L'EMPIRE
Rétablissement du principe héréditaire. — La conspiration des royalistes servit d'échelon à Bonaparte pour monter de la présidence viagère de la République à l'Empire. Malgré que le même complot eût pu être ourdi contre un roi, il en tira cette conclusion qu' « il fallait un chef héréditaire à la nation française ».
Aussitôt le docile Sénat vint lui demander, en des termes d'une solennelle et obscure clarté, d' «éterniser l'ère nouvelle qu'il avait ouverte », d' « enchaîner le temps » et de « maîtriser les événements ' » (27 mars 1804).
Bonaparte fit attendre sa réponse pendant un mois qu'il employa à s'assurer de l'opinion du peuple et de l'armée et, aussi, de l'assentiment de l'Autriche et de la Prusse. La Prusse, qui traitait en souterrain avec la Russie, se montra d'autant plus empressée. L'Autriche demanda, ce qui fut accordé, que le titre impérial fût reconnu au chef de la maison de Habsbourg, indépendamment du titre électif d'empereur d'Allemagne.
Le Premier Consul précisa alors sa
1. «Dans l'esiKiIr, dit Michelet, qu'on imputerait sa mort à Bonaparte. »
2. La police avait pris pour Dumouriez le marquis de Thumery.