LA SUIVANTE
Oui, — à garder la chambre.
SCÈN£ IX. 125
CLOTEN. loi remettant ane bourse.
- Voici de l'or pour vous. Vendez-moi votre éloge.
LA SUIYÂNTE.
- Que voulez-vous dire ? Mon propre panégyrique , ou réloge ~ dont je vous croirai digne?... La princesse!
Imogèmb survient.
CLOTKN, à Imogène.
- Bonjour, belle des belles ! Sœur, votre douce main !
La suif ante se retire.
mOGÈNE.
- Bonjour, Monsieur. Vous vous mettez trop en frais— pour ne recueillir que des déboires : en remerciment, — tout ce que je puis vous dire, c'est que je suis pauvre de remerctments, — et que je n'en ai pas à donner.
CLOTEN.
Pourtant, je jure que je vous aime !
IMOGÈNE
- Si vous vous borniez à le dire, la chose serait pour Dioi aussi sérieuse. — Vous aurez beau le jurer toujours, *^s obtiendrez toujours pour récompense — que je ne m'en soucie pas.
Ce n'est pas là une réponse.
IMOGÈNE
- C'est de peur que vous ne vous écriiez : Qui ne dit mot cotisent ^ — que je vous parle. De grâce, épargnez-moi. Je 1^ déclare, — je répondrai de manière aussi discourtoise à vos plus tendres attentions. Un homme de votre haute sagacité - devrait, après tant de leçons, savoir se retirer.
CLOTEN.
- Vous abandonner à votre folie furieuse ! Ce serait un cnmeà moi : - je ne le ferai pas.
IMOGÈNE
'-fô niais ne sont pas furieux, eux !
126 CYMfiELlNE.
CLOTEN.
Est-ce moi que vous traitez de Diais ?
IMOGÈNB.
— Oui, si je suis folle ; - soyez patient, je ne serai plus furieuse : — cela nous guérira tous deux. Je suis désolée, Monsieur, — que vous me fassiez oublier les manières d'une femme — pour vous parler sur ce ton. Sachea une fois pour toutes -ce que moi, qui connais mon cœur, je vous déclare ici — en toute franchise : je ne me soucie pas de vous ; — et même la charité me manque à ce poin
— (je m'en accuse) que je vous hais ! Je regrette que voui ne l'ayez pas — senti. Vous ne m'auriez pas forcée à m'ei vanter.
CLOTEN.
Vous péchez - contre l'obéissance que vous devez à votn père. Car — le contrat que vous prétendez avoir fait avec a misérable - (un drôle élevé d'aumônes et nourri des restes
— des miettes de la cour !) ce contrat n'en est pas un. - Libre aux petites gens - (et qui donc est au-dessous de lui? d'unir des existences — qui ne produisent que mannaill< et misère, par un lien noué à leur guise ; — mais cette li cence vous est interdite, à vous, — par les exigences de 1 couronne; et vous ne pouvez pas en souiller — le préciea éclat au contact d'un vil maraud, —d'une espèce à hvré^ (l'une étoffe à ccuyer, - d'un mitron de bas étage !
IMOGÈNE
Profane drôle ! - Quand tu serais le fils de Jupiter sai; être, — d'ailleurs, autrement doué que tu ne l'es, tu sera encore trop vil — pour être son laquais. Ce serait pour toi u honneur suffisant, — presque une faveur si, — examen fai de tes mérites, tu étais nommé — valet de bourreau dan: son royaume ! Tu provoquerais l'envie — pour être à ce poifli privilégié !
SGÉNB IX. 1?7
CLOTEN.
Que les miasmes du Midi Tempoisonnent !
IMOGÈNE
- Il ne peut pas éprouTer de plus grand malheur— que d'être Dommë par toi. La moindre nippe — qui ait jamais effleuré son corps est plus précieuse — pour moi que tous les chereux de ta tète, - quand ils seraient changés tous en autant de Cloten !...
RegardaDt son bras.
Eh bien !
Appelant.
Puanio!
PiSANio entre.
La moindre nippe !. . . Que le diable. . .
mOGÈNE, k Pisanio.
-Cours immédiatement auprès de Dorothée, ma femme de chambre.
CLOTEN.
- La moindre nippe !
IMOGÈNE
Être ainsi hantée par cet imbécile , — obsédée, exaspérée... Va dire à ma camériste - de chercher un bracelet qui par mégarde — a glissé de mon bras : il me vient de ton maître. Malédiction sur moi — si je m'en séparais, fût-ce pour le revenu — du plus grand roi de l'Europe ! Je crois bien l'avoir vu ce matin même; je suis sûre — qu'il était Mer soir à mon bras; je l'ai baisé; — j'espère bien qu'il n'est pas allé contera mon mari - que je baise un autre objet que lui !
PISASIO.
^ Qe peut pas être perdu.
128 CTMBELLNE.
IMOGÈM.
— Je Tespère bien : va le chercher.
Pisanio sort.
GLOTEN.
Vous m'avez outragé.. . — La moindre nippe !