Né ù Paris, le 9 septembre
sortie quand la catastrophe se produisit.
Entraîné dans la disgrâce de la reine, dont il était l'aumônier et à qui il resta fidèle dans le malheur, il fut perdu pour l'Etat pendant les sept années du règne de Luynes.
Gouvernement de Luynes. — Années pénibles et laides où catholiques et protestants, nobles et politiques, commirent à l'envi des fautes lourdes et semblèrent avoir perdu le sens même de la France.
Les chefs de l'aristocratie et ceux des réformés se révoltèrent à nouveau, ceuxci avec le dessein d'établir dans l'Ouest et le Midi vme sorte de république analogue à celle des Provinces- Unies, ceux-là dans l'unique Intention de forcer à nouveau le trésor royal. Les princes, que soutenait la reine mère, furent battus aux Ponts-de-Cé, puis obtinrent tout ce qu'ils voulaient. Luynes, qui s'était fait nommer connétable pour « vaincre l'hérésie », fut obligé de lever le siège qu'il avait mis devant Montauban.
Au dehors, la Monarchie ne fut pas moins humiliée qu'au dedans. La maison d'Autriche triomphait partout. En Allemagne, la première période de la guerre de Trente ans ' se terminait par l'écrasante défaite de notre vieil allié, l'électeur palatin, en même temps roi de Bohême, il la Montagne Blanclie. En Italie, les l'^spagnols s'emparèrent de la Valteline, haute vallée des Alpes, route directe du Mil'anais au Tyrol, entre les Habsbourg de Madrid et ceux de Vienne.
Le Père de Bérulle, le fondateur de l'Oratoire, qui avait été avec les Jésuites l'initiateur de la contre-réforme, ne put s'empêcher de dire « que Dieu, certainement, n'avait pas voulu exterminer les hérétiques par un si méchant instrument que Luynes ». Le roi allait le renvoyer «s'il ne fut mort bien à propos pour sa fortune » (1621) '.
Avènement de Richelieu. — On vit bien que Louis .\I1I ne supporterait pas longtemps la liberté qu'un accident lui rendait. Cependant il attendit encore trois ans avant de se décider à faire un premier ministi'e. Il fallut que la situation fut encore davantage abîmée par de vieux sous-ordres, incapables ou brouillons, les Sillery. La Vieu\ille, le dernier qu'il essaya, eut l'instinct de la politique de Riciielieu, mais n'en avait pas la taille.
Si le traité de Montpellier mit fin à la malencontreuse prise d'armes des pro-
4. On appelle ainsi la grande guerre reli gieusc et politique qui commença en 1618 et se termina en 164H par le traité de Westphalie.