SCÈNE XII
LES MEMES. — ULRICH, garrotté. — QUATRE ARCHERS.
un archer. - Monseigneur, voici votre homme.
charles. — Bien. (A part.) Je verrai Yolande tout à l'heure.
VILLON, à part. — Ulrich !...
charles. — Mettez cet homme, là... (Ulrich est placé à côté de Villon.) Sortez, à présent; mais ne VOUS éloignez pas. (Les archers se retirent.)
villon, à part. — Que va-t-il faire?
charles, menaçant Ulrich. — A nous deux", maintenant, mon gentil damoiseau ! (Il court à la porte de l'oubliette, qu'il cherche vainement à ouvrir.) Enfer !
Qu'est-il donc arrivé à cette porte?
villon, bas à Ulrich. — Courage, ami !... Je suis là. ulrich, bas. — Maître François !
VILLON, bas. — Silence! (Il tire sa dague et coupe les liens d'Ulrich.)
CHARLES, après avoir tâtonné à plusieurs reprises contre le mur. — Tonnerre et
sang ! ... j e ne retrouve plus le ressort. . . il a disparu ... Qui donc l'a cassé ?. . .
Ces ribatlds, peut-être? (Villon arrache en silence deux épées d'un trophée d'armes. Il en donne une à Ulrich et garde l'autre.)
ulrich, bas. — Libre ! Je suis libre ! Oh !... je vais donc pouvoir me venger !
villon, bas. — Et maintenant... attention!
Charles, las de chercher le bouton, à part. — Impossible de faire jouer ce ressort... Oh ! mais n'importe ! (Tirant sa dague.) Recommande ton âme à Dieu,
Ulrich l'imprimeur ! (Il se retourne, et s'arrête stupéfait en voyant Ulrich libre et armé.)
ulrich. — Infâme ! c'est toi qui vas mourir ! * villon, l'épce à la main. — Salut et longue vie, noble comte!
CHARLES, se trouvant pris entre Ulrich à droite et Villon à gauche. — Qu'est-ce
que cela veut dire?
villon. — Cela veut dire qu'on va t'expédier au diable, ton cousin.
CHARLES, reculant vers la porte. — Archers !... à moi ! (Les quatre archers arri vent au secours de Charles.)
villon. — Ah! mes braves!... cinq contre deux?... Soit! la partie est égale.
charles, aux archers. — Sus, mes amis ! sus à ces deux hommes! (Lutte
acharnée entre les archers et Charles d'un côté, Villon et Ulrich, de l'autre.)
VILLON, ferraillant avec un archer. — A toi, l'ami!... Pare-moi cette DOtte-là, Si tu peux ! (L'archer tombe.) Et d'un !
ULRICH, frappant Charles. — Meurs donc, misérable !
CHARLES, blessé. — Ah ! (H tombe sur un genou.)
villon. — Et de deux ! (A Ulrich.) Bravo, mon féal!
les archers, prenant la fuite. — A l'aide! à l'aide! à la rescousse! On tue monseigneur !
VILLON, courant ouvrir la porte du corridor et ap]>elant. — Isabelle! Yolande! (Elles entrent.)
"scène XIII.