‹ Francois Villon opera en un acteChapitre 5 sur 23 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Avant de regagner Paris,

Demain, nous l’irons tous voir pendre...

Ne fût-ce que pour nous apprendre Comment par la potence on monte en paradis!...

(ils tout près de la table de droite.)

Chanlons en son honneur son gai De profundis Qu’il chanterait lui-même S’il pouvait avec nous boire le coup suprême !

De profond!» burlesque.

GOSSOYN.

Foin du billot I foin de la corde!

Il faut mourir... mourons gaîment!

Le ciel, dans sa miséricorde.

N’interdit pas l’ébattement

Au peu de jours qu’il nous accorde...

Foin du billot! foin de la corde!

Le diable est noir... Mais, Dieu merci.

L’enfer n'est pas plus effroyable Que ne sont en ce monde-ci Les jours que traîne un misérable...

Le diable est noir... nargue du diable I...

LE CHŒUR

On pendra Villon...

Le ciel ait son âme!

Dieu qui la réclame Lui fasse pardon!

A l’entour des branches Où pendront ses os,

Que, poui' son repos,

De leurs ailes blanches Les anges cléments Écarlent les vents!

TOUT LE CHCEUR, reprenant avec Gosaojn.

Foin du billot!... etc., etc.

GOSSOYN, appelant cl rrappant sur la table.

A souper, à souper! vieux maraud, Jean Gauthier;

Ne nous entends-tu pas, maudit cabaretier?

GAUTHIER, centrant.

Vous avez beau taper, crier.

Depuis trois jours que votre troupe Chez moi déjeune, dîne et soupe,

11 serait temps de me payer!

LES SANS-SOUCI

A souper!...

GAUTHIER

De l’argent!...

• LES SANS-SOUCI, se préparant (i se siuver.

Au revoir, mon compère!..

GAUTHIER, essayant de les arrêter.

Avant de déloger, vous me pairez, j’espère...

LES SANS-SOUCI, le bousculant.

Au diable!...

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