‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 502 sur 725 · LES DEUX DERNIERS BOURBONS · texte numérisé non relu

LES DEUX DERNIERS BOURBONS

par la volonté unanime de populations Gœthe les a saluées quand elles sortaient

qui, dès 1792, s'étaient librement données, à peine du sol. Le soir de la bataille de

Elle a cessé de poursuivre la conquête Leipzig, une vieille paysanne s'est écriée :

du Pré Carré des Flandres (la Belgique) « Ce sont les nobles qui ont vaincu. » La

et de la rive gauche du Rhin. Les partis rive gauche du Rhin a gardé longtemps le

politiques n'en ont plus que des vel- regret de l'administration française, léités. Paris est comme le foyer des idées

Cependant la nation n'a perdu aucune libérales de l'Europe, de ses vertus militaires et elle porte le Depuis Philippe Auguste et Richard

plus souvent dans la politique étrangère Cœur de Lion, la France et l'Angleterre

la tradition de la Révolution : protéger ont été constamment rivales et souvent

et aider les peuples qui veillent s'afiran- en guerre ; elles semblent vouées à des

chir. haines étemelles. En devenant les deux

Politique extérieure. — Les traités de plus grandes nations libérales du monde,

Vienne ont soumis ou laissé à des domi- elles se rapprochent peu à peu l'une de

nations étrangères des peuples qui vont, l'autre et découvrent la solidarité pro-

d' année en année, aspirer davantage à fonde de leurs intérêts, l'indépendance. Leur alliance va devenir la garantie

La France appuie en Grèce, en Bel- de l'équilibre des États et de l'indé-

gique et en Italie, par des interventions pendance des nations, militaires, et dans la vallée du Danube En Allemagne, l'esprit féodal s'incarne

par la diplomatie, le réveil des nationa- dans la Prusse des HohenzoUcm. Les

lités. deux plus grandes guerres de la période

Ces mêmes traités ont rétabli ou contemporaine, celle de 1870, où l'Europe

consolidé des pouvoirs absolus dans la commit la faute lourde de laisser écraser

plus grande partie de l'Europe centrale la France, celle de 1914, où le monde

et dans les trois péninsules de la Méditer- entier se porta à son aide, ont été pré-

ranée. méditées et voulues par la Prusse.

Sauf en 1823, où la Restauration se Politique coloniale. — Enfin la France

fait le gendarme de la Sainte- Alliance reprend au xix^ siècle la politique de

en Espagne, la France encourage les Colbert ; elle a reconnu que sa fortime

aspirations libérales comme les aspira- est sur les mers et aux colonies, tions nationales des peuples. Les révolu- Louis XV a misérablement perdu le

tions de 1830 et de 1848 ont des contre- domaine colonial que lui avaient laissé

coups dans presque toute l'Europe, aux François I" et Richelieu et que Dupleix

Pays-Bas, en Pologne, en Allemagne, en avait étendu aux Indes. Un nouveau

Italie. domaine, non moins magnifique, va se

Sous l'Empire comme sous la Repu- constituer, en Asie et en Afrique, par un

blique, les armées en marche ont semé effort presque continu de 1830 à 1912. partout les idées de la Révolution. Des L'Algérie devient un prolongement de

Calabres en Lithuanie, des bouches de la France au sud de la Méditerranée.

Cattaro à l'embouchure du Tage, on suit Cette France africaine s'étaye, à Tunis

encore leur passage aux traces du san- et au Maroc, par des pays de protectorat,

glant labour du champ féodal, comme, aux vestiges des chaussées et des aqueducs, les étapes des légions romaines.

Ce sont ces moissons qui ont levé.

et rejoint par le Sahara les colonies de la côte occidentale. Dans l'océan Indien, la France s'établit au Tonkin, en Annam et à Madagascar.

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