Tous les membres qui ont appartenu baron de Grrafdo
jusqu'à ce jour à l'une des quatre classes de 5. Les membres ci-dessus désignés
pléteront le nombre de trente par des élections successives, réglées ainsi qu'il suit:
Quatre nouveaux membres seront élus immédiatement, et choisis dans le sein de l'Institut.
L'Académie des sciences morales et politiques, ainsi constituée, élira sept autres membres à une époque qui sera ultérieurement déterminée.
Ces vingt-trois membres procéderont à une nouvelle élection de sept autres membres, lesquels compléteront l'Académie.
6. Les membres de l'Académie des sciences morales et politiques nommeront un secrétaire perpétuel par voie d'élection, conformément aux règlements de l'Institut.
7. Ils proposeront à notre ministre de l'instruction publique un projet de répartition des membres de l'Académie daus les cinq sections qui la composent.
8. Ils sont également chargés de reviser les anciens règlements, et de proposer au ministre un projet de règlement nouveau.
9. Les dépenses de l'Académie des sciences morales et politiques seront fixées par la loi de finances qui sera présentée aux chambres daus le cours de leur prochaine session.
Cette ordonnance fut immédiatement exécutée ; la nouvelle Académie rédigea son règlement particulier, et en arrêta la rédaction définitive, le 5 mars 1833; la même année , ses membres furent répartis dans les différentes sections dont elle se composait.
Depuis, l'Académie française a publié une nouvelle édition de son Dictionnaire ; l'Académie des sciences qui, dès 1830, avait admis le public à ses séances , décida quelle en ferait rédiger le compte rendu , qui serait publié par les soins de ses secrétaires perpétuels. L'Académie des sciences morales et politiques a publié plusieurs volumes de mémoires , et une ordonnance rendue sur le rapport de M. Cousin, alors ministre de l'instruction publique, lui a imposé l'obligation de rédiger et de présenter au roi le tableau des progrès que les sciences dont elle s'occupe ont faits depuis le commencement du siècle. Nous avons vu que les autres classes de l'Institut avaient, en 1808, présenté à l'empereur un tableau semblable, chacune en ce qui la concernait.
Enfin, en 1838, uu homme généreux, le baron Gobert , légua à l'Académie française et à celle des inscriptions et
rERS. INSTITUT DE FRANCE
belles-lettres, les fonds de deux prix annuels de 10,000 fr. chacun, qui doivent être distribués chaque année, par la première de ces deux académies, à l'auteur de l'ouvrage le plus éloquent sur l'histoire de Franee ; par la seconde , à l'auteur de l'ouvrage le plus savant sur le même sujet. Ces prix ont été décernés, en 1841 , à M. Augustin Thierry, auteur des Récits des temps mérovingiens, et à M. Ampère, auteur de l'Histoire littéraire ae France jusqu'au douzième siècle.
Nous terminerons cet article par une liste complète de tous les membres de l'Institut , rangés par ordre de succession, c'est-à-dire, par fauteuils. Mais avant tout , nous devons faire connaître l'origine et la véritable signification de l'expression de fauteuils académiques.
Le cardinal d'Estrées, devenu infirme, et cherchant une distraction dans son assiduité aux assemblées de l'Académie française , qui avait Yhonneur de le compter parmi ses membres, demanda qu'il lui tût permis d'y faire apporter un siège plus commode que ceux dont les académiciens faisaient usage; en effet, les quarante étaient encore alors assis sur de simples chaises, comme au temps de Richelieu. Le directeur seul avait un fauteuil. Louis XIV, à qui on rendit compte de la demande du cardinal , prévit les conséquences d'une pareille distinction ; et , voulant consacrer pour toujours l'égalité qui doit régner partout où des gens de lettres s'assemblent , il ordonna à l'intendant du garde-meuble de faire porter à l'Académie quarante fauteuils exactement semblables.
