‹ François Villon (1431-1463), sa vie son œuvreChapitre 36 sur 83 · LXVIII · texte numérisé non relu

LXVIII

Je luy donne ma librairie ♦ , Et le Rommant du Pet au Deahle, Lequel maistre Guy Tabarie Grossa 5 , qui est homs véritable.

I. Litt. : grand train, ici : proniplement (Longnon). — 2. Maillot, langes. - 3. Bouillon, mauvais pas. — 4. Bibliothèque. — 5. Cipia, transcrivit.

bh — FRANÇOIS VILLON

Par cayers est soubz une table.

Combien qu'il soit rudement fait, La matière est si très notable Qu'elle amende tout le mesfait ^ .

6i (LXXIX) Item, donne à ma povre mère Pour saluer nostre Maistresse, Qui pour moy ot douleur amere, Dieu le scet, et mainte tristesse ; Autre chastel n'ay, ne fortresse Où me retraye corps et ame.

Quand sur moy court malle destresse. Ne ma mère, la povre femme !

Ballade

que Villon feit à la requeste de sa mère

pour prier Nostre-Dame

DAME des cieulx, régente terrienne, Emperiere des infernaux paluz^, Recevez moy, vostre humble chrestienne.

Que comprinse soye entre vos esleuz, Ce non obstant qu'oncques riens ne valuz. Les biens de vous, ma dame et ma maistresse. Sont trop plus grans que ne suis pécheresse, Sans lesquelz biens ame ne peut merir 3 , N'avoir les cieulx, je n'en suis jungleresse 4 . En ceste foy je vueil vivre et mourir.

I. La mauvaise exécution, les défauts de forme. — 2. Marais. — 3. Méditer. — 4. Trompeuse, menteuse.

SES VOYAGES ET SES PRISONS ~ ffii

A votre Filz dictes que je suis sienne ; De luy soyent mes péchiez aboluz ' :

Pardonne moy comme à l'Egipcienne, Ou comme il feist au clerc Theophilus, Lequel par vous fut quitte et absoluz, Combien qu'il eust au deable fait promesse. Préservez moy, que ne face jamais ce, Vierge portant, sans rompure « encourir, Le sacrement qu'on célèbre à la messe.

En ceste foy je vueil vivre et mourir.

Femme je suis povrette et ancienne, ^ui rien ne scay ; oncques lettre ne leuz ; Au moustier voy, dont suis paroissienne, Paradis paint où sont harpes et luz 3 , Et ung enfer où dampnez sont boulluz * : La joye avoir me fay, haulte Déesse, A qui pécheurs doivent tous recourir, Comblez de foy, sans fainte ne paresse. En ceste foy je vueil vivre et mourir.

Envoi

< ous portastes, digne Vierge, princesse, HH esus régnant, qui n'a ne fin ne cesse. t-" e Tout Puissant, prenant nostre foiblesse, f aissa les cieulx et nous vint secourir, O ffrit à mort sa très chiere jeunesse. îz! ostre Seigneur tel est, tel le confesse. En ceste foy je vueil vivre et mourir.

I. Abolis. — 2. Sans perdre votre virginité. — 3. Luths. — 4. Bouillis.

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