilshommes appelés hobereaux sont casaniers , » dit Furetière. Enfin, le dictionnaire de l'Académie dit qu'on a voulu comparer les petits nobles de campagne au petit oiseau de proie appelé haubereau, ou hobereau. Cette dernière étymologie nous semble la plus fondée.

Haubergeox. Voyez Haubkbt.

Haubebgieb, détenteur d'un fief de haubert, ou aussi fabricant de hauberts.

Haubert, cotte de mailles à manches et à gorgerin dont s'armaient les chevaliers (*). Nous avons déjà dit que Fauchet croyait trouver l'étymologie de ce mot dans le \al\n albus, blanc, parce que, disait-il , les mailles en étaient blanches (voyez cotte d'armes), polies.

Du Cange, juge plus compétent, le dérive de l'allemand hats-berg (défense du cou). En basse latinité, haubert se traduisait par halsberga , albergetlum , ausbtrgotum et osbergum. Haubergeon n'est que le diminutif de haubert.

Haubert (fief de). Voyez Fief.

Haudatvcoubt. Voyez Lamotte.

Haudriettes, religieuses de Tordre de l'Assomption de N. I)., fondé par l'épouse d'Étienne Haudry, secrétaire de saint Louis. Elles ne prirent qu'en 1622 le nom de religieuses de l'Assomption.

Haunet, ancienne arme en forme de croc.

Hausse-col. Cette partie de l'an-

(*) Cette cotte de mailles était ornée d'une pièce d'cioffe brodée des armoiries du chevalier. Les écuyers n'avaient pas droit de porter le haubert.

haussez FRANCE. haute rive 341

cienne armure qui s'est perpétuée, en s'amoindrissant, était autrefois un collet en fer remplaçant le goraerin. Au dix -septième siècle, ce n'était plus qu'une petite plaque de fer poli, de cuivre doré ou d'argent, servant d'insigne aux officiers d'infanterie , ainsi que ré» pée et la pique. Aujourd'hui, ils le portent encore quand ils sont de service ou en grande tenue.

Haussez (le baron Lemercher d'), l'un des derniers ministres de Charles X , naquit en 1778, en Normandie, d'une famille noble et parlementaire.

En 1799. il est signalé comme ayant pris part aux manœuvres des royalistes dans la Seine-Inférieure , et obligé de s'enfuir. En 1804 , il figure parmi les personnes compromises dans la conspiration de George Cadoudal et de Pichegru. D'abord arrêté , puis surveillé comme suspect , il finit par obtenir la confiance de Napoléon , qui le nomma aux fonctions de maire dans sa ville natale. Pendant les cent jours, son zèle pour la cause royaliste éclata de nouveau. Député de la Seine-Inférieure dans la chambre de 1815, il se rangea du côté de la minorité modérée. Nous dirons qu'en cette occasion, et en beaucoup d'autres, la modération de M. d'Haussez a été taxée de ministérialisme. Il fut successivement préfet des Landes (1817), du Gard (1819), de l'Isère (1820). Il occupait ce poste lorsque éclatèrent les troubles de Grenoble, en 1821 , et sa conduite en cette circonstance, comme en beaucoup d'autres, n'a point été à l'abri du blâme.

En 1823, il fut nommé à l'importante préfecture de la Gironde.

Conseiller d'État en 1826, élu député desLandesen 1827, il accepta, en 1829, dans le ministère du prince de Polignac, le portefeuille de la marine, que l'amiral Rigny venait de refuser. Contre l'attente du corps entier de la marine , il sut , dans ce poste , organiser, avec autant de vigueur que d'habileté, les immenses préparâtes de l'expédition d'Alger. Signataire des ordonnances de juillet, dont il approuvait le principe, il se montra , le 28 , dans les rangs des troupes royales. Il réussit, quand tout fut consommé , à se sauver en Angleterre. Après quelque séjour dans le

Royaume-Uni , il parcourut successivement l'Italie, la Suisse et l'Allemagne.

Ces courses lui ont fourni le fond des ouvrages suivants : la Grande-Bretagne en 1833, 2e édition, Paris, 1834; Voyage d'un exilé de lx>ndres à Na~ pies et en Sicile, etc., Paris, 1835 ; Alpes et Danube, Paris , 1837. La cour des pairs avait condamné M. d'Haussez, par contumace , à la détention perpétuelle.

Haute cour de justice. Voyez Cours.

Haute-Épinb (combat de la), épisode de la bataille de Montmirail, où le général russe Sacken , qui avait établi sa retraite à la ferme de la Haute-Épine, sur le bord de la route menant de Chômions à la Ferté-sous-Jouarre , fut attaqué et battu par le prince de la Moskowa, tandis que l'empereur lançait ses grenadiers à cheval sur l'infanterie russe.