Ces malheureux fauteuils , si ambitionnés pourtant, ne furent pas plutôt en vue, qu'ils devinrent le point de mire des quolibets. Fontenelle osa les définir : « des lits de repos, où le bel-esprit s'endort. »
Piron , qui , lui au moins ,
N'était rien, Pas même académicien ,
imprima, lors de la réception de Gresset , cette épigrammc :
En France on fait par un plaisant moyen Taire un auteur, quand d'écrits il assomme ; Dans un fauteuil d'Académicien, Lui quarantième, on fait asseoir mon homme :
Lor* il s'endort et ne fait plut qu'an somme ; Plus n'en avez phrases ni madrigal.
Au bel-esprit le fauteuil est en somme, Ce qu'à l'amour est le lit conjugal.
Aujourd'hui le terme fauteuils n'a plus de valeur que comme souvenir; on sait en effet que l'Académie française n'a plus de fauteuils à proprement parler, et que la salle où elle se réunit est commune à toutes les académies de
l'Institut.
Voici les noms des académiciens qui ont successivement occupé chacun des quarante sièges (*) :
P. Bardin.
i637. Nicolas Bourbon.
i644. Salomon.
1670. Pb. Quinault.
1689. F. de Cailleres.
1717. Cardinal de Fleury.
1743. Cardinal de Luynes.
1788 J. de Florian-
1798. J F. Cul ha va,
,81 3. Micbaud.
x84o. Floureus.
P.Hay du Chastelet.
1637. Perrotd'Ablancourt i665. Bussy Rabutin.
i6q3. Paul Biguon.
1743. Jérôme Bignnn.
De Bréquigoy
Boisgelin de Cucé,
archev. d'Aix.
Boisgelin (réélu).
Oureau de la Malle.
Picard.
Arnault. j i834. Scribe.
Auger de Mauléon.
i63g. Daniel de Priéxac.
1661. Michel le Clerc.
169a. J. de Tourreil.
1714. J- Roland Malet.
i736. Boyer, év. de Mirepoix.
1755. N. Thyrel de Boismont.
1787. Cl. C. de Rulhières.
177a. De Bréquigoy. i795- Cabanis.
1795. Fconchard Lebrun. 1808. Deslutt de Tracy. 1807. F. J. M.Raynouard. i836. Guiiot.
i836. Mignet.
Philippe Habert.
1637. J. Esprit.
1678. J. N. C.olbert, archev. de Rouen.
1708. Fraguier.
1728. Ch. d'Orléans Ro-
thelin. abbé de 1704. Gaspard Abeille.
Corneille. 1718. N- H. Montgault.
i744. G. Girard. 1747- Ch. Duclos.
i748. V. de Paulmy d'Ar- 177» N Beau/ée. genson.
,788. J. B. d'Age
1826. Brifaut.
J. d'Arbaudde Porchères.
1640. Olivier Patru.
i68r. N.PolierdeNovion.
1693. P. Goibaud du Bois.
1694. Cb. Boileau, abbé de Beaulieu.
1789. J. J. Barthélémy.
1795. M. J. Chénier.
181 1. Chateaubriand.
P. Séguier.
i643. Cl.BaiindeBexons.
1684. Boileau Despréaux.
Vf IX. J. d'Estrées, archevéq. de Cambrai.
1718. René d'Argenson, "b des sceaux.
Bachet deMéxiriac.
i63p. LaMothe le Vayer. 167 3. J. Racine.
1699. Valincourt.
1730. Leriget de la Fage.
1731. Crébillon.
176a. Voisenon.
(•) Celte liste, dressée à l'aide de documents existant ail secrétariat de l'Institut , diffère relativement aux deux premiers fauteuils de celle que nous avons publiée t. I, p. 56, d'aprèiîepère Lelong, qui a fait à tort mourir Paul Hay du Chastelet avant Pierre Bardin. On y a aussi rectifié quelques légères erreurs de date.
i7ai. Langnet de Gergy, 1701. N de Maléxieu.
archev. de Sens. 17x7. J. Bouhier.
i753. Burfon. >740 Voltaire.
1788. Vicq-d'Axyr. 1778- J. Franç. Dacit.
1795. Domergue. «816. De Sèze.
18 10. Saint- Ange. i8a8. De Barante.
1811. Parseval de Graud- j.3.
«■'•on- J. Sirmond.
i835. Salvandy. ,g^g j je Montreuil