‹ François Villon; drame historique en cinq actes et six tableauxChapitre 36 sur 92 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

LES MÊMES. — VILLON et ISABELLE, entrant par le Tond.

villon, à part. — Diable ! le jeu s'embrouille par ici.. .

Isabelle, à part. — Yolande ici? aux pieds du roi?

louis xi, i Yolande. — Relevez- vous. . . et parlez.

Yolande. — Nous sortions de l'église Saint-Jacques-la-Boucherie, ma nourrice Gertrude et moi, accompagnées de quelques varlets... lorsqu'au détour de la rue des Écrivains, une troupe de malfaiteurs s'est jetée sur nous... Je n'ai dû ma recouvrance qu'au dévouement et à la bravoure de maître Ulrich.

CHARLES, avec force. — MenSODge !

villon. — Le mensonge et la trahison sont choses bonnes pour vous, mon gentilhomme ! (Au roi.) Sire ! cette noble damoiselle vous a dit la vérité... Il me reste à vous faire connaître le coupable.

louis xi. — Quel est-il ?

villon. — C'est moi !

LOUIS XI, surpris. — VOUS ?

ulrich, vivement. — Sire! il s'accuse à tort. . . et la preuve...

villon, bas à Ulrich. — Silence, enfant ! silence, par l'âme de ta mère ! Laisse • moi faire... et je réponds de tout. (Haut, en s'adressant au roi.) Ce sont mes truands qui ont lait le coup, Monseigneur, et c'est moi qui l'ai ordonné...

louis xi. — Tes truands?. .. Ah ça ! qui donc es-tu, toi, qui as des truands à tes ordres, et qui te permets de troubler la tranquillité de notre bonne ville?

villon. — Pardieu ! je suis maître François Villon, le roi des ribauds. louis xi. — Ah! c'est toi, bandit !... Je te connaissais déjà... de réputation.

villon. — C'est trop d'honneur, Sire !

louis xi. — Qu'on s'empare de ce drôle ! (On arrête Villon.) Pâques-Dieu !

FRANÇOIS VILLON. Il

Tristan, mon compère, tu te plaignais ce matin de chômer depuis deux jours... Eh bien ! amuse-toi à me pendre ce ribaud.

tristan. — Ce sera fait demain matin, Monseigneur.

villon. — Tu en es sûr, l'ami ?

TRISTAN, le regardant de la tète aux pied». — Certes!... '

villon. — Bah! nous verrons bien... Dans tous les cas, mon épitaphe est prête... Je me la suis laite moi môme, par précaution... à cause des poètes de ma connaissance :

Ci-glt François Villon, de Paris près Pontoise; Passants, priez pour lui, le feu roidesribauds : Cravaté par Tristan d'un chanvre d'une toise, | Il a su, par le cou, combien pesait son... dos.

LOUIS XI, riant malgré lui. — Allons!... qu'on l'emmène! (Il parle bat à Tristan.)

tristan. — Vous le voulez, Sire ?

louis xi. — Oui!... je le veux !... sur ta tête !

tristan, avec humeur. — C'est bien... on obéira.

villon, aux archers qui l'entourent. En route, mes bons archers!... en route pour la potence!... Demain, je donne à diner... aux corbeaux de Mont faucon. (En passant près d'Isabelle, et bas.) Ne m'oubliez pas dans vos prières, vous

qui m'avez aimé. (Isabelle, près de défaillir, s'appuie sur une chaise. Yolande court à

elle. Villon, à part) Ma mère, bénissez-moi !.., Je me dévoue pour Jehan !

'On l'emmène, la toile tombe.)

ou deuxième ACTE,

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