SCÈNE XI
RICHARD, FRANÇOIS, FRANCESGA, ALIOT endormi.
Francesca a son travesti du premier acte : elle est prête à partir.
FRANCESGA, doucemeut.
Adieu!
RICHARD et FRANÇOIS, ensemble.
Déjà?
Il faut, il le faut pour vous trois.
ACTW TKOISllOMK 191
RICIIAnD
Au moins, pardonnez-nous nos aveux maladroits?
FRANÇOIS
Ne gardez pas rancune à des cœurs vifs.
FRANCESCA, monlrant Aliol,
Silence.
Laissez-le dans le rcve oublier sa souiïrance. Car il souffre^ de moi, mais il rêve de moi. Il n'entend même pas le souffle de ma voix
Qui sur ses cheveux se balance.
Laissez-le reposer. Chut ! Pas de bruit. Il va S'éveiller tout à Theure, et je n'y serai pas ; Et sa douleur sera soudainement comblée
Quand au vide il tendra les bras De voir Tamour présent et Toiselle envolée.
FRANÇOIS
Et nous ?
RICHARD
Et nous ?
Nos cœurs par vous ressuscites...
Toute la vie est là. Je pars et vous restez...
Elle dit ceci un peu pour le public.
Notre aventure est simple et banale à connaître : Deux vieillards, un enfant, une femme, et l'amour. Tous quatre, nous avons voulu braver ce maître, Mais rimpossible rêve a duré moins qu'un jour.
Vers François et Richard,
Sur vos fronts a passé Thaleine d'un orage, Par quoi votre égoïsme heureux est bousculé ; Car voici qu'aujourd'hui sans souci de votre âge^ Le petit oiseau bleu vous a soudain frôlés.
Vers Aliot.
Pour lui qui se créait un amour idyllique, Il a Pétonnement stupéfait de savoir Que Pamource n'est pas qu'une vierge pudique Dont la beauté s^accorde aux sourdines du soir.
Je fus coquette et folle un moment, je l'avoue ; J'ai repris malgré moi le grand rôle à succès. Mais je pars. La fortune a fait tourner sa roue, Et j'entends qu'on m'appelle aux chemins du passé,
A Richard.
Quand vous cheminerez en selle, par les routes, Sous les arbres penchés pour voir le cavalier,
AC/VE TR0ISII':MK iOi
Dans les rameaux clianlanls, et les buissons, sans doute Vous entendrez ma voix, a ces voix s'allier.
A François.
Quand vous lirez des vers, oii la foule des signes Évoquent un visage et des fronts de hasard, A travers le réseau des lettres et des lignes Vos yeux relleteront Tamour de mon regard.
Vers Aliol endormi.
Et lui? Son souvenir lui fera voir moins belles Les femmes, dont un jour il aura le frisson... Tous, vous allez souffrir qu'ayant rouvert mes ailes J'ai fui sans nul espoir vers d'autres horizons.
Chut ! Déjà vous versez des larmes de détresse. Mais, quand même, aujourd'hui, n'est-ce pas un beau jour? Oui, vous avez pleuré par moi, mais je vous laisse Un peu de rêve, un peu de ciel, un peu d'amour.-.
El laissant Vadolescenl sommeiller el les deux barbons pleurer^ elle s'en va dans un sourire, tandis que tout doucement
Le rideau se ferme
ACHEVÉ D'IMPRIMER 1« seize septembre mil neuf cent onze