ACTE TROISIÈME
c'est bien certain; mais toi! Pourquoi j'allais chez Rosalie? D'abord, je n'allais pas chez Rosalie, j'y retournais. Ah! si j'avais été chez une femme nouvelle! Mais Rosalie ça ne compte pas! 11 n'y a qu'à supposer que j'y suis allé quelques fois de plus avant mon mariage.
STANISLAS
C'est du report; parfaitement. Mais, hier, puisque ta femme voulait te garder, tu n'avais pas d'excuse; pourquoi t'obstinais-tu à aller retrouver Rosalie au bal de l'Opéra. Il n'y a qu'un homme marié on un provincial qui puisse avoir une idée pareille! J'y pense, ce doit être un homme de province.
LUCIE
Qui?
STANISLAS
L'invité de ta femme. Et s'il est reparti pour la province, qu'est-ce que ça le fait?
LUCIEN
Es-tu sérieux, oui ou non?
STANISLAS, sci-iciix.
Très sérieux !
LUC lEN.
Il est évident que si j'avais pu prévoir ce (|ui est arrivé, mais, outre que je ne voulais pas me mettre à céder à tous les caprices de Francine, j'avais absolument promis à Rosalie. Elle voulait me consulter.
Tu es de si bon conseil ? Sur quoi ?
LUCIEN
C'est tout ce qu'il y a de plus cocasse.
STANISLAS
Si nous entrons dans le cocasse, restons-y, hein ! veuxtu?
LUCIEN
Tu me promets de garder pour toi ce que je vais te dire et de n'en pas parler au club?
STANISLAS
Je te le promets, un secret de Rosalie ! ça se garde, c'est rare.
LUCIEN
Elle va se marier.
STANISLAS, indilTciont.
Ah!
LUCIEN
Ça t'étonne ?
STANISLAS
Non. Rien ne m'étonne. Et qui épouse-t-elle?
LUCIEN
Devine...
Je le connais?
LUCIEN
Parfaitement.
STANISLAS
J'ai de jolies connaissances. Va, va, je ne cherche pas.
LUCIEN
Carillac.