HOTES
Qoe je %«is maiotenaDt tous dire.
Il était renseigne da More Qui, Uol ses menées étaient cachées.
Le cnt honnâte, loyal et sûr, Josqo*i ce qa*il reconnût la déception.
lago était le nom da monstre
Qoi depois longtemps aimait la dame;
Mais celle-ci avait reponssé ses prières,
Bien qo*aTec une voix doace.
Poor cela il Toaa ane rancune silencieuse
— A rheurenx More,
Et trouTa sans délai un moyen De tendre sa vengeance certaine.
Il y a?ait un capitaine de troope,
— Appelé Cassio,
Qoe la nature a?ait fait de joyeuse humeur. Et d*une constitution forte et généreuse. Il était lieutenant du More,
— Poste de confiance et de ?aleur, — Et aussi il dut a?oir sa part
De la haine du trattre odieux.
C<lu»-ct murmura au dos d'Othello
Que sa femme avait changé de goût,
Qu'elle n*aimait pas le noir de suie
Et que (lui-même le recou naîtrait bientôt)
Elle lui préférait de beaucoup le teint vermeil
De ses propres compatriotes.
Il lui dit enfin d'avoir l'œil
Désormais sur la conduite de Desdémona.
— Bah ! bah! dit hâtivement le More, Vous en avez menti par la gorge 1
— Je voudrais l'avoir fait, Ht l'autre, car pour sur J'aurais mieux aimé mourir
Que de voir ce que j'ai vu.
— Qu'aves-Tous vu, cria le More?
-~ Ce qui peut convenir à une gueuse, Non à la femme de mon cher général.
398 GTMBELINK ET OTHELLO.
— Je ne reoi plas rien entendre, fit Otkdio. Il est vrai que je suis noir
Et qu'elle est blanche eonme «n ciel de mat» ;
Mais cela elle Ta toujours ta.
^ Soit ! Seulement ayei TohI
Sur ses actions à présent.
Cassio est son homme. Je ne oieu pat.
Comme vous le reeoDDalUei bientôll
Voos croyiez que c*était par amour poor fooi Qu*elle est Tenue dans cette tie brûlante ! C'est que Cassio était afoe f ons et qoe la dame Lui souriait tendremeuL Je ne puis que m*afDiger de Toir Monsaigneor Trompé ainsi de gaieté de cœur.
De grâce, prenez ma parole, C*e8t une vérité qu'il faut croire.
0 Dien 1 quelle preuTO as-ta de oela.
Quelle preuve qu*eUe est coupaUet
— Vous Toules une preuve T... Il B*y a pas de nal.- Je vais vous en donner une preave snr moo âaio»
Cassio jase dans son sommeil.
Et alors parle de votre femme.
11 ne peut garder on secret, Quand il irait de sa vie !
— Cela montre qu'il peut aimer ma femme. Répartit le More heMtant,
Et, s'il est vrai qu'elle l'aime aussi, Tons deux eussent mieux fait de mourir !
— Tenez, Monseigneur, dit lago, Reconnaissez-vous ce souvenir?
Et alors il déploie, un mouchoir Qu'Othello connaissait bien.
H l'avait donné à Desdémona, Comme cadeau de noces.
Tant la broderie en était magnitique.
A cette vue il faillit éclater de rage.
— D'où tiens-tu celaT D'où tiens-tu cela?
Parle oa mears à l'instant !
— Elle Ta donné à Cassio ; mais pourquoi
Ronlez-f ons ainsi ?os yenx jannes ?
Ce n*est qn*on des mille gages
Dont il peut se targuer ;
Elle anssi, sans donte, en a reçu bon nombre.
Peu m'importe qui en a le plus !
Or, ce fameux mouchoir,
lago Tavait volé le matin même,
Et c'est ainsi que le haineux larrou
Tortura Tâme do brave Othello.
Sa femme était chaste et pure comme la rosée
Sur le lis blanc.
Sa passion effrénée ne connut plus de bornes.
