‹ François de Bienville [microforme]Chapitre 16 sur 51 · AU BARIL DOR JEN BOIS DONC · texte numérisé non relu

AU BARIL DOR JEN BOIS DONC

Cet affreux calembour avait attiré l’attention de l'officier anglais, qui put aisément donner tous ces renseignements à Harthing.

Mais, malheureusement pour le lieutenant, son ami ne put lui donner une réponse aussi satisfaisante au sujet de Louis d’Orsy, car ce nom ne lui était pas connu.

—N'importe, se dit Harthing en revenant chez lui, n'importe, j’en sais maintenant assez pour apprendre tout ce qu’il me reste à connaître.

I1 s’empressa de dépeindre à Dent-de-Loup l’auberge de Boisdon, qui se trouvait sur la grande place et près de la cathédrale.

À mesure que l’Anglais avançait dans sa description, l’attention de l’Iroquois semblait s’éveiller graduellement. Enfin, quand le lieutenant lui mentionna le baril jaune qui

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servait d’enseigne à l’auberge, le sauvage lui toucha le bras et dit:

—Les yeux du Chat-Rusé ont vu ce baril d'eau de feu suspendu à la porte d’un ouigouam. '

En effet, les Québecquois qui faisaient partie de l'expédition contre Schenectady, n’avaient eu rien de plus pressé à leur retour que de se rendre à la cathédrale, pour y remercier Marie, sous la protection de laquelle ils s'étaient mis avant leur départ. Mais, comme ils n’avaient pu se défaire immédiatement de leurs captifs, ils les avaient amenés avec eux jusqu'à l’église, à la porte de laquelle on les avait laissés momentanément sous bonne garde. Et ce fut alors que les regards de Dent-de-Loup s’arrêtèrent sur la singulière enseigne de la première auberge canadienne. Il l’avait si bien remarquée, qu’il assura pouvoir retrouver le cabaret, même par la nuit la plus noire.

Harthing rayonnait.

Avec l’aide de Dent-de-Loup et de Boisdon, rien ne lui était plus facile, en effet, que de savoir où les d’Orsy demeuraient.

L’avarice de Boisdon lui était connue

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comme une mine d’exploitation très facile; restait à s’attirer l’amitié du chef agnier.

Mais il fit si bien ressortir aux yeux de Dentde-Loup l’avantage que celui-ci trouverait à g’allier avec lui pour conduire leurs projets respectifs à bonne fin, que l’Iroquois lui dit: —C’est bon ! Dent-de-Loup marchera dans le même sentier de guerre que son frère blanc. Le sauvage n’avait aucune connaissance de la langue française, qui lui devait être cependant d’une si grande utilité pour s’aboucher avec l’aubergiste canadien; ce à quoi l'esprit méchamment inventif du lieutenant remédia de son mieux, en persuadant à Dent-de-Loup de se fourrer dans la tête assez de phrases françaises pour se faire comprendre de Jean Boïisdon. A cet effet, Harthing se fit le maître de langue du sauvage ; car il avait lui-même, dans la prévision d’aller un jour au Canada, pris des leçons de français d’un pauvre huguenot parisien qui végétait à Boston.

L’Iroquois, dont l’idée fixe de vengeance éperonnait toutes les facultés, se montra si bon élève, que deux mois plus tard, lorsque la flotte anglaise fit voile de Boston pour le Canada, il savait assez de français pour émer-

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veiller le lieutenant Harthing, qui ne croyait pas qu'une tête de sauvage pût contenir autant d'intelligence.

Enfin, pour prévenir les soupçons de ses chefs au sujet de la présence de Dent-de- Loup sur la flotte, Harthing les prévint que cet homme lui était dévoué corps et âme, et qu’il se proposait de l'envoyer en espion pour explorer la place qu’on allait attaquer.

Comme les qualités précieuses des peauxrouges à cet égard étaient bien connues en Amérique, la présence du Chat-Rusé fut non seulement tolérée, mais encore agréée par les chefs de l’expédition.

Nous n’entrerons dans aucun détail sur la marche de la flotte depuis Boston, qu’elle quitta au commencement de l’automne, jusqu’à l’île d'Orléans, où nous la savons mouillée le quatorzième jour d’octobre. Il nous suffira de dire que, sans les vents contraires qu’il lui fallut essuyer presque continuellement, elle eût paru huit jours plus tôt devant Québec, et qu’alors c'en eût été sans doute fait de la ville, vu qu’on ne s’y attendait nullement à cette attaque et que toutes les troupes étaient encore à Montréal.

A présent que nos lecteurs connaissent les antécédents de Dent-de-Loup, reprenons le récit au point où nous l’avons laissé vers le commencement du chapitre troisième, c’està-dire au moment où le chef agnier venait de quitter la flotte anglaise.

