Sans disposition aux querelles, pacifiques. — 4. Lutrin
De -
: | L'OEUVRE. TT qui ne ressemblait en rien à la figure réelle de ces deux chanoines aussi opulents que vieux.
J'ai parlé plus haut {(p. 54) de ce qui dans le poème est étranger aux legs eux-mêmes; ceux-ei en forment le noyau et en occupent plus des deux tiers. Ils en firent aussi le succès. Qu'on juge des rires que durent soulever ces huitains empreints d’une gaieté folle, où la fantaisie la plus libre se jouait, sans grande méchanceté, aux dépens de gens des conditions les plus diverses, mais se connaissant et habitués à se rencontrer! Le malicieux écolier avait disparu après avoir allumé la mèche de son feu d’artifice; mais son œuvre passa vite de mains en mains. Il l'avait intitulée Les Lais de maistre François Villon; mais en somme c'était bien un testament, qui commençait par : « Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit », et n’était inachevé, d’après le poète, que par suite d’un accident. Aussi fut-ce sous ce nom de Testament que le poème circula et fut généralement désigné. Villon le dit dans le Testament :
Si me souvient bien, Dieu mercis, Que je fis, a mon partement, Certains lais, l'an cinquante six, Qu’aucuns, sans mon consentement, Voulurent nommer Testament :
Leur plaisir fut, et non le mien,
Ce fut sans doute cette désignation même qui l’engagea à reprendre l’idée seulement esquissée dans son premier poème et à lui donner cette fois un développement complet. Il se représente dans son lit, près de la mort, avec son clerc « Fremin l'étourdi »,
qui l'entend « s’il ne dort », et auquel il dicte ses
dernières dispositions. Il commence encore par une invocation solennelle de la Trinité; puis, à l'exemple des testaments de ce temps, il laisse son âme à Dieu en la recommandant à la Vierge, son corps « à notre grande mère la terre », nomme en tête de ses légataires, comme la première fois, maître Guillaume de Villon, puis sa « pauvre mère » et sa « chère Rose », qu'il traite bien moins galamment qu'il n'avait fait dans les Lais, et en l'honneur de laquelle il insère néanmoins la médiocre ballade dont il a été parlé plus haut. Vient ensuite le long défilé des legs, terminé cette fois, comme l'était alors le testament de tout personnage de marque, par l'institution d’exécuteurs testamentaires et par l'ordonnance des funérailles. Pour la répartition des pouvoirs entre les divers exécuteurs de ses volontés, il prend les précautions les plus minutieuses : Jean de Calais, « honorable homme », — qui d’ailleurs ne l’a jamais vu et ne connaît pas son nom, — sera chargé d'ôter toutes les
difficultés qu'on pourrait trouver dans le testament, !
De le gloser et commenter, De le deffinir et descrire, Diminuer ou augmenter,
De le canceller et prescrire.
Et s’aucuns, dont n’ay cognoissance, Estoit allé de mort a vie 1, Je vueil et lui donne puissance.
Que ceste aumosne ailleurs transporte Sans se l'appliquer par envie :
. À son ame je m'en rapporte.