L-espérance du lendemain 1 architecture romane a ete marque
Ce sont mes fêtes ^,. exactement par un moine bénédictin,
Raoul Glaber, qui vivait à Cluny dans la Ces poèmes, surtout les héroïques, première moitié du xi<> siècle, franchirent les frontières, pénétrèrent II raconte que, vers la troisième année
jusqu'en Orient et commen- ■ . après l'an mil, oti le moyen
cèrent l'universelle renom- ^^^'^^^'^& i'^'IMffii ^^^ avait attendu la fin du mée littéraire de la France. |f|^ wRw |l/i^^-U monde, on se mit par toute La Confrérie de la Passion ^V^Os^ ÎO'^^^Ji^^M^^ ^^ terre à renouveler le vaisjouait les Mystères (vies du ;t\jl .^Kn I^^^^J^^" ^eau des églises, quoique la Christ et des Saints) dont v/J[|j Wk' ^|Ê'^||^TBf| plupart fussent déjà établies les plus anciennes représen- ^ '^SBi 1 iffl^ n 1 IF^ somptueusement. « Tous les tations avaient été données -B||j>\^ ^'''-^^i I Pi'l f èdiiices religieux furent condans les églises. Tlf^^!^ K.""^!! f I Mi I' sertis par les fidèles en
Villehardouin, avec sa •fl||"'Wà'' ' \.:^| j [m i' quelque chose de mieux. -d rude et fière chronique de jm '^K î^^'^'I-i^IK, Comme pour remercier
la Conquête de Constanii- l-^WSt ^ml^'''%h\r~' ^^^^ d'avoir fait grâce aux nople, et Joinville, avec sa ^^^^ffl[ ri^Hiil^^^^ hommes de la catastrophe, délicieuse Vie de Saint Louis, [i^^fe^^a^HL'! MMt 1 «on eût dit que le monde opèrent le passage de la arcs-boutants ^^ secouait pour dépouiller
chanson de geste à l'histoire de la cathédrale de rfims les haillons de sa vieillesse et fondent la prose française. Les cuk-es de ces arcs-boutants et revêtir une robe blanche
, , . c sont découpées en pniacles ; ils j,' t
L astronomie se confon- abritent des statues de saints, d églises ».
dait encore avec l'astrolo- Ce « quelque chose de
gie, lecture de l'avenir dans les astres, mieux », ce fut la voûte en pierre pour
et la chimie avec l'alchimie, fabrication remplacer l'ancienne toiture en bois qui,
de l'or. trop souvent, prenait feu. Les Normands
L'art roman et l'art gothique. — - ne brûlèrent tant d'églises que pour
L'art roman marque, depuis les envi- leurs charpentes de bois qui s'allumaient
rons de l'an mil jusqu'au milieu du comme des bûchers et répandaient l'in-
xn« siècle, la transition de l'art romain et de l'art byzantin à l'art essentiellement français qui reçut au xvi'' siècle l'expression impropre de gothique.
cendie.
La voûte permit l'emploi de petites pierres assemblées, comme enchaînées dans le vide. Pour les besoins de la voûte,
Le mot roman, qui était déjà appliqué les murailles s'épaissirent, les écartements aux langues dérivées du latin, ne le fut se resserrèrent, les baies furent réduites.
Les linteaux rectiligiies des portes et des fenêtres furent remplacés par des cintres. Le caractère principal de l'architecture romane, c'est la voûte.
Construite en forme de croix latine et pourvue à l'ordinaire de tours, l'église romane, avec ses voûtes basses que soutiennent des colonnes trapues et ses gros murs où les pleins l'emportent sur les Gœthe, prenant pour des originaux vides, est plus sombre et plus lourde que I. le cite CCS vers charma.>ts dans la tra- rancienne basilique, et moins sonore; durtion 0.1, pins exactement, le «rajeunisse- mais combien elle éveille davantage 1 idée ni<;nt'. de M. Clédat. de la Solidité ct de la durée ! Quelle har-
à l'art et, en particulier, à l'architecture des x" et xi'' siècles que vers 1823.
Le mot de gothique, pour désigner le style en honneur durant les trois derniers siècles du moyen âge, fut employé d'abord par Rapha 1, dans un rapport au pape Léon .\ : gothique, par opposition à romain, comme il aurait dit barbare.
33 L'AKCHlJKCriKl-: (,(rr H I Q U E. — A'//^' /vT .V///« SIÈCLES
monie que celle de la combinaison de laquelle l'architecture des xii« et
l'arc en plein cintre et du berceau I C'est xiii"^ siècles n'aurait trouvé ni ses lois
la noblesse dans le calme, comme aux ni sa physionomie, était apparue, comme
temples doriques. à l'état de bégaiement, dans des monu-
L'architecture romane, qui n'atteignit ments romans en Picardie et en Angle-
qu'au xi« siècle son unité de principe, a terre.
élevé d'abord ses plus belles églises au Le succès de cet artifice de construc-
sud de la Loire (Saint-Semin à Toulouse, tion s'affirma, après une série de très lents
Saint-Trophime à Arles, Sainte-Marthe progrès dont on a retrouvé les traces, dans
à Tarascon, Saint-Proust à Périgueux, le chœur de la basilique de Saint-Denis,
cathédrale d'Angoulême). Les églises œuvre de Suger, le premier des grands
d'Auvergne (Orcival, Cler mont, Issoire) semblent être l'œuvre d'un même architecte et d'une même équipe d'ouvriers. Leurs décorations byzantines furent imitées par les architectes du Poitou (Notre-Dame la Grande, Saint-Hilaire).
Il ne reste rien de l'immense église abbatiale de Cluny, détruite sous le premier Empire ; elle avait été souvent copiée, même en Terre Sainte. Celle du mont Saint-Michel était appelée par les chroniqueurs <t le Palais des Anges ».
L'architecture gothique.
— Il faut renoncer à la légende d'une architecture gothique qui éclate tout à coup, telle une prodigieuse floraison de pierres, et lance d'un seul jet vers le
édifices gothiques, inauguré en 1144.
L'art de transition que le gothique était encore à Saint-Denis évolua ensuite avec plus de rapidité, d'abord dans l'Ile -de - France, puis dans les autres parties du domaine royal. A l'avènement de Philippe Auguste, les constructeurs étaient maîtres entièrement des voûtes, des poussées, des résistances.
Ils pouvaient escalader le ciel.
Le xiiie siècle. — Après les durs combats dans la nuit de l'époque précédente, la fin du xn« siècle et le xiii^ sont comme une sorte de première Renaissance. Aux guerres d'Italie, la France découvrira l'antiquité ; aux Croisades, elle a découvert l'Orient.