Que sçay-je plus? — Quoy ? — Les gaiges ravoir
l8 A. LONGNON [2 1 8
Les courses de Villon ne se bornèrent pas à l'Orléanais. Une strophe de son Grand Testament nous permet de marquer une de ses étapes le long de la Loire, en Berry, car c'est évidemment une épitaphe naive^ comme il y en avait quelques-unes alors, qui lui a fourni le nom de
(( Michault, le bon » qui reposait, dit-il, à Saint-Satur, sous San-
cerre '. La justesse de l'indication topographique relative à Saint-Satur 2 donne à croire que Villon y passa. On peut voir une autre preuve de sa présence en Berry dans ses récriminations contre François Perdrier, qui l'aurait dénoncé auprès de l'officialité de Bourges?.
La situation de Sancerre sur la route qui conduisait au Bourbonnais peut faire considérer le séjour des ducs de Bourbon comme le lieu vers lequel se dirigeait Villon. Ce fut alors, peut-être, qu'il adressa au duc Jean II cette requête si fort estimée des poètes du commencement du XVI"' siècle 4. On sent à la façon dont parle Villon qu'il ne craignait pas de voir sa demande rejetée par le prince qui lui avait déjà prêté quelque argent.
Le Bourbonnais ne devait pas être le terme des pérégrinations du poète fugitif. La ballade finale du Grand Testament désigne comme tel Roussillon s que les commentateurs ont pris à tort pour le Roussillon '', alors au pouvoir des rois d'Aragon. Cependant, ce nom^ n'étant pas précédé de l'article, ne peut désigner qu'une ville et iion une province, et il est impossible de ne pas reconnaître la ville de Roussillon, en Dauphiné, située sur la rive gauche du Rhône, à six lieues au sud de Vienne. Cette ville appartenait au duc de Bourbon 7 qui la céda en 146 1 à son frère