Poussée par un bras vigoureux, la pirogue du sauvage glissait, en dansant sur les vagues, avec la rapidité de la flèche. Pour assourdir le bruit que fait l’aviron en plongeant dans l’eau, l’Agnier avait eu soin d’envelopper le sien d’un lambeau d’étoffe.

Le canot rasa sans bruit les bords silencieux de l’île d'Orléans, où, à part les aboïements éloignés de quelques chiens de ferme, tout semblait dormir. Car les habitants, terrifiés par le voisinage des Anglais, n’osaient pas même allumer de feu dans leurs demeures, tant ils avaient peur qu’un indiscret rayon de lumière, en se glissant au dehors, n’attirât quelques rôdeurs nocturnes.

Après une heure de marche, le sauvage était en vue de la ville ; la cime du cap paraissait alors se fondre dans l'obscurité de la nuit. Quelques coups d’aviron l’amenèrent à la Pointe-à-Carcy, qu’il doubla en entrant un peu dans la rivière Saint-Charles.

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Arrivé à quelques brasses de terre, vis-à-vis de l’encoignure qui réunit aujourd’hui les rues Saint-Pierre et Saint-Paul, il rama quelques coups de l'arrière pour arrêter sa pirogue et tendit l'oreille.

Rien ne bruissait au proche, que le cla.

potement monotone des vagues sur la grève.

Rassuré, Dent-de-Loup dirigea doucement son canot vers la terre, qu’il atteignit bientôt. Après avoir tiré son embarcation à sec sur le sable du rivage, le Chat-Rusé se mit à ramper vers la ville, non sans jeter auparavant un regard scrutateur autour de lui. Aucun bruit ne trahissait ses pas, tant ils étaient bien mesurés; de sorte qu’un blanc fût passé à dix pieds du sauvage sans se douter de sa présence.

Pendant quelques minutes Dent-de-Loup longea le cap, et finit par s’arrêter près d’un endroit désert au-dessous du lieu où l’on voit aujourd’hui le vieux et modeste édifice du parlement provincial.

Il doit être à peu près inutile de faire remarquer ici que la basse ville a subi depuis des changements innombrables; car, à cette époque, il y avait à peine soixante maisons

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disséminées depuis la Pointe-à-Carcy jusqu’au lieu où se trouve aujourd’hui le quai de la Reine.

Comme c'était par là qu’il s'était échappé lors de sa captivité, Dent-de-Loup reconnut la place et se mit à escalader le cap, couvert alors de broussaïilles et d’arbustes assez 80lides pour pouvoir s’y retenir au besoin.

Après maints efforts, après s'être glissé comme un serpent entre les arbrisseaux desséchés par l’automne, le Chat-Rusé atteignit la cime du roc, et s'arrêta à l’endroit où vous pouvez voir aujourd’hui cette petite plateforme qui touche à la clôture d’enceinte du parlement. *

Dent-de-Loup prêta de nouveau l'oreille aux bruits qui pouvaient venir des environs, et, comme rien n’indiquait un danger prochain, il se hissa résolument sur le haut des palissades et se laissa descendre dans la cour

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* Quelque temps après l’apparition de la première édition de ce livre, un arrêté du conseil de ville donnait à cette plate-forme le nom de Bienville, en l’honneur du héros dont nous venions d’exhumer le souvenir de nos vieilles chroniques.

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de l'évêché, qu’il traversa en tapinois. Quand il eut atteint l’endroit où la clôture qui entourait la cour formait un angle en rejoignant celle du séminaire, il bondit vers le faîte de la muraille, s’y accrocha des mains et descendit dans la rue Port- Dauphin.

Après s'être assuré que personne ne le voyait, il s'engagea dans la rue Buade. Quelques pas de plus l’eurent bientôt conduit au pied du mur qui soutient le clocher de la cathédrale.

Ici, l’espion s'arrêta en se faisant si petit que personne ne le pouvait voir, grâce à l'obscurité qui le favorisait. Ses prunelles se dilatèrent en se fixant sur une maison sise presque en face, et qui se trouvait à l’endroit de celle qui est occupée maintenant par l’hôtelier Grondin.

Cette maison, assez étroite et encaissée entre deux constructions plus hautes qui semblaient la regarder avec dédain lorsque le soleil éclairait leur toiture, était la seule où l’on veillait encore, si l’on en jugeait d’après un jet de lumière qui, partant de l’intérieur, dormait paisiblement sur le pavé de la rue.

Le Chat-Rusé inclina la tête de côté et d’autre pour mieux écouter ; rien ne bougeaït. Il traversa la rue et vint se blottir au-dessous de la fenêtre éclairée.

