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SUCCESSION DE BRETAGNE

Madame Amie marcha dR)it àroimemi, battit et fit prisonnier le duc d'Orléans (à la bataille de Saint-Aubin du Cormier) et réduisit non moins promptement le duc de Bretagne, François II.

Succession de Bretagne. — Le duc François étant mort peu de jours après qu'il eut fait sa soumission, s-.n héritage devint une affaire pareille à celle de Bourgogne pour les compétitions qu'elle suscita autour de la fille du duc.

Le mariage des princes continuant à faire le destin des peuples, qui épousera la petite princesse épousera avec elle la Bretagne.

On se souvient que Maxiniilien d'Autriche était devenu veuf de Marie de Bourgogne et, aussi, qu'il avait promis par le traité d'Arras sa fille au dauphin. Il se porta candidat à la main de l'héritière de Bretagne, ce qui le devait installer, s'il était accueilli, dans l'ouest de la [■"rance comme il était déjà à l'est par les Flandres.

La duchesse Anne de Bretagne avait déclaré qu'elle n'aurait jamais «-d'autre mari que roi ou fils de roi ». Maximilien étant fils d'empereur et roi des Romains, ce qui lui assurait l'Empire, elle l'épousa par procuration.

Charles V'III mit aussitôt le siège devant Rennes, s'en fit ouvrir les portes et. moins de trois jours après, épousa effectivement Anne qui avait consenti à l'annulation de son mariage autrichien, comme ayant été contracté sans le consentement du roi de France, son suzerain.

Elle s'engagea, si son mari français mourait sans enfants, à ne donner sa main qu'à son successeur ou au plus proche héritier du trône.

En même temps, Charles VIII mandait à Maximilien qu'il lui renvoyait sa fille Marguerite, d'ailleurs avec sa dot, c'est-à-dire la Franche-Comté et l'Artois. Irrité de se voir prendre- sa femme et retourner sa fille, Maximilien repartit en guerre, après s'être assuré l'alliance des Anglais.

Les successions transalpines. — C'était pour Charles VIII. en raison de l'état magnifique de son armée et des faibles ressources de l'Autrichien, qui n'avait pu obtenir un florin de subsides de la Diète, l'occasion de ii.i.-K^ viii reprendre à titre de ,D-.près"un"^„„scrit conquêtcs Ics provinlasiiide la /?/*/. A',7/.) ces qu il avait reçues

et rendues à titre de dot. ''Par nialliour, ayant la tète pleine de romans de chevalerie, il tornia le projet de revendiquer (t son royaume de Naples », en vertu des droits de la maison d'Anjou i, puis, sitôt qu'il en serait maître, de se croiser, de reprendre aux Turcs Constantinople où il se ferr.it empereur d'Orient.

Madame Anne et les vieux conseillers île Louis XI eurent beau lui déconseiller «le voyage d'Italie»: le roi ne voukit rien entendre, encouragé dans son entreprise par la jeune noblesse, qui rêvait de belles aventures dans un beau pays, par son cousin Louis d'Orléans, qui songeait à réclamer le Milanais pour son propre compte, du chef de sa grand'mêre Valentine Visconti, et par l'évêque de Saint-Malo, qui voulait être cardinal.

En conséquence, il sacrifia à ses ambitions italiennes et orientales la bonne terre de France : Calais qu'il aurait pu reprendre aux Anglais — il les paya pour lever le siège de Boulogne ; — le Roussillon qu'il céda à l'Espagne, pour prix de sa neutralité, et la Comté de Bourgogne et l'Artois qu'il restitua à Maximilien, pour le renvoi de Marguerite, son « ép'^asée » du traité d'Arras.

Le carrefour de l'histoire. — Ainsi la persistance do l'hérédité féodale valait à la France la Bretagne, qui lui fut réunie définitivement, mais elle lui coûtait la Franche-Comté et l'Artois, qui ne lui devaient revenir que deux siècles plus tard, après avoir passé de l'Autriche à l'Espagne ; et elle justifiait aux yeux d'un roi « aussi faible d'esprit que de corps 2 » ses entreprises sur le Milanais et sur Naples.

Bien que le droit féodal fût toujours comme le droit public de l'Europe, il avait déjà conduit à tant d'absurdités et d'injustices qu'il n'était plus guère qu'un masque pour les ambitions conquérantes. C'était à la politique de distinguer entre les ambitions judicieuses et les autres.

Or, les conquêtes transalpines étaient une hérésie à la fois géographique et politique, alors qu'à ce carrefour de son histoire, tout conviait la France à compléter à l'Est et au Nord-Est son unité et ses frontières.

Jamais les circonstances ne furent plus favorables. L'Allemagne est en anarchie depuis deux cents ans. Ses marches occidentales sont à peine cousues : Lorraine, qui parle français; Alsace, de popu-

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