Hautefort (Marie de), née en 1616, dame, d'atour d'Anne d'Autriche. Louis XIII fut amoureux d'elle ; mais une des singularités de la vie de ce monarque , c'est certainement d'avoir eu pour favorites les deux plus belles femmes de sa cour (voy. La Fayette), sans avoir été l'amant de l'une ni de l'autre. Mademoiselle de Hautefort vivait en bonne intelligence avec la reine, lorsque Richelieu, inquiet de sa faveur, la fit exiler de la cour. Rappelée, dès les premiers jours de la régence , elle perdit les bonnes grâces de sa royale amie, par son opposition à Mazarin , épousa, a l'âge de 30 ans, le maréchal de Schomberg, dont elle n'eut pas d'enfants , et mourut en 1691.

Haute-Garonne. Voy. Garonne.

Haute justice. Voyez Justice.

Haute-Loire, Haute-Marne. Voy.

Loire et Marne.

Hauterivb ( Alexandre - Maurice Blanc de la Naulte. comte d'), l'un des politiques consultants les plus distingués de l'empire et de la restauration, naquit à Aspres- les- Corps, en Dauphiné, d'une famille noble , mais sans fortune. Il passa les premières années de sa jeunesse chez les oratoriens, d'abord comme élève, puis comme professeur. Cependant la vie d'oratorien lui convenait peu. En 1780 , une circons-

H Al I KHI Vf:

L'UMVEKS.

HAVTRRIVE

tance heureuse l'ayant mis en relation avec le duc de Cboiseul et l'abbé Barthélémy, leur bienveillance ne tarda pas à lui ouvrir une autre carrière , mieux appropriée à ses goûts. Il fut désigné, en 1784, pour accompagner à Constantinople le comte de Choiseul-Goulûer, en qualité de gentilhomme d ambassade.

Nous possédons une relation élégante, et qui , aujourd'hui encore , n'est pas sans intérêt, du séjour qu'il fit alors à Athènes, relation adressée, sous forme de lettre, à l'abbé Barthélémy (*). Après environ une année de noviciat diplomatique à Constantinople, M. d'Hauterive fut nommé à un poste d'une haute importance pour les intérêts français, celui de secrétaire de l'hospodar de Moldavie. Mais bientôt abreuvé de dégoûts et tourmenté de la nostalgie, il demanda son rappel en France, qu'il obtint en 1787. Vint ensuite la révolution, et il s'y résigna plutôt qu'il ne l'accueillit. En 1792, atteint dans sa fortune, peu tranquille pour lui-même, désirant de s'éloigner, il demanda le consulat de !Ncw-York. Il l'obtint; mais il était trop étranger, sinon hostile, au mouvement de l'époque, pour que l'orage révolutionnaire le laissât debout. 11 fut destitué en 1794, et ne rentra en France qu'après le 18 fructidor. Les temps étaient favorables. Talleyrand , alors ministre des relations extérieures, le connaissait , et il s'empressa de l'attacher à ce département. En 1799, il fut nommé chef de division.

A partir de ce moment, la biographie de M. d'Hauterive ne se compose guère que de rénumération de ses travaux. Un jour, M. de Cboiseul, dans une causerie, l'appréciant d'un coup d'œil, avait dit de lui : «Quanta d'Hauterive, « c'est évidemment un de ces hommes «qu'il faut faire travailler pour le bien « des affaires , pour la gloire de ses «chefs, pour son propre avantage à lui- « même. » Tel fut , en effet, d'Hau-

(*) Cette lettre, ainsi que de curieux fragments de la correspondance de Talleyrand et du comle d'Hauterive, se trouvent daus Y Histoire de la vie et des travaux politiques du comte d' Hauterive , par M. le chevalier Artaud* Paris, 1839. L'auteur de ce livre intéressant a eu à sa disposition des mémoires inédits laissés par M. d'Hauterive.

terive.il appartient à cette élite d'hommes laborieux qui, dans un rang secondaire, sans éclat, ont mis en œuvre les conceptions de l'empire, et, pour ainsi dire, édifié sa gloire. L'énuinération de ses services serait à peu près l'histoire de tous les actes diplomatiques du consulat et de l'empire. Nous nous bornerons à dire qu'après avoir contribué de ses conseils aux négociations, il élabora et rédigea soixante et deux traités politiques ou commerciaux, les plus importants de cette période si pleine.

Une production remarquable vint bientôt jeter sur lui plus d'éclat que n'eussent pu le faire ces utiles mais obscurs travaux.

En 1801 , parut son livre sur l'état de la France a la fin de l'an vin, livre remarquable et qui obtint un grand succès. Bien que la pensée fondamentale de l'auteur, qui considérait l'équilibre fondé par le traité de Westphalie comme la véritable et invariable base du système politique de l'Europe, fût sans' doute peu d'accord avec les tendances du premier consul, celui-ci, toutefois, se montra fort satisfait d'un ouvrage qui se terminait par l'examen apologétique de la constitution de l'an vin. M. d'Hauterive fut nommé, en 1802 , conseiller d'État. A partir de cette époque, ce fut lui qui , durant les fréquentes absences de Talleyrand, tint le portefeuille des relations extérieures. En 1807, il fut nommé garde des archives du ministère.