S'élançant brusquement,
Il courut vers sa femme comme elle reposait
Sur son lit vierge ;
Et alors il teignit d'un rouge sanglant
Ses mains du noir le plus sombre.
Mais d'abord il lui reprocha son crime Qu'elle ne cessa de nier, Ne demandant qu'un peu de répit Pour prouver l'imposture du traître. 0 lamentable spectacle de voir Un être si doux et si beau Trainé avec cette sauvage cruauté Par sa longue et charmante chevelure !
Alors arriva le misérable pour réjouir
De cette vue son cœur noir.
Mais nombre de voix témoignèrent bientôt
Que la dame avait été fidèle.
On prouva qu'il avait volé le mouchoir
Et l'avait posé là
Où Cassio devait venir.
Pour le prendre au piège.
Othello se tenait comme effaré
400 GTMBELINE ET OTHELLO.
A écooter ce qo*on loi démooirut :
Kftme en pensée Desdémooa ITafait jamaii conna le péché 1 H écornait, il bondissait, il rageait En pensant à son action.
Il frappa lago sor le plancher»
Mais ne panrint qn'i le faire saigner.
Il fut saofé poor la mortelle tortore»
Et roonrot en la sobiaaant.
Leçon trop douce pour le fourbe I Poissent tous set pareils la reeenûrl
Sor le corps de Desdémona
Othello alors se jeta.
Dans Tagonie d'un remords profond.
Le coMir brisé :
— Racontez, dit-il afoc charité.
Ce qn*en ce jonr tous a?ei ?n.
Songei ani serrices que j*ai rendus à TÉlat,
Et i ce que j*ai été jadis.
Alors, avec un poignard humide encore Do sang de sa chère dame.
Il se frappa, fajsant ainsi jaillir Son âme en an flot sanglant.
Cette histoire, \oas l'avez vue souvent Représentée pour de l'argent par des acteurs, Mais toujours si bien qu on avait peine à dire Si ce u*était pas en elîet la réalité.
Richard Burhage, ce fameui homme.
Cet acteur sans égal.
Commença sa carrière avec ce rôle
Et le garda bien des années.
Shakespeare était bien hcureui, je trouve,
D'avoir un tel acleur.
Si aujourd'hui seulement nous avions son pareil,
Je me tiendrais pour satisfait !
Cette ballade, ou le voit, a été composée après la mortda
e, c'est-à-dire après l'année 1619. L'auteur se trompe en lannt que le célèbre comédien débuta sur la scène par le rôle ibelio ; il est vrai qu'il créa ce rôle, mais ce fut après en avoir beaucoup d'autres. Malgré ses erreurs d'analyse» cette ballade digne d*ètre préservée, car elle fournit des indications prêtes. Elle constate le succès prolongé d'Othello; elle analyse [uelque sorte l'émotion populaire, et nous indique quelques de scène curieux que nous ignorions. Ainsi, il paraîtrait igo, tout en parlant à Othello, se plaçait derrière lui de telle I que le More ne pût voir son visage. C'était là comme un noit de précaution que l'enseigne prenait pour ne pas avoir à r ie regard inquisiteur de son général. — Il semblerait en )que l'acteur chargé du principal rôle, loin d'atténuer l'horde la scène finale, l'exagérait au contraire en traînant émona par les cheveux. J'ai peine à croire que Shakespeare m eût autorisé cette aggravation de supplice.
2] Ce Thomas Walkey, dont je traduis ici la hautaine adresse îcteur, fut le premier éditeur d'Othello. Il avait acheté le droit tiblier la pièce et fait enregistrer son droit au Stationers' Hallf octobre 1621. L'édition parut seulement en 1622, dans le At in-<juarto. J'ai feuilleté cet été môme, au'British muséum, les rares exemplaires qui en restent. C'est un petit volume de [»ges, imprimé en caractères très-serrés, et couvert d'une ire moderne en marroquin rouge. La division par scènes n'y fis indiquée ; la division par acte ne l'est qu'imparfaitement, une séparation intermédiaire n'y est marquée entre l'acte II