En ce moment un petit grincement aigre, qui se produit au-dessus de lui, le force à lever la tête; et il aperçoit un objet qui se meut lentement au-dessus de la porte. Il examine ce corps avec attention, s'assure de ses mouvements uniformes et fait quelques signes de tête qui annoncent le contentement intérieur qu’il éprouve en reconnaissant la nature de ce bruit. C’est l’enseigne de l’auberge qui gémit sur ses gonds rouillés.

Convaincu qu’il ne peut se tromper, Dentde-Loup s’avance vers la porte en longeant la muraille ; mais au même instant cette porte s'ouvre et le reflet d’une lumière de l’intérieur se répandant sur le sol, laisse voir dans la rue l’ombre d’un homme qui se tient sur le seuil.

La tête du sauvage touche presque les pieds de celui qui se trouve ainsi debout à l'entrée de l’auberge.

Dent-de-Loup hasarde un coup d’œil au dedans de la maison. Il n’y a personne au rez-de-chaussée.

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L'homme qu’il voit près de la porte est donc seul.

Alors l’aubergiste Boisdon, car c'était bien lui, voit comme une ombre surgir brusquement de terre, tandis qu’il sent cinq doigts d'acier se cramponner à son cou, et que la pointe acérée d’un poignard tâte sa poitrine.

— Mon frère est mort, s’il crie! murmure une voix étrange à l’oreille du pauvre Boisdon, dont la moelle semble se glacer dans ses os, tandis que ses genoux se donnent de nerveuses et rapides accolades.

On sait que Boïsdon avait presque un aussi grand faible pour sa vie que pour son argent. Nous pouvons même avancer sans crainte qu’il lui passait souvent de petits frissons nerveux sur l’épine dorsale, quand il lui fallait s’'aventurer seul par les rues, alors quele soleil ne pouvait être témoin d’une bravoure qu’il aurait volontiers affichée en plein midi.

Notre homme fut tellement effrayé en cette circonstance, qu’il promit de faire chanter dix grand’messes pour le soulagement des âmes souffrantes, si ce poignard menaçant s’'émoussait sur sa poitrine.

Le sauvage, voyant l’hôtelier tremblant ar-

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rêter jusqu’au mouvement de ses yeux, pour ne point paraître opposer de résistance, avait répoussé Boisdon jusqu’au milieu de l’unique pièce du rez-de-chaussée, après avoir refermé du pied la porte qui s’ouvrait sur la rue.

Puis, desserrant un peu l’étau de ses cinq doigts, il lui avait rendu la respiration plus facile, tout en lui faisant sentir que la pointe dé son arme avait dû être aiguisée dans un dessein peu charitable.

Et approchant ses lèvres de l’oreille attentive de l’aubergiste, il lui dit tranquillement à voix basse :

—Que mon frère au visage pâle n'ait point peur. — Soit dit en passant, la figure du cabaretier avait en ce moment la couleur d’un citron malade.—Dent-de-Loup ne veut point de mal à son frère. Que celui-ci regarde.

Le sauvage, lâchant la gorge de l’aubergiste, introduisit sa main gauche sous une ceinture de peau d’orignal qui lui ceignait les reins, et exhiba quelques pépites d’or aux yeux doublement surpris de Jean Boïsdon.

La vue du précieux métal fit refluer le sang aux joues de l’avare, qui se remit d'autant mieux que Dent-de-Loup avait aussi rengatné son arme.

Poussant alors un soupir mélancolique.

—Pourquoi donc me menacer ainsi? demanda-t-il d’un air à moitié convaincu.

—Dent-de-Loup n’est pas l’ami des Français, répondit celui-ci, et si les faces pâles du grand village s’emparaient du pauvre Iroquois, il partirait bientôt pour les plaines sans fin du Grand-Esprit. Il lui faut user de ruse pour revoir son frère.

—Dent-de-Loup! murmura Boiïsdon, stupéfait de reconnaître l’ancien prisonnier du château.

—Oui, Dent-de-Loup, qui te doit la liberté.

Il ne l’a pas oublié; il t’apporte du métal rayonnant pour te l’offrir en retour d’un service qu’il va te demander. Maïs le guerrier est seul au milieu de ses ennemis, et il exige un peu de sûreté, acheva le sauvage, qui jeta vers la porte un regard significatif.

La seule pensée de palper encore quelques pépites rendit toute sa confiance à l’avare, qui s’en alla verrouiller la porte et revint se placer en face de Dent-de-Loup.

—Que mon frère veuille bien m’écouter, fit le Chat-Rusé en montrant un siège à Boisdon, tandis qu’il en prenait un lui-même.

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Boïisdon redevint tout oreille.

—Dent-de-Loup a ramassé ces cailloux,dit le sauvage en montrant avec quelque dédain les pépites d’or qu’il tenait en sa main gauche, dans un vallon connu de lui seul.

