‹ François Villon (volume 2)Chapitre 202 sur 402 · Arch. Nat., LL. 1423, fol. 5 v · texte numérisé non relu

Arch. Nat., LL. 1423, fol. 5 v

7. Elle mourut peu avant le 30 mai 1476 (Arch. Nat., X''^ 4817, fol. 254), date à laquelle Philippe Brunel appelle du prévôt de Paris contre Gérard Boisserie et de sa femme, Marie Brunel (sœur de Philippe), qui se donne comme exécutrice du testament de Huguettede Vielzchastel: Philippe prétendait que dans le contrat de mariage de sa sœur, il y avait une clause de renonciation à l'héritage de leur mère.

grand sénéchal de Normandie ; dans cette condition notre aventurier fut blessé à Forniigny. Puis on le voit passer en Ecosse, à la suite de l'ambassadeur Guillaume Cousinot. A son retour, Philippe fut arrêté par les Anglais, fait prisonnier et mis à rançon. Ainsi Philippe Brunel avait suivi la guerre et les aventures, selon la coutume des nobles '.

Mais, en temps de paix, le « seigneur de Grigny » se gouvernait mal : il aimait trop les querelles et les procès 2. Ainsi, en 1465, on le voit se disputer avec Etienne Tillart, son beau-frère, qui lui interdisait sa maison, au sujet d'un petit fief nommé Tillet, dépendant de Cocatrix près Corbeil : car Philippe estimait qu'on ne lui avait pas donné assez d'argent sur la vente des bois 3. Et, malgré qu'il eût du bien après la mort de sa mère, qu'il possédât la terre de Grigny, plusieurs maisons à Paris, rue des Blancs-Manteaux et rue de Paradis 4, non loin de la tour de Billy, une autre fort belle maison avec des vignes et des jardins au pont de Charenton >, Philippe Brunel se laissait poursuivre pour de très petites sommes ^.

Enfin, le 14 juillet 1472, l'archidiacre de Josas, dans son Journal de visites, rapporte avec horreur que Philippe n'avait pas communié une seule fois depuis quatre ans ! Cela lui valut d'être cité 1.

C'est naturellement à Grigny, où Philippe Brunel avait de beaux droits, toute justice, prévôt, tabellion, sergents, censives, rentes, et de puissants et périlleux voisins comme le premier président du Parlement, Jean le Boulenger, que ce difficile personnage rencontra un champ étendu pour ses exploits, et aussi de grands ennuis. Il avait des démêlés avec le prévôt du roi à Corbeil *^. Un nommé Jean le Picart avait été commis à Grigny comme tabellion par Philippe Brunel. Le 15 mai 1468, se trouvant à la taverne, le seigneur de Grignv l'invitait à venir souper avec lui. Mais le tabellion remarqua que Philippe le regardait avec colère. Il se garda bien d'aller s'asseoir à sa table et demeura en compagnie d'autres gens. Or, après le souper, le seigneur de Grigny lui donna l'ordre de lui apporter tous ses rôles, et le papier des amendes de la prévôté. A quoi le tabellion objecta que le prévôt du roi lui avait fait défense de les lui donner : sur ce arriva le lieutenant qui confirma cette défense. Tout cela n'intimide pas Philippe Brunel : il se rend de nuit chez le tabellion, allume la chandelle, prend, malgré les protes-

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