Voir p. 158. 3- Re.Aontranccs de 1650 1O
laissa engager, avec complaisance une campagne de brochures et de libelles pour une application étroite des droits que Henri IV, Richelieu et lui-même avaient re connus aux réformés.
Ces interpré t ations, où l'on retrouve la cas u i s tique d' E scobar, dénoncée par Pascal dans ses lettres à u n l'rovin-
Ir i, 1 1 1 s < il I ILS d s ( L 1 s ri. déserte |-0 r y entendre le prêche dominical du xvni» siècle.l
LF.S DRA (,oN\r4nj-:s.
ramener de leurs pernicieuses erreurs »
ses sujets réformes, mais il en ajourne rapplicdtiou à plus tard.
La période des vexations finit avec la guerre de Hollande, tracasseries qui avaient déjà tourné souvent aux brutalités, ainsi qu'il résulte d'une lettre de Mme de Maintenon, encore gouvernante des enfants naturels dû roi, à son frère : « \'ous maltraitez les huguenots ; cela n'est pas d'un homme de qualité. Ils sont dans les erreurs où nous avons été nousmêmes, et dont la violence ne nous aurait jamais tirés. »
L'assemblée du clergé avait reconnu
de temples, n'avaient poussé que très peu de réformés dans l'Eglise, comme dans un asile. Les grands moyens furent plus efficaces : interdiction des mariages mixtes, enfants enlevés de force pour être baptisés, défense aux écoles protestantes de prendre des pensionnaires, aux sages-femmes protestantes d'exercer leur métier, aux hôpitaux protestants de recevoir les malades, destruction des temples par centaines (plus de 80 dans le seul diocèse de Valence), enfin les dragonnades.
Les gens de guerre, spécialement les durs dragons, furent désormais logés exclusivement chez les protestants. Ils
LA l)i- .MrjLII ION DU lEMPLH DE CHARENTON
Aussitôt après la Révocation, le Temple de Charenton fut démoli. La démolition fut surtout symbolique: les protestants supprimaient le souvenir matériel des contraintes abolies. (D'après une gravure du temps.)
se livrèrent aux pires excès, ruinant leurs hôtes par leurs exigences et les <, tourmentant », quand les malheureux s'avisaient de se plaindre ou refusaient d'entendre les missionnaires installés chez eux avec les soldats.
Sur un million de « religionnaires »
en 1661, plus de 300 000 cédèrent à ces persécutions.
Les fausses conversions. — Laissons ici parler Saint-Simon que le sacrilège des fausses conversions révolte dans sa "conscience de grand chrétien et qui s'inquiète de « l'odieux durable et irrémédiable que de détestables moyens répandaient sur la vraie religion ».
« Ces infortunés, dit-il, sacrifièrent
(1680) que, tant que la guerre durait, le roi pouvait être retenu par des « considérations d'Etat ». La paix de Nimègue rouvrit l'ère des grandes persécutions.
Mme de Maintenon, dont la fortune monte alors vers l'apogée, a changé de langage : « Le roi pense sérieusement à la conversion des hérétiques ; et, dans peu, on y travaillera tout de bon. »
Les Dragonnades. — Le vieux chancelier Le Tellier et son fils Louvois, en sa qualité de ministre de la Guerre, se chargèrent du « travail ».
La caisse des conversions, dirigée par un protestant converti, l'exclusion des emplois publics et des jurandes, les dénis de justice, la fermeture d'un grand nombre
j685. — RÉVOCATION DE L'ÉDIT DE NANTES.
leurs consciences à leurs biens et à leur repos et achetèrent l'un et 1" autre par des abjurations simulées d'où, sans intervalle, on les traînait à adorer ce qu'ils ne croyaient pas... Le roi recevait de tous les côtés des nouvelles et des détails de ces conversions : 2 000 dans un lieu, 6000 dans un autre, tout à la fois, et dans un instant. » — Ce qui est coofinné par la correspondance de Louvois :
60 000 dans la généralité de Bordeaux, 20 000 dans celle de Montauban ; Pau, .\ngouléme, Saintes, passés en bloc à la religion >. — « Le roi s'applaudit de sa puissance et de sa piété... Il ne se crut jamais si grand devant les hommes ni si avancé devant Dieu dans la réparation de ses péchés et du scandale de sa vie... Les évêques lui écrivirent des panégy-
tirer de ces hommes de toutes les classes sociales, nobles, bourgeois, ouvriers, paysans, qui apportaient dans leurs nouvelles patries les arts et les industries de l'ancienne ou qui allaient s'enrôler dans leurs armées et sur leurs flottes.
« Presque toute l'Allemagne du Nord, pays encore agreste et dénué d'nidustrie, reçut une nouvelle face de ces multitudes transplantées -. » La Prusse va devoir sa première grande prospérité à Louis XIV.
L'édit de Révocation. — Le roi crut l'hérésie anéantie ; l'édit du 22 octobre 1685, qui révoquait l'édit de 1598, parut ne constater qu'un fait accompli.
Le gros des protestants qui, fidèles à leur religion, « mille fois plus chère que leurs biens et leur vies », se désespéraient
LES MI.SÈRES UE LA GUERRE : LE CHATIMENT VES MAKALDEI.RS Pendaison en niasse, devant les ng-.nients formant le cercle, de tous les malfaiteurs relevant de la ju (D'après une gravure .îe J. CaJlot. )
riques ; les Jésuites en firent retentir la chaire et les missions. »
Mme de Main tenon soupçonna « que toutes ces conversions n'étaient pas sincères» : « Les enfantsseront catholiques, si les pères sont hypocrites. »
L'exode des protestants. — Cependant beaucoup de réformés préférèrent l'exil à l'hypocrisie ; Louvois eut beau garder les frontières, près de 50 000 familles, pour le moins 200 000 hommes, sortirent en quelques années du royaume.
(' Le spectacle de ce peuple proscrit, nu, fugitif, enant sans crime », comme dit encore Saint-Simon, produisit d'abord dans tous les pays protestants un mouvement de colère, ce dont les ambassadeurs du roi s'inquiétèrent aussitôt. Puis, catholiques ou protestantes, toutes les terres d'asile, Hollande, Angleterre, Piémont, Allemagne, reconnurent le profit qu'elles auraient peu de peine à