CE. GOMBAULD
Russes , entassés dans le village , eussent été enveloppés. Ce qui acheva de les sauver, ce turent les obstacles insurmontables qui arrêtèrent la marche du maréchal Soult , dont l'artillerie employa deux jours entiers à faire 12 kilom. au milieu des boues. Les Russes purent opérer leur retraite, en abandonnant, il est vrai , près de quatre-vingts pièces de canon, douze cents voitures, presque tous leurs caissons, et laissant, tant sur les champs de bataille que sur les routes, environ douze mille hommes tués , blessés ou prisonniers. L'empereur les fit poursuivre par quelques troupes légères au delà a'Ostrolenka , termina la campagne active, et alla s'établir à Varsovie.
Gombabt , vicaire de la paroisse de Sainte-Croix, et grenadier du 6e bataillon de la lre légion nantaise, se distingua, le 29 juin 1793, au siège de Nantes; voyant un père de famille trop exposé : « Retire-toi , lui dit-il , c'est à moi d'occuper ce poste. » Il prend sa place , et reçoit aussitôt le coup mortel.
Gombauld (Jean Ogier de) naquit, en 1596, à Saint-Just de Lussac en Saintonge; il appartenait à une famille protestante; mais, sans abjurer ses croyances, il sut les dissimuler avec tant d'adresse, qu'un ouvrage posthume, publié à Amsterdam , a seul fait connaître qu'il était calviniste. De bonne heure il quitta sa province, et vint à Paris, où il s'attacha à Malherbe. Quelques vers heureux , au sujet de la mort de Henri IV, attirèrent sur lui l'attention. D'ailleurs, il avait ce tour facile d'esprit , cette élégance affectée et précieuse que nous retrouvons dans plusieurs auteurs à la mode de la première partie du dix-septième siècle ; et bientôt des sonnets sur Phyllls et Àmaranthe, un roman du titre d1 Endymion, lui ouvrirent les portes de l'hôtel de Rambouillet. Il y rencontra sans doute Richelieu, qui ne cessa de lui témoigner une estime singulière, et le traita en favori. Il fut un des premiers membres de l'Académiefrançaise. Nommé en même temps gentilhomme ordinaire du roi , il reçut de Marie de Médicis une pension qui lui permit de rouler carrosse. Mais cette fortune, poussée si haut tout d'un coup, ne tarda pas à baisser. Les trou-
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bles politiques survinrent : la pension de Gombauld , d'abord réduite, fut ensuite supprimée, et notre poète commença à traîner une triste existence. La faveur d'Anne d'Autriche fut pour lui stérile , et il ne trouva pas dans Mazarin un Richelieu. II lui fallut chercher des ressources dans la publication de ses anciennes poésies, et dans la composition de quelques pièces nouvelles :
il écrivit des épigrammes, dépeignit, dans des vers officiels, les différents personnages qui jouaient dans les ballets , les dames et les seigneurs de la cour ; il livra même au théâtre une tragédie, les Danaïdes, qui n'eut aucun succès.
Mais ses épigrammes et ses stances ne manquaient pas de pureté , de souplesse et surtout d'harmonie. Le nom du poète et le mérite de ces derniers essais d'une muse indigente éveillèrent la pitié du chancelier Séguier, qui accorda une petite pension à Gombauld. Il mourut en
Gombebville (Marin le Roi de), versificateur et romancier , membre de l'Académie à sa création, né à Paris en 1600, mort en 1647. « Ses vers, dit Tallemant des Réaux , sont plus beaux que naturels. Son principal attachement a été aux romans. Pour moi je trouve, outre que cet homme n'est point naturel , (ju'il y a mille obscurités ; il cherche midi à quatorze heures... Il y a dix ans qu'il se laissa donner un coup de pied de crucifix (il devint janséniste) ; je l'avais vu grand frondeur. » Ses principaux romans sont : Polexandre (*), Cythèrée , etc. Le seul ouvrage qui doive rester de lui, ce sont les Mémoires du duc de Nevers (2 vol. in-fol. , Paris, 1665). Ces Mémoires , édités par Gom-.
berville, commencent en 1514, et vont jusqu'à 1595; mais il les a enrichis de plusieurs pièces curieuses qui vont jusqu'à 1610, année de l'assassinat de Henri IV. Ce livre n'est au reste qu'un grand recueil de pièces historiques.
(*) « Dans le privilège de ce roman il fit « mettre que défenses étaient faites à tous « faiseurs de comédies de prendre des argum ments de pièces de théâtre dans son roman « sans sa permission.» (Tallemant des Réaux.) Que dirait Gomberville s'il vivait aujourd'hui?
Gombette (loi). Voyez Lois bab-
BAKES.
Gonaïves (combat des). Pendant l'expédition de Saint-Domingue, le 22 février 1802, le général Desfourneaux marcha aux Gonaïves pour s'emparer du quartier général de Toussaint-Louverture. Leclerc lui donne 1,500 hommes de sa réserve, et lui commande d'attaquer. A minuit il est en marche ; au point du jour la nombreuse cavalerie de Toussaint-Louverture commence le feu. De part et d'autre on combat avec acharnement; la valeur française , conduite par un chef habile, l'emporte enfin sur un courage aveugle. Les noirs , enfoncés de toutes parts , cherchent un asile dans le bourg des Gonaïves. Desfourneaux les suit, livre les plus sanglants combats jusqu'à la vue de cette
5 lace , où les noirs étaient retranchés ans leur camp ; il partage sa division en trois colonnes et se précipite sur les redoutes la baïonnette en avant. En vain nos rangs sont éclaircis par la mitraille et les boulets ; la ville et le camp retranchés sont pris d'assaut. Mais aussi le dévouement héroïque du général avait électrisé les troupes ; toutes les divisions françaises, marchant dans des sables brûlants , gravissant des mornes escarpés , avaient perdu leur artillerie. Leclerc , étonné de voir que Desfourneaux seul avait conservé toute la sienne , lui demanda par quel prodige il l'avait ramenée. « Je me suis attelé avec cent sol- « dats à un obusier, lui répond Desfour- « neaux; j'ai fait venir tous les com- « mandants des colonnes. Allez dire à «vos soldats, me suis-je écrié, que « votre général est attelé à un obusier ; « que désormais rien ne doit arrêter la « marche de l'artillerie. » Cet exemple avait en effet produit une telle impression , que les soldats dételèrent les mulets , et que l'artillerie traînée par eux fut toute conservée (22 février 1802).
