‹ FranceChapitre 7 sur 378 · GONDI · texte numérisé non relu

GONDI

ver la peine due à ses cruautés. Les deux armées se rencontrèrent à Véséronce (Voiron) en Dauphiné. D'abord la fortune fut contraire aux Bourguignons; mais le prince franc s'étant laissé emporter à leur poursuite, se trouva bientôt enveloppé par les ennemis qui le percèrent de traits , puis ils promenèrent sa tète au bout d'une pique, parmi les premiers rangs , pensant que cette vue découragerait les Francs. Selon quelques historiens, elle ne fit au'accroître leur fureur et leur assura la victoire; mais selon d'autres, dont le témoignage paraît plus croyable, elle abattit réellement leur courage et les détermina à évacuer le pays, qui devait rester encore à Gondemar pendant dix ans (524). Il régna paisiblement jusqu'à ce que les fils de Clovis eurent de nouveau songé à poursuivre, contre son royaume, ces tentatives héréditaires d'envahissement et de conquête. Childebert et Clotaire réunirent leurs armes contre le roi de Bourgogne, le battirent, s'emparèrent d'Autun et de Vienne, puis se retirèrent. En 534 , quand ils se furent débarrassés de leurs neveux , ils reparurent accompagnés de Théodebert. Gondemar tomba en leur pouvoir et fut enfermé dans une tour où il périt , on ne sait de quelle mort Du reste, les historiens nous donnent fort peu de détails sur les événements de cette guerre , et se contentent de dire que, dans l'espace de deux ans , la Bourgogne entière fut sou m ise. Cette conquête qu i , a près u ne si longue résistance, assujettit aux Francs une contrée vaste, fertile et populeuse, eut d'immenses résultats pour leur puissance et leur civilisation. Le premier royaume de Bourgogne avait duré environ 120 ans.

Gondi (famille de). — Cette maison est originaire de Florence ; le premier de ses membres, qui se fit naturaliser Français, passa dans le royaume avec Catherine de Médicis , y acquit la terre du Perron, et fut maître d'hôtel de Henri II. Son iils aîné fut cet Albert de Gondi , . duc de Retz, marquis de Belle -Ile, pair et maréchal de France, général des galères de 1579 à 1598, né à Florence en 1522, que nous avons cité comme un des plus vicieux favoris de Charles IX (voyez Favoris, t. VIII,

p. 709), et qui mourut en 1602, chargé d'ans et de biens, dit l'Estoile, mais laissant une réputation fort équivoque. Le maréchal de Retz passe, avec Tavannes, pour avoir conseillé la Saint-Barthélemy; et on l'accuse encore, entre autres crimes , d'avoir fait périr Loménie dans sa prison, pour s'emparer de ses dépouilles. Le jugement que porte sur lui Henri Estienne , dans son Discours merveilleux de la vie de Catherine de Médicis , mérite d'être rapporté : « Brunehaut, dit-il, aimoit pour ses plus privés services un proclaide romain ou lombard , homme de basse condition... Catherine aime pour mêmes causes un Gondi, Florentin , fils d'un banquier qui , par deux fois, fit banqueroute à Lyon , et d'une premièrement courtisane , puis m . . . en la même ville (*). Il devint clerc d'un commissaire des vivres au camp d'Amiens, peu après mignon de la reyne , maistre de la garde-robbe du roy, et ores le voit-on , sans avoir fait aucun bon service au service, comte de Retz, et presque seul maréchal de France... Elle nous gouverne par le conseil de son Gondi , ainsi qu'il lui plaît. Gondi introduit tous les jours mille inventions de fouler le peuple , met tous les aides de France entre les mains des péagers et gabeliers d'Italie, partit ce royaume entre ses semblables , finalement est si présomptueux , qu'il hait à mort les princes au sang, et en veut faire ses valets, etc. , etc. »

Le maréchal avait épousé la veuve d'un baron de Retz , Catherine de Clermont-Tonnerre , dame de Dampierre, célèbre par son esprit et sa beauté. Ce fut elle qui répondit en latin aux ambassadeurs de Pologne qui apportèrent au duc d'Anjou la nouvelle de son élection.

Charles de Gondi , frère puîné du précédent, général des galères et maître de la garde-robe, mourut en 1574.

Pierre, cardinal de Retz , autre frère d'Albert, né à Lyon en 1533, ayant embrassé l'état ecclésiastique , fut également protégé par Catherine de Médi-

(*) Suivant Tallemant des Réaux, celte femme trouva moyen d'entrer au service de la reine, lui indiqua une recette pour avoir des enfants, et lit ainsi sa fortune et celle de sa famille.

GOXDICAIRE L'UNIVERS.

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