CXLV
Item, riens aux Enfans Trouvez, Mais les perdus faut que consolle.
Si doivent estre retrouvez.
Par droit, sur ^ Marion l'Ydolle.
Une leçon de mon escolle Leur liray, qui ne dure guère.
Teste n'ayent dure ne folle ; Escoutent ! car c'est la dernière !
Belle Leçon de Villon aux Enfants perdux. ^
BEAULX enfans, vous perdez la plus
Belle rose de vo chappeau ;
Mes clers près prenans ^ comme glus.
Se vous allez à Montpipeau
Ou à Rueil, gardez la peau :
Car, pour s'esbatre en ces deux lieux.
Guidant que vaulsist le rappeau 3 , .
La perdit Colin de Cayeulx.
I. Chez. — 2. Presprenant signifie à la fois dépourvu et collant (Longnon). - 3. Appel.
Ce n'est pas ung jeu de trois mailles Ou va corps, et peut-estre l'ame.
Qui pert, riens n'y sont repentailles Qu'on n'en meure à honte et diffame ^ . Et qui gaigne n'a pas à femme Dido la royne de Cartage.
L'homme donc est fol et infâme Qui pour si peu couche tel gage.
Qu'ung chascun encore m'escoute :
On dit, et il est vérité, Que charretée - se boit toute.
Au feu l'yver, au bois l'esté ; vS'argent avez, il n'est enté s ; Mais le despendez tost et viste.
Qui en voyez vous hérité ?
Jamais mal acquest ne prouffite.
Ballade de bonne doctrine â ceux de mauvaise vie
CAR ou soies porteur de bulles * , Pipeur ou hasardeur de dez.
Tailleur de faulx coings, tu te brusles Comme ceulx qui sont eschaudez, Traistres parjurs, de foy vuydez ; Soies larron, ravis ou pilles :
I. Mauvaise réputation. — a. Tonneau de vin de grande dimension (Longnon). — 3. Fixé, planté. — 4. Les porteurs de bulles d'indulgences, ou pardonaeurs, qui parcouraient les pays chrétiens se disant envoyés par le pape, étaient, pour la plupart, de misérables imposteurs (Longnon).
Où en va l'acquest ' , que cuidez ?
Tout aux tavernes et aux filles.
Ryme, raille, cymballes, luttes*, Comme fol, fainctif3, eshontez; Farce, broulle, joue des fleustes; Fais, es villes et es citez, Farces, jeux et moralitez; Gaigne au berlanc, au glic* , aux quilles. Aussi bien va — or escoutez — Tout aux tavernes et aux filles.
De telz ordures te reculles.
Laboure, fauche champs et prez ; Sers et pense chevaulx et mulles, S'aucunement tu n'es lettrez.
Assez auras, se prens en grez s .
Mais, se chanvre broyés ou tilles^, Ne tens ton labour qu'as ouvrez Tout aux tavernes et aux filles ?
Envoi
Chausses, pourpoins esguilletez.
Robes et toutes vos drapilles, Ains que vous fassiez pis, portez Tout aux tavernes et aux filles.