‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 628 sur 725 · I. Challemel-Lacour · texte numérisé non relu

I. Challemel-Lacour

que le droit de reconstituer par divination * l'une des manières dont les choses ont pu être ».

Autant que son érudition qui ne s'arrête jamais à la surface, son ironie, légère comme celle de Platon, l'empêche de tomber aux généralisations hâtives et grossières. Il a démoli la lourde théorie allemande des races. Il n'y a pas de races au sens des professeurs d'outre-Rhin, encasernés dans l'année prussienne. Il y a des peuples et des religions.

La pensée philosophique de Renan est tout entière dans son premier livre, longtemps inédit, sur V Avenir de la scienee, comme celle de Taine dans son traité de V Intelligence. Elle circula de là dans toute son œuvre qui ne comprend pas que des ouvrages du genre historique. Il aborda les questions politiques dans la Réforme intellectuelle et morale, qu'il publia au lendemain de la guerre de 1870, puis dans ses Dialogues et Drames philosophiques. Le bruit de la démocratie en travail l'effraya ; il rêva d'un monde gouverné par une aristocratie de l'esprit, par l'Académie des sciences.

Le charme de son style, d'une clarté de cristal, où toutes les nuances de sa pensée apparaissent, où il suffit d'un mot pour éveiller un monde de pensées, n'est nulle part plus vif que dans ses Souvenirs d'enfance et de jeunesse, peut-être son chef-d'œuvre, l'un des joyaux les plus purs de la langue française.

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