Les yeux de l’avare se firent si grands, qu’il fallait tout le flegme d’un Iroquois pour re pas éclater de rire.

Dent-de-Loup continua néanmoins avec impassibilité :

—Si mon frère aime tant ce métal que nous «itprisons là-bas, il lui sera facile d’en rempli: . . xt fois ce tonneau d’eau-de-feu.

Et l’Agnier montra du doigt un baril qu’il y «ait au ford de la salle.

Un sourire ac ffable vient sesuspendre aux lèvres de l’avare, qui ferma les yeux pour mieux se figurer la somme énorme que représenterait un pareil amas d’or.

—Mais, continua l’Agnier, pour que Dentde-Loup consente à conduire son frère au vallon inconnu, ce dernier devra d’abord

l'aider à trouver dans ce grand village une " vierge pâle aux yeux bleus, dont tu peux tin. voir ici le nom. un.

Et il tendit à Boisdon un papier sur lequel

Harthing avait écrit le nom de celle qu’il convoitait.

—“ Mademoiselle d'Orsy,” lut l’aubergiste.

—C’est ainsi que s'appelle la vierge blanche, répliqua Dent-de-Loup.

—KElle demeure à quelques pas d'ici.

—Mon frère veut-il venir avec le chef pour être son guide ? reprit l’Iroquois en faisant passer une des pépites d’or dans la main de l’hôtelier.

—J'y vais, répondit Boisdon, qui se leva aussitôt.

Une seconde pépite ayant suivi le chemin de la première, Jean Boïisdon tout ébloui par leurs scintillations eut un moment d’extase.

Mais il se remit bientôt, ouvrit la porte d’entrée, et, après avoir fait signe au sauvage de se tenir au dehors, il monta prévenir sa femme qu’il lui fallait sortir un instant et qu’elle eût à verrouiller la porte en son absence.

Tandis que dame Javotte, qui était un tantinet jalouse, maugréait contre une sortie à une heure aussi Mmdue, l’aubergiste venait rejoindre le Chat-Rusé. Ce dernier l’attendait

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140 FRANÇOIS DE BIENVILLE patiemment, et tous deux se dirigèrent vers la demeure de Louis d’Orsy, qui était à cent quarante pas de l’auberge et sur la même rue. Quand ils arrivèrent en face de la maison du jeune officier, Boisdon la désigna du doigt à Dent-de-Loup.

Celui-ci parut réfléchir durant quelques instants après avoir examiné la maison; puis se penchant vers l’aubergiste :

—Que mon frère me suive un peu, lui dit-il.

Comme Boisdon hésitait à aller plus loin, le sauvage lui glissa une paillette d’or dans la main, argument qui persuada l’avare. Il

suivit Dent-de-Loup, qui traversa la rue, des-

cendit un peu vers le palais épiscopal et vint s'arrêter à la jonction du mur de clôture de l'évêché avec celui du séminaire. A cette heure de la nuit, un homme se pouvait cacher là, près de la muraille, sans que les passants le pussent voir de la rue.

—Mon frère au visage pâle voudrait-il venir se poster ici chaque soir, pendant une semaine, et à cette heure ? je lui donnerais de l'or. ‘

—C'est bon, fit l’aubergiste; maïs pourquoi cela ?

—Le chef iroquois pénétrera plusieurs fois encore dans ce grand village ennemi, pour obéir aux ordres d’un homme pâle étranger qui aime la vierge blanche. Mais pour ne pas être surpris, il faut que quelqu'un m’avertisse de l’approche de mes ennemis, et veille à ce qu’on ne me remarque pas. Chaque soir le Chat-Rusé viendra sé tapir contre ce mur, de l’autre côté; il imitera le miaulement du chat, et, si tu ne vois personne dans les environs, tu répondras de même à ce signal.

Alors seulement je franchirai le mur. Mon frère m’a-t-il compris ?

—Oui.

—Et consent-il ?

—Certainement.

—Bien. Mais rentre en ton ouigouam; je n’ai plus besoin de toi maintenant. A la prochaine nuit, sois ici.

Tandis que Boïisdon reprenait le chemin de sa demeure, Dent-de-Loup traversait de nouveau la rue, s’approchait de l’une des fenêtres de la maison de Louis d’Orsy, et ouvrait un volet pour regarder à l’intérieur.

Ce fut alors que Marie-Louise aperçut la figure tatouée du sauvage et qu’elle eut peur.

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L’Iroquois, se voyant découvert, prit sa course vers la demeure de l’évêque, bondit comme un tigre par-dessus la muraille, sans être remarqué, grâce aux ténèbres, traversa silencieusement la cour de l'évêché, se laissa glisser sur le flanc du cap et courut à la grève rejoindre son canot.

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