ACTE CINQUiÈME, PARTIE I
Bon Dieu I pas davantage.
NICOLETTE
Monsieur François, je ne sais pas si vous êtes jeune ou vieux, je ne sais pas comment est votre personne et votre figure, je ne veux rien savoir. J'ai seize ans, je suis une honnête fille, mon père était le jardinier du couvent de Chaillot, on m'y a élevée, Madame est ma marraine, je Taime de toutes mes forc^, vous l'aimez bien aussi... — Monsieur François, voulez-vous de moi pour votre femme ?
Ah! — vous ne vous moquez point?
NICOLETTE
Est-ce qu'on se moque d'une personne comme vous?
Ahl Madame! ahî mademoiselle!... Ah! qu'est-ce que c'est? je tiens donc la fin d'un commencement! et quelle gentille fin! quelle heureuse fin I — Mais, mademoiselle, qu'est-ce que j'ai donc fait?
NICOLETTE
Oh! vous avez servi Madame cc^me il faut, vous avez été brave et dévoué comme il faut! Et si jamais je ne suis pas assez bonne avec vous, faites-moi souvenir de ce que vous avez fait, monsieur François, et je redeviendrai bonne tout de suite.
Hein, Madame, ceux qui ne croient pas aux contes de fées !
MADAME, tournant la tête de Nicolette vers François.
Allons! à présent, regarde-le, Nicolette.
NICOLETTE, vivement.
Ah! Madame, je vous jure que je ne l'avais pas vu! -^ C'est ma récompense.
MADAME
Et tu seras la sienne.
NANTOOILLET, entrant.
Madame, tout est prôt, et la répétiiion va commencer. (Miuiipe
4uM la oottliM*.)
FEANÇOIS.
Oh 1 j'ai à donner à Votre Altesse un beau bouquet que je lui ai apporté tout frais de Colombes.
MADAIIB.
Eb bien, va le chercher avec lui, Nicolette. Quittez-moi, le bonheur; il faut maintenant que je sois au monde. (François et Kicoiette,
M tenant par la main, entrent dans le ch&teau.)