ACTE phi:mikfi
ALiOT, Ion (le reproche.
Toinelle !
TOINETTE
On devrait avoir honte De dire. ..Mais tout ça, faut bien qu'on le raconte. Vous vous moquez de moi ?...
ALIOT, Ion de reproche.
Oii!...
TOINETTE
Qu^est-ce que ça fait ?
ALIOT
Non ! Car tes souvenirs sont vivants...
TOINETTE
En effet. Le bonheur d'autrefois, je le revis sans crainte ; Tous ne sont pas ainsi... Votre oncle... Sa contrainte^ Tout à Theure... j'ai vu... C'est qu'il veut oublier... Cest dommage ! C'était un gentil cavalier...
ALIOT
Mon oncle François ?
TOiNETTE, 1res loiii clans le souvenir.
Oui, fringant, joyeux de vivre, El souriant...
ALIOT
Il a changé.
TOINETTE
Ce sont les livres.
ALIOT, curieux.
Et, dès en ce temps-là, des vers, en faisait-il ?
TOINETTE, légèremenij puis doucement.
Quelquefois. Tout de môme; il était bien gentil. Il aimait s'amuser. C'était la bonne époque !
ALIOT
Et mon oncle Richard ?.,.
An'i'i: i»ru,MfF,:i
TOINETTE
Ail lui I Jean ([ui s'en moquo ! Fort comme un clienc ! El beau I avec ses grands bons yeux. Je n'aurais jamais cru qu'il pût devenir vieux. Mais, monsieur Aliot, qu'est-ce que je vais dire ?...
ALIOT
Pourtant...
TOINETTE
Là. J'ai fini 1 Vous, au lieu de tant lire, Ne vaudrait-il pas mieux vous secouer les sangs. Lire ? Pour la santé ça doit être vexant. Sortez et vous serez plus joyeux que vous n'êtes. Vos livres I...
ALIOT
Mais Toinette...
TOINETTE
Amusez-vous !
ALIOT, très vite, comme en désordre.
Toinette, Dans ces livres, on voit de la vie ! A l'instant.
20 FIIANCESCA
Tu parlais de jeunesse et de joyeux bon temps ; Mais dans ce livre, on dit également ces choses. Le poète a chanté les cieux clairs et les roses, La mer et la douceur dont se rythment les eaux...
TOINETTE
S'il n'a chanté que ça ?...
AL10T5 jouant avec an livre.
Il chante les roseaux, Oii jeté par les dieux pleins de colère, Ulysse Voit venir sur la plage, en vision qui glisse, La jeune fille qui, sur Tordre de Pallas, Vient le sauver. Il est nu, formidable, las. Et quand la jeune fille advient à la fontaine, Laver ses vêtements brodés, celle qui mène Ses pas, la fait plus pure et plus légère encor. Et le chant du poète est merveilleux alors.
TOINETTE
Ces contes compliqués, c'est bien des fariboles !
ALiOT, s^animant.
Je rêve à cette troupe ailée, ardente et folle Oui, telle un chœur léger des nymphes d'Artémis, Vole sur le rivage et les flots endormis... C'est beau î