‹ François les bas-bleus: drame en cinq actes et sept partiesChapitre 11 sur 118 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

B A B I G H N , à demi-Toix.

Ah çà! vas-lu médire à ma tante de François à présent? Un grand enfant si doux, qui s'en va disant ce qu*il pense, ne pensant pas à ce qu'il fait, mais, au bout du compte, ne faisant de tort qu'à lui-même.

GARO

Oui , Babichon , oui , tu le défends parce que tu es bonne, mais tu m'épouses parce que tu n'es pas bête.

BABICHON, riant.

Dame! à moins que ça ne soit parce que t'es bète, Garo.

GARO

Qu'elle a d'esprit, ma promise I

BABICHON

As-tu donné l'avoine à Marjolaine ?

GARO

J'y vasi oh! je la soigne, ton ânesse, parce qu'elle le porto à la halle trois fois par semaine , et parce qu'elle est à toi.

BABICHON

Et à François.

GARO

Oui, mais je ne l'aime pas pour lui , ni pour elle, je l'aime pour

toi. (U sort parla porte de Tenclos.)

LA MÈRE MIGHAUD.

C'est tout de mêmel François n'est jamais resté si longtemps dehors. Et cette fois-ci, il savait bien où il allait et ce qu'il voulait. 11 m'a dit en partant : Mère, tu me feras pour le coup de midi une bonne omelette au lard. — Ohl s'il n'a pas de mal, je vas le gronder de façon qu'il s'en souvienne. Ah ! c'est que quand il n'e£t plus au logis, la vie n'y est plus, n'est-ce pas, petiote?

BABICHON

Ah I ma tante! regardez! (parait sar la pente de droite François, portant une longue faucille. )

LA MÈRE MICHAUD

Ah ! lui 1 c'est lui ! Et il n'est pas blessé !

n FRANÇOIS LES BAS-BLEUS.

BABICUON.

Ni autrement malade, à ce qu*il paraît.

LA MÈRE mCHAUD.

Seulement il a l*air un peu honteux et empêché, le pauvre garsl

BABICHON

Quelle raison va-t-il nous donner? J'en suis curieuse, par exemple !

LA MÈEB MICHAUD.

Laissona-Ie venir et dire.

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