‹ FrancescaChapitre 8 sur 75 · ACTE phi:mikfi · texte numérisé non relu

ACTE phi:mikfi

ALiOT, Ion (le reproche.

Toinelle !

TOINETTE

On devrait avoir honte De dire. ..Mais tout ça, faut bien qu'on le raconte. Vous vous moquez de moi ?...

ALIOT, Ion de reproche.

Oii!...

TOINETTE

Qu^est-ce que ça fait ?

ALIOT

Non ! Car tes souvenirs sont vivants...

TOINETTE

En effet. Le bonheur d'autrefois, je le revis sans crainte ; Tous ne sont pas ainsi... Votre oncle... Sa contrainte^ Tout à Theure... j'ai vu... C'est qu'il veut oublier... Cest dommage ! C'était un gentil cavalier...

ALIOT

Mon oncle François ?

TOiNETTE, 1res loiii clans le souvenir.

Oui, fringant, joyeux de vivre, El souriant...

ALIOT

Il a changé.

TOINETTE

Ce sont les livres.

ALIOT, curieux.

Et, dès en ce temps-là, des vers, en faisait-il ?

TOINETTE, légèremenij puis doucement.

Quelquefois. Tout de môme; il était bien gentil. Il aimait s'amuser. C'était la bonne époque !

ALIOT

Et mon oncle Richard ?.,.

An'i'i: i»ru,MfF,:i

TOINETTE

Ail lui I Jean ([ui s'en moquo ! Fort comme un clienc ! El beau I avec ses grands bons yeux. Je n'aurais jamais cru qu'il pût devenir vieux. Mais, monsieur Aliot, qu'est-ce que je vais dire ?...

ALIOT

Pourtant...

TOINETTE

Là. J'ai fini 1 Vous, au lieu de tant lire, Ne vaudrait-il pas mieux vous secouer les sangs. Lire ? Pour la santé ça doit être vexant. Sortez et vous serez plus joyeux que vous n'êtes. Vos livres I...

ALIOT

Mais Toinette...

TOINETTE

Amusez-vous !

ALIOT, très vite, comme en désordre.

Toinette, Dans ces livres, on voit de la vie ! A l'instant.

20 FIIANCESCA

Tu parlais de jeunesse et de joyeux bon temps ; Mais dans ce livre, on dit également ces choses. Le poète a chanté les cieux clairs et les roses, La mer et la douceur dont se rythment les eaux...

TOINETTE

S'il n'a chanté que ça ?...

AL10T5 jouant avec an livre.

Il chante les roseaux, Oii jeté par les dieux pleins de colère, Ulysse Voit venir sur la plage, en vision qui glisse, La jeune fille qui, sur Tordre de Pallas, Vient le sauver. Il est nu, formidable, las. Et quand la jeune fille advient à la fontaine, Laver ses vêtements brodés, celle qui mène Ses pas, la fait plus pure et plus légère encor. Et le chant du poète est merveilleux alors.

TOINETTE

Ces contes compliqués, c'est bien des fariboles !

ALiOT, s^animant.

Je rêve à cette troupe ailée, ardente et folle Oui, telle un chœur léger des nymphes d'Artémis, Vole sur le rivage et les flots endormis... C'est beau î

Page 1