Arch. N"at., LL. 596, fol. 174 v
Calais, mentionné dans le Jardin de Plaisance, où il est l'auteur d'une « lamentation» placée de telle façon qu'on lui attribua la rédaction de cette compilation poétique éditée par Vérard. Puis M. Longnon, publiant des pièces relatives â Paris pendant la domination anglaise^, trouva un Jean de Calais, riche bourgeois compromis dans une conspiration en mars 1430, et qui se réfugia dans une église ! Il y écrit donc sa « lamentation ». Des documents viennent alors prouver qu'il fut échevin de Paris en 1440, puis marguillier de Saint- Jean-en-Grève en 1453. Voici donc la biographie complète de Jean de Calais 2. Elle est fausse. Il ne s'ensuit pas des textes qu'il soit l'éditeur du Jardin de Plaisance, pas plus que du Testament de notre poète.
Mais que l'on se rapporte à un vrai testament du temps de Villon : on y retrouvera la même formule dont usa le poète à l'égard de Jean de Calais.
Il faut donc que ce soit un notaire. Or, si l'on ouvre les registres des audiences du Châtelet, on trouve précisément que Jean de Calais est celui des notaires qui était chargé de vérifier les testaments. Il est donc naturel de le voir figurer à la fin du Testament de Villon.
Voici par exemple une lettre que lui adressait Henry de la Cloche, procureur au Châtelet, le 10 juin 1454 ' :
« Calais, il m'apart par ce testament cy que le deffunct dedens nommé a disposé du résidu de tous ses biens et n'y voy aucune chose pour le roy ; et pour ce, que je conscens que l'arrest qui avoit esté faict pour le roy nostre sire soit levé. Fait ce lundi X^ jour de juing iiij^ Liiij. La Cloche. »
Notaire au Châtelet en 1457, et chargé de la connaissance des testaments, on voit que cette année-là Jean de Popaincourt, avocat au Parlement, demandait à Jean de Calais de faire enregistrer sa renonciation à un procès 4. En 1464 5, en 1465 6, en 1467 /, il est toujours dit notaire au Châtelet. Le 17 janvier 1475 (">• st.), on le retrouve clerc de la prévôté s, c'est-à-dire greffier du Châtelet.
Le 6 septembre 1485, Jean de Calais se rencontre parmi les tuteurs des enfants d'Adam Donjon, greffier de la prévôté, avec Martin de Bellefaye, l'ancien lieutenant criminel, lui aussi un exécuteur du Testament de Villon?.
En 1457, Jean de Calais possédait une maison louée aux marguilliers de Saint-Jacques-la-Boucherie, une autre à Colin Aumont'°; le 11 février 1452, il devait habiter la paroisse de Saint-Jacques, puisque son fils était admis parmi les enfants de chœur". En 1470, on le trouve rue Saint-Jacques, occupant la maison dite anciennement de la Chaussée de France, à présent de l'Ecu de France '2.