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Qtfoy qu'on die d'Italiennes, Il n'est bon bec que de Paris.
Regarde m'en deux, trois, assises Sur le bas du ply de leurs robes, En ces moustiers, en ces églises ; Tire toy près, et ne te hobes ; Tu trouveras la que Macrobes Oncques ne fist tels jugemens.
Entens ; quelque chose en desrobes :
Ce sont très beaulx enseignemens.
Item, et au mont de Montmartre,
Qui est ung lieu moult ancien,
Je luy donne et adjoings le tertre
Qu'on dit le mont Valerien,
Et, oultre plus, ung quartier d'an
Du pardon qu'apportay de Romme :
Si ira maint bon crestien
Voir l'abbaye ou il n'entre homme.
cxxxvii Item, varletz et chamberieres
De bons hostelz (riens ne me nuyt) Feront tartes, flaons et goyeres,
1562 Et grant raillias a mynuit :
^Riens n'y font sept pintes ne huit, Tant que gisent seigneur et dame.
Puis après, sans mener grand bruit,
1566 Je leur ramentoy le jeu d'asne.
cxxxviii Item, et a filles de bien,
Qui ont pères, mères et antes, Par m'ame ! je ne donne rien,
1570 Car j'ay tout donné aux servantes.
Si fussent ilz de peu contentes,
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Grant bien leur fissent mains loppins, Aux povres filles advenentes, 1574 Qui se perdent aux Jacoppins,
cxxxix Aux Celestins et aux Chartreux ;
Quoy que vie mainent estroite,
Si ont ilz largement entre eulx, 1578 Dont povres filles ont souffrete :
Tesmoing Jaqueline et Perrete
Et Ysabeau qui dit : « Enné ! » ;
Puis qu'ilz en ont telle disette, 1582 A paine en seroit on damné.
cxl Item, a la Grosse Margot,
Très doulce face et pourtraicture,
Foy que doy brelare bigod, 1586 Assez dévote créature ;
Je l'aime de propre nature,
Et elle moy, la doulce sade :
Qui la trouvera d'aventure, 1590 Qu'on luy lise ceste ballade.
[B. de la BALLADE
Grosse Margot.]
Se j'ayme et sers la belle de bon hait,
M'en devez vous tenir a vil ne sot ?
Elle a en soy des biens a fin souhait.
Pour son amour sains bouclier et passot ; 159s Quant viennent gens, je cours et happe ung pot,
Au vin m'en fuis, sans démener grand bruit ;
Je leur tens eaue, frommage, pain et fruit.
S'ilz paient bien, je leur dis : « Bene stat ;
Retournez cy, quant vous serez en mit, 1600 En ce bordeau ou tenons nostre estât ! »
Mais adoncques il y a grant deshait,
Quant sans argent s'en vient couchier Margot ;
Veoir ne la puis, mon <:uer a mort la hait.
Sa robe prens, demy saint ou surcot, 160$ Si luy jure qu'il tiendra pour l'escot.
Par les costés se prent ; c'est Antecrist.
Crie et jure, par la mort Jhesucrist,
Que non sera. Lors j'empongne ung esclat ;
Dessus son nez luy en fais ung escript, 1610 En ce bordeau ou tenons nostre estât.
Puis paix se fait, et me fait ung gros pet Plus enflambé qu'ung vJimeux escharbot.
Riant, m'assiet son poing sur mon sommet, Gogo me dit, et me fiert le jambot.
161 s Tous deux yvres, dormons comme ung sabot. Et, au resveil, quant le ventre luy bruit, Monte sur moy, que ne gaste son fruit.
Soubz elle geins, plus qu'un aiz me fait plat ; De paillarder tout elle me destruit,
1620 En ce bordeau ou tenons nostre estât.
Vente, gresle, gelle, j'ay mon pain cuit.
le suis paillart, la paillarde me duit.
1623 Lequel vault mieulx ? Chascun bien s'entresuit.
L'ung vault l'autre ; c'est a mau chat mau rat.
Ordure amons, ordure nous assuit ;
Nous deffuyons onneur, il nous deffuit, 1627 En ce bordeau ou tenons nostre estât.
cxli Item, a Marion l'Ydolle
Et la grant Jehanne de Bretaigne Donne tenir publique escolle
163 1 Ou l'escollier le maistre enseigne
léoi — CXLV, léé2 . 65
Lieu n'est ou ce marchié se tiéngne, Si non en la grisle de Mehun ; De quoy je dis : « Fy de l'enseigne.
165 5 Puis que l'ouvraige est si commun ! »
cxlii Item, et a Noël Jolis,
Autre chose je ne luy donne
Fors plain poing d'osiers frez cueillis
1639 En mon jardin ; je l'abandonne.
Chastoy est une belle aulmosne, Ame n'en doit estre marry :
Unze vings coups luy en ordonne
1643 Livrez par la main de Henry.
cxliii Item, ne sçay qu'a POstel Dieu
Donner, n'a povres hospitaulx ;
Bourdes n'ont icy temps ne lieu, 1647 Car povres gens ont assez maulx.
Chascun leur envoyé leurs os.
Les mendians ont eu mon oye ;
Au fort, ilz en auront les os :
165 1 A menue gent menue monnoye.
cxliv Item, je donne a mon barbier,
Qui se nomme Colin Galerne,
Près voisin d'Angelot l'erbier, 1655 Ung gros glasson (prins ou? en Marne),
Affin qu'a son ayse s'j'verne.
De l'estomac le tiengne près ;
Se l'yver ainsi se gouverne, 1659 J a n'aura chault l'esté d'après.
cxlv Item, riens aux Enfans Trouvez ;
Mais les perdus faut que consolle.
Si doivent estre retrouvez,
Villon, Œuvres. 5
1663 Par droit, sur Marion l'Ydolle.
Une leçon de mon escolle Leur liray, qui ne dure guère.
Teste n'ayent dure ne folle;
1667 Escoutent ! car c'est la dernière.
[Belle leçon aux enfants perdus.]
« Beaulx enfans, vous perdez la plus
Belle rose de vo chappeau ;
Mes clers près prenans comme glus,
1671 Si vous allez a Montpipeau
Ou a Rueil, gardez la peau :
Car, pour s'esbatre en ces deux lieux, Cuidant que vaulsist le rappeau,
1675 La perdit Colin de Cayeux.
« Ce n'est pas ung jeu de trois mailles,
Ou va corps, et peut estre l'ame.
Qui pert, riens n'y sont repentailles 1679 Qu'on n'en meure a honte et diffame ;
Et qui gaigne n'a pas a femme
Dido la royne de Cartage.
L'homme donc est fol et infâme 1685 Qui, pour si peu, couche tel gage.
« Qu'ung chascun encore m'escoute !
On dit, et il est vérité,
Que charretée se boit toute, 1687 Au feu l'yver, au bois l'esté.
S'argent avez, il n'est enté ;
Mais le despendez tost et viste.
Qui en voyez vous hérité ?
1691 Jamais mal acquest ne prouffite. »