BIOGRAPHES CONTEMPORAINS DE SUAREZ
ou qui ont vécu en môme temps que lui, à un âge assez avancé, soit pour le connaître, soit du moins pour constater l'opinion qu'on avait de lui de son vivant. Les écrits de trois d'entre eux, Pereira, Arana, Veiga, sont perdus : mais tout ce qu'ils renfermaient d'important a dû passer dans ceux de Descamps, de Massei et de Sartolo, qui les désignent comme leurs meilleures sources.
Ribadeneira (Pierre de), S. J. {1527-1611). — 11 publia, du vivant même de Suarez, son Illustrium Scriptorum religionis Societatis Jesu calalogus (Anvers 1608). Il y fait de Suarez un éloge très court sans doute, comme il convenait à l'égard d'un vivant, mais très significatif.
Morim (François de;, S. J. Notice nécrologique ms. (1618). — Cette notice de huit grandes pages in-folio, restée inédite et inconnue jusqu'à c« jour, se trouve aux archives centrales de la Compagnie, dans les Lettres Annuelles manuscrites de la province de Portugal pour l'année 1617, lettres écrites et signées, à la date du 2 mai 1618, par François de Morim, religieux du collège de Coïmbre. C'est donc quelques mois seulement après la mort de Suarez, et dans la maison où il avait vécu vingt ans, que cette biographie a été composée ; aussi — et c'est là ce qui en fait le prix — nous fait-elle connaître ce que les jésuites contemporains du grand théologien^ compagnons et témoins de sa vie, savaient et pensaient à son sujet.
Freire (Jean), S. J. (1582-1620). — Antonio Franco, dans son ouvrage hnagem da virtude em o A'oviciado de Coimbra, p. 610, le mentionne eu ces termes: « Le P. Jean Freire, né à Lisbonne, entra dans la Compagnie le 24 avril 15% à l'âge de quatorze ans. Il enseigna la rhétorique à Coïmbre et succéda dans la chaire d'Ecriture sainte au patriarche Alphonse Mendès. Faible de santé et usé par l'étude, il mourut, après une courte vie, à Coïmbre, le 25 juillet 1620... 11 a écrit, entre autres ouvrages, la Vita P. Franeisci Suarez granatensis o Societate Jesu, que les éditeurs des œuvres posthumes du théologien mirent.
XIV BIO-BIBLIOGRAPHŒ
deux ans après sa mort, en tête du premier volume De Gratia, Coïmbre, 1619. » Cette biographie offre les mêmes garanties d'information directe et immédiate que la précédente. Mais écrite par une plume plus mûre et publiée avec l'approbation des supérieurs, elle prend de là une plus grande autorité. T^es éditeurs lyonnais l'ont donnée en tête de leur De Angclis (1621) et de leur De Gratia (1628.) Dans les éditions complètes de Venise et de Paris, elle a été transférée au tome De Deo, le premier de ces éditions. — Aux archives générales de la Compagnie se trouve une copie de cette biographie, prologue du De Gratia. Il y manque des passages qui se lisent dans la Itiographie du De Deo des éditions complètes, ce qui permet de croire qu'après la mort du P. Freire on a quelque peu retouché et complété la biographie, qui avait paru pour la première fois de son vivant.
Pereira (François), S. J. (1552-1619). — Sartolo et Massei le citent parmi ceux qui leur ont servi pour écrire la vie de Suarez. Il n'a cependant laissé aucune biographie. Mais, se trouvant provincial de Portugal à la mort de Suarez, il a pu envoyer alors aux maisons une notice nécrologique, ou une <i carta de edificacion » sur l'illustre défunt, dont ces auteurs se seront servis plus tard.
Valdivia (Louis de), S. J. (1561-1642), longtemps missionnaire au Pérou et au Chili, a laissé une Histovia de la Provincia de Castilla manuscrite, dont le second volume, consacré aux hommes illustres de la province, renfermait la biographie de Suarez. En effet, l'index de ce tome II, qui se trouve inséré au tome III fol, 353», porte la mention suivante : « V^ P« Franc<^° Suarez, t. II, lib. 3, fol. 289. » — Les volumes l*"" et 3* sont aux archives de la province de Tolède. Le second est en grande partie perdu. Mais aux archives générales S. J., dans un codex marqué Castellaaa — Necrologia, se trouve en tête un fascicule de 42 folios, ayant i)Our titre : Vidas de alcunos Varones ihislrcs de la Provincia de Castilla por el P. Luis de Valdivia. La seizième vie est celle du « D"" Fran*" Suarez». Cette courte biographie, de cinq pages in-fol. seulement, insiste surtout sur les vertus du grand théologien, donnant des détails que les biographes suivants ont reproduits. (V. Sartolo, Introduction ; Massei, Avant-propos).
Arana (Antoine de), S. J. ('1588-1650 ou 1658j. — Contemporain de Suarez pendant trente ans, il écrivit, outre une histoire de la fondation du collège de Salamanque, dont un autographe est aujourd'hui aux archives de Loyola, et plusieurs autres ouvrages, une Vida del P. Suarez, qui n'a pas été publiée. Descamps, dont il va être question, déclare, au prologue de sa vie de Suarez, que le manuscrit de Araûa se trouvait de son temps au collège Saint-Ambroise S. J. à Valladolid, et qu'une copie lui en ayant été envoyée, il s'en était servi pour son propre ouvrage. Il ajoute au même endroit et fait encore entendre, p. 115, que celle vie était assez étendue. Malheureusement, elle n'a pas été retrouvée. Mais elle mérile d'être signalée, comme une des sources, la plus abondante, semble-til, et la meilleure, où Descamps a puisé. Elle paraît s'être étendue surtout sur le.'v vertus de Suarez et les faits édifiants de sa vie.
Veiga (Emmanuel de), S. J., né en 1566, mort à Lisbonne en 1647: Vida do Padre Francisco Soarez, ms., conservée à la bibliothèque du duc de Lafoens, d'après Sommervogel.
Alegambe (Philippe), né à Bruxelles en 1592, mort à Rome en 1652 : Bibliotlieca Scriptorum Societatis Jesu post excussum anno 1608 R. P. Pétri Ribadeueira catalogum nunc ad annum 1642 concinnata {1643), avec notice sur Suarez plus étendue que dans Ribadeneira.
Nieremberg (Eugène), (1595-1658), entré dans la Compagnie en 1614. En 1643, il commença à publier des biographies de Jésuites illustres, parmi lesquelles se trouvait celle de Suarez. Elles forment, avec celles qu'écrivirent plus tard les PP. Andrada et Cassani, les neuf tomes du recueil Varones ilastres de