M. d'Hauterive rencontra la même faveur auprès de la restauration. Ce fut à lui que M. de Jaucourt laissa le portefeuille des affaires étrangères en se retirant devant JNapoléon. Exclu du conseil d'État , en 1815 , pour avoir refusé de signer la fameuse déclaration du 25 mars , il y fut réintégré au retour des Bourbons, et conserva ces fonctions, ainsi (pie celles de garde des archives , jusqu'à sa mort. Sa carrière se termina avec la restauration. Il mourut le 28 juillet 1830.

Nous en avons dit assez sur l"s travaux diplomatiques du comte d'Hauterive. Il fut , comme l'avait bien pressenti M. de Choiseul, ce galant homme qui a de l'esprit et qui se contente du second rôle. Esprit méditatif un peu

tourné à la théorie , un peu homme de lettres 9 comme Talleyrand le disait malicieusement , il n'avait ni les brillantes ualités ni les défauts que le maniement irect des affaires demande peut-être.

M. d'Hauterive eut du reste le bon esprit de borner son ambition à ce second rôle, conforme à ses goûts comme à ses aptitudes , et qu'il sut remplir avec la plus haute distinction. Indépendamment de son service laborieux au département des affaires étrangères, M. d'Hauterive se recommanda encore par d'utiles travaux. En 1811 , un mémoire de lui fit maintenir dans les attributions du ministère des relations extérieures les consulats que Napoléon était presque décidé à mettre sous la main du ministre de la marine. Vers le même temps, il défendit , par un autre mémoire, les immunités diplomatiques, alofs menacées. Ses rapports au conseil d'État sur les tontines, les compagnies d'assurance et les hospices, ne furent pas moins remarquables.

Il nous reste à parler des écrits nombreux qui ont fait au comte d'Hauterive une réputation méritée d'écrivain élégant et de publiciste distingué. Sans accepter sa théorie un peu caduque d'équilibre européen, nous trouvons dans ses écrits une vue dominante, qui sans doute n'était pas nouvelle, mais que personne n'avait peut-être saisie aussi fortement. Cette vue , il l'a reprise dans divers ouvrages, et finalement en 1 SI 4, dans son travail sur la politique illimitée de la Russie et de l'Angleterre.

Le titre seul de cet écrit indique la pensée de l'auteur; et, comme on le voit, elle, garde et gardera longtemps encore, malheureusement, toute son opportunité.

•< Il y a, dit-il, trois puissances sur la terre qui ont manifesté une politique illimitée : l'Angleterre, la Russie et la France. Les circonstances et des passions auxquelles nulle puissance n'a apporté un frein salutaire, efficace et constant, dans le commencement des désordres, avaient seules donné ce caractère à la politique française. Mais ce même caractère appartient invariablement et radicalement à la politique des peuples de la Russie et de l'Angleterre. C'est une politique de position qui est

immuable comme le climat dans lequel

ces nations vivent, et comme le sol qu'elles habitent. Aucun autre peuple n'étant placé comme elles , ne peut avoir d'alliance durable avec elles.

« Il faut le dire encore, jamais l'Angleterre et la Russie ne voudront , disons plus , ne pourront mettre des bornes à leur politique; cette politique est plus forte que la volonté, que la vertu, que le génie de ceux qui les gouvernent. »

En ,181 7, le comte d'Hauterive publia ses Éléments dyéconomie politique , l'un de ses plus importants ouvrages.

Nous renvoyons , pour le reste, à Pexcellent livre où M. Artaud a raconté la vie si remplie de ce diplomate et passé en revue ses productions littéraires.

Hauteroche (Noël le Breton , sieur de ) , né a Paris en 1617, était fils d'un huissier au parlement. Préférant une existence aventureuse à des occupations plus calmes, il se sauva , jeune encore, en Espagne. Se trouvant a Valence un jour qu'une troupe de comédiens français était venue y donner quelques représentations, il s'engagea parmi eux, obtint des succès , et bientôt, directeur lui-même d'une autre troupe ambulante, la conduisit en Allemagne. Lors de son retour à Paris et de ses premiers débuts au théâtre du Marais , et ensuite à l'hôtel de Bourgogne , il maria le talent d'auteur à celui d'acteur, et publia une douzaine de comédies dont les meilleures sont V Esprit follet, le Deuil, Crispin médecin et le Cocker supposé.

On accorde généralement à d'Hauteroche une grande entente de la scène , de la vivacité et de la gaieté dans le dialogue, et l'art de bien conduire son intrigue ; mais c'est en vain qu'on chercherait des peintures de mœurs et de caractères, et des leçons morales dans ses pièces , où la plaisanterie dégénère souvent en gravelure. D'Hauteroche jouit d'ailleurs d'une grande réputation de probité, et Louis XIV lui accorda sa protection. Il resta au théâtre jusqu'à sa 65e année, et mourut âgé de 90 ans, eu 1709. On a donné une bonne édition de ses œuvres en 1772.

Haute -Saône. Voyez Saône.

Haute Vienne. Voyez Vienne.

Hautes-Alpes. Voyez Alpes.

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