‹ François les bas-bleus: drame en cinq actes et sept partiesChapitre 35 sur 118 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

que doit ressentir, une fauvette en' cage qui écoute et suit des yeux une fauvette en liberté.

NICOLETTE

Oui, mais Votre Altesse veut me marier, pas moins!

MONTALAIS, avec intention, observant Madame.

Nous marier!

MADAME

Eh! ma chère Laure, c'est vous qui avez accueilli le marquis de Nantouillet. A défaut d'une grande naissance, il a une grande fortune, il vous aime, il vous aime sincèrement, et, croyez-moi, être aimé, c*est la chose rare.

MONTALAIS

jOui, je le crois. Mais être aimé en aimant soi-même.

MADAME

Oh ! cela, Montalais, c'est la chose impossible. — Quant à toi, Nicolette, vois-tu, j'avais six ou sept ans quand on m'a demandé d'être ta marraine, et j'ai accepté ma dignité avec un sérieux, il fallait voir! Mais mon vrai, bonheur, c'était de t^attifer de mes atours comme une poupée vivante, et je t'avouerai que je meurs encore d'envie de t'arranger dans ta robe de mariée. Mais prends ton temps, ma petite, tu n'épouseras que celui qui te plaira.

NICOLETTE, gravement.

Il n'y aura jamais qu'un homme qui me plaira, Madame.

MADAME

Ah! et lequel?

NICOLETTE

Mon cœur est à vous tout entier, je n'aime que vous au monde, et Je suis bien déterminée? à n'épouser que quelqu'un qui vous aimera comme moi.

MADAME

Hélas! tu cours risque d'attendre, mon-enfant.

Page 1