GONDAHAIBE. Voyez GONDICAIBE.
Gondebaud , roi de Bourgogne , fils de Gondicaire, eut pour son lot, dans le partage de l'héritage paternel, les pays qui formaient la première Lyonnaise. Bientôt les quatre princes furent divisés par leur ambition et par les manœuvres du clergé. Gondebaud et Godegisile s'unirent contre Chilpéric et
Gondemar. La Bourgogne ne fut plus , dès lors , qu'un théâtre de carnage et de désolation. Gondebaud , vaincu près d'Autun, s'enfuit secrètement, et fit répandre le bruit qu'il était tombé sur le champ de bataille. Cependant il rassembla de nouvelles forces avec lesquelles il reparut tout à coup , et marcha si rapidement sur Vienne , où se tenaient alors ses deux frères, qu'ils n'eurent pas le temps de se défendre. Gondemar fut brûlé dans une tour de son palais ; Chilpéric eut la tête tranchée , et sa veuve fut jetée dans le Rhône avec une pierre au cou. De ses quatre enfants , il n'y eut de sauvées que ses deux filles, Chrome et Ciotilde ; l'aînée prit le voile dans un cloître; la seconde tut emmenée par le cruel Gondebaud, qui la fit élever avec grand soin à sa cour , ne pensant pas qu'un jour Ciotilde lui ferait demander compte, par son époux, par ses fils, du sang de ses parents.
Après avoir assuré sa suprématie dans les Gaules , par le meurtre de ses frères et de leurs principaux chefs, Gondebaud prit le titre de roi vers 491 ; il fixa sa résidence à Lyon , et céda la ville de Genève à Godegisile; puis, unissant leurs forces , ces deux princes passèrent les Alpes , en 493 , s'emparèrent de la Ligurie, de Turin , et s'avancèrent jusqu'à Pavie, ravageant tout sur leur passage, et entraînant la population en captivité. Enfin , ils ramenèrent en Bourgogne un immense butin. Peu de temps après , Théodoric , roi d'Italie , donna sa fille en mariage à Sigismond , . fils de Gondebaud.
Cependant ce vaste et riche royaume tentait l'ambition de Clovis. Il chercha, par de fréquentes ambassades auprès de Gondebaud , à s'immiscer dans ses affaires. Un de ces ambassadeurs , le Gaulois Aurélien, l'informa que le roi avait une nièce catholique , belle , vertueuse, animée d'une haine implacable contre le meurtrier de ses parents. Il demanda sa main à Gondebaud, qui n'osa la lui refuser , mais qui retarda autant que possible l'exécution de sa promesse. Ciotilde fut enlevée plutôt
au'emmenée par Aurélien , et devança îs émissaires que son oncle avait envoyés à sa poursuite.
L'an 500, le roi très-chrétien, auquel
l'arianisme de Gondebaud et le meurtre de Chilpéric servaient de prétextes , parut sur les frontières des Bourguignons, lies deux armées se trouvèrent en présence sur les bords de l'Ousche, près de Dijon , et la défection imprévue de Godegisile (voy. l'art. Godegisile) entraîna la défaite de son frère. Gondebaud s'enfuit; poursuivi jusqu'à Avignon , où il s'était réfugié, il obtint la paix sous la condition d'un tribut annuel ; il paraît aussi que sa conversion au catholicisme fut une des clauses du traité ; mais il se contenta d'amuser les évêques par ses promesses et de leur confier l'éducation de ses enfants. A peine l'armée des Francs eut -elle repassé la frontière , qu'il songea à punir la trahison de Godeeisile renfermé dans Vienne. Il pénétraflrans la ville par un aqueduc souterrain , et Godegisile fut égorgé dans une église avec un évê(jue arien qui lui avait donné asile. Ainsi couvert du sang de ses trois frères, Gondebaud fut maître de toute la Bourgogne. Après une seconde guerre avec les Francs, dont les détails ne sont pas connus , il se soumit envers leur roi à un traité d'alliance offensive et défensive. La paix du royaume ainsi assurée, il sembla s'appliquer à faire oublier ses crimes par son équité et sa sagesse , et mourut en 516, après un règne de 25 ans. Il laissa deux fils, Sigismond et Gondemar.
/ Il faut reconnaître que, malgré ses crimes , Gondebaud fut un homme remarquable et supérieur à son siècle.
Une de ses principales gloires est d'avoir fait rédiger et publier dans ses États (502) la première partie de ce code appelé de son nom , loi Gombette. Ce code, qui établit une parfaite égalité entre la condition du Romain et celle du Bourguignon, et où l'on retrouve de fréquents emprunts faits à la loi romaine , révèle une science de politique et des idées d'ordre public peu communes à cette époque.
Gondebaud ou Gondovald, surnommé Ballomeb, fils adultérin du roi Clotaire I", dont Grégoire de Tours nous raconte les hautes espérances et la fin tragique. Né dans les Gaules et élevé avec soin, il fut présenté par sa mère au roi Childebert qui , à la ré-