SCÈNE VIII
STEWART
Allons, la sorcière est coquette...
Elle est fille, après tout! Ce vice la complète,
Et cette grâce-là lui manquait, sur l’honneur !
Je l’aime mieux ainsi!...
AÏKA, le repoussant.
Doucement, monseigneur !
STEWART
Tu m’avais reconnu, mauvaise?...
AÏKA-
N’est-ce pas vous qui, dans ces huit derniers jours. Commandiez au Plessis-les-Tours Les archers gris de la garde écossaise?
Capitaine Stewart!... ;
STEWART
Oui, tu sais tous mes noms,
La belle enfant, c’était moi-même...
Qui viens à tes genoux te dire que je t’aime !
AÏKA.
Vous me connaissez mal, monseigneur...
VILLON, caché, à part.
Écoutons !...
AÏKA.
Je suis d'une race proscrite.
Sans famille, ni feu, ni lieu ;
Vivant sous le ciel qui l’abrite,
Comme les oiseaux du bon Dieu.
Vous êtes dune race fière.
Seigneur; que serais-je à vos yeux?
Moi, qui rêve pour ma misère Un compagnon brave et sincère,
Et non pas un maître orgueilleux !
STEWART, avec une grande élégance.
Je suis jeune... je suis riche... sois plus traitable!... Veux tu donc traîner sans retour,
Auprès de quelque pauvre diable,
Une existence misérable,
Toi, si bien faite pour l'amour?
Sur tes épaules adorées,
11 faut des robes de brocart.
Avec des perles diaprées.
Avec des ceintures dorées...
Viens! Plus tard, il sera trop tard!...
A1KA; sc sauvant de lui.
Ç>uittez-moi, monseigneur.
STEWART, la reprenant.
Ali ! c’en est trop ! Marie ou Magdeleine,
Vierge ou Gvpsie, avec moi je t’emmène,
El malgré toi, je forai ton bonheur! ..
(L'entraînant.)
Viens!... Mais viens donc!