LE PRE.MIER CONSUL
D'après Isabey,
Château de la Malmaison.)
qu'elle garde tant qu'elle ne sera pas rassurée.
L'Angleterre a encore un autre grief. Elle a attendu de la paix l'ouverture du marché français. Or, le Consul a fermé aux vaisseaux anglais les ports de France, de Hollande et d'Italie et il a refusé tout traité de commerce.
En effet, il joint à toutes ses autres ambitions celle de surpasser Colbert, et l'industrie ne peut renaître que sous un régime de forte protection.
C'est surtout cette répétition générale du blocus qui a ramené l'Angleterre des manufacturiers et des ouvriers au parti de Pitt. La paix « honteuse » est, par surcroît, ruineuse. La France ne reviendra à la modération que repoussée à ses anciennes limites.
La guerre durera dix 'ans, vingt ans. Cette fois, l'Angleterre la mènera jusqu'à la victoire complète.
Rupture du traité d'Amiens.
Pourtant, on négocia encore pendant quatre mois (février-mai 1803), Bonaparte avec de tumultueuses sautes de vent, l'am- D'autre part, alors que la bassadeur Whitworth avec une rigidité
France, conformément au traité, est sortie de Naples et des Etats pontificaux, l'Angleterre n'a pas évacué Malte, dans les trois mois, comme elle s'y est obligée.
Nécessairement, quand ils commencèrent à se mettre réciproquement en demeure, les raisons ne firent pas plus défaut à l'Angleterre qu'à Bonaparte. Bonaparte rappela que l'Angleterre à Amiens n'avait rien stipulé sur le continent : il était donc libre d'y agir à sa guise. L'Angleterre allégua les desseins du Premier Consul sur l'Egypteet sur l'Orient. Malte, c'est la clef de l'Orient et des Indes