‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 490 sur 725 · H AT AILLE DE LI G N Y · texte numérisé non relu

H AT AILLE DE LI G N Y

dOrléaiis qui navait pas suivi le roi à Gaud et était retourné en Angleterre.

Les républicains, surtout les ouvriers, se rapprochèrent des bonapartistes.

Caniot accepta d'être ministre, mais il n'apporta pas d'autre force que son uom et sa probité. Le duc d'Otrante (I-ouché), que Napoléon avait cru habile de rappeler au ministère de la Police, escomptait la défaite et intrigua avec tous les partis.

A la cérémonie du Champ de Mai, fausse imitation des assemblées méro-

vingiennes, où Napoléon jura fidélité à l'Acte additionnel avant de rejoindre l'armée, il n'y eut d'applaudissement que pour la garde « qui allait mourir ' ».

Murât, malgré les avis de l'empereur qui lui avait prescrit d'attendre sa propre entré* en campagne, partit en guerre contre l'Autriche, appelant à l'insun-ection les Italiens (avril-mai 1815). Il fut battu et se réfugia en Provence pendant que le roi Bourbon rentrait à N aptes.

UN" aveu de Napoléon dans le Mémorial domine 1" histoire de sa dernière campagne : ♦ Je n'avais plus en moi le sentiment du succès définitif. Ce n'était plus ma confiance première... Je sentais qu'il me manquait quelque chose ' ».

Malade? Il le fut certainement, se tenant avec peine à cheval, et, aussi, plus lent qu'à l'ordinaire à prendre ses décisions, et moins bien servi par son nouveau major général Soult qu'il n'était accoutumé à l'être par l'exact Berthier. Mais, encore, surtout, pour une raison plus profonde : « La situation pleine de trouble, que Napoléon lui-même avait créée en essayant de recommencer malgré l'Europe, malgré la France, malgré la raison universelle, uin règne désormais impossible ^ ».

Passage de la Satnbre. — Dans les premiers jours d'avril, Wellington avait établi son quartier général à Bruxelles et Bliicher le sien à Liège.

Napoléon hésita entre deux plans :

Rester sur la défensive, laisser aux alliés « tout l'odieux de l'agression » et, quand ils se seront engagés entre nos places fortes, commencer sur les deux bases de Paris et de Lyon « une guerre vive et décisive » ; ou prévenir les alliés « et battre l'armée anglo-hollandaise et l'armée prusso-saxomie en Belgique »

avant que les Russes et les Autrichiens fussent sur le Rhin.

Il se décida pour le second plan, réunit son armée, à l'insu de Wellington et de Bliicher, et, se portant à Charleroi, au sommet de l'angle formé par la ligne anglaise et par la prussienne, sépara du coup les deux armées (15 juin).

Dans la matinée, le général de Bourmont, commandant la di\isiou de tête du 4« corps (Gérard), avait passé à l'ennemi. Selon le récit anglais, il aurait livré au

z. Thiers.

prussien Ziethen l'ordre pour les mouvements de la journée. Bourmont protesta par la suite qu'il ne fut qu'un déserteur.

Wellington assistait à un bal, à Bruxelles, quand il apprit dans la nuit le passage de la Sambre.

La campagne dura trois jours.

Bataille de Ligny. ^ Bliicher, au lieu de se replier sur les Anglais, accepta la bataille à Ligny (environs de Pleurus) et se fit battre (16 juin). Les Prussiens subirent de grandes pertes (près de 10 000 tués)

La défaite eût été de beaucoup plus considérable si l'empereur n'avait pas engagé tardivement le combat (vers 3 heures de l'après-midi). Le général d'Erlon passa la journée en marches et contre-marches entre Napoléon, dont les ordres avaient été mal donnés *, et Ney, engagé contre les Anglais aux Ouatre- Bras, qui parvint avec peine à les contenir.

Un violent orage, qui changea le pays en marécage, empêcha l'empereur de rejoindre les Anglais dans la journée du 17. Ils s'étaient repliés au revers du coteau de Mont- Saint- Jean, en avant de l'épaisse forêt de Soignes, où la route de Bruxelles passe au village de Waterloo.

Bliicher s'arrêta à Wavre, sur la Dvle, dans l'intention de rejoindre les Anglais, par im mouvement de flanc le long de la forêt.

Napoléon s'établit face aux Anglais (son centre à la Belle - Alliance, sa droite à Plancenoit, sa gauche devant Hougoumont) et ordonna à Grouchy de marcher sur Wavre,

QniNET.

Voir HousSAYE,

VVELL1.nl, lO.N

(Portrait par Lawrence

Collection du duc

de Wellington.

Cl. Rischgitz.)

i8i5. — WA TERLOO.

afin de séparer Blûcher de Wellington.

Waterloo. — <• Dès le point du jour, raconte Drouot ^, l'Empereur avait reconnu la disposition des ennemis ; son plan était arrêté, ses dispositions d'attaque faites pour 7 ou 8 heures du malin au plus tard. Je lui fis observer que la pluie avait tellement dégradé les chemins et détrempé le terrain que les mouvements de l'artillerie seraient bien lents et que deux ou trois heures de retard sauveraient cet inconvénient; L'empereur souscrivit à ce retard. S'il n'eût tenu aucun compte de mon observation, Wellington était attaquée 7 heures, il était battu à 10, la victoire complète à midi, et Bliicher, qui ne put déboucher qu'à 5 heures, tombait entre les mains d'une armée victorieuse. Nous attaquâmes à midi et nous livrâmes toutes les chances ^ ; ,

de succès à l'ennemi (18 juin. »)

Il y eut d'autres fautes, la plus lourde de

Grouchy ,3„4,^,^^^„.

ex é c u t a n t i^,< intrépide, '-'V" mais chef sans initiative.

En effet, Grouchy, au lieu de se diriger dès la pointe du jour sur VVavre, se mit en mouvement trop tard. A midi, quand le grondement

de

journée, a été repoussé par la gauche anglaise qu'il avait l'ordre de rompre, parce que c'était le côté où Wellington attendait Bliicher. L'empereur attaque sur le centre. A ce moment arrive Bulow. Lobau et la jeune garde se portent à sa rencontre et engagent un terrible combat autour de Plancenoit.

Ney, parce qu'il se croit sûr de gagner à lui seul la bataille anglaise, a lancé, une heure trop tôt, par l'étroit chemin d'Ohain, sa cavalerie tout entière à l'assaut du plateau de M ont-Saint- Jean : 8 000 hommes sur un front où i 000 cavaliers tout au plus pourraient se déployer. Ces magnifiques escadrons s'emparent de toute l'artillerie anglais e , mais sont arrêtés par les carrés anglais. Ils s'épuisent à tourbillonner autour d'eux.

Wellington n'a donné qu'un ordre : « Tenir - jusqu'au d e r n i e r homme. »

Ney, qui a eu quatre chevaux tuéssouslui, demande un peu d'infanterie ; six à sept batonnerre des artilleries taillons de la garde suffiraient à en-

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